CHAPITRE PREMIER
Evolution anatomique des esquilles intra-cérébrales
En général, il s’agit de malades qui ont été trépinés insuffisamment ; la perte de substance représentant l'orifice de trépanation, est petite, ‘et, manifestement insuffisante pour permettre le nettoyage complet du foyer cérébral, ce qui est une nécessité absolue.
D’autres fois, il s’agit de malades ayant eu un séton latéral du crâne, chez lesquels un orifice seulement a été nettoyé au moment de la première intervention.
Dans d’autres cas enfin, plus rares d’ailleurs, 1l s’agit de malades qui n’ont jamais été trépanés.
Dans ces cas, en général, ilexiste encore une petite fistule ne donnant lieu qu'à une sécrétion insignifiante, simplement traduite par une croûte dans le cuir chevelu, mais montrant par le simple fait qu’elle existe, qu'il n'y a au niveau de l'esquille intracérébrale, qu’un minimum d'infection.
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Nous en parlerons de nouveau plus loin à propos des signes subjectifs.
Souvent, mais plus rarement, la de est complètement fermée et il n'y a aucune trace extérieure d'infection : c'est ce que certains auteurs ont appelé des esquilles « aseptiques ».
Il ne faut pas s'en étonner ; de très nombreuses observations ont montré qu'ici, comme ailleurs, la cicatrisation pouvait se faire sur un minime corps étranger. .
Dans une étude publiée en 1916 dans le Lyon Chirurgical, sur lacicatrisation des plaies du cerveau, M. Bériel a écrit ceci :
« Les corps étrangers inclus au niveau d'une blessure ne sont pas un empêchement à la cicatrisation ou du moins ne gênent que dans la mesure où ils sont une cause d'infection.
« Ainsi, la pénétration de débris craniens est parfaitement compatible avec l’organisation de la plaie. On peut voir une esquille osseuse prise dans la symphyse méningée sans en modifier l'évolution...
« On peut voir des fragments osseux introduits fors de la blessure en pleine substance cérébrale et s'y adaptant parfaitement.
Les débris d'os cessent de se comporter comme des corps étrangers : il s'établit entre eux et les tissus avoisinants une adhérence intime avec pénétration vasculaire qui doit conduire peu à peu à la résorbtion des lamelles osseuses, mais qui implique une fusion parfaite des deux tissus ».
De cette tolérance sans grands phénomènes infec-
tieux, quitient à la nature même du tissu nerveux, on aurait tort de conclure que ces fragments osseux sont sans inconvénients pour l'organisme.
Nous verrons plus loin les accidents qu'ils entraînent.
Anatomiquement, autour de ces esquilles, il s'organise du tissu fibreux qui sclérose progressivement le tissu nerveux voisin.
Il se forme autour de ces esquilles un remaniement assez intense que traduit très bien l'examen à longue échéance des fragments osseux, qui ont été ainsi inclus dans la substance cérébrale. Ce remaniement aboutit à la production de tissu osseux de nouvelle formation au contact de l'os ancien.
La quantité d'os ainsi formée est évidemment très minime ; c'est de l'os, histologiquement mais non macroscopiquement parlant ; maisla simple existence de ce processus indique queltravailintense et continu se fait au niveau de l’esquille incluse.
Quand on connaît jes faits qui ont été signalés à la Société de Chirurgie par MM. Leriche et Policard, faits qui montrent la possibilité de formation d'os nouveau, sans la participation de périoste et en milieu aseptique, par la simple présence simultanée de tissu conjonctif ossifiable et de poussière osseuse, on peut se rendre compte que tout ce travail de remaniement intra-cérébral a pour conséquence l'établissement de lésions quiaggravent les désordres déjà existants.
En pratique, dans tous les cas qui ont été cpérés, on trouve le même aspect : la dure-mère est très épaissie,
EE ad et a une apparence cicatricielle avéc des lames blanchâtres. |
Au-dessous d’elle, tissu lacunaire, gélatiniforme, ocreux ou roussâtre, ne renfermant pas de liquide à proprement parler ; en un point on trouve une tache plus foncée d’où part une bande de sclérose, ou un trajet fongueux.
En suivant de proche en proche ce tissu, on arrive sur l’esquille à moitié engagée par son autre extrémité dans du tissu cérébral très modifié, infiltré de taches ocreuses, et, au niveau de laquelle il y a souvent une gouttelette de pus ; quelquefois il y a un véritable abcès mais c’estexceptionnel, et en règle générale, si l'on n'attend pas trop tard, il n'y a pas d’abcès enkysté, à proprement parler.
Si, cependant, on attend longtemps, c’est à cela que le processus aboutit.