III — DIFFÉRENTS TABLEAUX CLINIQUES POUVANT ÊTRE. RÉALISÉS
Ces tableaux sont très variables et peuvent survenir chez des gens n’ayant jamais présenté aupara-vant le moindre épisode pathologique, aussi bien chez des enfants en bas âge que des adultes ou même des vieillards. Cependant, la plupart d’entre eux sont rencontrés chez des sujets jeunes.
A) KYSTES LATENTS OU A SYMPTOMATOLOGIE BANALE. — Très souvent les kystes pulmonaires sont absolu-ment latents et sont une découverte d'examen radiologique systématique. Le sujet qui en est atteint vaque normalement à ses occupations sans ressentir le moindre trouble de quelque sorte, sauf parfois, en. cas de kyste très volumineux, une très légère dyspnée. L’auscultation ne donne guère de renseigne-ment intéressant en dehors d’un certain degré d’obscurité respiratoire, ou, parfois, pour les kystes très volu-mineux, d’un syndrome amphorique plus ou moins net. Ces cas sont assez fréquents, mais passent inaperçus: en dehors d’un examen radiologique.
Dans d’autres cas, comme dans notre observation n° 1, ce sont des hémoptysies assez importantes qui attirent l’attention et font découvrir la lésion.
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B) KYSTES DYSPNÉIQUES. — La dyspnée est un symp-tôme fréquemment rencontré au cours des kystes aériens du poumon et dans des circonstances assez diverses :
a) Dans certains cas, l’apparition d’une dyspnée progressive inquiète le malade et le pousse à consul-ter ; on découvre ainsi le kyste pulmonaire ;
b) Dans les kystes de la première enfance la dys-pnée est un symptôme important souvent très intense, continue ou avec des paroxysmes, liée à des kystes. très volumineux, souvent étendus à tout un poumon simulant alors un pneumothorax ;
c) Une dyspnée importante peut être également due à une forte augmentation du volume d’un kyste,. par un mécanisme de soupape. Il peut se produire: alors une asphyxie brutale, même mortelle ;
d) Enfin la rupture d’un kyste peut être la cause d’un pneumothorax spontané. On sait actuellement que, par ce processus, les kystes aériens peuvent être à l’origine de certains cas de pneumothorax spontané bénin.
C) KYSTES INFECTÉS ET SUPPURÉS. — L’infection et. la suppuration des kystes sont très importantes ; elles revêtent une grande fréquence, el ce sont bien souvent elles qui attirent l’attention sur l’appareil respiratoire et conduisent à découvrir les kystes.
1° Kystes infectés. — En général, les malades se font examiner parce qu’ils présentent depuis longtemps une expectoration muco purulente intermittente, avec, à cette occasion, quelques troubles géné-
raux, de l’amaigrissement, une perte d’appétit, mais habituellement, sans fièvre. Dans d’autres cas, il s’agit d’épisodes répétés d’allure pneumonique. L’examen des malades lors d’une poussée d’infection fournit en général des signes pulmonaires nets : bien localisés, cavitaires ou hydro-aériques. La radiologie montre les images décrites plus haut avec souvent un petit niveau liquide intra-kystique net, qui met les contours bien en évidence. Ces kystes infectés peuvent produire des douleurs thoraciques vives d’une réelle importance pour le diagnostic.
2° Kystes suppurés. — La suppuration des kystes peut être primitive ou secondaire à une longue période d'infection. Elle revêt une symptomatologie analogue à celle des abcès pulmonaires ou des pleurésies purulentes fistulisées dans les bronches. L’expectoration est abondante, purulente, parfois fétide, pouvant s’évacuer par vomiques et être accompagnée d’hémoptysies. La température est souvent élevée et irrégulière. Les signes d’auscultation sont en général importants.
Les images radiologiques sont analogues à celles des kystes infectés mais le niveau liquide est constant et beaucoup plus important. Suivant la morphologie des kystes, les images font penser à un abcès du poumon ou à une pleurésie enkystée.
Si la suppuration se prolonge pendant longtemps, un processus de sclérose peut se surajouter ; l’aspect pourra être alors celui d’un hémithorax sombre avec rétraction des parois et des organes médiastinaux contenant une ou plusieurs cavités hydro-aériques.
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Signalons enfin que la tuberculisation secondaire d’un kyste pulmonaire a été signalée, très rarement du reste.