‹ A quoi rèvent les jeunes fillesChapitre 31 sur 37 · A JUANA · texte numérisé non relu

A JUANA

Je m'éveillai tous les quarts d'heure, Pour le voir et pour le baiser!

Et ta duègne, ô duègne damnée!

Et la diabolique journée Où tu pensas faire mourir, 0 ma perle d'Andalousie, Ton vieux mari de jalousie, Et ton jeune amant de plaisir !

Ah! prenez-y garde, marquise, Cet amour-là, quoi qu'on en dise, Se retrouvera quelque jour.

Quand un cœur vous a contenue, Juana, la place est devenue Trop vaste pour un autre amour.

Mais que dis-je ? ainsi va le monde.

Comment lutterais-je avec l'onde Dont les flots ne reculent pas?

Ferme tes yeux, tes bras, ton âme; Adieu, ma vie, — adieu, madame.

Ainsi va le monde ici-bas.

Le temps emporte sur son aile Et le printemps et l'hirondelle.

Et la vie et les jours perdus; Tout s'en va comme la fumée, L'espérance et la renommée, Et moi qui vous ai tant aimée, Et toi qui ne t'en souviens plus !

A MADAME N. MENESSIER

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