‹ A quoi tient la supériorité des Anglo-SazonsChapitre 5 sur 48 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

anglais, va sans cesse en augmentant par l'installation de nouveaux colons sur tous les points du globe, par l'extension incessante du monde anglo-saxon, la clientèle allemande tend à se restreindre, soit par l'absence de colonisation agricole , soit par la rapide absorption de l'élément allemand dans le sein de la race anglosaxonne plus résistante et plus absorbante.

La seconde infériorité des Allemands dérive du régime politique établi récemment chez eux, à la suite de la proclamation de TEmpire,

J'ai indiqué plus haut comment la vieille Allemagne , pauvre , industrieuse et économe , a été le véritable point de départ de l'expansion industrielle et commerciale actuelle, par le fait des qualités modestes, mais solides, lentement accumulées par la race. Il a fallu des siècles de longue et obscure germination , pour produire cette plante que des circonstances fortuites (le développement des transports) ont fait subitement taler et s'épanouir.

J'insiste à dessein sur ce point : Vexpansion actuelle de la race germanique est le produit de la vieille Allemagne et non de l'Allemagne nouvelle.

Ce que doit produire l'Allemagne nouvelle, l'Allemagne impériale (si le système réussit à se perpétuer) est bien différent.

PREFACE. XV

Elle produira, elle a même déjà commencé à produire et à étendre de jour en jour, le militarisme , le fonctionnarisme et le socialisme , qui n'ont jamais apporté avec eux la prospérité économique et sociale.

Nous n'avons eu en France, avec Louis XIV et Napoléon, que les deux premières de ces plaies, et voyez à quel point cela nous a mis. Voyez aussi ce qu'est devenue l'Espagne de Charles-Quint et de Philippe II.

Dans le premier moment, ces énormes mécanismes donnent à une société toutes les apparences extérieures de la puissance politique et de la puissance sociale, parce qu'ils centralisent brusquement et brutalement, dans une seule main, toutes les forces vives de la nation, lentement constituées par les régimes antérieurs. C'est bien là la période brillante que la Prusse a connue récemment; comme l'Espagne, comme nousmêmes l'avions connue autrefois. Mais précisément parce que ce régime centralise toutes les forces vives, il finit par les atrophier, par les annihiler, par les épuiser, par les stériliser, et alors arrive la profonde et parfois l'irrémédiable décadence.

L'Empire d'Allemagne, s'il persiste dans la voie où il est engagé, — ce qui est très probable, — n'échappera pas à cette loi fatale. Que les Al-

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