‹ À Propos Du Traitement Chirurgical Des Pleurésies Purulentes Non Tuberculeuses De La Grande Cavité Chez L'AdulteChapitre 20 sur 64 · ET PE · texte numérisé non relu

ET PE

la cavité, en réséquant une côte, l’évacuer complètement et rechercher le point déclive, tout comme dans la technique précédemment exposée. Puis on termine l'opération en refermant les plans superficiels, soit sur un drain à collerette, soit un drain ordinaire de fort calibre. L’irréversibilité du drainage est obtenue par le siphonnage, ou encore en adaptant au tube une petite poche de caoutchouc perforée (doigt de gant) qui permet l'issue du pus, mais interdit l’entrée de l’air par accolement de ses parois au moment de l'inspiration.

Dans une deuxième catégorie de techniques, on se contente d’ouvrir assez largement la cavité en pénétrant dans un espace, sans résection costale, sans recherche absolue de la déclivité pleurale. Puis on adapte à l’ouverture un drain à collerette avec siphonnage. A cette pratique se rattache l'original procédé du Pr Grégoire : après incision basse et longue des parties molles, on relève fortement le lambeau supérieur et on pénètre dans la plèvre à deux espaces au-dessus. Ce trajet en chicane permet l’issue du pus, grâce à une lame de caoutchouc fixée à l’incision intercostale, tandis que le volet cutanéo-musculaire étendu entre les deux incisions décalées, joue le rôle de clapet et empêche l’entrée de l’air. L’irréversibilité est ainsi obtenue grâce aux formations pariétales elles-mêmes.

Le but essentiel de ces techniques est d'obtenir une disparition rapide du pneumothorax opératoire, que certains tentent d’accélérer encore par l’emploi de l’aspiration.

Les chirurgiens qui les utilisent sans souci absolu de la déclivité du drainage, admettent que le recessus pleural sousjacent à la pénétration du drain est sans inconvénient,

RE ee

parce que la cavité est destinée à s’effacer rapidement sur toute sa hauteur.

L'expérience prouve que l’étanchéité du drainage est très souvent temporaire. Au bout de quelques jours, en effet, la suppuration pariétale, l’altération des téguments par les fils de suture, conduisent à supprimer le dispositif et à le remplacer par un drain libre. Dans le procédé de Grégoire on voit parfois les parois du tunnel intra-pariétal devenir rigides et le clapet perdre sa signification.

Mais les partisans du drainage irréversible systématique admettent que ces inconvénients tardifs ne diminuent en rien l'efficacité de la méthode. Six à huit jours d’un fonctionnement normal seraient, en effet, suffisants pour rappeler le poumon à la paroi et supprimer presque complètement la cavité pleurale.

La surveillance des malades opérés par les méthodes de cette seconde catégorie est assez particulière. On ne peut, dans les jours qui suivent l’opération, que faire des pansements de propreté, apprécier l'importance quotidienne de l'évacuation purulente et suivre la température. Souvent tous les éléments concordent pour donner à penser que le drainage s'effectue convenablement. Mais parfois aussi, la persistance de la fièvre, le caractère capricieux et l’abondance réduite de l'écoulement du pus, créent une inquiétude quant à la perfection de la vidange pleurale. Quoi qu’il en soit, la suppression du drainage se trouve ici indiquée de façon immédiate par la cessation de l'écoulement. C'est souvent vers le huitième ou dixième jour que celui-ci se tarit. Il est bon d’attendre 24 heures pour enlever le tube,

ASE

une reprise du flux purulent après interruption passagère s’observant assez fréquemment.

Au cours de cette évolution l’examen direct de la cavité est pratiquement impossible, immédiatement parce que le dispositif de drainage l’interdit, secondairement parce qu'après ablation du drain le trajet pariétal devient vite trop exigu pourle permettre. L'examen radiologique prend alors une extrême importance, en ce qu'il donne les renseignements les plus objectifs sur l’évacuation de la plèvre.

Nous dirons, au cours d’une étude critique des divers procédés, les raisons qui nous font considérer ceux de cette seconde catégorie comme discutables. Leurs avantages, qui sont réels, nous semblent compenser mal leurs inconvénients, qui sont nombreux. C’est pourquoi nous nous sommes limités à cet exposé succint.

Page 1