‹ A propos de quelques cas de TétanosChapitre 4 sur 13 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Jusqu'au début du xx° siècle, le tétanos fut une Étte: tion assez répandue. Les auteurs nous parlent de véritables épidémies de tétanos faisant leur apparition brutale dans les hôpitaux en atteignant toutes les personnes qui avaient été opérées avee les mêmes instruments souillés de sporés tétaniques. Les maternités payèrent également un lourd tribut à cette maladie. Klarke rapporte qu'à la maternité de Dublin, il y eut 3.000 victimes sur 17.650 nouveau-nés jusqu'en 1882 ; chiffre énorme, si l’on songe qu’un enfant

sur six disparaissäit quelques jours après sa naissance.

Les mères n'étaient pas moins éprouvées que les enfants. Le tétanos post-partum était fréquent, surtout après les accouchements difficiles ayant nécessité l’usage de forceps ou la pratique de manœuvres telles que version, incision du col ou opération sur le périnée. En 1898, on dut fermer la maternité de Prague à la suite d’une épidémie de tétanos qui fit 33 victimes sur les 35 cas observés.

Même au cours de la première année de la grande guerre, les cas de tétanos furent nombreux. Les soldats blessés en grand nombre, pansés sommairement, étaient évacués vers l'arrière avec leurs plaies souvent souillées de terre..Le voyage se faisait fréquemment dans des wagons ayant, quelques jours avant, servi au transport de chevaux. À cela, ajoutons la pénurie de sérum antitétanique, et l'on comprend la multiplicité des tétanos dont le nombre causa alors, avec celui des infections typhiques, un problème si ‘angoissant pour le service de santé militaire. Depuis lors, le tétanos s’est fait rare et, en certains endroits, il a même complètement disparu.

Au cours 2e la guerre 1939- lo, on n’en a observé que quelques cas. L. Sauvé en a trouvé 7 cas dont un seul mor-

tel. Welti, dans son ambulance de Béthune, n’en signale qu'un cas sur 218 blessés qui y furent traités pendant les mois de mai et juin 1940. Enfin Simon, au centre militaire français de Besançon, sur un total de 1.900 blessés recueillis pendant les journées du 16 au 20 juin 1940, a vu 14 cas de tétanos. Ce dernier chiffre peut sembler important de

prime abord, mais en fait il est minime si l'on songe aux

conditions dans lesquelles il est trouvé.

Dans la pratique civile, le tétanos est devenu très rare.

Certains médecins n’en ont jamais rencontré dans leur clientèle. Pour notre modeste part; nous n’en avions vu que deux cas au cours de nos quatre premières années de médecine. Certains étudiants ont pu ne ‘jamais en voir, n'ayant pas eu la chance de se trouver dans le service au moment où l’on soignait les rares cas reçus dans l’année.

Cette diminution du nombre des tétanos dans la pratique civile et militaire tient au développement et à l’extension des idées d’asepsie et d’antisepsie. D'autre part, l'usage du sérum antitétanique et de la solution d’'antitoxine tétanique comme moyens préventifs à la suite des traumatismes contribue beaucoup à cette diminution. On observe rarement des télanos à la suite de plaies importantes ; dans ces cas, en effet, on n'hésite pas à pratiquer

une injection préventive de sérum. Au contraire, le tétanos

apparaît maintenant à la suite de petites plaies ou de sim-

ples piqûres qui ne semblent pas nécessiter une telle thé-

rapeutique.

= Devant la rareté, classique actuellement, du tétanos, nous avons été frappé de trouver au cours de notre séjour à l'hôpital de Corbeil un nombre de tétanos assez important pour la petite région qui dépend de l'hôpital.

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