SIGNES D’AUSCULTATION
Les signes d’auscultation n’ont habituellement, dans ces cas-là, rien de caractéristique, la respiration est plus ou moins obscure, rude ou soufflante; elle pourra s’accompagner de râles inspiratoires; en nappe, ou de frottements pleuraux : on ne trouvera pratiquement jamais le syndrome cavitaire classique.
4° EXAMEN RADIOLOGIQUE.
L'examen radiologique fournira des renseignements. beaucoup plus importants.
op
Schématiquement les aspects que peuvent donner les abcès du poumon sont les suivants : (d’après Sergent) :
a) à la période initiale, avant toute élimination, l’image est constituée par une opacité homogène d’intensité et de forme variable, dont les dimensions peuvent aller de la petite opacité nodulaire en grain de tapioca des abcès miliaires, jusqu’à des ombres lobaires.
b) à la phase d'élimination on peut observer l’image annulaire hydro-aérique caractéristique mais dont l'apparition nest pas du tout constante; l’image peut rester homogène malgré des clapiers purulents ou nécrotiques assez étendus, et il existe tous les intermédiaires entre ces opacités restées uniformes et les images cavitaires ou hydro-aériques nettes.
c) à la phase de chronicité, on peut observer différents aspects
— image cavitaire nette,
— agglomération de zones claires aréolaires, plus ou moins larges donnant à l’ensemble de l’image un aspect polycyclique,
— opacité plus ou moins étendue à contours assez flous et irréguliers.
Les quatre cas que nous avons observés se traduisaient tous à leur entrée au Sanatorium par une opacité homogène intense à contours généralement un peu flous sans image cavitaire visible. — Dans un cas cette opacité était étenue à la plus grande partie du lobe supérieur droit, dans un autre cas elle avait une
forme vaguement triangulaire, barrant toute la partie moyenne du poumon droit.
Dans un seul des cas, on vit apparaître plus tard des images cavitaires neltes.
Cette opacité homogène est assez peu caractéristique, mais cependant quand elle est assez intense, ce qui est le cas habituel, elle peut éveiller quelques doutes. En effet, il faut se rappeler que ces opacités tout à fait homogènes et assez étendues sont peu fréquentes dans la tuberculose pulmonaire. On ne les observe guère, indépendamment de toute participation pleurale, que dans les spléno-pneumonies, les processus pneumoniques à l’état pur et étendus et les processus d’atélectasie. Ces opacités pourraient plutôt faire penser à un processus pneumonique non tuberculeux.
Souvent à ce moment, se basant sur l’ensemble des signes cliniques et radiologiques, on affirme la tuberculose pulmonaire, et l’on envoie le malade en Sanatorium. Le diagnostic paraît si évident que, bien souvent on néglige de rechercher la preuve bactériologique de la tuberculose. Et même si l'on pratique une bacilloscopie, on n’attache pas d'importance à son résultat négatif, et le diagnostic est maintenu. Sur les quatre observations d’abcès du poumon que nous avons recueillies, dans trois cas il y avait eu, avant l’arrivée au sanatorium, une bacilloscopie négative, sur une expectoration purulente et abondante.
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