CONCLUSIONS
Il existe au cours de la grippe des foyers pleuropulmonaires fixés et localisés qui simuleni la tuberculose : ce sont les formes pseudo-phymiques de ia grippe.
Ces foyers pleuro-pulmonaires sont variables.
Les uns, s’accompagnant de phénomènes généraux et fonctionnels, simulent la tuberculose pulmonaire aiguë.
Les autres, évoluant d'une façon plus torpide, donnent lieu à un tableau clinique qui ressemble à celui de la tuberculose chronique.
Ces deux formes constituant ce que nous appellerons les formes pulmonaires.
Dans certains cas, surtout chez l'enfant, on a affaire à des formes pleurales, avec signes pseudocavitaires ; sans lésions profondes du poumon ou à de véritables pneumonies chroniques avec réactions
pleurales pseudo-tuberculeuses.
Ces différentes formes de grippe pseudo-phymiques ne sauraient être confondues avec les pneumonies,
broncho-pneumonies qui peuvent compliquer la grippe.
Le diagnostic de la nature non tuberculeuse de ces lésions repose sur la clinique et le laboratoire.
L'examen de crachats ne décèle pas de bacilles de Koch, et la présence même de quelques baciiles n’aflirmerait pas la nature tuberculeuse de ces lésions, le malade pouvant être déjà tuberculeux et présenter accessoirement un foyer grippal.
Le diagnostic clinique repose,avant tout, sur le bon état général des malades, sur la coexistence d’autres signes de grippe, sur l'existence d’une épidémie, sur les caractères particuliers de l’expectoration abondante et de courte durée, sur la présence de manifestations cutanées et ganglionnaires assez particulières.
Dans les formes pleurales, certains foyers donnent lieu à des symptômes pseudo-cavitaires, disparaissant rapidement, et sans doute liés à une pleurésie œdémateuse localisée,comme l’a signalé Teissier.
Les autres donnent de véritables signes de pneumonie chronique avec symptômes de pleurésies purulentes, stimulant la tuberculose. Ce sont des pneumonies chroniques, avec induration et sclérose massive du poumon et réaction pleurale intense.Dans ces cas, l’état général est profondément atteint et la terminaison de l'affection est fatale.
Les observations de ces faits de grippe speudophymique sont rares. Mais peut-être sont-ils moins qu’on ne le pense, El pour notre part, il nous
semble que, au cours de grandes épidémies de grippe, si l’on n’attribue à la tuberculose un si grand nombre de décès, c’est que l’on connaissait mal ces formes de la grippe qui simulent à s’y méprendre la tuberculose pulmonaire.
Vu : le Président de thèse,
Ca. ACHARD Vu : le Doyen,