‹ A Propos De Trois Cas D'Hypertension Développée Chez Des Basedowiens Après ThyroïdectomieChapitre 20 sur 31 · CL · texte numérisé non relu

CL

N ou. €

enéeruention

œ me — +

æ oi Y 9 9 SNS NI NT En

volution des chiffres maxima de T. À. relevés dans l'observation n° ].

(Octobre 1953 - Juin 1954)

PNDO

Ürines aseptiques : quelques leucocytes ; pas de cylindres,

ni hématies ; pas de germes.

Vitesse de sédimentation : 28-58.

Vernes résorcine : 2.

OBSERVATION II (BROUSTET. - /nédite.)

Mme Lag.….; 38 ans (en 1952), sans profession, entre dans le service, en février 1952, sur les conseils de son médecin pour hypertension.

En avril 1946, on découvre à la suite d’une série de grippes la présence d'un goître, avec tachycardie, tremblement, amaigrissement, crises diarrhéiques, bouffées de chaleur, palpitations et troubles des règles ; les règles apparaissent toujours selon un cycle normal, mais sont diminuées de quantité et d’une couleur rosée. La

malade était réglée normalement jusqu'à cette date.

Après un traitement à l’iode puis à la di-iodothyrosine, et une série d'irradiations du corps thyroïde, qui nous mènent en avril 1947, on ne note aucune amélioration appréciable.

La malade, de Périgueux, vient alors à Bordeaux consulter le Docteur HIRTZ qui ordonne di-iodothyrosine et bévitine.

En juin 1948, elle accuse un gros choc émotif lors de la maladie de son fils (typhoiïde), choc qui est suivi par une reprise et une accentuation des troubles : on institue un traitement à l’abadol.

La thérapeutique n'agit toujours pas et on adresse la malade au Docteur DUBOURG qui décide une intervention chirurgicale :

— 2 juillet 1949 : ligatures des artères thyroïdiennes. — [2 juillet : thyroïdectomie subtotale.

Jusqu'à cette date la tension artérielle était de : 14/8. — Août 1949 : la tension monte à 16 pour la Mx.

— Septembre, la tension est à 17.

— Octobre, à 20 ; la malade fait alors une hémoptysie.

bone

— Décembre : consultation du Docteur DuBoURG qui demande les examens complémentaires : ceux-ci ne montrent rien de parti- L]

culer encore.

— Mars 1950 : opération de cataracte de l'œil gauche ; treize Jours après l'opération, la malade fait une hémorragie oculaire ; la tension artérielle est alors de 18/10.

— Mai 1950 : déchirure musculaire avec gros hématome de

l'épaule et du bras sans effort particulier.

— Décembre : la malade ressent pendant trois jours des coliques du type coliques néphrétiques ; pas de sang dans les urines, ni éli-

mination de calcul.

— Septembre 1951 : à l’occasion d’une angine aphteuse on prend la tension artérielle qui est de 23/13.

— Janvier 1952 : la malade se plaint de céphalées frontales violentes au réveil, mais passant rapidement ; parfois c'est au niveau

de la nuque qu'elle souffre plus particulièrement.

Les examens de laboratoire faits à cette époque sont les suivants :

Vitesse de sédimentation ................ 1073 Ptroth OMBINENE ES ASE RE RE D UÜrée’sanguine, : 55e 2 Ce 0 g. 20 Caleitin es ee RS mA RE 100 mg.

Alburnine urinaire TU re en 0, 06 cg

Quelques débris de cylindres.

Rares polynucléaires.

Constante d'Ambdee lei 0,059 PIS PERLE RAR RS ER NS ERR SRE NC l'£cto-stéroidés2 "4 si ER St 9 mg 1 l céto-stéroides =222 7 SENS 0,90 mg

Urographie : légère hydronéphrose droite.

Du point de vue de ses antécédents personnels, on a relevé un iitis chronique à 10 ans ; on découvre pendant le traitement de l'initis, alors qu'elle avait 18 ans, l'existence d’un B.W.+ +, rapporté à une spécificité congénitale : on commence alors un traitement au sulfarsénol et au bivatol.

et

Cette femme a deux enfants : une fille mongoloiïde, un garçon normal.

Les grossesses ont été normales, bien que la présence d'albuminurie ait été constatée aux environs du terme,

À l'examen pratiqué au début de février 1952, c'était une malade

inquiète, exophtalmique 1] ny avait pas de tremblement.

Céphalées frontales matinales : parfois, impression de vide dans la tête et de voile devant les yeux ; pas de sensation de doigt mort, ni de palpitations, ni de dyspnée de décubitus, ni de douleurs précordiales.

L'appareil cardio-vasculaire : à l’auscultation de la région précordiale, on entend un souffle systolique à la pointe, se propageant dans l’aisselle ; le rythme est régulier (84) : éclat marqué du deuxième bruit dans le 3° espace intercostal gauche.

TA7:19/10 (indice 7,5).

Electrocardiogramme normal.

Appareil pleuro-pulmonaire : rien à signaler excepté la présence d'une dyspnée d'effort, qui existait d’ailleurs avant l'apparition du goitre.

L'appareil génito-urinaire : depuis l'opération, les règles sont plus abondantes qu'auparavant, régulières, indolores.

Système nerveux : pas de tremblement ; réflexes tendineux un peu vifs (surtout à gauche).

Le repos est conseillé ; on ordonne une thérapeutique comportant l'administration d’hydergine, l'application d'un régime spécial, et on lui propose une série d'irradiation hypophysaire à dose légère.

Elle est revue le 28 avril 1952 : on continue le traitement ; la tension artérielle est à cette époque : 24/11 (indice 10).

— 14 juin 1952 : la malade se sent bien, les maux de tête sont très rares : pas de dyspnée d'effort. Mais la tension artérielle persiste à 21/10. e

La malade a été perdue de vue par la suite ; nous venons d'apprendre, en juin 1954, son décès remontant à un mois environ, survenu

\ ! E, ! LE ] après une hémorragie cérébrale.

Se +,

Évolution des chiffres maxima de

l'observation n° 2

(Juillet 1949 - Mai 1953)

ji f

OBSERVATION III (Dusourc et BROUSTET.)

(Cette observation a déjà fait l'objet d'une publication de M. le Professeur BROUSTET, à laquelle nous l'avons empruntée.)

Mme AÀ..., âgée de 50 ans, entre, en janvier 1938, à l'Hôpital Saint- André sur les conseils de son médecin.

« Cette femme, campagnarde, a joui jusqu'en 1937 d’une excellente santé. Mère de six enfants, elle se rappelle seulement avoir présenté, à 43 ans, une crise appendiculaire, traitée médicalement ».

Au début de 1937, divers malaises surviennent : les règles, qui jusqu'alors apparaissaient régulièrement, cessent. Des troubles digestifs variés, accompagnés d’un amaigrissement de 18 kg. environ orientent le diagnostic vers une affection digestive : mais la théra-

peutique appliquée « n’a aucun'effet ».

Mais d’autres symptômes, non signalés par la malade, font supposer une hyperthyroïidie : « en effet, Mme À... a l'œil brillant, la pupille dilatée ; elle est constamment, et plus encore à la moindre émotion, en proie à un tremblement menu, rapide ; son pouls est très accéléré et irrégulier. son corps thyroïde n'est pas hypertrophié elle n’a pas d’exophtalmie véritable. »

Elle entre dans le service de M. le Professeur MAURIAC, le 127 février 1938. Aucun signe objectif précis à l'examen clinique et radiologique de l'abdomen ne peut être décelé.

« Par contre, bon nombre de signes de la série basedowienne sont relevés : le corps thyroïde, qui ne paraît pas volumineux à la simple inspection, est aisément senti à la palpation ; 1l est mobile, indolore et son lobe gauche est un peu augmenté.

» Les tremblements sont un peu atténués depuis l'entrée à l'hôpital. La malade, bien calmée par le repos, obligée de rester au lit, est encore assez nerveuse.

» Le métabolisme de base confirme amplement le diagnostic ; il

est en effet augmenté de 72 %,. »

L'attention est principalement attirée sur l'appareil cardiovasculaire. Malgré l’alitement, le pouls reste rapide, au-dessus de 120, et constamment irrégulier. À l’auscultation, les bruits du cœur sont normaux, bien frappés. La tension artérielle est de : Mx, 14 ; Mn, 7.

« Il n'existe pas de signes indiscutables d'insuffisance cardiaque : ni œdèmes, ni congestion pulmonaire ; peut-être toutefois, l’hépatomégalie est-elle due à la congestion passive de la glande ? »

« Un électrocardiogramme montre deux anomalies de grande importance : une arythmie complète par fibrillation auriculaire, et des altérations du complexe ventriculaire dont l'onde T est négative en première et deuxième dérivations, absente en troisième. »

« L'orthodiagramme montre un cœur de dimensions très sensiblement augmentées ; chez cette femme dont la taille est très petite, le diamètre longitudinal atteint 15,8 cm., et le diamètre horizontal 14,9 cm. Il s’agit donc d’une hypertrophie globale du cœur. »

{Par ailleurs, l'examen complet de la malade ne permet de recueillir aucun symptôme important ; on trouve seulement 9 centigrammes d'albumine dans les urines ; l’urée sanguine est à 0,42, le glucose à 0,92, le cholestérol à 1,28. Les réactions humorales (Kahn, Meinicke, B.W.) sont négatives. »

« Aucun symptôme neurologique, aucun trouble trophique n'est

relevé. »

« En somme, il s'agit d’une maladie de Basedow survenue à la ménopause. Si le syndrome thyroïdien n’est pas complet, s’il est même masqué par l'importance des troubles digestifs, certains de ses éléments, l'amaigrissement, les tremblements, sont assez intenses pour ne laisser aucune hésitation sur le diagnostic.

» Rien plus, les troubles cardiaques nettement caractérisés. permettent d'affirmer qu'on est en présence d’une cardio-thyréose, et qu'il ne s’agit pas de la simple réaction tachycardique habituelle dans toute hyperthyroïdie. »

« L'intervention chirurgicale est jugée nécessaire. »

La malade subit d'abord un traitement pré-opératoire (repos,

gardénal, cure iodée, ouabaïne).

rs

La première intervention a lieu le 29 mars 1938 : ligature de l'artère thyroïdienne supérieure droite.

Le pouls en fin d'opération est à 110. « Les suites opératoires sont impressionnantes : le pouls très agité, irrégulier, se compte aux environs de 130. La fièvre est à 3905. » La situation, sous l’effet d’un traitement (iode, toni-cardiaques, sérum glucosé et glace sur la tête) s'améliore rapidement et « restera rassurante par la suite. Le huitième Jour, la malade est relativement calme, le pouls reste cependant

assez rapide : 110/120. »

Deuxième intervention le 7 avril : ligature des deux artères thyroidiennes gauches. Cette fois-ci encore, les suites opératoires sont assez bruyantes et superposables aux précédentes. On applique le même traitement post-opératoire ; dès le sixième jour, l’état de la malade ést satisfaisant. La température est normale, le pouls ne dépasse pas 80. Le dixième jour, l’opérée se lève, devient très calme, de sorte que l’on diminue les doses d’iode et que l’on espace l’administration de toni-cardiaques. |

Troisième intervention le 4 mai : thyroïdectomie subtotale.

« Quelques heures après l'intervention, nous trouvons la malade très agitée. Cet état se prolonge pendant 48 heures. La température oscille entre 39 et 40° et le pouls se maintient aux environs de 140. Le traitement post-opératoire habituel finit par avoir raison de tou-

tes ces manifestations. »

Le dixième jour, on note une température normale, et un pouls

stabilisé à 80. Le 21 mai, la malade quitte le service en excellent état.

Elle est revue l’année suivante, en janvier 1939. Üne amélioration considérable a effacé tous les symptômes tant de la série thyroïdienne, que cardio-vasculaire. Le pouls bat à 84 pulsations par minute,

l’électrocardiogramme est normal, le volume du cœur est en régres- sion. La reprise du poids surtout est spectaculaire : la malade a grossi de 15 kilogrammes.

« Néanmoins, l'examen de l'appareil cardio-vasculaire révèle une : ; à ; :

surprise : la tension artérielle, normale avant l'opération, est main-

tenant franchement élevée : Mx, 24 ; Mn, Î1.»

Page 1