A quoi bon la Société Aberdeen [microforme]
a :N vérité à quoi bon ? : N’avonsnous pas assez d'Associations É niladbeniques sans aller chercher des besoins qui n'existent probablement pas ?
Mais, mesdames et messieurs, vous qui parlez de cette façon, veuillez bien nous accorder quelques minutes, et nous tâcherons de vous expliquer la raison d’être
de cette Société pour laquelle nous sollicitons votre sympathie et votre aide,
On entend souvent. vanter avec un orgueil tout patriotique le vaste héritage que possède le Canada dans ses beaux territoires de l'Ouest ; mais pe nse-t-on également à la vie dure et sol. taire menée par ces pionniers hardis et courageux,
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qui ont entrepris la conquête de ces terres inconnués -au nom-du pays et de la civilisation ? Un grand nombré de ces-braves gens ont reçu une bonné éducation et ont étéélevés dans le bienêtre, Dans leur jeunesse: ils ont pu jouir de tous les avantages que foufnissent la musique, l’art et la littérature. Mais sans moyens, ét sans avenir, ils ont- cru améliorér le sort de’leurs familles en’ allant s'établir dans les nouveaux terrains de l'Ouest, où il y a de la place pour tout lé monde. Et. si nous voyageons à travers le Canadä, nous les trouvons, ces colons indomptables, déterminés à remporter le prix qu’ils sont allés chercher si loin. Pleins d'espoir, ils auront sans doute leur récompense, mais parfois-en l’attendant-la vie leur päraît bien pénible avec.son isolement et ses privations.
Ils n’osent faire aucune dépense dont ils peuvent se passer, et les livres,les journaux; les tâbléaux; qui nous semblent nécessaires à l’existence leur sont devenus-:un luxe inabordable.
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écoles pour leurs enfants, mais souvent les hivers rigoureux. ne permettent pas aux enfants de faire le trajet de plusieurs milles pour s’y rendre, et, pendant l'été, il faut que tous les membres de la famille aident de leur mieux à recueillir la précieuse moisson. À part les écoles et les églises, il n’y a guère de centres pour la vieintellectuelle, Point de bibliothèques, point de livres, point de musique, peu de voisins. Quand le-travail pour les besoins de la maison et des animaux de la ferme est accompli, comment doit-on passer lés longues soirées de l'hiver, .et comment doit-on nourrir les besoins de l'âme et. de l’inte'ligence. ? Ne pourrions:nous pas faire une part fraternelle à nos concitoyens dans les solitudes, et né pcurrions-nous pas partager avec eux les richesses de la littérature dont nous jouissons ?
Voilà la question que plusieurs.dames de Winnipeg se sont posée il y a.quelques années, et la réponse a été la fondation de la - Société Aberdéen. Les dames de Winnipeg ont d'honneur
d'avoir ‘travaillé seules’à cette œuvre pendant
plus de deux ans, mais maintenant il ya des sections à Halifax, à Ottawa, Toronto, Hamilton, Regina, Calgary et Vancouver, et.chaquemois, plus de huit cents paquets, composés de revues, de magazines, de littérature diverse, sortent des bureaux. de la Société et circulent parmi les fermiers, les mineurs, les coureurs de bois ec les colons. Chaque mois un certain nombre de dames se rassemblent pour empaqueter ce que leurs amis ont la bonté d'envoyer en vue de leur œu: vre. D'après nos règlements, il faut que chaque paquet contienne de la littérature séculière et de la littérature religieuse, suivant l'Eglise à laquelie appartient celui qui doit recevoir les colis, - Afin que le contenu réponde aux désirs des destinataires, on leur demande de faire savoir de quelle Eglise ils sont membres, s'il y a des enfants dans la famille, et s’il y a quelque sujet qui les intéresse particulièrement.
Chaque damé s'occupant de cette distribution éntreprend d'écrire aux familles dont elle se charge deux fois. par an, et des .relations très
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touchantes s'établissent souvent ainsi éntre ceux qui envoient et ceux qui reçoivent.
Mais pourquoi bavardons-nous quarid nous pouvons vous fairé entendre des voix bien plus éloquentes que les nôtrés? Que nos colons plaident leur cause eux-mêmes! Que disent-ils dans leurs lettres ?. En voici des exemples :
& Si vou: aviez été là, vous auriez été bien contente de voir le grand plaisir que vous avez causé dâns ces environs. Ceux qui ont reçu vos paquêts disent qu'ils n’ont jamais eu jusqu'ici une telle joie. La plainte générale a toujours été: ‘ Point de lecture, point de livres, point de journaux, et nous sommes en face de ce long-et sombre hiver ! ” ”
“ Acceptez mes sincères rémerciements pour les cadeaux de Noël. Mes jumeaux. ont joué pendant toute la journée avec les dominos ;-ma petite fille a reçu les autres jeux que vous avez envoyés ;.sans votre envoi les enfants auraient pas eu de Santa. Claus, car jé n'avais pas un seul dollar à dépenser ; nous noûs sommes beaucoup
réjouis de toute la bonne lecture que vous nous avez envoyée ; c'est vraiment un grand privilège d’en recevoir tant, et de si bonne ; je prête les livres à trois voisins quand nous les avons lus.” Un autre écrit :—“* C’est véritablement une
grande joie de recevoir de la lecture, car je l'aime
beaucoup, et ici sur la prairie il y en a un grand besoin ; les journaux sont charmants, et m'ont procuré beaucoup de plaisir; pouvoir passer une ou deux heures avec les livres après des journées de travail, cela nous distrait de la vie de la ferme. Je ne puis assez vous remercier ; si vous saviez le grand plaisir que votre bonté a donné à ma mère et à moi, vous seriez recompensée.”
De Manitoba : ‘“ Ma femme et moi serions très reconnaissants si vous pouviez placer nos noms sur votre liste des colons qui désirent participer à la distribution de livres donnés par la Société Aberdeen. Nous avons trois enfants, âgés de9, 7, et:5 ans ; nous serions bien heureux d’avoir des livres pour eux, comme l’école de — est trop loin pour qu'ils. puissent y aller. Mon
beau-père est aussi chez rous. Nous ne pouvons gas nous rendre à l’église ni aux réunions, 'et nous espérons prendre part à votre distribution: de livres et de journaux, car ils nous divertiront pendant les mois d'hiver.”
La méme femme écrivit en avril 1895 :. ‘ JE ne puis pas exprimer ma reconaissance pour tous les livres agréables que. vous m'avez envoyés l'hiver dernier. Vous avez égayé ce qui aurait été autrement pour moi un temps triste et solitaire. Les livres ont tellément amuséles enfants qu'ils semblaient oublier qu'ils étaient enfermés entre quatre murs. Que Dieu bénisse ceux de vous qui aident à charmer ainsi nos solitudes c'est la prière de votre reconnaissante, etc.”
D'un jeune homme demeurant dans l’Assiniboia : “ J'apprécie beaucoup la lecture que votre Société m'envoie avec tant de ‘bonté:
Quand vous songez qu’un pâtre de moutons est souvent seul pendant des journées entières. (j'ai été une fois deux semaines sans voir un homme), vous pouvez vous faire une idée combien on ap-
précie dés: choses à lire. :.Si je peux, un. jour, avoir une maison à moi dans ce pays. je ferai encadrèr. le tableau que vous m'avez envoyé.
Grand merci pour:le livre ‘Mr, Potter of Texas ; ? il m'a beaucoup intéressée ?,
D’X 'xvma :. “ Les enfants ont été enchantés du-paquet de-Noël ; il contenait desi bons livres et de si beaux jeux pour eux. Nous ne pouvons ‘pas leur donner grand’chose pour Noël ; j'ai une nombreuse fdmille, et les deux dernières années il.y-aeu tant de maladie, que nous somnes très pauvres ; ainsi Sommes-nous très reconnaissants pour le paquet qui arrive tous les mois. J'ai quatre filles et deux garçons, dont l'âge s'échelonne entre douze ans et uh an; et, de plus, j'ai recueilli -une pauvre femme aveugle qui n'a pas d'amis. Nous lui faisons beaucoup. de plaisir quand nous lüi Hisons à haute voix. * Depuis six ans elle. demeure avec nous ; c’est si dur d’être
aveugle que nous faisons tout notre passible pour ”
la-rendre heureuse -et gaie. Nous attendons avéc impatience. le moment où les livrés arrivent à la