A. — SYMPTÔMES ET TABLEAUX TROMPEURS
Les symptômes qui attirent l'attention sur l’appareil respiratoire pourront être très variés :
Il pourra s’agir d’une toux isolée, plus ou moins intense, mais souvent persistante. Dans un certain nombre de cas, il s’y joindra une expectoration banale, non caractéristiques; parfois aussi, ce seront des algies thoraciques de type variable ou, comme nous l’avons
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constaté plusieurs fois, un point de côté persistant, qui attireront l’attention.
Les hémoptysies sont fréquemment rencontrées chez les cardiaques — il est classique de dire que les. cardiopathies sont après la tuberculose leur cause la plus importante —. Il peut s’agir aussi bien d’hémoptysies franches de sang rouge et spumeux que d’hémoptysies fractionnées de sang jaune-noirâtre. Mais lorsque la cardiopathie est méconnue on comprend que l’on soit presque invinciblement orienté vers la tuberculose pulmonaire.
Un autre symptôme fonctionnel important souvent rencontré est la dyspnée, dyspnée permanente ou plus habituellement dyspnée d’effort. Cette dyspnée devrait plus souvent orienter vers la recherche d’une cardiopathie.
On peut trouver aussi une certaine altération de l’état général. Dans plusieurs des cas que nous avons observés, les manifestations fonctionnelles s’accompagnaient d’asthénie et d’amaigrissement.
Dans d’autres cas, ce seront des poussées de bronchite à répétition, ou l’apparition d’un épanchement pleural qui attireront l’attention.
Lorsque tous ces symptômes sont associés à d’autres plus caractéristiques, ou qu’ils surviennent chez un cardiaque décompensé ils sont facilement rapportés à leur véritable origine. Mais lorsque la cardiopathie est latente ou méconnue, ils pourront faire penser à la tuberculose pulmonaire.
L'examen physique paraîtra parfois confirmer ces soupçons, l’auscultation des poumons négative dans
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certains cas décèlera dans d’autres, soit des râles bronchiques généralisés, soit des signes de congestion localisés aux bases, plus rarement aux sommets, soit des signes d’épanchement pleural.
L’examen radiologique pulmonaire montrera assez souvent des modifications nettes siégeant soit au niveau du hile, soit au niveau du parenchyme pulmonaire. Ces aspects sur lesquels nous reviendrons, seront parfois à un examen superficiel confondus avec ceux de la tuberculose, dont le diagnostic sera par là même affirmé. Une cure sanatoriale pourra alors être décidée. On n’aura pas demandé de bacilloscopi ou on n'aura pas attaché d’importance à sa négativité.
Les symptômes précédents pourront être groupés de façon variable pour réaliser des tableaux plus ou moins riches et plus ou moins trompeurs. Dans la plupart des cas, ce sont surtout les modifications radiologiques pulmonaires, qui ont fait commettre l’erreur, jointes à des signes fonctionnels plus ou moins nets, ou surtout à des hémoptysies.
La confusion ne se fera habituellement que dans les cardiopathies latentes ou peu manifestes, bien compensées ou légèrement décompensées, habituellement méconnues jusque-là.