XII. — La presse parisienne du 15 au 30 juin
Pendant cette période , le mouvement de publicité augmente et il devient impossible de le suivre ; nous recevons de huit à quinze articles par jour.
Il y a d'abord la note triste, les journaux qui désespèrent du relèvement de la France et qui, après avoir analysé le volume, concluent comme le Paris : « Le remède souvent nous ne le connaissons pas et c'est pourquoi nous, les fils et les descendants des soldats de Fontenay, nous
disons aujourd'hui à Messieurs les Anglais : Morituri te salutant. » A ce groupe se rattachent le Rapide, l'Et^tafette, le Public, le Petit National, etc.
Il y a ceux qui, au contraire tournent la chose en plaisanterie, comme le Tintamare, qui consacre à M. Demolins une pièce de vers... tintaraaresque, ou encore comme le Grelot, le Courrier finançais, etc.
Beaucoup de journaux, à l'occasion du jubilé de la reine Victoria, recommandent le volume, ou le signalent à nouveau.
Les journaux coloniaux sont naturellement très favorables. Un passage de l'article de la Dépêche coloniale, intitulé Deux colonisations peut en donner une idée :
« M. Edmond Demolins, dans son excellent livre, vient de donner à ses compatriotes une leçon qui manque absolument de banalité. Il a eu le courage, lui excellent Français, de reconnaître en certains points la supériorité des Anglais et cela, non pour les traiter de brigands et de flibustiers, mais simplement pour nous inviter à les imiter. Avouez qu'on était déshabitué de ce genre de patriotisme
« M. Demolins vient de réaliser sur un plan fort vaste, une étude que tous ceux qui ont habité nos colonies ont rêvé de faire sur un point plus spécial : Pourquoi l'Angleterre prospère-t-elle dans ses possessions alors que nous ne pouvons rien tirer des nôtres?
« La règle ne souffre aucune exception : toutes nos colonies nous coûtent, toutes celles de l'Angleterre lui rapportent... »
Le Petit Moniteur universel, dans un article de M. Jean Montalouët, étudie à la fois l'ouvrage de M. Demolins et celui de son collaborateur et ami, M. Paul de Rousiers, Le Trade-Unionisme en Angleterre; dont il fait un éloge très mérité.
« C'est un cruel problème que pose M. Demolins, mais
il a raison de le poser... Son livre vient à son heure. Il y a quelque courage pour un Français à braver les criailleçies d"un chauvinisme étroit, c'est un courage dont il laut louer M. bemolins. Un tel livre ne peut être qu'excellent à lire pour les Français... Il présente un intérêt poignant... Puisse le livre de M. Deniolins attirer de nouveau l'attention sur le problème fondamental de l'éducation... ».