A MON AMI EDOUARD B
Tu te frappais le front en lisant Lamartine, Edouard, tu pâlissais comme un joueur maudit; Le frisson te prenait, et la foudre divine, Tombant dans ta poitrine, T'épouvantait.toi-même en traversant ta nuit.
Ah! frappe-toi le cœur, c'est là qu'est le génie. C'est là qu'est la pitié, la souffrance et l'amour; C'est là qu'est le rocher du désert de la vie,
D'oîi les flots d'harmonie, Quand Moïse viendra, jailliront quelque jour.
Peut-être à ton insu déjà bouillonnent-elles, Ces laves du volcan, dans les pleurs de tes yeux. Tu partiras bientôt avec les hirondelles,
Toi qui te sens des ailes Lorsque tu vois passer un oiseau dans les cieux.