M IMS TÉ RE SE I
Paris, le 17 janvier 1817.
M. le ministre de la police générale m'a fait part des inquiétudes que l'administration des postes paraît avoir sur le passage , à Pierrelale , des courriers de Lyon et de Marseille, qui n'arrivent jamais que
de nuit dans ce gtte , et auxquels l'insuffisance de la brigade de gendarmerie qui s'y trouve en station , ne permet pas quelquefois que l'on fournisse les escortes nécessaires.
Il parait, en effet, d'après divers rapports qui me sont parvenus , que les routes qui suivent le cours du Rhône sont loin d'être sûres , et qu'il commence à s'y organiser un système de brigandage qui doit fixer l'attention de l'autorité. Je ne puis trop appeler •sur cet objet toute votre surveillance , et vous inviter à prendre toutes les mesures que vous jugerez •nécessaires pour que ces routes soient rendues libres , et que les courriers et voyageurs puissent y circuler avec pleine sécurité. Si les brigades de genrdarmerie , soit à Pierrelate , soit sur les autres points -de la même route , sont trop faibles , et que vous n'ayez à votre disposition aucun moyen d'en augmenter la force, vous devez, en vous concertant avec les préfets et autres autorités civiles, y faire concourir les gardes nationales des environs, concurremment avec la gendarmerie , de manière à pouvoir, par des battues fréquentes, éclairer la routa sur tous les points suspectés de receler des malfaiteurs. Les gardes nationales appelées à l'exécution .de cette mesure, y mettront d'autant plus de zèle, «-qu'il s'agit de leur propre sûreté et de la conserva- * tion de la tranquillité locale.
Je dois , au surplus , vous faire connaître que le général Corsin vient de prescrire des mesures parti-
culiéres pour la sùrelé des routes dans te déparlement de Vaucluse, et il serai! boa que vous voui entendissiez avec cet officier-général , afin d'y coordonner les vôtres.
Si , nonobstant ces dispositions , tous recevez l'a-
vis de quelque no"<" geurs , une n découvrir i'autcu le territoire dv laqt.
charge des habitai envoyées par le pn ment , et qui y tv ail été découvert avec MM. les préti
*nl à la sûreté des voyaarat'l propre à enjaire ïrdan» la commune sur '. a été commis, et à la s de gardes nationales- [i titre point du déparlat/u'à ce que le coupable utorité. En tendez- vous ue les désignations des
gardes nationales ne tombent que sur des hommes attachés à l'ordre , et dont les bons sentîmens garantissent le succès de cette mesure. Dans ce moment, où l'industrie n'a pas encore repris toute son activité, il en est à qui ce déplacement , au lieu d'être onéreux , fournirait au contraire des moyens de subsistance. Ces délacliemens, commandés par des officiers sûrs et dévoués , ou placés auprès des brigades de gendarmerie, ne peuvent rendre que de très-bons services.
On saisira celte occasion de faire des recherches, pour découvrir, sur ces divers points, les armes présumées appartenir à l'Etat, et pour les retirer des mains de tous les citoyens qui ne justifieront pas d'un titre légal pour les conserver.
J'ai invité S. Exe. le ministre de l'intérieur , en lui communiquant les dispositions ci-dessus énoncées , à donner des instructions analogues aux préfets de la Drôme et de l'Isère. Ces dispositions ne. seront, en conséquence, susceptibles d'exécution, que lorsque les préfets seront suffisamment autorisés.
J'ai l'honneur d'être, etc.
Signé le duc de Feltri.