RÉSUMÉ ET DISCUSSION DE L'OBSERVATION Î
Femme de 45 ans, ayant deux enfants en bonne santé, bien réglée avant sa maladie, possédant dans ses antécédents héréditaires un père décédé à la suite d’une embolie (au sujet de laquelle nous avons peu de renseignements) et une mère hémiplégique à la suite d’une hémorragie cérébrale en 1948.
Cette malade a présenté en 1948 les premiers signes d’une affection basedowienne.
Après l'échec du traitement médical, et devant l’intensification des troubles cardiaques, une intervention chirurgicale est décidée. Le 24 octobre 1953, la malade subit une thyroïdectomie sub-totale en un temps. Les suites opératoires se terminent le 7 novembre, soit quinze jours après l'opération. ?
L'évolution de la tension artérielle peut se résumer par le graphique n° |. Cette hypertension est rebelle à la thérapeutique habituelle (sédatifs, « déconnectants »). La malade est toujours assez nerveuse, mais ne présente aucun trouble fonctionnel ni aucun symptôme clinique hormis son élévation tensionnelle.
Notons d’abord, les antécédents héréditaires de la malade ; ceux-ci peuvent constituer un argument contre la relation entre l'hypertension et les seuls faits basedowiens et chirurgicaux. Malgré le pronostic grave qui pesait sur la cardiothyréose, la tension artérielle de cette malade était déjà relativement élevée, bien que
PNA
pareille observation soit courante dans la maladie de Basedow. La libération d’un cœur hypodynamique par la thyroïdectomie est-elle suffisante pour engendrer une telle ascension tensionnelle? Nous ne le pensons pas : « La réduction d’une arythmie ne donne habituellement pas une pareille ascension tensionnelle » (BROUSTET).
Les divers essais thérapeutiques n’ont en rien influencé l’évolution de l'hypertension.
Notons enfin la crise post-opératoire bruyante survenue chez cette femme.