‹ A propos de quelques cas de Méningites puriformes aseptiques, aiguës, bénignes, cryptocogénétiquesChapitre 18 sur 18 · SEE EE · texte numérisé non relu

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leur rendre la propriété perdue. « Nous devons nous convaincre de cette impuissance afin de ne pas perdre trop de temps dans une voie condamnée à l’avance » (Ch. Nicolle).

Des données biologiques qui supposent des procédés d’étude nouveaux ne simplifient certes pas le problème, pas plus qu’elles ne permettent de préjuger de la localisation méningée ou sous-méningée de ces « invisibles pathogènes » ; elles commandent toutefois une nouvelle orientation de recherches étiolo-

giques.

Considérations étiologiques.

Les auteurs des observations publiées et qui sont ‘parvenues à notre connaissance, relatent les circonstances dans lesquelles sont apparus les processus infectieux, mais ne se prononcent pas quant à leur nature, sauf Aubertin et Fleury qui relatent un cas -de réaction méningée avec herpès sous le nom de méningite herpétique.

Widal et Philibert, qui parlent à propos de leur malade «de poussée aiguë au cours d’une grippe », ajoutent que ce n'est là qu’une conception.

Creyx.et Ringenbach ne rattachent leur cas de méningite puriforme aseptique « à aucune étiologie précise », et tout récemment le Professeur Nobécourt -écrit dans le Journal des Praliciens au sujet des enfants dont nous citons les observations : « Nos enfants ont présenté un état infectieux dont nous n’avons pu découvrir la cause. »

Le mystère étiologique reste entier et l’on pourrait, en l’absence de tout critère biologique capable de caractériser suffisamment de tels états méningés, nier leur autonomie, avec le secret espoir que, comme

-ce fut longtemps le cas pour les formes méningées

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pures de la spirochétose, ils seront rattachés dans un avenir plus ou moins lointain aux affections dont l’étiologie nous est dès à présent connue ou présumée.

Nous ne partageons pas cette manière de voir et, bien que nous le reconnaissions, ce ne soit là qu’une

hypothèse, parce que « l’analogie est grande et qu'il

n’y a pas de différence bien tranchée entre méningites séreuses et méningites puriformes aseptiques » (Prof. Nobécourt), il nous semble que la recherche de ce critère biologique indiscutable qui caractérisera suffisamment, disons certains de ces états méningés

puriformes aseptiques, doive bénéficier des mêmes

procédés d’expérimentation que les méningites lymphocytaires curables dont l’origine est également

obscure.

Conclusion.

C’est à la seule clinique qu’il nous faut demander, en l’état actuel de nos connaissances, de nous donner les quelques aperçus de cette réalité, très imparfaitement connue, que sont les méningites puriformes aseptiques, aiguës, bénignes, cryptogénétiques.

Alors qu’elles se traduisent chez l’adulte par un syndrome méningé habituellement des plus nets, elles se manifestent chez les tout petits par une symptomatologie fruste et discrète, une élévation fébrile très marquée ; chez les nourrissons, la température, caractère dominant, ne s’accompagne pas de convulsions.

L'existence de ces états méningés aigus commande de faire pratiquer systématiquement, par le laboratoire, les colorations vitales de tout liquide céphalorachidien trouble. |

Le pronostic au début sera toujours réservé : l’asepsie d’un liquide céphalo-rachidien ne pouvant être affirmée sur une seule ponction ; une réaction méningée aiguë puriforme aseptique pouvant être, d’une méningite cérébro-spinale, d’un abcès cérébral, d’une

thrombo-phlébite latente, la première manifestation.

L'évolution rapidement favorable tranchera bientôt la question.

La guérison étant de règle, le traitement doit être simple en pratique ; l'injection intra-rachidienne de sérum anti-méningococcique, un traitement anti-infectieux, chimiothérapique, ne sauraient, avant les réponses du laboratoire, être discutés ; une fois le diagnostic établi, toute thérapeutique est superflue.

L’étiologie est inconnue : il est vraisemblable de supposer que l’heureux aboutissement des recherches étiologiques effectuées au sujet des méningites lymphocytaires curables, permettra, dans certains cas, sinon de déterminer l’agent pathogène, tout au moins de préciser la nature des méningites puriformes aiguës, bénignes, cryptogénétiques.

Vu : Le Président de la thèse,

M. NOBÉCOURT.

Vu : Le Doyen,

M. TIFFENEAU.

Vu et permis d’imprimer :

Le Recteur de l'Académie de Paris,

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