‹ A quoi tient la supériorité des Anglo-SazonsChapitre 7 sur 48 · LES TROIS ÉLÉMENTS DE LA SOCIÉTÉ ANGLAISE · texte numérisé non relu

LES TROIS ÉLÉMENTS DE LA SOCIÉTÉ ANGLAISE

Je prie le public anglais de ne pas se méprendre sur le sens et sur la portée de ce volume ; je le prie de ne pas étendre mon jugement à toutes les populations et à toutes les institutions de la Grande-Bretagne.

Dans cet ouvrage, en appliquant la méthode d'analyse sociale créée par F. Le Play, complétée par H. de Tourville, j'entreprends d'isoler avec soin et de considérer exclusivement les phénomènes qui me paraissent dériver de l'influence anglo-saxonne, parce que ce sont ces phénomènes qui donnent seuls à l'Angleterre et aux États-Unis leur originalité et leur supériorité sociale. Je tâche surtout de bien les distinguer des coutumes et des institutions apportées par les Celtes et par les Normands.

L'élément Celle, qui prédomine surtout en Irlande, dans la haute Ecosse, dans le pays de Galles, dan s

sviii PRÉFACE.

les villes d'Australie, de la Nouvelle-Zélande, etc., a apporté et tend à maintenir, dans une certaine mesure, les traditions qui sont propres à ce tj^e social.

En vertu de leur formation originaire, plus pastorale qu'agricole, les Celtes éprouvent peu d'attraits pour le travail intense de la culture ; ils sont plus inclinés vers les professions libérales que vers les professions usuelles et ils y réussissent mieux.

En vertu de leur organisation traditionnelle en clans, ils ont plus de goût pour la vie publique que pour la vie privée, pour les luttes politiques que pour les luttes agricoles, industrielles ou commerciales. Dans le monde Anglo-Saxon, les Celtes recrutent surtout, en bas le paupérisme ou^Tier, en haut, les professions libérales et politiques.

Ils se rattachent à la formation communautaire de dan, qui n'a jamais donné la supériorité sociale : les Celtes j^urs ont toujours été vaincus socialement et le seront toujours, tant qu'ils ne se transformeront pas au contact d'une race supérieure.

L'élément Normand, qui est plus fondu et plus dilué dans le corps social, a cependant laissé en Angleterre des traces profondes, qu'une analyse rigoureuse arriverait à déterminer exactement. Cet élément a surtout donné naissance aux énormes domaines qui exproprient du sol une partie de la population, au droit d'aînesse, à la noblesse héréditaire, à la Chambre des Lords. La tradition normande me parait se retrouver encore dans l'organisation des Universités anglaises et dans l'esprit de caste

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