N° III
Au rédacteur de la Quotidienne.
Bayonne, lt ai juillet 181$, Monsieur,
Veuillez bien avoir la bonté d'insérer dans le plus prochain Numéro de votre journal , la note ciaprès :
ce Au milieu de l'allégresse publique, le drapeau blanc vient d'être arboré sur les forts et tours de notre ville, au bruit du canon de toute l'artillerie -de la place et de la citadelle. Nous devons au zèle intrépide du lieutenant-général Donnadieu , commissaire extraordinaire du Roi dans leMidi de la France,, de voir flotter cet étendard sacré, signe de la paix et du bonheur de la patrie , quelques jours plus tôt que nous ne l'aurions vu par Tordre généial. 11 y a cinq jours que M. Donnadieu a eu le courage de pénétrer seul dans notre ville, de as présenter au gouverne*
(,r,6) ment et au conseil de défense, el de les sommer, au nom <Ju Roi et de la patrie, de se rendre au vœu général, n
Lan
A M. le lieutenant-^ mandant la 7e
s de la ville de Bayai Signé CaizARAT.
omle Marchand, cotn- ..ilitat're, à Gre
iris, le 9 décembre 181S.
Monsieur le comte, j'ai reçu le rapport que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser le 2S novembre dernier, et par lequel vous nie donnez des détails sur le mouvement qui a eu lieu le igdu même mois dans la commune de Jonnage. J'y vois que celle affaira a été portée à la connaissance de M. le procureur du Roi, afin qu'il puisse instruire conlre les coupables.
Indépendamment de celle disposition , il eût été convenable que vous eussiez envoyé sur les lieux une force quelconque pour faire arrêter les perturbateurs; les faits devaient vous paraître assez grave* pour exiger un prompl exemple.
J'ai l'honneur d'être, elc.
Signé le duc de Feltre,
Le lieutenant-général Donnadieu , commandant la 7e division militaire , à Son Excellence le ministre de la guerre.
Grenoble, le 18 janvier 1816.
Monseigneur,
Par sa lettre du i3 du courant, Votre Excellence me donne Tordre de lui faire connaître quels sont les moyens que j'aurais à ma disposition, dans le cas où quelques troubles exigeraient de ma part l'envoi de forces sur Avignon ou quelqu autre point de ces contrées- Je n'ai d'autres ressources que celles que. me présentent la gendarmerie , la garde nationale à cheval des départemens de la Drôme et de l'Isère, dont le nombre peut s'élever jusqu'à cent, et les gardes nationales de la province. Ces trois corps pourraient me fournir au besoin de quatre à six cents hommes, réunis dans le plus bref délai sur l'extrême frontière sud du déparlement delà Drôme. Voilà, monseigneur, les moyens dont je pourrais faire usage, en cas de nécessité, sans compromettre en rien la tranquillité de cette division. Je nç parle pas à Votre Excellence des légions départementales; leur défaut d'organisation jusqu'à ce jour, ne permet en aucune manière de compter sur elles» quoique cependant il me paraîtrait nécessaire que celles qui doivent s'organiser sur cette frontière, le fussent
plutôt qu'ailleurs, tant pour occuper la ligne, que pour garder les forteresses. Je préviens Voire Excellence que , pour tout ce que j'ai cru nécessaire au maintien de la tranquillité des deux divisions , je me suis entendu avec M. le lieu tenant- général baron de Damas , coromaw
mutuellement loin besoin , dans le <
Maintenant, jej.
server à Voire Exi neur de lui dire t nier, d'après l'ex doc et dans le ci-
Itième, pour nous prêter rours dont nous aurions ïinens quelconques, tirai, monseigneur, d'obue, comme i'aî eu l'honttre du 20 décembre derji règne en Bas-Langue- Comtat Vénaissîn, il me
semblerait que les troupes les plus propres à ramener I ordre et la tranquillité dans ce pays, seraient celles que l'on pourrait tirer des déparlemens du Nord , qui sont animées des meilleurs senlimens , et particulièrement étrangères à tout esprit de parti , et ne connaissant absolument que L'obéissance passive aux ordres du Roi. Des régimens suisses présenteraient également ce même avantage; car, comme j'ai eu l'honneur de l'observer à Votre Excellence , toutes les opinions sont extrêmes dans ces provinces , dans le bien comme dans le mal , et il est même rare que les avantages qu'on retire du premier de ces deux principes n'arrivent pas au même résultat que le second, si l'on ne s'empresse d'arrêter l'effervescence populaire , qui , après avoir servi la meilleure des causes, n'est plus que l'instrument des passion»
( '°9 ) particulières. Il n'est malheureusement que trop Vrai qù'*n Bas-Languedoc la différence des opinions re* iigieuses forme celle des opinions politiques. Les protestans ont embrassé avec chaleur les principes de la révolution , dès son origine ; ils en ont suivi toutes les nuances. Par la conséquence de ces dispositions, il est probable qu'ils ont vu avec une sorte de prévention le retour de l'auguste famille de nos Rois, par la seule crainte de perdre leur liberté religieuse , que la révolution semblait leur avoir accordée. Alors , je pense que leur détermination en faveur de Buonaparte , a été aussi prompte que son apparition sur les côtes de Provence. Cette conduiley aussi mal raisonnée de leur part , en faveur d'un homme qui ne respectait rien, que criminelle envers le Roi et l'Etat , leur a valu la réaction qu'ils ont attirée sur eux. Né moi-même dans cette religion , et à Nîmes , quoiqu'ayant quitté ce pays fort jeune , je me suis empressé, aussitôt que j'ai connu ces évènemens, d'écrire à un homme influent de cette religion/ pour leur faire connaître les torts réels de leur con-i duite envers le meilleur des Rois , et l'absurdité de leurs craintes sur leur liberté religieuse , en me citant moi-même pour exemple des marques de munificence et de bonté que j'avais reçues du Souverain dont ils osaient méconnaître les sentimens généreux, quand je n'avais fait , pour les mériter, que remplir simplement mes devoirs. J'ai appris avec quelque satisfaction que cette lettre avait contribué à détruire
( no)
des préventions aussi mal (ondées qu'injustes; malt, malgré ces considérations , je doute , monseigneur, que de long-temps les hommes de ce parti deviennent franchement des sujets dévoués et fidèles, et que celle disposilion . quelque secrète qu'elle puisse être, quelque reitfi-rmrfi» Hai^le fond de lame qu'elle soit, n'excite coït des actions personnelles,
et môme des séd es mesures les plus sages
ne sont adoptée; iyanl des hommes tout à
fait étrangers s qui fermentent dans le
sein de ces popui
Si je me permt >er Voire Excellence par
des réflexions qi étrangères au cercle de
mes devoirs , j'ost, . i qu'elle voudra bien les excuser en faveur du motif;qu'elleveuille surtout bien n'y voir que le zèlcd'im serviteur dévoué el plein de reconnaissance envers le meilleur des Princes, et animé exclusivement de la passion du bien publie.
J'ai l'honneur d'êlre , etc.