LES MISSIONNAIRES ET LA CIVILISATION
milliers d'écoles et d'établissements de toutes sortes des missions catholiques dans le monde entier ? Les services de ces missionnaires, trop souvent méconnus par les yeux aveugles ou volontairement fermés, M. Bonnet- Maury les a mises en pleine lumière pour tout esprit impartial. Il nous a rappelé ce dont notre France trop oublieuse ou trop distraite avait parfois perdu le souvenir, la longue et glorieuse contribution des religieux de tout ordre et de toute robe à la grande œuvre de la science et de la cn'ilisation. A l'heure où l'esprit de secte met à profit les récents événements de la Chine et les erreurs de queUpics missionnaires isolés pour contester les services et l'utilité des missions chrétiennes, il nous montre que nos missionnaires n'ont pas été seulement d'admirables propagateurs de notre langue et de notre influence, mais de précieux auxiliaires de la science et de courageux apôtres de la liberté. Dans les riches vallées de la Cliine comme dans les montagnes de la Syrie, dans les repaires des pirates barbaresques autrefois, comme aujourd'hui dans l'épaisse forêt vierge de l'Afrique tropicale, c'est bien en effet, longtemps avant Lavigerie, la cause de la liber U^ humaine, celle de r émancipation des esclaves, celle de C affranchissement de la JemmCy dont partout nos missionnaires se sont faits les promoteurs, si bien que les deux mondes ont le droit de les considérer comme les pionniers d'une civilisation qui, en son orgueil, oublie trop que ses racines sont chrétiennes ^ »
I. Boiinel-Maury, France, christianisme et civilisation, préface. LES MISSIONNAIRES. — a.
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Lcl<^mnîpna^eHeM.Honnet-Maiin',paBtenrflcrï\glis6 réformée et professeur de théologie à la faculté protestante, en faveur des missions catholiques est précieux à recueillir. Celui d'un anglais, le colonel de AVinton, protestant lui aussi et administrateur général des f^tats du Congo, n'est pas de moindre portée. En i88.î, il accorda au R. P. Augouard, depuis évêque du Congo, la cession de Kouamouth, qui devint la mission de Saint-Paul de Kasaï. Bien qu'il y eût des ministres protestants à Lcopoldville, le colonel de Winton ne se gênait pas pour dire qu'il n'y avait que les missionnaires catholiques pour civiliser et coloniser ces contrées '.
Le commandant belge M. Lemaire, qui a séjourné dix-huit ans au Congo, et qui se proclame libre-penseur, donnant une conférence à l'Université de Liège sur le pays qu'il venait de quitter, apprécie en ces termes l'œuvre des missionnaires : (( Je suis incroyant, mais je suis heureux de dire et de répéter, car les faits sont là, que ce sont de pareils hommes qu'il nous faut là-bas. Moi qui suis libre-penseur, je les admire avec enthousiasme et je les aime. Les missionnaires sont ce qu'il y a de meilleur comme agents de la civilisation en Afrique. Et le jour où nous aurons enfin en Belgique une école coloniale séiieusement organisée, les premiers professeurs qu'il \ faut appeler pour enseigner l'art de la civilisation en Afrique, ce sont les admirables Pères Blancs du Congo ! »
Cette affirmation catégorique d'un libre-penseur, d'un
I. Vingt-huit i^nncesau Congo, i, I, p. 887, lettre du Père Augouard à sa mère. *" ■•■'fe de Landana, ao octobre i885.