I. MODIFICATIONS HILAIRES. — Elles sont au nombre de deux
a) Syndrome de distension artérielle (Laubry, Chaperon). Les ombres hilaires (constituées à l’état normal essentiellelment par les artères pulmonaires, comme on le sait) sont très augmentées de volume, elles occupent une plus ou moins grande partie du champ pulmonaire, sont nettes, animées de battements très marqués (c’est la « danse des hiles » de Pezzi), facilement dessinables. Cette anomalie est souvent plus apparente du côté droit, le hile gauche étant en partie caché derrière le cœur.
On constate également une accentuation du dessin des branches de ramification des artères pulmonaires droite et gauche que l’on peut suivre dans leur trajet jusqu’à la périphérie du poumon.
Au cœur, l’arc moyen est augmenté de longueur et saillant. Ce syndrome correspond à l’artérite pulmonaire, et peut s’observer au cours de nombreuses cardiopathies valvulaires ou congénitales, de maladies de l’artère pulmonaire ou de pneumopathies chroniques ;
b) Syndrome de stase veineuse. — Les ombres hilaires sont également augmentées de volume, mais leurs contours sont flous, estompés, impossibles à dessiner avec précision ; ces ombres sont immobiles, non animées de battements.
On observe également une diminution plus ou moins étendue, mais homogène et régulière de la clarté des champs pulmonaires, et une saillie de l’oreillette droite.
Ce syndrome est observé principalement au cours du rétrécissement mitral, à une période quelconque de son évolution et au cours de l'insuffisance ventriculaire gauche.
c) Fréquemment les deux aspects précédents peuvent s'associer ; dans ce cas, les ombres hilaires sont floues, étendues et sur ce foyer d'opacité grise, on voit les rameaux hypertrophiés des branches de l’artère pulmonaire tranchant par leur opacité plus
grande.
II. — LES IMAGES DU PARENCHYME PULMONAIRE PRO- PREMENT DIT sont plus nombreuses, elles sont toutes sous la dépendance de l’œdème pulmonaire ou de la congestion passive mais à des degrés divers ; elles sont en général associées aux modifications hilaires, ce qui facilite leur diagnostic.
1° Il peut s'agir d’une simple diminution de la transparence pulmonaire, voile homogène de la partie inférieure des deux hémithorax.
2° A un degré plus avancé, on peut voir un aspect en « mailles de filet » constitué par un réseau très mince, polygonal, plus ou moins régulier, dans lequel on voit des opacités punctiformes, formant les nœuds des mailles de filet. Mailles et nœuds sont en proportion variable suivant les cas. Cette image peut résulter de multiples causes, en autres la « périlobulite tuberculeuse », mais elle peut aussi s’observer au cours des cardiopathies.
3° Dans d’autres cas, on constate un aspect granité du poumon, parfois très voisin du précédent, parfois un peu différent formé de nodules plus ou moins gros, isolés ou en amas, occupant une partie variable des champs pulmonaires.
4° L’œdème et la stase pulmonaire plus marqués se traduisent par un aspect pommelé, ou des taches plus ou moins étendues et plus ou moins opaques. Leurs limites sont estompées, irrégulières ; elles ont souvent une forme losangique, à bords effilochés ; elles sont peu opaques en général mais se détachent cependant avec netteté sur le voile des champs pulmonaires qui les accompagne habituellement.