OUI
constatera quelquefois des malformations pouvant orienter vers le kyste congénital (la malade de M. Dumarest était porteuse d’un mégacolon et d’une luxation congénitale de la hanche).
d) Renseignements fournis par une mise en observalion prolongée.
Malgré la valeur de tous ces signes, c’est surtout absence absolue de modification clinique et radiologique à des examens successifs qui entraînera peu à peu la conviction.
e) Examens complémentaires. — Les examens complémentaires tels que bronchographie lipiodolée et tomographie seront souvent très utiles. Le pneumothorax artificiel lui aussi, est souvent précieux pour préciser certaines images radiologiques ; jugé dangereux par certains auteurs, il a été employé sans incident par beaucoup d’autres ; en particulier dans deux de nos observations il n’a pas entraîné d’inconvénient.
L’élimination d’autres affections pulmonaires susceptibles de donner des images cavitaires se fera en général sans grande difficulté.
2° KyYSTES HÉMOPTOÏQUES. — La confusion est encore plus facile dans ce cas: l’association d’hémoptysie et d'anomalies radiologiques fait poser avec grande vraisemblance le diagnostic de tuberculose pulmonaire : ainsi dans l’observation de Mlle B.
Cependant, par les moyens indiqués plus haut, et surtout par une mise en observation attentive, le dia-
gnostic pourra en général être redressé, comme dans le cas précédent.
3° KySTES INFECTÉS. — Ce sont eux qui occasionnent la plupart des erreurs de diagnostic. L’infection était en cause dans la grande majorité des cas de kystes pulmonaires envoyés par erreur en sanatorium, que nous avons relevés. En effet, ces malades pré sentent des bronchites fréquentes ou des épisodes pulmonaires un peu plus iMnportants, avec expectoration intermittente.
Cependant, la constatation de l’absence de BK. à des examens répétés aura encore plus de valeur dans une expectoration purulente, avec présence de niveau liquide intra-cavitaire. L’absence de réaction péri-cavitaire malgré l’ancienneté des lésions, contribuera aussi à éliminer la tuberculose et sera en faveur du kyste. Le diagnostic se posera également, surtout dans les cas de kystes de petit volume imprégnés par le lipiodol, avec les bronchectasies. Le problème est très difficile à résoudre ; l’existence d’images en grappes de raisin ou en bulles de savon est en faveur des kystes. D'ailleurs les relations des kystes aériens et des bronchectasies congénitales semblent très étroites ; pour certains auteurs; il n’existerait pas de différence de nature entre ces deux lésions.
4° KYSTES SUPPURÉS ET AUTRES. — Les kystes pourraient être observés dans d’autres circonstances :; ainsi les kystes dyspnéiques simulent un pneumothorax ou surtout les kystes suppurés. Mais ceux ci simu-
lent surtout les abcès du poumon ou les pleurésies purulentes fistulées dans les bronches. Leur diagnostic, sur lequel nous n’avons pas à insister ici est toujours difficile, parfois impossible même cliniquement, ne pouvant être rectifié que par l'intervention.
5° DIAGNOSTIC ENTRE KYSTE CONGÉNITAL ET EMPHYSÈ- ME AMPULLAIRE. — Le diagnostic positif de kyste aérien étant posé, est-il possible de préciser s’il s’agit d’un kyste congénital ou d’un emphysème ampullaire, lésion acquise ?
Un certain nombre de caractères différentiels ont été donnés mais aucun n’est pathognomonique ; ils sont souvent difficiles à apprécier et parfois sujets à erreur. Le diagnostic reste la plupart du temps très difficile, impossible même dans un bon nombre de cas.
Parmi les caractères cliniques, la coexistence de malformations congénitales est un fort argument en faveur du kyste congénital, ainsi qu’une longue histoire de fragilité pulmonaire.
Cependant, les caractères radiologiques sont les plus importants ; la multiplicité des images annulaiïires, l’épaisseur plus grande des parois kystiques, la présence de niveaux liquides intra-cavitaires, seront aussi des arguments pour les kystes congénitaux.
Par contre, il sera plus difficile de se prononcer devant des images bulleuses isolées, à parois extrêmement ténues. Ces aspects, quoique correspondant souvent à des kystes congénitaux, pourront, dans d’autres cas, être dus à l’emphysème ampullaire.
Le caractère le plus important peut être, de diffé-renciation, sera fourni par l’évolution des images radiologiques ; leur persistance sans changement après. plusieurs mois d’observation est en faveur du kyste congénital, par contre leur disparition rapide et complète en quelques semaines permet de penser avec très grande probabilité qu’il s’agit d'un emphysème ampullaire.