‹ A propos de quelques cas de fausses tuberculosés observés dans la pratique sanatorialeChapitre 123 sur 139 · DIAGNOSTIC DE CERTAINS SYMPTÔMES OU SYNDROMES CLINIQUES · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DE CERTAINS SYMPTÔMES OU SYNDROMES CLINIQUES

Nous allons voir les principaux aspects pouvant marquer le début apparent de la tuberculose pulmonaire, et les principaux diagnostics pouvant être discutés devant chacun d’eux.

a Début pleurétique. — Une pleurésie séro-fibrineuse lymphocytaire primitive est presque certainement tuberculeuse ; les pleurésies lymphocytaires syphilitique, rhumatismale et cancéreuse sont en effet très rares. Il existe aussi des pleurésies cardiaques, de formule différente, mais pouvant être à l’origine d’erreurs de diagnostic.

b Début par signes de preumopathie aiguë. — Dans ce cas, le diagnostic ne peut hésiter qu’avant l’apparition de l’expectoration bacillifère qui tarde parfois à venir. Il se pose alors :

— avec la pneumonie banale, la congestion pulmopaire, surtout dans leurs formes prolongées ; nous l’avons envisagé plus haut ;

— avec les abcès, gangrène pulmonaire au début ;

— exceptionnellement avec les formes aiguës de syphilis pulmonaire, certaines formes de mycose pulmopnaire, etc.

Le diagnostic de tuberculose sera, le plus souvent,

assez vite possible, grâce à des bacilloscopies en série, répétées avec persévérance.

c) Début par hémoptysie. — L’hémoptysie est un signe extrêmement important de tuberculose pulmonaire ; on ne saurait assez apprécier sa valeur d’orientation dans cette direction. On ne saurait non plus assez répéter que toute hémoptysie dont l’étiologie n’apparaît pas de façon manifeste doit être considérée comme tuberculeuse. Tout phtisiologue a dans sa mémoire le souvenir de trop nombreux cas où la méconnaissance de cette règle eut des conséquences fatales.

Cependant l’hémoptysie n’est nullement pathognomonique de tuberculose, et, si aucun signe ne permet de penser à cette étiologie, il faut savoir envisager d’autres causes, principalement les suivantes :

— Ja plupart des maladies aiguës ou chroniques des poumons, sans excepter parfois des maladies rares comme les mycoses pulmonaires ou la spirochétose de Castellani ;

— les cardiopathies qui, après la tuberculose pulmonaire, sont peut-être la cause la plus fréquente de l’hémoptysie.

d) Début insidieux avec signes physiques thoraciques nets. — En l’absence de preuve bactériologique, il faudra ne diagnostiquer la tuberculose qu’après avoir éliminé toute une série d’affections pulmonaires : bronchectasie, abcès du poumon, cancer, kystes aériens, maladie de Besnier-Boeck, bronchite chronique, syphilis pulmonaire, etc. Nous avons vu à propos

de chacune de ces maladies les principaux éléments du diagnostic.

e) Début insidieux sans signes physiques thoraciques nets. — Les malades que l’on aura à examiner présenteront alors une altération prédominante de l’état général qui les aura conduits à consulter.

Si l'examen radiologique pulmonaire ne montre rien de net, la tuberculose pourra cependant être en cause sous la forme particulière des « syndromes d’imprégnation tuberculeuse » de Burnand. Il s’agira le plus souvent « d’une débilité chronique, d’une maigreur habituelle, rebelle, de troubles digestifs chroniques, de troubles endocriniens, en particulier ovariens et thyroïdiens, parfois de rhumatismes, ou affections cutanées atypiques, avec grande prédominance dans le sexe féminin ».

« L’étiologie bacillaire pourra être incriminée si les conditions suivantes sont réalisées :

1° Absence à un examen somalique total de toute affection ou lésion débilitante étrangère à la tuberculose.

2° Absence de tous signes d’une tuberculose en foyer actuellement évolutive.

3° Tare tuberculeuse familiale.

4 Découverte de stigmates radiologiques d’une tuberculose ancienne et apparemment éteinte; calcifications hilaires ou parenchymateuses, synéchies pleurales ; cicatrices d’adénites.

5° Fébricule habituelle ou apyrexie selon les cas. (S'il existe une température subfébrile on parlera

« d’état bacillaire chronique », en cas d’apyrexie on parlera de « patraquerie tuberculeuse »).

6° Cuti-réaction. Si le Mantoux à 1/10.000 donne un résultat franchement ou violemment positif, la notion d’étiologie bacillaire se trouve renforcée. La négativité de la cuti-réaction peut s’observer dans les cas invétérés ou chez les sujets âgés en dépit de l’authenticité des stigmates bacillaires.

7° Vitesse de sédimentation globulaire. Le résultat doit être favorable pour que le diagnostic de patraquerie bacillaire se trouve confirmé. » (Burnand).

Les affections d’autre origine, qui simulent ce syndrome sont nombreuses : « les anémies, les dépressions neurasthéniques, les états de fatigue, les crises de croissance, l’hérédo-syphilis, les dystrophies d’origine alimentaire, les malaises chroniques dus au fonctionnement vicié des glandes endocrines, les dysménorrhées, les ptoses viscérales, la constipation chronique » (Burnand) sont très importants à ce propos En effet, d’après Burnand, environ la moitié des débiles constitutionnels envoyés pour tuberculose sont indemnes de tare bacillaire.

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