‹ A Propos De Quelques Cas De Pathologies De La Cavité De RetziusChapitre 9 sur 21 · LA VOIE LYMPHATIQUE · texte numérisé non relu

LA VOIE LYMPHATIQUE

C’est surtout M. Imbert de Montpellier qui a soutenu l’origine lymphatique des abcès de la cavité prévésicale ; il exposa sa théorie à l’association française d’analogie en 1902 et il inspira la thèse de Géraudie en 1903. Il invoqua les travaux de Gerota de MM. Cunéo et Marcille, la communication de M. Bazy. Quoique la présence habituelle de ganglions dans la cavité ne soit pas admise par tout le monde, il faut reconnaître qu’il est peu possible d'expliquer autrement que par la propagation par les lymphatiques les cas exposés par divers observateurs.

Macary voit une jeune femme atteinte de blennorragle génito-uréthrale, faire un peu de pelvi-péritonite puis un phlegmon prévésical dont elle guérit par ponction.

Castero observe un soldat porteur d’un chancre préputial, faire un bubon, puis quinze jours après,un abcès de la cavité de Retzius guéri par incision.

Para et Tuffier, ont l’occasion d’observer chez Guyon une femme atteinte d’uréthro-vaginite chronique, elle fait une cystite violente et meurt. A l’autopsie on trouve un abcès prévésical, le col de la vessie, l’urèthe et le

vagin portent des végétations rougeîtres, l'utérus et les

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annexes sont sains. Les cas de ce genre ayant produit des phlegmons ne sont pas rares et l’on retrouve fré-

quemment dans les antécédents de ces cystites la

blennorragie, le retrécissement de l’urèthre, POYRO trophie de la prostate.

Labuze, Macary, Castaneda y Campos, relatent des abcès de cette région chez des malades atteints de blennorragie.

Quant aux infections venant du tube digestif, elles sont difficiles à déceler, car s’il est certain, qu’à l’origine des trois quarts des phlegmons idiopathiques on trouve des troubles intestinaux, il est assez difficile de dire s’ils sont une cause ou simplement un symptôme précoce. Toutefois les cas semblables à celui observé par M. Martin de Genève seraient difficiles à interpréter autrement.

Ils’agit d’une fillette de 16 mois, nourrie au biberon, rachitique, ayant des troubles digestifs continuels, alternatives de diarrhée et de constipation. Depuis une quinzaine de jours, la constipation persiste et elle souffre enurinant. Il y a une douzaine de jours qu’elle éprouve une vive douleur au niveau du bas-ventre, douleur exacerbée par la pression. La constipation est absolue depuis quatre jours, ainsi que la rétention d’urine qui nécessite de fréquents sondages. La température est à 39, et l’on voit nettement une tumeur entre l’ombilic et le pubis. On incise, il s'écoule du pus, la malade urine très bien, la température descend à 37°2,el la fillette sort guérie.

Dans ce cas il est’bien certain que les troubles uri-

LL TER Le naires n’ont rien à voir avec la pathogénie de l’affection. Ils ont été causés par des phénomènes de com- pression sur l’urèthre ou d’inhibition sur la vessie.Les troubles digestifs seuls subsistent. Bernutz, Guyon, Arnould avaient déjà signalé la corrélation des troubles du tube digestif et des phlegmons de la cavité de Retzius.

Ces cas, toutefois, permettent la controverse, plus typiques sont ceux de M. Imbert, de M. Reygasse et aussi celui de M. Puech.

M, Léon Imbert raconte l’histoire d’un malade de 25 ans, atteint à 18 ans de blennorragie avec épididymite, qui passe à l’état chronique. Pas de cystite, goutte matinale, prostate ni douloureuse ni grosse, pas de rétrécissement, 5 à 6 papillomes sur le gland. Il se traite et va mieux. Le 1” octobre il se marie, le 4 il ressent au ras de la verge une vive douleur qui lui dure huit jours, le 11 il fait une longue promenade en voiture, il a alors des mictions fréquentes et douloureuses à la fin, tenesme rectal et vésical, pas d'écoulement, les urines sont claires, région sus-pubienne douloureuse au palper, ventre tendu, la prostate fait saillie dans le rectum, paquet hémorroïdaire. Le 13, accalmie, palper toujours pénible, tuméfaction douloureuse, submate suspubienne, paroi contractée, cathétérisme facile : la vessie se vide bien, prostate saïllante sans douleur.

Temp. 38° à 3%.

23 octobre. — Tumeur arrive à l’ombilie, prostate très saillante et peu douloureuse. |

24 octobre. — Idem. Peau rouge au-dessus du pubis, À |

Lao

26 octobre. — Incision. Température tombe.

Un mois après il vit une petite fistule, la prostate est en place, mais accolée à une masse indurée.

M. Imbert conclut que rien ne peut expliquer cet abeès qu'un petit condylome ulcéré dont le malade était porteur.

M. Reygasse a l’occasion d'observer un enfant porteur d’un hypospadias balanique, une inflammation locale se manifeste, le méat se bouche, on donne un bain chaud et le malade urine quatre heures après.

Quinze jours plus tard le ventre devient douloureux puis se tuméfie, les mictions sont fréquentes et douloureuses,le méat est ulcéré, on cathétérise tout de même, la vessie est peu pleine, les urines normales. On incise, le petit malade guérit.Il semble bien dans ce cas-là encore que l’on doive accuser l’ulcération du méat.

Puech vit une accouchée dont le travail fut long ; au cours de l’accouchement on entendit un bruit sec et la malade ressentit une vive douleur au niveau du pubis. Cette douleur persista, l’empêchant de marcher, les lochies étaient légèrement fétides, la température à 38. L’accouchée n’avait été entourée d’aucun soin d’aseptie ni d’antiseptie. La douleur au niveau de l’ombilic augmente et un phlegmon prévésical se déclare.

Les culs-de-sac sont libres, l'utérus reste mobile, les lochies ne sont plus fétides, mais la température et les frissons augmentent. Puech incise, draine et la femme guérit. Il assure que le mal ne peut venir de la rupture de la symphyse pubienne car il n’y à eu au moment

où il examina la femme aucun signe prouvant que la sym-

physe pouvait suppurer. Toutefois le traumatisme a créé soit un hématome, soit simplement la zone de moindre résistance où les bacilles venus de l'utérus ont évolué.

Les déductions que ces auteurs tirent de leurs observations semblent fort plausibles, car en admettant que les ganglions prévésicaux ne soient pas dans la cavité prévésicale, ils sont tous contre sa paroi postérieure, peut-être même comme semble l'avoir vu M.Bazy dans cette paroi même. L’adéno-phlegmon qui se développe en ce point aura un bien faible obstacle à traverser pour envahir le tissu cellulaire de la cavité. D’autre part les nombreuses anastomoses qui parcourent la région expliquent amplement la propagation de ces ‘infections. |

Quoi qu’il en soit, les défenseurs de cette pathogénie

expliquent ainsi les faits assez obscurs de phlegmons

observés après un chancre génital à la suite de cystite,

de vésiculite, de blennorragie, de papillomes ulcérés, d’ulcérations du méat, de chancre mou. Du même res-

sort seraient les cas survenus après des accouchements

difficiles comme en ont vu Puech et Vandrood ou à la suite de troubles intestinaux comme l’a vu M. Martin et l'avaient déjà remarqué Bernutz, Guyon, Arnould.

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