‹ A propos de quelques cas de Méningites puriformes aseptiques, aiguës, bénignes, cryptocogénétiquesChapitre 8 sur 18 · A MES MAITRES DANS LES · texte numérisé non relu

A MES MAITRES DANS LES

À propos de quelques cas de Méningites puriformes aseptiques, aiguës, bénignes, cryptogénétiques

LS

Avant-propos.

Les conditions de travail qui sont les nôtres en cette période troublée ne nous permettent pas de traiter ce sujet comme il le mériterait et comme nous l’aurions désiré. |

Qu'il nous soit permis de remercier ici notre maître le Professeur Nobécourt, dont la belle leçon clinique faite le 18 mars 1959 à l'Hôpital des Enfants- Malades nous a inspiré cette étude.

Introduction.

Il est de bonne clinique et il devrait être de méde-

cine courante, de pratiquer systématiquement la ponc-

tion lombaire en présence de tout syndrome méningé discret ou frustre. |

Mais si la constatation d’un liquide d’aspect purulent ou plus ou moins trouble doit avant tout faire songer — avec le pronostic qu’elle comporte — à une méningite suppurée, qui le plus habituellement est à méningocoques, cette constatation ne saurait devoir faire oublier que le liquide de certains états méningés aigus — de tout autre pronostic — peut se présenter sous ce même aspect.

Il existe en effet des réactions puriformes aseptiques aiguës qui peuvent apparaître dans des circonstances étiologiques fort différentes. Eliminant de cette étude toutes les réactions méningées puriformes aseptiques dont l’étiologie est déterminée : qu’il s'agisse des réactions, bien connues, du liquide céphalo-rachidien au voisinage d'un foyer infectieux otitique, labyrinthique, thrombophlébitique, sinusien, encéphalique ou cranien, ou qu'il s'agisse de celles ‘signalées dans la syphilis des centres nerveux chez

AT

Vadulte, ainsi que dans les maladies infectieuses telles que paludisme ou spirochétose ictéro-hémorra- gique, nous ne parlerons dans ce travail que des réactions puriformes aseptiques d’origine inconnue : cryptogénétiques. |

Dans l'actuelle ignorance de leurs conditions étiologiques, ii nous a paru intéressant — à propos de quelques cas observés ces deux dernières années dans le service du Professeur Nobécourt — d’en préciser chez les petits enfants la symptomatologie, d’en souligner, des points de vue diagnostic et pronostic, et l'existence, et l’intérêt.

Historique.

C'est Widal et ses élèves qui, dès 1906, ont montré l'importance capitale de la constatation de l’intégrité des polynucléaires, pour la détermination du caractère septique ou aseptique des épanchements puriformes.

En 1907, Widal et Philibert rapportent à l’Académie de Médecine l'observation d’une réaction puriforme aseptique en période grippale, chez un jeune homme de 17 ans. Ils en relatent le caractère éphémère etinsistent sur le fait que « l'intégrité des polynucléaires à permis d'affirmer avant le résultat des cultures et inoculations, l’asepsie du liquide et la bénignité du pronostic ».

Deux ans plus tard, à la Société médicale des Hôpitaux, Widal et Brissaud rapportent un second cas d'épanchement puriforme aseptique des méninges avec « polynucléaires histologiquement intacts et de pronostic immédiat bénin » malgré l'intensité et la longue durée des troubles méningés.

En 1910, Laubry et Foy publient une observation de « réaction puriforme aseptique à polynucléaires altérés, d’origine indéterminée », « contestent la valeur

LE ee

absolue de ce caractère cytologique et émettent l’hypothèse » d’un liquide particulièrement toxique, pour expliquer la nécrose des polynucléaires » ; ils concluent d’ailleurs que cela ne diminue pas «la valeur du moyen diagnostic mais invitent à une certaine prudence ».

Depuis, de nombreuses observations de ce genre ont été publiées par divers auteurs sous le titre de « réaction méningée ou de méningite puriforme asep- 4ique d’origine indéterminée ».

Le problème étiologique reste entier.

Définition.

Sous ce nom nous entendons des états méningés: aigus, bénins, dont la réaction, avant tout leucocy-— taire, n’est pas sous la dépendance de la présence de germes pyogènes décelables dans la cavité sous—

arachnoïdienne, et de cause inconnue.

Etude clinique.

Les méningites puriformes aseptiques, aigués,. bénignes, cryptogénétiques, surviennent habituellement, comme en témoignent les observations qui sont parvenues à notre connaissance, chez des adultes jeunes.

Rappelons que la première observation qui fut publiée par Widal et Philibert concernait un jeune homme de 17 ans ; la malade dont Creyx et Ringenbach rapporte l’histoire clinique est âgée de- 34 ans.

Mais elles ne sauraient, quoique plus rares, être exceptionnelles chez les tout jeunes enfants puisque: dans les observations relevées dans le Service du. Professeur Nobécourt il s’agit de petits malades âgés respectivement de 5 et 11 mois, 1 an 1/2 et 2 ans et qu'un cas cité par M. Poidomani Raffaele intéressait. un garçon de 3 ans. *

Le tableau clinique diffère chez les adultes et chez les petits enfants et cela ne surprend pas, sachant combien frustes et discrets sont les signes traduisant la souffrance méningée chez les tout petits.

Chez l’adulte, les signes sont habitueliement ceux.

CARE Fete

-d’une méningite cérébro-spinale, de sorte qu’ils imposent la ponction lombaire et l’injection immédiate, en présence du liquide trouble ou opalescent, de sérum antiméningococcique.

Le début brusque, que rien ne fait prévoir, se fait en pleine santé, par de la céphalée, de la rachialgie. Le malade est pris brutalement de frissons, de vomissements ; la température atteint d'emblée 39° ou 40°. L’examen révèle parfois une angine banale, angine qui toutefois a pu entraîner une légère dysphagie dans les jours qui ont précédé ce début brusque.

En quelques jours les signes traduisant la souffrance

méningée s'installent. La raideur de la nuque, des

membres inférieurs, les contractions musculaires apparaissent. L’attitude en chien de fusil n’est pas rare.

L'examen du système nerveux met souvent en évi- -dence les signes de Kernig et de Brudzinski. Les réflexes tendineux sont normaux ou plus ou moins troublés.

Quelle que soit l'intensité de ces signes, ils ne donnent lieu, le plus souvent, qu’à des accidents éphémères et tournent court en 3 à 8 jours alors que l'apyrexie apparaît.

Evolution courte comme on le voit, le tout ayant -duré une dizaine de jours. \

Variables dans leurintensité, ces symptômes peuvent l'être aussi dans leur durée ; l’évolution courte, pour ‘être habituelle n’est pas absolue ; se prolongeant, ces symptômes peuvent prendre un caractère de sérieuse

Page 1