DAS
OBSERVATION (Sanatorium de la Savoie, N° 747).
Mme A., âgée de 25 ans, a présenté une fièvre typhoïde en 1927, et en 1935 un chancre de la vulve avec réaction de Wassermann positive, à la suite duquel un traitement antisyphilitique sérieux fut entrepris durant plusieurs années. Il y a un an, la réaction de Wassermann était négative.
Il y a 3 mois : apparition d’un point de côté à la base gauche avec toux légère et une température subfébrile, avec un certain degré d’asthénie et d’amaigrissement. Un examen radioscopique pratiqué un peu plus tard montre un voile du sommet gauche. La température était alors à 38° le soir.
Demande d'admission en sanatorium. A l'entrée au sanatorium de la « Savoie » le 8 juillet 1939, l’état général est légèrement altéré, les digestions un peu difficiles. Au cœur il existe un clangor du 2° bruit, le système nerveux est normal.
La respiration est subnormale dans l’ensemble du champ pulmonaire.
La radiographie montre l’absence de toute image pathologique parenchymateuse et, par contre, une ostéoporose costale généralisée, avec également atteinte des vertèbres et des clavicules.
La malade quitte rapidement le sanatorium.
— Cette malade avait donc fait un épisode pulmonaire banal qui a motivé un examen radiologique au cours duquel on découvrit un voile du sommet gauche (ainsi que portait le certificat d'admission). Il a pu donc s’agir d’une opacité radiologique apparue à l’occasion de cet épisode ou de l’anomalie osseuse qui a pu n’attirer l’attention que dans cette région, si l’examen a été un peu hâtif.
Nous pouvons rapprocher de cette observation le cas rapporté par J. Angirany dans son ouvrage sur « Le rôle de la radiologie dans le diagnostic de la tuberculose pulmonaire ». Il s’agissait d’une malade envoyée d'Amérique à Hauteville avec le diagnostic de tuberculose ulcéreuse du sommet droit ; le médecin demandait la création d’une pneumothorax. La radiographie pratiquée à l’arrivée de la malade montra qu’il s’agissait simplement d’une malformation costale.
On comprend que de telles erreurs puissent être commises à un examen radioscopique un peu hâtif, elles deviennent pratiquement impossible si l’on fait une radiographie. Ce dernier mode d’examen est donc à employer dans la mesure du possible lors des : dépistages chaque fois que la radioscopie montre une anomalie. La radioscopie est d’ailleurs, à elle seule, incapable de montrer la nature de certaines atteintes pulmonaires fines comme les semis miliaires.
II. — MALADIES SIMULANT LA TUBERCULOSE PULMONAIRE PAR L'ASSOCIATION DE SI- GNES FONCTIONNELS ET DE SIGNES RA- DIOLOGIQUES, OU A DEFAUT, DE SIGNES D’AUSCULTATION.
Comme nous l’avons dit plus haut, en plus des maladies déjà étudiées, nous nous limiterons à l’étude d’un petit nombre d’affections et en omettrons un grand nombre qui cependant ne sont pas dépourvues d'intérêt et peuvent être rencontrées.