‹ A ses concitoyensChapitre 29 sur 48 · N° XIX · texte numérisé non relu

N° XIX

Nous publions ces deux pièces en regard

( "9 ) l'une de l'autre, pour que le lecteur puisse reconnaître toutes les variantes plus facilement. Le lecteur doit surtout comparer le style de la déclaration manuscrite et celui de la déclaration imprimée. Il faut ajouter que cette dernière était suivie , dans le volume publié en 1819, d'une note ainsi conçue : « Je certi- « fie que les pièces de déclaration ci dessus sont « les copies fidèles des déclarations qui m'ont «été faites par le nommé Châtelain, et qui « sont entre mes mains.

• Signé le maréchal duc de Raguse. »

BECLARATION IMPRIMÉE DÉCLARATION MANUSCRITE DE C^A,-* »E CHATELAIN. TELAIN.

Tai l'honneur d'exposer à Votre Excel le née les faits dont j'ai été témoin dans les malheureux evènemens qui ont eu lieu à Lyon en

La légion dont je faisais partie reçut Tordre de partir de C 1er mont en Auvergne, dans la première quinzaine de décembre 1817, pour se rendie à Lyon, où nous arriyâniçp le 19 dudit mois.

La légion dont je faisais partie reçut Tordre de partir pour Lyon, du H au 15 octobre 1816. Nous partîmes de Clermont-Ftrraud le 15 décembre 1816, et arrivâmes le 19 du même mois.

Quelques jours après mon arrivée à Lyon, tyJecpmtefela&fifKi

Ce fut quelque temps après , qup mon colonel me lit appeler eue* lui, où il me dit qu'il comptait jiw

( 'îO

Mon colonel ayant appris que je n'avais |wi»

exécuté les ordres eu main, m' eu lit des reproches.

Je fus nommé instructeur de la eoinjiagnie dé|ia rt etnc u I a I"- <• ' i Khônc. .l'y druicui».

Mil inott cl demi ;

pi liait' m-i ll.illIlillM ■*

«01 mure ut là.

Un nommé Gratifier, charpentée..

defau quartier IVr-

à la

sente de la compagnie

départementale, avec un autre homme, nie eWiusitàl'aiiberfiodii /■ isson du Rhôm-, sur le quai Perrachc.

Ili me lirent part de leur» projets, me dirent qu'ils étaient charge., par leurs chels de lu'nlïnr le grade de ebef de bataillon. Le

L'un organisa dans le raéW temp» la compagnie dcparteinenmle tin Lyon. Cette compagnie est de jeunes gen*. Le eummant celle compagnie, M. le do .Serlmier, m'ajanl TU ider l'exercice, Cl la demi colonel du i-rgiment doul \t partie , pour qu'il nie pei- 'nutrwie la compagnie, et ulonel m'ordonna dy aller, i , à cet effet, exempte de an lùpaenl pendant trou t demi. J'ai arec rèle et cxacnlude démontré l'exercice a cette compagnie . où j'allais deux ou trois fois par jour à la manœu-

Les conspirateurs m 'ayant tu commander l'exercice , conçurent cuir' eux île nie met lie dans leur trame. Grangier leur dit que j'etaii déjà prévenu , et que j étais des leurs. Iles le jour même, Grangier vint au quartier de la g irde départementale, pour m'a p prendre telle nouvelle. ^ ui'ayaut pas trouvé,

lut au quart.

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i, pont

trouvé un sergent de ma compagnie, nomme Gmuhft, il le pria de me venir chercher. Ce dernier m 'ayant trouve, me mena à l'auberge du Poisson du Rhône , là où lira-

même jour, je fus admis dans leur réunion, et confirme dans mon grade, ce que j'acceptai, d'après les ordres du général Canuel. Je passai une partie de la nuit dans cette société. Je fus de suite chez mon colonel. Je le fis réveiller, et lui dis qu'un fidèle serviteur du Roi venait lui rendre compte d'une mission dont il l'avait chargé, sans cependant lui indiquer Tes personnes qui composaient la société, ni te lieu de la réunion.

Je le priai d'en rendre compte au général Canuel. Je lui promis de rompre moi-même le fil de cette conspiration ; rien ne m était plus facile. Il me défendit de rien dire qui pût entraver la marche de cette ajf aire 9 d'après l'ordre du général Canuel.

Pendant quatre à cinq mois , j'ai entretenu cette trame sans compromettre personne, Eniin le jour arriva où elle devait éclater. Je prévins les autorités civil** «t mik-

gier et un autre agent de cette trame infâme m'attendaient. Us me demandèrent rendez-vous au café des; Colonnes , aux Celestins , où je me r ndis le soir même. Là, ils me dirent que les principaux chefs de cette conspiration m'avaient adopté* et qu'ils m attendaient pour me don-* ncr des ordres et me faire counattre à la société.

Us me conduisirent au café Joiy* rue de l'Hôpital ; là je lus présenté à la société par Grangier et son camarade, qui était avec lui ; \ ernay se leva, et me félicita du grade que

{''allais occuper; Jacquit paraissait e premier intendant ; on rappelait colonel; mais Yernay ne rappelait ([a Auguste ; Vernay et Grangier me demandèrent l'opinion de la troupe ; je leur dis que je repondais de ma compagnie , et promis à Jacquit de faire tout ce que je pourrais de mon côté.

Leur but était d'abord d'enlever, d'assaut, le quartier Perrache, où nous étions , la légion de la Loire- Inférieure, un bataillon. Jacquit fit d'abord l'ingénieur, et me dit qu'il viendrait dès le lendemain, prendre position du quartier, et voir comment il était construit, et Gran-

taires.de tout ce qui se

Fas-ait , du jour, rie [ieiiie..liMTim-.:Mrioi] roLmi-l lc> n.oS d ■!•dre et de

Jaejint cl Venu ngdi. <h- MM tram

J»c | iil eljit vein dîner .iim moi, li.lllf mu eliuimVe, au qm.r tier IVrraehc. Il tt..i dune bien la.ile di l'arrel-'r. jmIl.m|Ii'iI L'iaî dairs ma cliuntluT , ai milieu d'une eumpguie Je grawdirn Ht '«■ '[ " 1. mi ponvan

giet proptsa de l'acMimpaçner, Notre rua versai ion !ut longue ce soir !i; .-Ile dm a jnvp "à àVn lie.ire» du m, .tin , ri i trois heures, )'et»i» «ut |)ied.« de mua colom-l . p-mr riii.li nue cl lui dire di? prévenir le "Cauiieldeii! qiii >e pa.ssit; is <jue deux deiitr'eu* demur me voir le jour même lier; ainsi il il .il donc ban les ariélcr, pui*juil* Tieudans rua propre i riamrrt, eu d'une compagnM de Rie- , dour je pem eaïttttr leur lenl sans horn<';> a lu Famille

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colonel me dit que ce nes a*>ei rTeti prendre d.ut

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et (m. l'uni d

détruire uulregouvei

celles de mou lui. tri. rit l*i miennes

«raient légitime ; c'est d'après ces notions que j'ai basé ma conduite, et non d'après les ordres de mes chefs.

Grangier, Veruay, Bugiette , etc. , me doivent ki vie : j'en appelle à leur témoignage. Je fus plusieurs fois , et malgré l'ordre de mes chefs , les voir et les consoler à la prison de Roanne, et leur ai promis d'aller demander leur grâce à M. le duc de Raguse.

J'ai servi en Espagne sous ses ordres.

Je me suis présenté chez lui avec une pétition dans laquelle je me rappelais à son souvenir. Mou but était , par cette même occasion , d'intercéder en laveur des malheureuses victimes de leur faiblesse. Ma demande fut infructueuse : son aide de camp prit mes pièces à la porte de sa chambre. A mon grand regret , je me vis dans l'impossibilité de rien faire pour ces malheureux.

sur une table ; Jacquit ayant aperça des armes , des munitions , me demanda s'il était possible de lui en.

fournir ; je lui promis , d'après l'ordre que j'avais reçu de mes chefs, de leur offrir tout ce qu'ils me demanderaient , pour leur inspirer plus de confiance. Jacquit et Gran«* gier furent irès-contens de ma proposition; j'étais obligé d'agir comme ça pour tromper ces infâmes agens.

Quand la chose est injuste , tous les moyens sont bons pour la détruire.

Jacquit ayant examiné la fenêtre , me dit : « Bon ! voilà une fenêtre « qui peut seule favoriser notre enn « tree au quartier, si vous voulez « faire ce que je vais vous dire ; il « faut nous faire eutrer par cette fe- « nêtre; ici nous trouverons des « armes, des cartouches, et nous « pourrons , sans peine , désarmer « les soldats en entrant dans leur « chambre , les prendre endormis , ce et nous rendre maîtres du quar- « tier. »

Dès -lors, je conçus moi-même l'idée d'arrêter seul la conspiration ; je leur promis tout ce qu'ils me demandèrent. Mou idée était de les faire monter dans ma chambre , oa à coté, en bas, il existait une grande chambre où je les aurais fait passer à fur et à mesure qu'ils auraient monté; car, dans ma chambre, elle ne pouvait tout au plus contenir que quatre hommes ; quand ils auraient tous été montes, j'aurais fermé la porte sur eux ; j'avais , pour cet effet , fait coucher ma compagnie ha-* feiliee , et ils auraient été arrêtés

mm répandre mie goutte de une.

.loi

ii attendus plus de

jours, Imites 1rs nuits; mai- jamais

Ewinuc nVal venu, ni pour p renies cartouches, ni le» urine», ni prendre d'assaut le quartier Perrache; ce qui m'a l'ait voir dcpuù uit etail un agent du géîuel ; car j'avais conimuni- (irojcl 11 m ckIiiiicI, i]ui instruit le gênerai ( anuel, léral Cauuel aura défendu cul de venir ni d'envoyer clieitUer ce ijuc je leur ■mi. ; car cria aurait arréiti i affreux complota, et cio- .'ils n'aillent ju»prà la fin.

qu'ici à Paris que toutes ce* ■ .»■, me sont venues, d'aprèi

voir pln.ieurs driny.ilMiis des vic-

tuens (I).

Enfin le S juin arriva, malheur pour bien d.-s l.iu quittai Jaiiinil et Vcrnav

.loly, sur les ,,„.„,< du .soir. Oi-nd ) Jacquil

ay .

i.vul-

Le 8 juin , M. le capitaine Ledoux succomba dans la rue Mercière. Les agens de cette trame ni avaient dit , le même soir , qu'ils avaient reçu une somme de 20,000 fr.

pjur subvenir aux depennes de cette affreuse trame , et pour solder et encourager les malheureux entraînés dans cet i liseuse projet.

Je déclare n'avoir rien reç i , et avoir dépende , au contraire , une soiiiine bien audessus de mes forces, pour lane face aux dépense* que nécessitait

( iÏ7)

• tous les villages, et hs yaywi « vont fondre sur Lyon. »

Je savais avant que c'était le 8 juin que devait éclater cette conspiration, et j'avais instruit les autorites civiles et militaires de se tenir sur leurs gardes. Je quittai Jaoquit et Vernay . Jacquit me remit k mot de passe , d'ordre , et une espèce de petit papier imprimé , où il y avait, d'un coté, la déesse de la liberté.

Je fus de suite chez mon colonel ; je lui fis part de tout , et lui remis cette espèce de passe. Toutes les troupes prirent les armes , et moimême je fus de garde aux pièces de canon à l'arsenal , et l'intérieur de Lyon resta dans la plus parfaite tranquillité.

Le capitaine Ledoux avait, dès le matin, quitté Lyon , et était allé au village de Charbonnières. Plusieurs m'ont dit l'avoir vu sortir le matin même de chez M. le lieutenant-général Canuel , ce qui l'avait fait suivre jusqu'au faubourg de \aise, l'avait attendu jusqu'à son retour, et ce sont les mettes personnes qui lui ont brûlé la cervelle, rue Mercière.

Plusieurs personnes m'en! aussi dit qu'il avait reçu 20,000 fr. pour distribuer aux agens provocateurs.

Je sais que les ouvriers charpentiers, chapeliers et ai. très, qui étaient pour faire partie de cette trame, étaient payés à quarante scus par jour ; mais je n'ai jamais su par qui. Il faut necessairemeut que le capitctBC LedettK eut part k tout

: pareille mission, cela; car, le 8 juin, où HntB le«

lliilipr--. l't.lli'lll .M. H. tcj IMili-.. I :

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plus de quiuie jours , pourquoi le

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