‹ A quoi rèvent les jeunes fillesChapitre 35 sur 37 · A LAURE · texte numérisé non relu

A LAURE

Si tu ne m'aimais pas, dis-moi, fille insensée, Que balbutiais-lu dans ces fatales nuits? Exerçais-tu ta langue à railler ta pensée ? Que voulaient donc ces pleurs, cette gorge oppressée, Ces sanglots et ces cris?

Ah ! si le plaisir seul t'arrachait ces tendresses, Si ce n'était que lui qu'en ce triste moment Sur mes lèvres en feu tu couvrais de caresses Comme un unique amant;

Si l'esprit et les sens, les baisers et les larmes Se tiennent par la main de ta bouche à ton cœur, Et s'il te faut ainsi, pour y trouver des charmes, Sur l'autel du plaisir profaner le bonheur :

Ah ! Laurette ! ah ! Laurette, idole de ma vie. Si le sombre démon de tes nuits d'insomnie Sans ce masque de feu ne saurait faire un pas, Pourquoi l'évoquais-tu, si lu ne m'aimais pas?

Page 1