II. — DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
Etudions maintenant rapidement les différents diagnostics qui peuvent être envisagés devant différents symptômes cliniques ou radiologiques.
1° DIAGNOSTIC DE CERTAINS ASPECTS RADIOLOGIQUES (d’après SERGENT)
On sait qu'aucun aspect radiologique n’est caractéristique à lui seul ; il est toujours impossible de faire un diagnostic de nature de l’affection causale uniquement sur un film radiologique.
a) Opacités miliaires.
Outre les différentes variétés d'images miliaires qui peuvent être observées au cours de la tuberculose pulmonaire, on peut rencontrer des aspects radiologiques analogues au cours de nombreuses autres affections : pneumoconioses, carcinose miliaire, syphilis pulmonaire à forme miliaire, cardiopathies, maladie de Besnier-Boeck. Il peut encore s’agir de sclérose nodulaire d’origine indéterminée comme un cas en a été observé par M. Nicaud.
b) Calcifications.
En dehors des pneumoconioses et des corps étrangers, elles sont toujours dues à la tuberculose cicatri-cielle.
c) Pommelures ou opacités floconneuses.
Elles sont dues en général à la tuberculose. Les broncho-pneumonies banales peuvent aussi les produire, mais dans ce cas, elles sont en général d’opacité plus faible, à contours plus flous et plus régulièrement arrondis. Elles peuvent également exister dans la car-
cinose, elles seraient alors plus homogènes qu’au: cours de la tuberculose. Enfin elles se rencontrent par-fois au cours des cardiopathies, comme nous l’avons vu.
d) Opacités sphériques ou ovalaires.
Certaines sont relativement claires, le degré de leur: opacité ne dépassant pas celui de l’image cardiaque, elles peuvent être isolées ou multiples. Elles sont dues le plus souvent à des tumeurs bénignes ou malignes, mais parfois aussi à de gros tubercules, des gommes syphilitiques, des adénopathies hilaires.
D’autres sont plus foncées : elles sont dues généralement à des collections liquidiennes; il peut s’agir de kystes hydatiques ou de pleurésie enkystée.
e) Opacités en nappe.
Elles ont des contours qui se confondent sur une large étendue avec ceux de l’hémithorax intéressé.
a) Les opacités totales hémithoraciques peuvent être dues à un épanchement ou à une symphyse de la plèvre, à une tumeur, à une sclérose pulmonaire ou à une atélectasie.
B) Les opacités partielles comprennent les lobites, les images par «a scissurales, les scissurites, les épanchements pleuraux.
En dehors des épanchements, elles peuvent être. dues aux infiltrations tuberculeuses, aux hépatisations pneumoniques, aux infarctus, aux scléroses, ou aux.
tumeurs.
f) Opacités linéaires : trabécules et réticules.
Elles sont soit d’origine pleurale (scissurites), soit d’origine pulmonaire, correspondant alors à des scléroses interstitielles pouvant être dues à des artérites pulmonaires, bronchites chroniques, péribronchites, lymphansgites.
On sait, d’autre part, la difficulté qui existe dans un grand nombre de cas, à faire la différenciation entre la visibilité normale de la trame et son accentuation légère. Nous ne pouvons aborder ici ce problème souvent très délicat.
g) Clartés.
En dehors des clartés de l’'emphysème banal ou du pneumothorax, sur lesquelles nous n’insisterons pas, il peut s’agir d'images claires sphériques correspondant à des cavernes tuberculeuses, abcès pulmonaires, gangrènes pulmonaires, kystes hydatiques suppurés, kystes aériens, cavernes syphilitiques ou cancéreuses, etc. On voit donc qu’il existe de nombreuses causes de perte de substance intra-parenchymateuse en dehors de la tuberculose pulmonaire.
Les clartés linéaires avec images réticulées sont dues à des dilatations bronchiques ou à des kystes aériens.
Enfin, certaines clartés anormales généralisées à tout un poumon peuvent être produites par un rétrécissement bronchique dû par exemple à une adénite de voisinage. En effet, il peut se former un mécanisme
de soupape ne fonctionnant qu’à l'inspiration, amenant une dilatation des cavités alvéolaires et pouvant aboutir à un emphysème unilatéral.