‹ A PROPOS DU TRAITEMENTCHIRURGICAL DES ULCÈRES PERFORÉS GASTRO-DUODÉNAUXChapitre 79 sur 93 · CI... Henri, âgé de 32 ans, entre Salle Velpeau, le 19 avril · texte numérisé non relu

CI... Henri, âgé de 32 ans, entre Salle Velpeau, le 19 avril

Ce malade a souffert de l'estomac depuis dix ans environ, mais depuis six! mois surtout. Il à été traité pour ulcus gastrique à Strasbourg et radioscopié. \

Il a été pris le 18 avril, vers 3 heures de l’après-midi, d’une douleur violente et brusque dans l’abdomen du côté droit. Il

LE, 129 AT a souffert toute la journée et toute la nuit, malgré une piqûre de morphine faite par un médecin qui lui a conseillé de boïre abondamment de la tisane. 6

À son entrée, on constate une contracture de toute la partie droite de l'abdomen avec une dôuleur surtout marquée au niveau de la fosse iliaque droite. On pense à une appendicite où au syndrome appendiculaire de la perforation gastrique. On. décide l'intervention. ,

Anesthésiée : chloroforme. |

1°. Appendisectomie par incision de Mac-Burney. A l’ouverture du péritoine il s’écoule un liquide d’odeur douçâtre avec des gaz. L'appendice, que l’on enlève, ne présente aucune lésion. On place un drain dans le Douglas après assèchement aux tampons de la cavité péritonéale et on ferme la paroi en un plan au crin.

2° Incision sus-ombilicale. L’étage sus-méso-colique de l’abdomen contient encore du liquide en abondance. On attire l’estomac et on constate sur: la première portion du duodénum, à environ deux centimètres du pylore (veine pylorique), une perforation située à égale distance des deux bords. Cette perforation a à peu près la dimension d’un pois ; son versant pylorique est induré assez largement. Par cet orifice on voit s’écouler un liquide verdâtre. On fait une première suture musculo-séreuse, puis un surjet séro-séreux vertical. L’obturation est complète. On mèche, on draine la région soushépatique et on ferme la paroi en un plan en bronzes.

Suites opératoires : *

Le malade semble peu choqué et présente un ‘pos assez bon, quoique à 110 pulsations à la minute. On le « doppe » par tous les moyens. Les jours suivants le malade va bien :. on retire les drains le 3° jour et il a présenté un hoquet assez persistant, qui cesse à partir du moment où on lui a dose à boire.

Le cinquième. jour une brusque élévation de température apparaît, trahissant une :congestion pulmonaire de la base

| j ; droite. Elle disparaît en deux jours. Le 15° jour on enlève les bronzes. Le malade a repris son alimentation depuis le 2° jour. Il est maintenant au régime de Sénator.

Le 4 mai, l’examen radioscopique pratiqué par À MM. Cain et Rachet dans le service du Docteur Bensaude, donne le résultat suivant : estomac petit, non disténdu, avec une bonne mobilité. Péristaltisme précoce ; les ondes sont très marquées sur la grande courbure et se propagent normalement et également. Sur la petite courbure aucune contraction visible ; passage tardif dans le duodénum. Le bulbe et la première partie du duodénum sont rétrécis (zone opératoire). Cependant le passage semble facile ; on note une rétroposition du bulbe duodénal ; la deuxième portion est normale.

Le malade sort guéri, mais il revient dans le service en mai pour un spasme œsophagien très haut situé, qui amène à faire une gastrostomie le 30 juillet. Le spasme ayant disparu, on laisse fermer la bouche gastrique, mais bientôt, en septembre, le malade est repris de la même dysphagie et l’on est obligé à nouveau de lui faire une seconde gastrostomie, celleci est surveillée et maintenue ; durant toute cette période où il nous a été donné de suivre ce malade nous avons constaté qu’il ne s’ést jamais plaint de douleur gastrique et malgré le spasme surajouté, il est parti semblant guéri de sa lésion gastrique.

Revu au mois de mai 1925, il avait été traité en Belgique par le Docteur Hicquet, à l'Hôpital Schaerbecke à Bruxelles. On lui’fit une dilatation œsophagienne et on ferma la gastrostomie, Le malade, en septembre 1925, était complètement guéri et n'avait pas encore souffert de son estomac.

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