‹ A Propos De Trois Cas D'Hypertension Développée Chez Des Basedowiens Après ThyroïdectomieChapitre 19 sur 31 · IT. — OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

IT. — OBSERVATIONS

OBSERVATION Î (BROUSTET. - /nédite.)

Mme Lab.…., 45 ans, employée en papeterie, est entrée dans le service de M. le Professeur BROUSTET, le 1°T septembre 1953, envoyée par son médecin pour troubles cardiaques d’une maladie de Basedow déjà ancienne.

La découverte de son affection basedowienne remonte à 1946, peu de temps après un gros choc émotif : le décès de son mari.

Elle avait été soignée au Frénantol, à l'iode et à l'hématothyroidine. À cette période les troubles cardiaques se résumaient à quelques palpitations, et le soir à des œdèmes des membres inférieurs. Le traitement dure un an environ, et la malade se sent très améliorée hormis la persistance de palpitations peu nombreuses, le tremblement disparaît, la nervosité s’atténue, et une nette reprise de poids est constatée. Un genre de vie calme est imposé, et l’on ne note aucun incident jusqu'en juin 1953.

À cette date, la malade se sent fatiguée, maigrit de cinq kilos environ ; les palpitations deviennent plus fréquentes, la nervosité s’accentue. M. le Professeur BROUSTET, consulté, pratique un électrocardiogramme qui montre un tracé de neurotonique et une tachycardie sinusale ; un orthodiagramme montre un cœur et une aorte normaux. Le repos est conseillé et l'hospitalisation proposée.

Les antécédents personnels de la malade ne nous apprennent rien. Cette femme a eu deux enfants en 1930 et en 1932, qui sont vivants actuellement et bien portants. Elle est réglée depuis l’âge de treize ans et les règles continuent à apparaître normalement tous les 28 jours,

pendant quatre à cinq Jours.

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Son père est mort en 1933 d'une embolie, nous assure-t-elle. Sa mère est hémiplégique depuis 1948 à la suite d’une hémorragie cérébrale, Son mari est mort accidentellement en 1946. Son frère est vivant et en bonne santé.

À l'examen, l'état général à l'entrée à l'hôpital paraît bon; la température rectale est de 37° ; la malade a un bon appétit. L'appareil cardio-vasculaire montre un pouls à 110 pulsations à la minute, bien frappé, régulier. L'auscultation du cœur fait entendre un souffle systolique à la partie interne du troisième espace intercostal gauche, râpeux, se propageant le long du bord gauche du sternum. Pas de gros foie, ni d'œdèmes des membres inférieurs ; la tension artérielle est : Mx, 18 ; Mn, 9. ,

Du point de vue nerveux, on note un fin tremblement des extré-

mités, des réflexes tendineux un peu vifs, un Babinski indifférent.

La face antérieure de la base du cou présente une tumeur régulière, développée aux dépens des deux lobes du corps thyroïde : tumeur souple, rénittente, n’adhérant pas aux plans superficiels ni profonds. À la partie médiane, présence d’un petit nodule de la grosseur d’un pois. Pas d’exophtalmie.

Du point de vue digestif, léger état saburral de la langue : les selles sont normales.

Rien à signaler pour les autres appareils.

Cet examen clinique a été effectué en septembre 1953, pendant qu'on mettait la malade au repos avec prise de 10 cg. de gardénal par jour.

Le laboratoire nous fait connaître un métabolisme de base augmenté de 47 %, une présence d'albuminurie à 7 cg. par litre dans les urines, ainsi que des traces de glucose et de nombreux cristaux d’oxalate de calcium, des cellules épithéliales et quelques leucocytes. Enfin le rapport sérines/globulines — 1,50.

Les autres réactions ne nous apportent rien de significatif.

— Le 17 septembre, on note l'apparition d’une tachy-arythmie (on trouve un fibrillo-flutter à l'électro-cardiogramme). Reprise d'un traitement au frénantol et à la solution de Lugol. Puis on décide

une intervention chirurgicale.

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— Le 30 septembre : arrêt du Lugol ; la malade est plus calme. Cœur régulier.

— Le 15 octobre : cœur arythmique (électrocardiogramme : fibrillation). On augmente le frénantol (| gr. 50) et on recommence le Lugol (XV gouttes par jour).

— Le 24 octobre, intervention : thyroïdectomie subtotale.

— Les jours suivants, traitement post-opératoire (sérum glucosé frénantol, thyroxine et cycladiène) : tachy-arythmie.

— Le 27 octobre : dans l'après-midi, administration de Phénergan- Dolosal-Largactyl.

— Le 29 octobre : la malade est mieux, consciente ; la température persiste autour de 38°, Cœur : tachycardie régulière (pouls à 120) ; tension : 21/13 (à l'appareil à mercure).

— Le 30 octobre : malade calme ; cœur régulier, moins rapide (pouls à 100) : tension artérielle : 17/10.

— Le 7 novembre 1953 : température normale ; la voix est enrouée. Rythme cardiaque régulier (pouls à 88) ; tension artérielle : 16/10.

— Le 12 novembre, la malade quitte le service.

— Le 15 décembre 1953, elle vient à la consultation ; elle se sent très bien quant à l’état général ; la tension est alors de 17/9.

- La malade reste suivie régulièrement et c'est au cours des visites successives qu'elle fit dans le service que l’on vit la montée progressive de la tension artérielle (20/11, puis 21/12, et 25/10).

La malade est rehospitalisée le 10 juin 1954 pour examens complémentaires ; la tension artérielle est alors de 23/13 à l'appareil de Pachon. Cette femme est restée très émotive, mais ne présente aucun trouble subjectif ni fonctionnel.

Les traitements qu'elle a suivis les mois précédents n'ont pas

modifié l’état tensionnel (sédatifs, puis pentaméthoniums).

Les examens de laboratoire montrent :

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