‹ A quoi rèvent les jeunes fillesChapitre 30 sur 37 · A JUANA · texte numérisé non relu

A JUANA

0 ciel ! je vous revois, madame, — De tous les amours de mon âme Vous le plus tendre et le premier.

Vous souvient-il de notre histoire?

Moi, j'en ai gardé la mémoire : — C'était, je crois. Tété dernier.

Ah ! marquise, quand on y pense, Ce temps qu'en folie on dépense.

Comme il nous échappe et nous fuit!

Sais-tu bien, ma vieille maîtresse, Qu'à l'hiver sans qu'il y paraisse, J'aurai vingt ans, et toi dix-huit?

Eh bien! m'amour, sans flatterie, Si ma rose est un peu pâlie.

Elle a conservé sa beauté.

Enfant! jamais tête espagnole Ne fut si belle, ni si folle.

Te souviens-tu de cet été?

De nos soirs, de notre querelle?

Tu me donnas, je me rappelle, Ton collier d'or pour m'apaiser, — Et pendant trois nuits, que je meure.

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