‹ A ses concitoyensChapitre 37 sur 48 · A L'ECRIT INTITULÉ · texte numérisé non relu

A L'ECRIT INTITULÉ

Zyèn en «817, par M; le colonel Fabvier y ayant fait les /onctions de chef dé Vétat-major $u, lieutenant du Roi dans les 7* et 10* divisions militaires.

JDe tous les sentimens qui se sont «élevés dans mon ame en lisant le pamphlet intitulé Lyon en 1817, par le colonel Fabvier > le- seul qui y soit resté est celui de la pitié. En effet, comment ne pas plaindre un homme qui se précipite en aveugle dans un océan de calomnies, pour servir les passions de ceux qui, peut-être, l'ont jeté d'abord en enfant perdu dans la carrière ; sauf à le secourir ensuite , ou ù l'abandonner, suivant le crédit qu'obtiendront ses mensonges, ou la défaveur dont ils seront frappés par l'opinion publique. Je ne sais si l'esprit de parti n'a pas eu là

plus grande part à la rédaction du libelle de M. Fabvïer j mais ce que je sais Irès-bien , et ce que j'affirme sur 1 honneur, c'est que cet écrit renferme les plus abominables calomnies.

QuoH c'"**"1- '*■ ft"" J** cent cinquante mille témoins de ce c ssé a Lyon ; c'est à la

face de toute 1

n d'un département,

qu"on a la i affaire

Quoi ! c'est

; que tout dans cette débats solennels de

plusieurs proo avoués coupa

les accusés se sont léroulé eux-mêmes

tout le plan de la conspiration, qu'on \ient noua dire qu'il n'y a pas eu de conspiration! li y a des hommes qui niant la lumière. Le pamphlétaire cependant ne va pas jusque-là; il a l'ingénuité d'avouer que le tocsin s'est fait entendre, à la vérité, dans onze communes du département du Rhône.

Est-ce au cri de vive U Roi! et sous l'étendard des lys, ou bien en invoquant le nom de l'usurpateur , de son fils , de la république , sous les couleurs tricolores,, que les communes se sont réunies en armes au son du tocsin ? Dites, si vous l'osez, que c'est au nom chéri du Roi : toute la. population du département

du Rhône atte6lera qui de vous oVt de moi soutenons la vérité.

Dans l'impuissance de nier le mouvement du 8 juin , il a fallu recourir à urt autre moyen: il était difficile à trouver. Mais à cjuoi ne peuvent atteindre l'epyie.de ritiireet le besoin de calomnier! Avec un peu< {^'adresse, beaucoup de mauvaise foi, et sur-tout un air d assit-» rance, on en impose au puhlfc * cfui, malheureusement, prend trop souvent des èUé gâtions pour des. preuves.

On a donc eu recours 9(1 plus odieux de tous les moyens, comme à celui qui devait produire le plus d'effet. On*. a osé . accuser' les autorités civiles et militaires de Lyon , une exceptée, d'avoir tramé La, conspiration, pour se faire un mérite auprès du Gouvernaient de favoir- arrêtée , et faire sonner bpen Jh?Ut l'important service qu'elle^ venaient de rendre* Et quand se hâte-t-on de ; mettre ^Jj gitaod jour ce chef-d'œnvrp (lip^r|tionV huit mois après ^événement. Quelles preuves apportenton à 1 appui d'une si étrange accusation? dea allégations. M. Fabvier s'est-il flatté quqp Je croirait sur parole? Quelle garantie dpnnç-t-il de son irp partialité ? On ne la rencontre datta aucune page de son écrit. On n'y voit, au^ûon-

traire, qu'un homme attaquant avec violence, et nous osons dire sans raison , des autorités qui ient droit à ses respects.

On n'attendra sûrement pas de moi que j'apporte à l'appui de ma réponse, les pièce*

qui pourri

1 imposture : ce n'est

pas qu s r

t ; mais je pense que

ce que je

ai jamais trahi per-

sonne , n

autant de croyance

que ce qu'ose

iteur du libelle.

Il nous dit :

« Le Gouvernement

« possède les n,

•ui peuvent l'éclairer

(( sur cette a

sagesse saura bien

a choisir l'instant où il sera utile de faire « connaître la vérité. »

11 est fâcheux que M. Fabvier n'ait pas recueilli au moins quelques-uns de ces matériaux,' et qu'il ne les ait pas fait imprimer pour justifier son écrit. Je ne sais pas jusqu'à quel point le Gouvernement l'a mis dans sa confidence ; mais ce que j'oserais avancer, c'est qu'il n'a pas pu l'autoriser à attaquer, dans un pamphlet, toutes les autorités civiles et militaires de Lyon ; s'il les eût cru coupables, il se sérail semi, pour les attaquer, de moyens plus dignes du grand caractère dont il est revêtu.

Ce que j'ose encore affirmer, c'est que le Gouvernement ne peut avoir d'autres maté-? riaux, ou, pour mieux dire , d'autres pièces entre les mains, que celles qui constatent de la manière la plus positive et la plus claire , . que la conspiration déjouée à Lyon le 8 juin n'est point une chimère; quelle est l'œuvre des ennemis du Roi et de sa Famille.

Aussi bien veux-je et dois-je me borner i ne citer que des faits généralement connus, qui ne peuvent être contestés ni par amis ni par ennemis , et qui seraient naturellement justifiés par la publication des matériaux dont pade M. Fabvier : aussi veux-je et dois-je m abstenir de jne fortifier des preuves que je trouverais dans une. correspondance et dans des rapports qui sont plus le secret du Gouvernement que le mien.

Au surplus, ce qui doit rassurer les autorités de Lyon , c'est que des matériaux ne sont pas des pièces. Je déclare donc que tout écrit remis au ministère , contraire à ce que j'affirme , est d une fabrique suspecte , et n'a pu lui être communiqué que dans l'intention perfide de le tromper et de lui faire prendre le change sur un événement qui intéressait, la sûreté du trône et de l'État.

Ne dirait-on pas, à la manière dont s'exprime M. Fabvicr , qu'à l'armée de M. le maréchal duc de I\aguw à Lyon, le plus grand désordre régnait dans ce(tc cité populeuse? D'après l'exposé de l'auteur, chacun voit le» partis aux prises et se déehirant ; les royalistes exe iiant en furieux toutes les passions , et réagissant en cannibales contre les innocentes victimes d'une insurrection iuile par les autorités. Qu'on se rassure , rien de tout cela u'a existé. Lyon était parfaitement calme, et cela depuis long-temps, lorsque M. le maréchal y a fait son entrée; ainsi, S. E. n'a donc rien eu à faire pour rétablir l'ordre : je suis persuadé qu'elle a trop de modestie pour ne pas désapprouver son chef d'état - major de lui avoir donné un mérite qu'elle n'a pas eu.

Ce serait peut-être ici le cas de nous élever à notre tour en accusateur, et de présenter le parallèle de la situation de Lyon avant et après l'arrivée de M. le maréchal. Nous avons entre tes mains, non de simples maté~ riaux , mais des pièces authentiques qui ne laisseraient rien à désirer au public, et quï 1 éclaireraient enfin sur une affaire qu'on s'est plu à dénaturer, afin, sans doute, de laisser osciller suit jugement entre le vrai et le faux.

En attendant que la vérité toute entière éoit mise au grand jour , nous àttbafc s&utëvër uh coin du voilé qui là caché à tous h& ^yéu't , et réfiitetr les passages les plus rtiarqûàtte <Jè là diatribe à laquelle taons tfépdiidotta.

Oui , tes évènerhëns ifui s'êtàierlt p'asiéi à fyàn et dahs quelques corrihiunes iMisïnès , té 8 juin , ont été le résultat d'une Côhtyii'atim vaste dans son plaît, grksfè date son objet > et atroce dans tes môjrèns (i). 11 ne sàgi&àit de rien moins que du réntërsêmént dtt pouvait légitime, du déplacement de toutes les autorités, le lieutenant de police excepté : lés déclàràliofti des Valançot , Volozàn , ^Tesson, Berilatd, Oudin et autres , en font foi j je lés al ëtltre lés mains; et elles seront produites ,si an ih'y forée.

Depuis long - temps les conspirateurs travaillaient au grand cfcûvrè. Leurs espérances déçues dans trois circonstances antérieures: au mois de janvier i8i6, à Lyon ; au mois dé mai 1816, à Grenoble; au mois d'octobre 1816, à Lyon, ont été Sur. lé pcfitit âësè réaliser le 8 juin 1817 ; et té complot aurait réussi, si les autorités qu'on accuse n'avaient pas pris les mesures qui Font fait avorter.

Depuis long-temps l'autorité militaire sui-

(1) Voye% p. 5 du pamphlet de M. Fabrier

(8 ) vait lçs fils de la conspiration , sans pouvoii remonter à sa source. Dénuée de moyens police , sans agcns, ces fils devaient se rompre à chaque instant dans ses mains, el son unique ressource pour les rattacher, était de s'adresser et d'envoyer tous les renseignemens officieux qu'elle recevait, au lieutenant de police, qui, soit mauvaise volonté , soit mauvaise foi ou paresse, en faisait peu de cas, et traitait de ridicules et de chimériques les inquiétudes que faisait naitre la situation des choses. Le lîeutenant-général lui-même ne dédaignait pas, dans l'intérêt de la tranquillité publique, d'aller presque tous les jours chez le lieutenant rie police pour lui faire part de ce qu'il apprenait des menées des conjuré.1;, des enrôlemens qui se faisaient, et de la crainte qu'il avait d'un mouvement prochain. Une fois par semaine les autorités' se rassemblaient j la préfecture pour se communiquer ce qu'elles apprenaient , et prendre ensemble tes mesures que dictaient les circonstances; le lieutenant de police assistait a ces réunions.

Le lieutenant-général rendait compte au ministre de la guerre de tout ce qu'il savait , et ne dissimulait pas le danger de la situation eu se trouvait le département du Rhône.

onde

(9) Le nommé Moulin , conducteur de voitures publiques de Lyon à Paris, fut signalé, vers ]/l fin du mois de mai, au lieutenant-général , comme porteur de la correspondance entre les conjurés de ces deux villes ; il envoya de suite un officier de son état- major, M. Bri~ sollier, accompagné de M. Bleuller, colonel du ier régiment suisse, chez le lieutenant de police , pour lui communiquer ce renseigne* ment : il parait qu'on en fit le même "bas que de tous ceux qu'il donnait journellement. Je ne doute pas que, si on eût arrêté Moulin , •soit au moment de son départ pour Paris , soit à son retour, on n eût appris ce qu'il était si important de savoir; cependant Moulin resta libne.On concevra difficilement la cause de l'inertie du lieutenant de police dans des circonstances aussi, graves , lorsqu'on saura que quelques mois avant les évènemens du 8 juin, il avait fait arrêter le nommé Chambouvet, accusé d'être un des enrôleurs du parti , et que ce Chambouvet, dans le cours de dix-sept interrogatoires qu'il a subis devant ce lieutenant de police , a déroulé le plan de la conspiration qui a éclaté plus tard. .On concevra encore moins la sécurité du lieutenant de police qui fait arrêter Granger, par suite

- ( ,n) le capitaine Cormeau , et qui part pour Paris, au moment où un rassemblement d'insurgés Tenait d'avoir lieu dans les prairies de la Serandière, communes de Quincieux et Damberieux , canton d'Ause , sous les ordres de Valançot : on ne concevra pas plus qu'il ait différé jusqu'à son retour de Paris pour commencer les interrogations de Cormeau, et reprendre le fil des menées de Valançot,

Mais ce qui paraîtra encore plus incroyable, c'est que ce lieutenant de police , absent pendant les, évènemens qu'il n'avait su prévoir, imagina d'abord de les nier à son retour. Les preuves cependant étant trop évidentes , il renonça à ce système de dénégation ; il se retourna , en prétendant qu'il avait deviné d'où était partie l'étincelle qui avait occasionné l'incendie, et il n'hésita pas à dire, en présence de M. le préfet du Rhône, que M. Godineau, le premier adjoint du maire de Lyon, était un des principaux agens de la conspiration. Cette allégation était par trop ridicule; il fallut encore abandonner cette route pour en prendre une plus odieuse, en accusant généralement tontes les autorités et tous ceux qu'un délire insensé qualifiait du nom d'ultra. Ce système une fois adopté , on a

marché vers le but qu'on se proposait; et ceux îquî avaient dénoncé ou arrêté le complot, sont aujourd'hui présentés à l'opinion publique comme ses auteurs.

Lorsqu'on se charge d'écrire sur- des évfcfieipens dont on n'a pas été soi-même le témoin, il me semble qu'on devrait f avant de prendre la plume , s'être assuré de la vérité de ce qu'on va dire. M. Fabvier n'a paa été si scrupuleux : aidé de la seule autorité qui s'est trouvée en contradiction avec toutes les autres, appuyé peut-être par M. le maréchal, qui, pendant sa mission , ne s'est pas donné la peine de mettre les autorités en présence pour connaître le vrai ou le faux , M. Fatvier a suivi les documens de l'unique contradicteur; et au lieu d'un récit sincère, il a, dans l'intérêt des imposteurs, bâti une fable dans le style d'un énergumène.

li nous dit que les bandes qu'on avait présentées dans les rapports comme organisées par-tôut, n'avaient paru nulle part (i), et que vingt gendarmes et quelques chasseurs des Pyrénées avaient suffi pour maintenir le calme du pour le rétablir1 par-tout ou il avait été un instant troublé: que la ville de Lyon n'avait

( 0 Voyez p. 5 et 6 du libelle.

été témoin d'aucun mouvement; qu'aucun membre d prétendu comité -directeur n'avait été ai , etc.

JJire que les bandes n'avaient paru nulle pj t mu «ihIméi -"-nclarnies et chasseurs des jfri pour rétablir le

calirn lit été troublé, c'est,

ce me dans un même fait,

deux dicte-ires ; car si les

bandes n e part, le calme n'a

pu être tnj >art ; et cependant la

présence d ndarmes et chasseurs

a suffi pour le reia.,... où il a été troublé. Il a donc été troublé quelque part, de l'aveu même de M. Fabvier ? Et par qui l'a-t-il été? précisément par les bandes dont on nie l'existence.

Le colonel Fabvier ajoute :

Aucun membre du prétendu comité-directeur n'avait été arrêté. Cela est vrai ; mais les membres du comité d'exécution l'ont été , et M. Fabvier sait très-bien que trois de ces membres se sont évadés , Cochet , Tesson et Bernard , pendant le séjour de M. le maréchal a Lyon. Si ces trois individus avaient paru sur le banc des accusés, ils auraient peut-être mis la justice sur les traces du comité-directeur. On connaît d'ailleurs les précautions et

la tactique des chefs de conspirations pour se mettre toujours derrière le rideau.

Un récit simple et vrai sur-tout, va rétablir-les faits qu'on a dénaturés à plaisir.

Plusieurs jours avant l'événement , on remarquait à Lyon une afîluence assez considérable d étrangers à la ville et au département; les uns venus du département de l'Isère, et d'autres du département de l'Ain ; des bruitè sinistres se répandaient, des avis multipliés d'un prochain soulèvement parvenaient de tous côtés à l'autorité administrative et à l'autorité militaire. M. le préfet prit des 'mesures tendantes à calmer les alarmes , et l'autorité militaire resta impassible, en attendant le développement des mouvemens. •

Le jeudi 5 juin , M. le préfet du Rhône m'adressa des renseignemens sur Oudin, officier de dragons en demi-solde , retiré à Sainte Genis Laval; les documens que ce magistratme communiquait étaient de nature à éveiller le soupçon sur la conduite et les projets de cet officier; je le fis prévenir de se rendre chez moi ; il y vint le même jouir , et je lé questionnai sur les diverses circonstances qui faisaient l'objet ades renseignemens que m avait fournis M. le préfet» Oudin -répondit k

toutes mes questions sans embarras, et s le ton d'un homme qui paraissait n'avoir rien à se reprocher : je le renvoyai devant M. le préfet; il ne s'y rendit pas, et resta à Lyon jusqu'au samedi 7 juin, qu'il retourna à Sainl- Genis. Le lendemain 3, il était à la tête des insurgés de cette commune et de ceux de Millery, Saînl-Andéol, Brignais (1), bigny, eU. Les soupçons qui planaient sur Oudin , soupçons tondes- sur des démarches suspectes dénoncées par le maire de sa commune, suffisaient snns doute, dans la circonstance où nous nous trouvions, pour autoriser son arrestation; cependant, il resta libre, et on sait quel usage il a fait de sa liberté. Voilà au moins im officier en demi-solde envers lequel on n"a pas usé de la rigueur dont nous accuse M. Fabvier.Lorsque nous examinerons la partie de son pamphlet relative à ces officiers, nous aurons encore bien des occasions de rétablir la vérité. .Le samedi 7 juin, au soir, je fus prévenu que la conspiration devait enfin éclater le lendemain, etquelesconjurés avaient choisi l'heure des processions de la Fête-Dieu; que leur projet était de commencer par nous surprendre,

(1) Oudin, si le rassemblement f-ftiërj! eût jra s'opérer, de- 11 de Lyon à rjudtiellf.

( i5) et par a poster des asspssins dans les rues f pour égorger les officiers de la garnison au moment crfi ils se rendraient isolément à leurs casernes. J avoue que le plan dea conspirateurs me parut tellement audacieux , que j'eus: dç la peine à me persuader qu'ils en tenteraient l'exécution. J'avais donné dés ordres dans la journée aux. obefs des différons corps de la garnison , dé fournir à chaque paroisse pu détachement .pour escorter le Saint Sacrement y laissant au restq des troupes la liberté de suivre ou- de ne p^ suivre les processions : le rapport qu'on vtoa.it de me faire ne me fk point changer d* disposition.

Le lendemain 8 ,.la même personne qui m'avait donné les repseigpemens la vaille ,t vint chez moi à sept heures- du matin.: elle me confirma cq qp^Ufr n* avait dit , et. ajouta que les campagnes (levaient se rassembler* an son ch* tocsin, et marcher suri LjK>n , où elles se proposaient, .d'entrer à. la* faveur du désordre occasionné par, les coq jurés dp> l'inrtérieur. Ce rapport, qui me fut, fait du ton; qui persuade , ne ipe permit pa*de halaifcçer sur le parti que j'avais à preitflpd : jet fis venir de suite çfcez moi, tous les colonel» de la garnison ; je leur fis pari» de, .ce que,

je venais d'apprendre , et leur ordonnai de consigner les troupes dans leurs quartiers re*pectifs, de faire prendre Jesarmes à trois heures après-midi, et de se former en bataille sur les points indiqués en cas d'alerte. Je leur prescrivis d'agir avec la plus grande circonspection , et d'attendre qu'on les attaquât avant de faire aucun mouvement. Je fis doubler les postes de l'arsenal et de la poudrière ; j'ordonnai qne deux pièces de Canon seraient tenues atelées dans la cour de l'arsenal, et prêtes à agir au premier ordre. Toutes ces dispositions furent tenues secrètes pour ho pas effraver les habilans. Mes ordres donnés, je me rendis auprès de M. le préfet, je lui fis paft de ce que je venais d'apprendre, et de ce que je venais de faire pour parer aux évènemens. 11 l'approuva. Toutes ces dispositions étaient bonnes , sans doute, pour maintenir la tranquillité dans la ville ; mais ce n'était pas suffisant pour empêcher le mouvement des campagnes. En conséquence, j'ordonnai à vingt gendarmes , vingt chasseurs des Pyrénées, et cinquante hommes d'infanterie de la g^rde départementale, que je mis sous les ordres de M. de St.-Pamet , chef d escadron de gendarmerie, de se porter sur

( >7 ) 4n tour de Salvigny et à Lïmonet , afin cftnv» 'lerrocnpne les comçiunicattonsi dur les noutefe delà Bourgogne et du Bouffbonaaisi Ces» itétecbemenb passèrent dàrts plusieurs com ouïmes et villages , où leur présence*© imposa i )« Ce* pendant Gàrlon , capitâifte dopartkans peWant Jeu Joent jours, avait parcouru , dans .ta matinée du 8 juin f un grand fioxnfaredè sota* ; mu nés de l'arrondissement de ViliefraEKtïie., .pour leur donner sus tderuitrs *r«4nes^ et indiquer ie signal auquel relies devariéfit ri* ;poudre par le tocsin. En dtitf., à trois btiures *de l'après-midi , Qarlon , accompagné dfi nommé Dugeuet, se rendit sur la montagne du Pin 1 et tira trois boites : h œlte. dé- -tonnation , les communs* Jibnnèreftt le tocsin , et les conjurés de chacune d'elles se rçuràredt -en armes >, 'les unes aux -inis de rive ïvm- \peneurl tes autres d* Napoléon IL Leuns premières attaques se dirigèrent contre les curés 'et les maires* Unéerrttièitesetoommunkpip 'pas dans .les pays qu'étaient parcouru, les trouve» #&* ordres de M,; St&-Pantet ^ inrô il se manifefcfait d'une niante** violente par»* tout aËt elles Savaient pas pat»u.'Get esUfffe«<fcle oHkierfelÙ feue telle attivfeé dafis sa mat*.

(i)Céi ffittur* ftt^ccta*riéér^^

t .8) ehe, et fit des dispositions tellement bien combinées, qu'aidé par les brigades de gendarmerie qui étaient sur les lieux, par vingt -cinq chasseurs qui étaient à Villefrajiche , et douze à Tarare, il parvint à isoler les bandes de chaque comr

i empêcher de se séparément, et fut disperser sans qu'il B fusil par les troupes ;adier de la brigade ;né d'un gendarme i maire, essuya, au ... u uj la troupe comman-

réunir. 11 les

assez heurei

ait été tîi

sous ses ordre,'

de l'Arbréle,

portant des di^

pont de Beuvrai , h

dée parGarlon en personne.

Si M. de St.-Paulet n'avait pas agi avec autant de promptitude , et qu'il eût mal combiné ses moyens , la pelote 'de feu se serait formée, et tous les habitons du pays se seraient réunis en masse pour marcher sur Lyon; mais surpris par la subite apparition des troupes du Roi, ils turent intimidés et prirent la fuite; ainsi les atlroupemcns partiels furent dissipés de ce coté, au moment même où ils n'espéraient rencontrer aucun obstacle pour opérer leur réunion. Garlon et quelques autres chefs sous ses ordres, restèrent réunis pendant plusieurs jours; mais con-

(»9) tm nettement horcelée par nos troupes, cette petite bande se dispersa , et Garlon resta seul» Pendant que toutes ces choses se passaient dans la partie occupée par les troupes aux ordres de M. St.-Paulel, les conjurés qui devaient agir dans Lyon, remplissaient les cafés et Jes cabarets des faubourgs et de la ville. Les assassins étaient a postés dans les rues; tous attendaient le signal pour commencer l'attaque , et opérer la surprise projetée ; ils la croyaient d autant plus facile t qu'ils espéraient que les soldats , restés -libres de se promener dans la ville et les environs, laisseraient les casernes vides à leur discrétion, et qu'ils n auraient d obstacles à ren^ contrer que ceux, que leur présenteraient les gardes de quartier, qui sont ordinairement peu nombreuses. Chaque chef avait sa bande avec laquelle' il devait attaquer la caserne qui lut avait été dévolue. On conçoit facilement que cent hommes seulement suffisaient pour réussir sur chacune, et enlever huit à dix soldats qui en faisaient la garde. Mais te nombre des conjurés était bien. plus considérable; et de l'aveu des membres du comité d'insurrection -qui devaient les commander , ils eh comptaient plus de deux mille. Ces aveu*

rt les plans rTailti|BÉp sont consignés dani leurs déclarations, que j'ui entre les mains. Les dispositions fuite», on n'attendait donc que le moment pour agir; mais lorsque le* conjurés virent les troupes sous le* armes, ils et' duolen complot était ûventé.

Cependant le i snu n'en fut pas moins

donné -, et iei yant des troupes sur

tous les poinl e, n'osèrent rien en-

tirprendre. Ils il aussitôt des eonlie-

ordres à \\\U. en envoyèrent aussi

dans lmtériou ■ parvinrent point à

tous ceux qui etaifnt «postés dans les mes, ce qui donna liea aux scènes dont je vais rendre compte.

Vers les cinq heures du soir, on amena cbeB moi le nommé Saint-Dubois, qui venait d'être arrêté par les employés de l'octroi de la barrière de Vaise ; il était muni d'un sac contenant seize paquets et demi de cartouches à balles, qu'il portait à l'extérieur. J'envoyai de suite chercher M. le préfet, qwi «e joignit à moi pour questionner cet individu. INou.8 ne pûmes en tirer autre chose, sinon qu'un homme , dont il s'obstina à nous taire le nom , lui avait remis le sac qu'on avait saisi sue lui, et l'avait prié de le porter en lac*

éftopegftaht jttftqif'fc W ftQ*ti» «14 JeviHe. Ont i^m'oya en prison*

. iJir jkmHuH après dn' vint rae reb&e eaenpté <£iedeae un «afé'.d* ti placé deeCélestma, où vMKtft de tirer uti coup de pistolet * à- bout portant, sut* M. Vhrêtt*, officier de cava^prie en démi-soMe» Hwrétwemen* que Ja batte ne fit qu'effleurer te col de cet otfieier, et pefca sevf entent sa crevait* ; il eut le figure brûlée pwr l'explosion de t* paùdre. M* Viriens.fit.de mite sa* déclaration», et dit qu'étuat dan? un café arec une douzaine d'incfrvidtus qwil ne oomussait pas, ils partaient hautement du motrremerët qui allait s'opéret au moment flK&ne; que fatigué des propos qu'tk tenaient, U leur dit qu'il* étaient de tristes' conspiratruto, et que lai , Vicieux , en mettrait une dnûzatiwe comme ewe e» fuite. A peine eufc»il feit cHte apostrophe , qu'un honora* de lu compagnie, qunlcroh être un provençal*, tit* <fc' stf jtoche un pistolet , et lut dit : Coquin *. toteux nous ^efvdve, je vais te brûler la cert wl\#ï lâcha le ddtip , et prit la» fuite st+ec se» ^rotre* camarade, sert* qu'aurmiarp^rsotwe^ •dfatt assea grand nombre qui était rassemblé ste* là place dea-Cëîèstkis , se fût mis en devoir d'arrêter l'assassin et ses complices

J'orr nations les ras Le lem survint liai au:

respect soldats nel de qiurtie viler u la légio des dé

lonnaî quelques patrouilles de la garde le, qui reçurent l'ordre de dissiper tous semblemens qu'elles rencontreraient, ps s'écoulait, et la nuit approchant, il une forte pluie, ce qui fit que i'ordon-

t troupe

ive , au*

, et je

faire l'ai

r, des j

ite surr

n de H

pûtes , passant

-er dans leur caserne iene pas quitter leurs idai à chaque colole voisinage de son multipliées, afin dee Ganny, colonel de ■mbre de la Chambre sur le quai de Saône

pour se rendre à sa caserne , fut attaqué à neuf heures du soir par trois individus qui se disposaient à lui faire un mauvais parti; il ne se débarrassa d'eux qu'en tirant son sabre, et en leur en appliquant plusieurs coups sur la tête et sur les épaules. MM. Duprat, major de la légion des Hautes- Pyrénées, elRomilly, chef de bataillon de la même hgion , passant sur lo pont Saint- Vincent, rencontrèrent y hommes armes de sabres et d'épées qui voulurents'opposer à leur passage. M. de Romilly, qui avait deux pistolets, leur eu imposa. M. le capitaine Ledoux, de la li-^ion de l'Ynnne, qui rn avait t'.é envoyé par sou eakmcl pour me demander

des ordres, fut assassiné d'un coup de pistolet sur la place de l'Herberie. M. Philippe, grena* dier de la garde nationale, qui l'accompagnait, fut légèrement blessé au doigt d'un second coup. Je fus informé de suite de cet événement, et ces scènes d'horreur me firent préôurner que les conjurés n'avaient pas encore renoncé à leur projet , et que le mouvement intérieur pourrait bien se développer, si ceux des campagnes réussissaient à 6e réunir en assez grand nombre pour se présenter à Lyon» Ce qui me fortifia dans cette opinion, ce fut le rapport que vint me faire un homme que je ne connaissais pas , mais qui justifia qu'il était un des agens employés par Le lieutenant de police, qui 4 avait attaché à un commissaire de police de la ville de Lyon. Cet homme me dit qu'il s'était mis depuis longtemps, avec les conspirateurs; qu'il était capitaine dans la bande qui occupait dans ce* Moment le faubourg de la Croix -Rousse; que de ce cAté ils étaient environ huit cents; qu'il y en avait environ autant du côté de- Vaiseet de Saint-Juste, sans y comprendre ceux qui étaient dans l'intérieur de la ville j que je ;de**, vais me tenir sur mes gardes ; qu'on avait la* projet de «.'introduire chez, moi et de i&'aà*.

tassiner; que tout n'était pas fini, et qu'on attendait que les campagnes arrivassent pour agir à force ouverte. II m'.ijoutn qu'il viendrait d'heure en heure me prévenir de tout ce qui se passerait, et demanda un. laissez-passer,

afin que les pati le lui donnai, j'ordonnai à M.

que M. le préfet de mettre touU «ouvrir la ville ner île taire rer d'arrêter ous ci

t'arrêtassent [vis. Je ; homme fut parti, le la garde nationale, '» pus quitté , venait

ma disposition , de lies, de l-'ur ordonnât Ira.tiahiiaiKs, et

seraient pas connus . Celte disj position Tut d'ordre et de célérité;

«l paraîtraient suspects, exécutée avec beaucoup i et dans un instant l'intérieur de la *ille lut dans le plus grand calme. On arrêta plusieurs individus qui avaient des cartouches dans leurs poches, quelques autres des armes à tèt» et des poîynard». On ire peut trop louer le xèle et la prudence que mit cette excellente garde nationale dans le service qu'elle fit pendant toute la nuit,

Cepen lant , je ne recf vais point d'avis de* compagnes. Je n'avais point d inquiétudes sur la parité ihi département où j'avais envoyé M. de SaiiU-Pauli't ; mais j'ignorais- ce qui se

pistait du cdté de S*mt-(>n« Lovai, lorégu'èrttra chez moi M* te d&reotetir.de fe'p<rote lux IrtUre* i\e Lyort , ace&npegnt* dtt tourner de Saint-Etienne, qui notw renffitcorfnpte qu'il avait été arrêté à Saint- GrM* par nn attroupement d"Won>nv*s armé» , qrti Fanaient forcé ofe cfier wm l'empereur ! Un instant après, je reçu» tm bilfot écrit i la hAf par te juge ie paix , q*w! me mondait de Houlin 9 coramuttè située a nue lieue de Lyon „ que TMlurne^licm était dana son danlon. Le garde chtompétre de* Saiitt-Geftia , qui s'était saufé à Grafoefs les dtatops, arrtra,: et confirma lés nou>veMes> que ye recelais; H ajouta que les révoltés, à ta tête desquels était Qudfri , avaient fait prisonnier le brigadier de b gendarmerie, le donnai aussitôt ordre k M. de Saint- Gif, lien tenant de la compagnie de gendartoerie du etéparterfieat du Rhône, de partir à. la tête de dix gendarmes et dix chasseurs il chef al du régiment des Pyrénées, et de se porter sur Sainfe-Genia : je lui recommandai An lie s avance* qu'avec précaution , de ne rien tenter cotitrecta forces supérieures , et de me rendre compte* par ordonnances', de ce qui se passait dans le pajas» l'avais* eu le soin d envoyer un fort détachement au pont de la Mu-

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