LE REPOS
Jusqu'au jour où nous serons en possession d’un spécifique antituberculeux d’action constante, et sans doute au delà même de cette heureuse découverte, la cure de la tuberculose fondée sur le repos restera l’élément capital et primordial de toute thérapeutique efficace.
En présence d’un cas donné de tuberculose pulmonaire, la première mesure à prendre est de mettre le malade au repos.
Disons tout de suite que le repos tenté à domicile est le plus souvent imparfait; la chaise longue, peu confortable, est d'efficacité restreinte.
En fait, la tuberculose pulmonaire nécessite, sauf exception, le transfert immédiat du malade dans un établissement spécialisé où seront groupés dans les même secteurs les malades soumis au même régime de cure.
Il serait, en effet, très pénible pour un malade complètement alité d’être placé dans la même chambre qu’un camarade en régime de fin de cure.
Le repos que l’on demande aux malades d'observer est variable, mais la surveillance ou, mieux, la collaboration médecin-malade doit être constante.
Au début du traitement, l’alitement sera total, exception faite pour la toilette du matin, et ceci pour tous les malades. Cet alitement total devra être poursuivi tant que persisteront les signes cliniques et même au delà, jusqu’à ce que la régression des lésions soit très avancée, la dispa-
rition des cavernes étant schématiquement un minimum.
Lorsque nous nous trouverons en présence d’une caverne rebelle au pneumothorax, c’est encore au repos que nous demanderons de renforcer les méthodes complémentaires que nous mettrons en œuvre. Notons, d’ailleurs, que les cavernes rebelles ne sont que des cas particuliers de pneumothorax n’ayant pas encore donné leur efficacité. Elles sont donc justiciables de lalitement complet.
Nous pourrions citer maints exemples d'efficacité de pneumothorax compromise par l’inobservation de la part du malade de la cure qui lui avait été prescrite.
Par ailleurs, nous avons déjà signalé un cas de réagrandissement cavitaire avec apparition d’un petit épanchement liquidien chez une malade ayant eu un pneumothorax « aidé » avec efficacité par l’irritation pleurale, et qui avait été autorisée à se lever pour aller prendre ses repas à la salle à manger. Or, par une curieuse coïncidence, la cure stricte de nouveau imposée fut suivie de la rétraction progressive de la caverne et de sa disparition, bien que l’irritation pleurale ne fût pas reprise.
C’est dire la nécessité de l’alitement complet durant toute thérapeutique d’aide au pneumothorax et jusqu’à disparition des cavernes.
Doit-on aller au delà et préconiser un repos encore plus strict ? À notre avis, l’idéal est représenté par le maximum de repos compatible avec le tempérament du malade. Lorsque l’on demande à celui-ci un repos à la limite de ses possibilités, il est donc de notre devoir de lui fournir en compensation un dérivatif équitable.
Aussi, ne Concevons-nous un régime de cure très strict qu'avec son corollaire indispensable : la distraction.