GO
précédent, habitant la localité voisine de celle des cas n°° 5 et 6.
Le client me présente une jument, très maigre et très faible, qui, malgré son excellent appétit, maigrit visiblement. Il déclare en outre la voir uriner plus souvent qu’à l'ordinaire. Je lui demande s’il n’a jamais remarqué d’ascarides. Il répond négativement. N'étant pas très confiant dans cette affirmation, je ramasse quelques excréments pour faire une visite microscopique.
Mes constatations sont les suivantes :
Pouls 54, température 38°2. Les muqueuses sont pâles, mais faiblement infiltrées. Par contre, le poil est hérissé. La marche est assez pénible.
Le cheval urine pendant la visite. J'en profite pour examiner si l'urine contient de l’albumine. La recherche est positive. Je me réserve néanmoins le diagnostic jusqu’après visite microscopique des excréments. Le résultat est du reste négatif. Le client revient le lendemain pour apprendre le résultat. En lui expliquant qu'il s’agit d’anémie infectieuse (forme chronique), il avoue finalement avoir eu déjà la maladie dans l’écurie.
Je lui propose le traitement de l’auto-hémothérapie, ce qu’il accepte. Je me rends le même jour chez lui pour procéder à la prise de sang nécessair.e Le cheval est d’une telle faiblesse qu'il tombe à terre pendant l’opération. Je le fais isoler des cinq autres chevaux qui se trouvent dans la même écurie.
Le 12 octobre, je reviens pour faire l’inoculation de 50 centimètres cubes de sérum. Avant d'y procéder, je visite l'animal. Le résultat est identiquement le même qu’au jour de ma première visite. Pour intensifier l’effet de lhémothérapie, je prescris une cure à base d’acide arsénieux.
Le 23 octobre, je retourne pour inoculer la seconde quantité de sérum (75 grammes). J'ai l’occasion de constater une amélioration du malade. Il est plus gai et semble mieux tenir sur ses jambes. Je le fais sortir de l’écurie pour mieux me rendre compte de l’état général.
Pouls 52, température 38°2. Les conjonctives sont légèrement roses. Les infiltrations œdémateuses que j'avais constatées aux membres postérieurs ont disparu.
Après l’inoculation du sérum, je fais activer les doses d’acide arsénieux (0,8 gramme). J'insiste avant mon départ sur une nourriture de choix, ce que le propriétaire accepte de faire.
Quatre semaines plus tard, le cheval est attelé pour la première fois. Devant le résultat encourageant, le propriétaire continue à l’atteler comme auparavant. J'ai revu ce cheval à plusieurs reprises depuis et je me suis rendu compte qu'il présentait un de ces cas très rares, où le traitement avait produit un résultat positif.
P.-S. — Ce même propriétaire a perdu, six mois plus tard, un autre cheval atteint, d’après le constat d’autopsie faite par un vétérinaire sarrois, d'anémie infectieuse.
Cas N° 8
Hongre, noir, environ 6 ans.
Un cultivateur, T.. de K.…., vient me consulter le 11 juin 1925. Il m’explique qu'il a perdu plusieurs chevaux depuis deux ans et qu'il en avait de nouveau un de malade à l'écurie. Ayant entendu parler de vaccination contre l’anémie infectieuse, il désirerait faire procéder à un essai.
Je me rends le lendemain chez lui, où il me présente un cheval gravement atteint.
Pouls 94, température 40°7. Les muqueuses oculaires sont d’un rouge vif. Les yeux sont larmoyants. Les ganglions de l’auge sont fortement tuméfiés. Les extrémités postérieures sont œdématisées. En voulant le faire sortir de l'écurie, il faillit tomber à plusieurs reprises. Les battements du cœur deviennent inquiétants, de sorte que je renonce à le faire marcher. Sans aucun doute possible, il s’agit d’un nouveau cas de typho-anémie aiguë. Je fais part de mes hésitations en ce qui concerne un traitement à l’autohémothérapie, étant donné que je considère le cheval perdu. Sur les instances du propriétaire, je procède à une saignée assez abondante (5 à 6 litres). Un litre est envoyé au laboratoire bactériologique pour préparer l’autosérum.
Le 19 juin, je procède à l’inoculation de 50 centimètres cubes de sérum, et ceci sans aucune conviction, car les symptômes sont encore plus alarmants qu'à l’occasion de ma première visite.
Je reviens le 24 juin pour inoculer 75 centimètres cubes de sérum, mais malheureusement j'arrive justement au moment où le cheval expire.
J'en profite pour procéder à l’autopsie.
Le cadavre est très maigre. Extérieurement, je remarque des engorge-
ments œdémateux en divers points, notamment aux membres, au niveau des flancs, de la poitrine et à l'extrémité de la tête.
À l'intérieur, nous trouvons quelques ganglions œdémateux. Tous les organes sont couverts de pétéchies, principalement la rate, le cœur, les intestins. La rate fait le double de son volume habituel. Le cœur montre beaucoup d’ecchymoses. Le foie est friable. Le sang contient très peu de matière colorante et ressemble plutôt à de l’eau colorée. Les reins fortement tuméfiés sont également couverts de pétéchies.
Le diagnostic est donc confirmé par le résultat de l’autopsie.