‹ A ses concitoyensChapitre 19 sur 48 · CEUR, ET NON SUR UNI CRUAUTÉ INUTILE · texte numérisé non relu

CEUR, ET NON SUR UNI CRUAUTÉ INUTILE

Peut-on concevoir que les ministres aient laissé le général Donnadieu sous le poids d'une accusation d'assassinat! Peut-on concevoir qu'ils n'aient point rendu témoignage public de sa conduite, lorsqu'il écrivit inutilement au Roi pour obtenir des juges (i); lorsqu'il sollicita avec instance une audience de Sa Majesté; lorsque si souvent les Chambres demandèrent des éclaircissemens sur les affaires de Grenoble; lorsqu'une plainte fut portée

(1) Par lettre di 15 BpTcmhre 181$.

(95) contre lui par quelques ha bilans de cette ville; lorsque le conseil d'Etat fut appelé à délibérer $ur cette plainte; lorsqu'une pétition fut sou- «Dise à la Chambre des députés sur cette affaire; lorsque cette pétition fut renvoyée aux ministres par la Chambre I On voulut au contraire donner crédit à l'imposture. Le général a été destitué, accusé, calomnié par le ministère (i).

(1) Chaîne peut se Caire upc idée de toupies gentcs de IÎ093 auxquelles le général Oonnadieu a été' en butte. Uni ordonnance du Roi, du 32 juillet 181$, portait, article 2 :

« Notre ministre secrétaire d'Etat au département « de la guerre nous proposera la liste des officiersy généraux qui doivent faire partie du cadre d*orê fPnisQtiçn de fflajrmajoc-géaérai ; U y vompre»-

* de*. 4es généraux employés ou

,* désignés pour les inspfirthnuf d*mfanteme*t dp ca- ,* valerie. #

&e gtafod Aounadieu «tait alocs /en tournée four J'ina-» ifpcjioa des régimen* auissea; révidemment, il avait droit , M* famés jle, l'ordonnance, d'étee compris dans le cadre ^organisation de f4tQfrmajor*géméral. U n'en Ait point Ainsi. : J'ordonnance fut violée à son égarai. Ce fat en vain .que Je général jédama pendaut toute Ja durée du ministère 4e M . Gpuvian Saint-Gyr. On lui pfasa f activité et le trai- Wneat auxquels il avait droit. Les ordres qu?fl avait reçus pour son inspection avaient été volé» paroi ses papiers, i* général ayant sollicité de nouveau, depuis 1a ministère 4e

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M. Decaics , qui est monte à la tribune ponr dénaturer les faits , M. Decazcs , qui a transmis l'ordre d'exécuter les vingt-un condamnés, pouvait-il consentir à ce qu'il fût dit à la France que le général Donnadîeu avait suivi, en toute* choses, les ins'""";'1"e -lu gouvernement?

Non ! on ' et cette ji loi d'atnnis d" ticle 5 ) qu*( personnes cont raient clé dirii intervenus a

Uendre cette loyauté jtre qui , parce que la ier 1816 portail (arpoint applicable aux les des poursuites ânes jugemens seraient mlgation , écrivit aux

préfets, le même jour, 1 2 janvier 1816 : a Vous

SI. de Latour-Maubourg , od fut obligé de lui dire que h minute des ordres dont il voulait un duplicata, ne se retrouvait point au ministère ; que la feuille sur laquelle ils étaient portés , avait été arrachée du registre , et on lui délivra un certificat pour lui tenir lieu de la lettre d'ordre, qui n'existe . plus. {Pièces justificaùves , n« XXVI et XXVII.) C'est après avoir connu toutes ces petites menées, que le général Donnadieu a porté ses réclamations auprès de M. de Bichelieu. Quelle n'a point dû être sa douleur, quand il a trouvé le président actuel du conseil des ministres encore imbu de» fausses idées qu'avait répandues son prédécesseur ! Quiconque a lu ce Mémoire avec attention, ne doit point être étonné que l'explication ait été vive entre le général et 5on Excellence.

(97 ) « pouvez continuer et prescrire , avant lu « promulgation de la loi\ toutes les poufc- « suites pour délits politiques qui seraient ré- « clamées par la gravité dés accusations , et « par la nécessité de faire des exemples. ,€ Vous inviterez messieurs les procureurs du. « Roi à agir d 'office % à commencer des infr m tructions y a mettre enfui les prévenus daji*

« LA SITUATION PARTICULIERE QCI À MOTIVE LES « TERJiES PRÉCIS DE L ARTICLE 5 DONT IL EST ICI m QUESTION (l). » ;: ' ■

Le ministre calculait que ses estafettes devanceraient le moment de la promulgation légale + fixé par l'article i*r du Code civil! C'eât. ainsi qu'une loi de l'htat, une loi do grâce, était éludée par, M. Decazes (a) ! Voilà .comme dès ministres gouvernent, au nom des Princes les plus justes» •!«* plus gétiéreuij

* * ii

(1) Voir Fourrage de M. Clauseldê Coussergoes, pages 17 «t 18, lr< édition. • ;;r

(2) C'est en cette occasion o^u'uppre^f, M. de C*****% écrivit à M. Decazes :

« Monseigneur, je ne priverai jamais des malheureux de la clémence royale , et je vous répondrai , comme le vicomte Dorte a Charles IX : Vous trouver** parmi mous des soldats, des sujets fidèles, niais pas un bourreau* » Ce préfet a été destitué*

mi tiennent aujourd'hui le [imon tle i ne jetteront-ils )>ns un coup-d'œil sur la r .< uneste que notisavons parcourue depuis n i ans! We flétriront-ils pas celle longue i e de la présomption el de la peur, des

persécuti i < lessc , des accusations

et du mei infusion du bien et du

mal, intérêts, des vertus et

des crimes! -on encore pour con-

fesser les loris eurs? Il suffit de voir

les résultats. Lt été avilie, persécutée,

et la trahison . <a révolution a été ca-

ressée , et la re*. se relève menaçante.

On juge que la loi est athée, qu'elle doit l'être; et un assassin frappe en disant : Dieu h'est qu'un mot! Les régicides sont rappelés, et un régicide est insolemment député -pour s'associer aux œuvres du Roi ! La police règle tout, dirige tout, etJa-police fait des intimes dans tous les rangs, dans toutes les classes. Les émigrés sont bafîbués; sans respect pour le Roi qui les commandait, on les traite de satellites de l'étranger, et ieducdeBerry meurt assassiné , parce que les Boukbons sont les ennemis de la France (i)\ Les fn u t pu r s de

(1) Louvel disait : Ai-je tort, ai-je raison? si foi tort, pourquoi ces idées ne me quittent-elles pas?

<99) l'usurpation sont mis en honneur, et sous le règne du frère de Louis XVI, on proclame qu'il n'jr a point de légitimité en ligne collatérale l

Quand le Roi est rentré dans ses Etats , quand le nom des Bourbons a été prononcé en France, les cœurs étaient pleins de joie ; il semblait aux jeunes Français que c'étaient eux qui sortaient d'un long exil , qui revoyaient une patrie , qui retrouvaient la terre de leurs aïeux; Jagloirç, le bonheur, les vertus de leurs pères renaissaient à leurs yeux. Qp a comprimé ce gêné* reux élan; aujourd'hui les cœurs sont froids, et les têtes fermentent pleines de folles théories et de chimériques spéculations.

Nous vîmes alors le peuple, empressé autour de ses Princes, danser, aux cris de vive le Roiï dans les rues , dans les places de la

< Hélas! elles ne le quittaient pas, parce que ces ennemis « perpétuels de tout ordre, qui criaient sans cesse k.stê « oieilles, que le temps de la gloire de la France était passe*, « que la liberté était menacée," que le gouvernement des « Bourbons trahissait les intérêts de la patrie, fixaient dais « sa faible cervelle toutes ces fausses notions , et y réyeil- « laient ses fureurs. » (Réquisitoire définitif de Af\ Bifciart, procureur-général près la Cour des Pairs.)

Tille, dans les cours, daus les jardins du palais ; le Roi daigna se mêler à cette foule affamée de le voir. Depuis , nous avons vu les jardins fermés, les sentinelles répandues autour du palais, les places couvertes de soldats, et les gardes poursuivant , te sabre à la main , la tombe des séditieux.

Au commencement de 1816, les légions, à peine formées, marchaient contre les rebelles aux cris de vive le Roi! Aujourd'hui, dans le seinde ces mêmes légions, on trouve des traîtres qui veulent anéantir la famille royale, aux cris de vive tempereur!

Voilà, voilà les fruits d'un système ou la justice, l'honneur et la bonne foi n'entrèrent pour rien ! Que M. Decazes nous a-t-il laissé en partant? des haines, des dégoûts, des défiances, des partis irrités , des complots, les lois d'exception renaissantes, et le tombeau du dernier fils de nos Rois.

Puissent, du moins, à l'avenir, les dépositaires du pouvoir rentrer dans les voies du juste et du vrai! Puissent-ils s'attacher fortement aux intérêts de la monarchie, aux intérêts de cette légitimité, protectrice de tous les droits et de toutes les propriétés ! Il est temps d'abandonner de faux systèmes et des doctrines

funestes. Laissons toutes ces théories à ceux qui ne sont point intimidés par le souvenir de nos premiers désastres, par la mort de Kotzebùe, les désordres de Manchester, le complot contre la vie des ministres anglais, l'insurrection militaire de l'Espagne, les massacres de Païenne, Ja révolte de Lisbonne, l'élection d'un régicide, l'assassinat du duc de Berry, le projet d'anéantir la famille royale. . <•. ,

Puisse désormaiMa conduite des ministres nous unir d'un môme amour pour le Rot, d'un même dévoûment à sa personne, d'un même attachement pour les Princes! Reconnaissons que , depuis le retour de ces Bourbons , nous possédons une liberté que, pendant trente ans , les hommes honnêtes avaient perdue , et qui ne peut être contestée que par les criminels qui ont joui de la licence, ou les lâches qui ont trafiqué du despotisme. Secondons le pouvoir royal , seul appui, seul défenseur de la liberté

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honorons la fidélité; maintenons et vénérons la religion de nos [pères ; Mettons ainsi fin attfx haines et aux discordes! Bientôt, sans doute, le Ciel va nous rendre un Prince qui nous est dû ; et nous redirons alors , dans nos vœux pour la France :

■ Que les troubles «jui l'agitent soient cal-

* mes avant qu'il puisse les connaîire; que la h concorde el l'union rétablies parmi nous « préviennent la sévérité de ses lois, et ne

* laissent plus rien à faire à son zèle ; que

* son règne soît le règne de la paix et de la « vérité; que le lion el l'agneau vivent ensera- « ble paisiblement sous son empire; et que

* cet enfant miraculeux, comme dit isaïe, « les mène encore et les voie réunis dans les i mêmes pâturages; et puer parvultts minabit

* eos (i). Que le camp des infidèles et des

* Philistins ne se réjouisse plus de nos dis-

* sensions , et que , s'ils entendent encore des « clameurs autour de l'arche , ce ne soient « plus celles qui annoncent ses périls et des « malheurs nouveaux , mais ses triomphes et ■ sa gloire (2). »

Signé BERRYER fils , avocat.

(1) Isaïe , chap, xi , y. 6.

(3) Masiillûn , deuxième dimanche de carcmt.

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