L'ÉLÉMENT ENDOCRINIEN DANS LA PATHOGÉNIE DE L'HYPERTENSION
De nombreux troubles endocriniens peuvent s’accompagner de troubles tensionnels : les hypertensions de la puberté, des dernières semaines de la grossesse, de la préménopause, du diabète, de la pléthore. Ces divers types ne peuvent pas être considérés comme hypertensionmaladie : l'augmentation de la pression artérielle n’est ici qu un symptôme éventuel d'un état auquel elle donne un aspect particulier.
Par contre, lorsque l'hypertension, liée à une cause endocrinienne bien définie, devient le symptôme majeur dominant le tableau clinique et son évolution, 1l est permis de parler de maladie hypertensive endocrinienne.
BickEL et ODIER lient toujours ces hypertensions à une origine surrénalienne, « bien que le primum movens puisse se trouver parfois au niveau de l’hypophyse, plus rarement au niveau du système nerveux, c'est-à-dire aux étages supérieurs de l’axe neuro-hypophyso-surrénal ».
Que nous apporte l’expérimentation? Les méthodes appliquées sont très nombreuses.
— L'apport de sodium donne des hypertensions moyenñes chez le rat, exaltées par adjonction de désoxycorticostérone (1).
En fait, il se réalise des lésions rénales dues probablement aux quantités massives administrées et on ne peut attribuer au sodium et à la désoxycorticostérone toute l'importance pathogénique qu'il semble au premier abord. (Exp. de SELYE et RowLey en 1943 ; Masson, CoRcoRAN et PAGE en 1949, etc).
D'autres expériences ont été faites avec d’autres hormones, médiateurs chimiques ou vitamines et sur lesquelles on a peu de renseignements.
LANGERON et DEHOUCK sont arrivés à créer une hypertension stable chez le chien par déficience thyroïdienne (1938).
RocH enfin, divise les glandes à sécrétion interne en deux groupes sur le plan physiologique :
1° Glandes dont l’hyperfonctionnement entraîne une hypertension : surrénales, hypophyse et thyroïde ;
2° Glandes dont l'insuffisance entraîne une hypertension : pancréas, ovaires.
Les expériences, quelle que soit la méthode employée, amènent rapidement des désordres nerveux, humoraux,
vasculaires et rénaux, tels qu'on les retrouve chez l’homme dans la maladie hypertensive.
Les interprétations sont nombreuses et donnent des résultats souvent dissemblables, voire même contradictoires.
Que nous apporte la clinique ?
— À propos du phéochromocytome, HowARD, PALMER
et T'HORN indiquent qu’un bon nombre de surrénalomes
peuvent entraîner d'emblée une hypertension permanente
(1) La 17 - hydroxy - IT - désoxycorticostérone en particulier,