VI. — TRAITEMENT
Tout au début, dans les formes peu intenses ou dans cette sorte d’hydroma de l’espace dont parle Guyon, on a vu les. affections de la cavité de Retzius se terminer par révolution. En réalité le fait est bien rare. Dès que le diagnostic est posé, la tumeur bien marquée, il ne faut pas attendre que la fluctuation devienne superficielle, il faut ouvrir et drainer longuement. |
IL faut toujours songer que le pus va chercher une issue et que s’il la trouvait de côté du péritoine ce serait fatalement la mort pour le malade.
La ponction n’a aucune valeur, tout àau moins la ponction évacuatrice. IL est toujours très légitime, en effet, de faire une ponction exploratrice. Inutile d’ajouter que dans ces cas-là il faut avant cathétériser la vessie et prendre les plus grandes précautions d’asepsie. Il ne faut jamais oublier que l’on peut avoir affaire à un hématome récent ou ancien et que le moindre microbe doit y pousser avec une intense vigueur.
Le traitement de choix est l’incision médiane, large,
NL ures passant au niveau de la ligne blanche entre les grands droits, afin de mettre à jour la cavité suppurée. L’ineision doit être pratiquée, que l’on ait affaire à un phlegmon ou a un hématome, car il faut pas attendre que celui-ci s’infecte.
On évacue la cavité, on examine en tous sens pour chercher la cause de l’abcès, on ligature tout ce qui saigne,on place ensuite un gros drain entouré de mèches qu’on plonge aussi profondément que possible au point le plus déclive.
Habituellement cette incision ét ce drainage suffisent ; il est certain toutefois que celui-ci s'effectue mal ; le drain est, en effet, placé en mauvaise position, car les liquides suivront en sens opposé à celui que provoqueraient normalement les lois de la pesanteur. Dans ces conditions la cavité se vide mal, aussi a-t-on eu l’idée d'appliquer à ces abcès le drainage inférieur.C’est
.ce que faisait Tillaux dès 1880 qui décrit ainsi les deux temps de l'opération.
Premier temps. — Incision large de 4 à 5 centimètres sur la ligne médiane.
Deuxième temps. — On introduit un long trocart courbe dans le vestibule de la vulve à quelques millimètres au-dessus du néat urinaire. Puis on pousse ce irocart et on le dirige de manière à le faire glisser sous la symphyse pubienne d’abord,en arrière ensuite,entre le pubis et la face antérieure de la vessie jusqu’à la plaie abdominale. Au moyen du trocart un drain est passé dans la plaie et les deux bouts en sont réunis au-devant
du pubis.