‹ À propros de La vassale: lettre à m. Jules LemaîtreChapitre 6 sur 18 · XL · texte numérisé non relu

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nerveuse, intellccluelle, moyenne toutefois, de la race. Il n'a pas de génie, parce que ni son cœur ni son cerveau ne dtïpassent les puissances ordinaires. U a du mérite cependant, et beaucoup, il (îgure parmi les quelques centaines de lleurons que, chaque année, l'éducation universitaire ajoute à sa massive couronne. Cet homme a énormément travaillé, il s'est assimilé toutes les matières intellectuelles que les écoles ont engouffrées dans sa tête grossissante; il n'a pas d'originalité propre, — tout homme pourtant pourrait et devrait avoir la sienne; maïs on la lui a soigneusement étouiïée sousTuniformité des méthodes; on a brisé les ressorts délicats de sa sensibilité sous des charges trop lourdes ; on a sarclé son ûme de ses instincts de nature, de ses tendresses. Bien qu'il marche aux avant-gardes sociales, il

faiLpartie de ce qu'on appelle" tout le monde»: dans sa classe de lycéen, s'il tenait la tôte, derrière lui tous lui ressemblaient ou y tâchaient ; il n'y avait de différences que dans les numéros, pas dans la qualité. Tous sont assis sur des bancs, se courbent sur des tables, règlent du papier, écrivent, ouvrent des livres, mettent des phrases dans leur tête, et cela sans relâche, durant quinze années, de jeunesse. Et le but n'est pas la culture, qui assouplit, qui adoucit, qui augmente.

C'est le rendement brutal de mécaniques humaines que prépare la méthode.

Rude, elle entasse, à la diable, dans la boîte étroite d'une cervelle, tout ce que de longs siècles, hésitants et patients, ont conquis de science, de découvertes, de certitudes, de doutes, d'hypothèses, de foi, de négation.

Il y a de quoi chavirer et couler îi pic, sous

le chargement. Les spécialisalions, imposées parla division du travail moderne, sont encore une aggravation, parce qu'elles vîenneni tardives, se greffant sur des fatigues, sur des organismesdistendus, qui ont perdu leurélasticit(^, primitive et obt^issent passifs. Qui donc échappe à cette caporal isation de nos pédagogies? à peine, par-ci par-Iù, quelques subtils esprits de poètes, quelques robustes constitutionsde philosophes, des sensibilités rebelles, tières dans leur isolement, et les cancres, les joyeux cancres,qui traînent auxarrière-gardes, indolents, musant, avec de fins sourires, avrc des mots spirituels, profonds dans leur simplicité, jaillis de leurs cervelles libres qu'ils refusent de laisser encombrer inutilement, parce qu'ils ont des yeux, des sens, une jugeolle naturelle, l'acquis du juste et du bien, et que cela leur suffit : ils s'arrangeront

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avec la vie, sans pavli pris, suivant leurs goûts, suivant leurs capacités qu'ils appliqueront h des tâches appropriées, suivant leurs sentiments, &qui ils reconnaîtront seuls le droit de les diriger, à leurs risques et périls.

Les autres, les bons, spécimen glorieux du système, ne s'arrangent pas si délibérément, ils marchent, à la prussienne, caparaçonnés, le geste sec, le cœur froid, régularisé sur la cadence disciplinaire. Car ils connaissent ici règle, eux. Elle les a formés, elle ne répète pas ce que disait le bon Ange, lequel au moins parlait d'amour et de compassion ; elle leur a appris, étrangeté d'une époque démocratique et égalitaire, que, la vie étant une lutte sans merci, son organisation reposait sur les supériorités reconnues, patentées, diplômées, de ses agents. Être le plus fort,

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