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OBSERVATION IV

Une vieille femme artério-scléreuse, emphysémateuse, attendait à l'hôpital son placement pour l'hospice.

Ün jour, la voyant tousser d'une façon persistante et la trouvant fort amaigrie, on l’ausculta. Aux deux sommets, des râles humides à grosses bulles et un souffle manifeste. Expectoration abondante et franchement purulente.

Sans doute, c'était une tuberculeuse qui bientôt serait emportée.

Mais comme elle se trouvait dans une salle où il y avait

des malades atteints de grippe, comme elle affirmait s'être

mise à tousser et à cracher brusquement, on pratique

l'examen des crachats.

Pas un seul bacille de Koch. En revanche, une véritable purée de diplo-bacilles.

La malade succombe au bout de cinq jours. A lautopsie, congestion œdémateuse intense, dont le suc donne naissance à des cultures pures de diplo-bacille encapulé. Pas trace de

tuberculose.

On voit donc, quelles peuvent être, dans des cas comme ceux-ci, les difficultés du diagnostic, diflicultés que la recherche du bacille de Kocb fait en partie disparaître.

Pourtant, sans le secours du microscope, le diagnostic peut être fait.

« On peut étre autorisé à porter le diagnostic de grippe pseudo-phymique, dit M. Teissier, lorsque l’on constate plus particulièrement en temps d'épidémie, des localisations pulmonaires du sommet, à début brusque, à catarrhe purulent précoce, catarrhe se tarissant presque aussi vite qu’il s’est développé, surtout lorsque ces déterminations se sont accompagnées des autres symptômes de la grippe. »

« Ces accidents pseudo-phymiques disparaissent souvent d’une façon rapide et complète. Mais ils sont susceptibles aussi de laisser après eux des traces durables, telles la pneumonie pleurogène, la sclérose chronique interstitielle avec dilatation des

bronches.

» Sans aller jusque-là, on peut observer pendant deux ou trois mois, après ces poussées pulmonaires grippales, un état d'infiltration du parenchyme ‘pulmonaire se traduisant par des râles fixes d'assez gros volume, une respiration soufflante, un peu de broncho-phonie et d’exagération des vibrations thoraciques.

» Sous l'influence d’une excellente hygiène et d’un traitement approprié, ces phénomènes peuvent disparaître sans retour. »

FORMES PLEURALES

Les foyers pulmonaires fixés et localisés, consécutifs à la grippe ne siègent pas toujours au sommet et chez l'enfant, où la tuberculose peut siéger en n'importe quel point du poumon: ce fait rend encore plus difficile le diagnostic.

Chez l'enfant aussi, il nous a semblé que les signes physiques de ces foyers, à la base ou à la partie moyenne du poumon, décèlent des altérations pleuro-pulmonaires, touchant surtout la plèvre; ou tout au moins, dans certains cas, on croit avoir affaire, soit à une pleurésie purulente, soit à une destruction du tissu pulmonaire au niveau de la corticalité.

Nous verrons que parfois, il ne s'agit que de lésions qui doivent être minimes, puisqu'elles vont guérir rapidement, après avoir pourtant prescrit des symptômes pseudo-cavitaires comme s’il existait de vastes destructions parenchymateuses.

Dans d’autres cas, au contraire, à des signes physiques de lésions étendues, correspondent en effet des destructions'considérables.

En fait et surtout dans l’une et l’autre de nos

observations, nous verrons que malgré l’apparence et les signes physiques, il ne s’agissait pas de tuberculose.

Nous retrouverens là encore les mêmes arguments cliniques et bactériologiques..

L'examen de ces observations nous montrera donc deux types différents de ces formes pleurales : de même, il nous indiquera l’évolution de ces formes : l'une bénigne, rapidement curable ; l’autre grave amenant des troubles profonds de la santé, des altérations thoraciques et au bout de plusieurs semaines, une terminaison fatale.

OBSERVATION V (Personnelle)

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