A JULIE
On me demande, par les rues,
Pourquoi je vais i^ayant aux grues,
Fumant mon cigare au soleil,
A quoi se passe ma jeunesse,
Et depuis trois ans de paresse
Ce qu'ont fait mes nuits sans sommeil
Donne-moi tes lèvres, Julie; Les folles nuits qui t'ont pâlie Ont séché leur corail luisant.
Parfume-les de ton haleine; Donne-les-moi, mon Africaine, Tes belles lèvres de pur sang.
Mon imprimeur crie à tue-tête Que sa machine est toujours prèle, Et que la mienne n'en peut mais.
D'honnêtes gens, qu'un club admire, N'ont pas dédaigné de prédire Que je n'en reviendrai jamais.