LES MISSIONNAIRES ET LA CIVILISATION
homme qui a vu nos prôtres catholiques à l'œuvre, vaut bien, me semble-t-il, comme document, comme preuve, toutes ces ineptes diatribes que nous lisons dans les feuilles rouges contre nos missionnaires et dont les auteurs, si délurés qu'on les suppose — et ils ne le sont pas toujours — ne peuvent pourtant connaître et apprécier ce qui se passe à quelques milliers de lieues de leur bureau de rédaction !
A rencontre de certains gouvernants qui se croiraient à tout jamais disqualifiés si, dans une lueur de bon sens et d'impartialité, ils reconnaissaient les services rendus à la civilisation par les missionnaires catholiques, un ancien président de la République des États-Unis, M. Roosevelt, qui n'a jamais fait mystère de sa foi protestante, rencontra sur sa route, au cours de ses voyages en Afrique, les Pères Blancs du cardinal Lavigerie, et, sans se soucier de ce que pourrait penser de lui le député Loup, celui qui croque tant de curés et tant de billets de mille, lui aussi apporta son témoignage. Au cours de l'entrevue, il prononça des paroles que feraient bien de méditer les maîtres de la France et dont ils tireraient profit : u Le 21 décembre 1909, nous disent les Missions catholiques, M. Roosevelt arrivait à Kampala-Port avec son fils Kermit. Ils descendirent à la résidence de M. Knowles, sous-commissaire de S. M. Britannique. Le soir, l'illustre voyageur se rendit à la mission catholique de l'Ouganda, où il fut reçu par Mgr Streicher entouré de ses missionnaires. Parmi eux, se trouvaient un canadien et trois américains. M. Roosevelt fut charmé de rencontrer quatre américains. Il salua
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avec courtoisie le vicaire apostolique et eut pour chacun n.i mot aimable. Il admira, avec l'intelligence de quelqu'un qui sait voir et apprécier toute chose, l'art avec lequel les religieux savent tirer parti de tout pour travailler nu bien matériel et moral des noirs de l'Ouganda.
(( En sortant de l'église, il se dirigea vers l'hôpital admirablement tenu par les Sœurs blanches, auxquelles il oITrit SOS félicitations avec un accent de sincérité qui en doublait le prix. Enfin, dans une causerie pleine d'abandon, l'illustre homme d'Ktat affirma les principes de liberté qui ont continuellement guidé sa vie politique.
« Parmi ses intimes et ses anciens ministres, il compte des catholiques : il a, de concert avec le Pape, réorganisé le culte aux Philippines. // dit son admira^ tion pour les missions : « Sairne leurs œuvres, répétat-il, et mon désir est de les aider de toutes mes forces, car partout où j'ai rencontré des missionnaires, surtout des missionnaires Jrançais, j'ai trouvé en eux mes meilleurs auxiliaires '. »
Se figure-t-on M. Armand Fallières, président de la République, visitant une mission catholique et prononçant de telles paroles ! Quelle levée de truelles dans toutes les loges ! Quelles clameurs dans les Cafés du Progrès où s'élabore la politique française .' Pour avoir confessé la vérité, pour avoir publiquement attesté le rôle civilisateur des missionnaires cathohques qu'il