‹ A ses concitoyensChapitre 40 sur 48 · A LYON · texte numérisé non relu

A LYON

DEPUIS L'ORDONNANCE ROYALE DU 5 SEPTEMBRE l8l6, JUSQUE LA FIN D'OCTOBRE DE L* ANNÉE 1817;

Par M. CHÀRRÏER-SÀÏNNEVÏLLE,

Ancien lieutenant de police à Lyon.

Qoftnqvam animas meminiêM hoiret, lactaqvt rtfugit,

Incipitm

V1&0. jEmid. l. 11.

A PARIS

Chez TOURNACHON - MOLIN et H. SEGUIN, libraires, rue de Savoie, n* 6;

Et A LYON»

Chez J. TAB.GE , libraire, rue Lafont.

«WW*WV%ft»W*»»%WW»»W»\l*»WV*ftW ft*^<WMM<IMM<¥»*MM*>M<MtoMftMftMrfWW

COMPTE RENDU

DES ÉVÉNEMENTS

Qui se sont passés a Lyon, depuis l'ordonnance

BOY A LE DU 5 SEPTEMBRE l8l6 JUSQU'A LA Fltf

d'octobre de l'année 181 7.

Depuis deux ans on ne cessait de présenter le département du Rhône comme un foyer de conspiration. Là , disait-on chaque jour, se préparaient les tempêtes qui devaient encore une fois boule* verser la France; là, se forgeaient les foudres qui de nouveau embraseraient le monde. Le 8 juin 1817, une horrible catastrophe parut destinée à justifier ces bruits si long-temps propagés. En effet V le sang répandu en divers lieux par la hache fatale , et le régime de terreur par-tout adopté, semblaient trop attester la gravité du crime et le nombre des coupables. Cependant, au milieu deces scènes d'horreur, des rapports contradictoires font naître des doutes graves sur l'existence de la prétendue conspiration, sur la justice des rigueurs dont tant de citoyens sont frappés; et bientôt on se demande avec effroi 7 si c'est parmi les accusateurs ou parmi

lea victimes qu'il faut chercher les véritables criminels?

M. le duc de Raguse est envoyé sur les lieux pour éclaircir ce déplorable mystère. Sa pénétration , sa justice et son zèle pour le bien de son pays , le font triompher d'une foule d'obstacles. A. travers les nuage.- enveloppait la vérité,

il parvient à la si que tout entière, et

n'hésitepoint à la d ré par ses rapports, le

gouvernement s1 emp :onfirmer ou d'adopter

des mesures dont l'effi , rendu le calme à une

nombreuse population l'a mise pour l'avenir

à l'abri du retour c eurs qui venaient de

l'accabler.

Ces mesures ont été attaquées par certains hommes avec la fureur d'une faction qui aurait vu déjouer ses projets et détruire son ouvrage. On ne s'en est pas tenu long-temps à d'obscurs pamphlets, à de séditieux propos; bientôt, sous divers prétextes , la tribune nationale a servi d'écho à d'éclatants reproches.

Alors le colonel Fabvier mis à portée , par ses fonctions d'apprécier les faits qu'il voyait dénaturer, ainsi que les intentions des hommes calomniés avec si peu de ménagement, cédant à un mouvement d'indignation, a dît hautement dans l'intérêt de la vérité et de la justice , comme dans l'intérêt de son chef, ce qu'il avait appris et vu pendant son séjour à Lyon.

Presque tous les fonctionnaires placés dans cette ville à la tête de l'autorité, à cette fatale époque, ont cru devoir publier des justifications.

Mais, loin de se borner au soin de se défendre, plusieurs d'entre eux se sont montrés fidèles à la tactique du parti qui les avoue pour ses défenseurs; et, d'accord sur ce point avec les misérables libelles dont les calomnies ont engagé cette lutte, c'est par de perfides insinuations, par des agressions ouvertes contre moi , qu'ils ont cherché à repousser les traits soi-disant dirigés contre eux. Étrange aveuglement! Ils veulent qu'on s'étonne et qu'on s'indigne de voir soupçonner des fonctionnaires publics d'avoir excité des troubles factices , dans l'objet de servir leur ambition et leur parti; et, tout en se révoltant contre ce qu'ils appellent l'absurdité et l'atrocité de cette supposition, ces mêmes hommes ne craignent pas de présenter comme un véritable conspirateur, comme l'infâme complice de misérables qui auraient voulu renverser le gouvernement et faire au sein de la France une horrible boucherie , un autre fonctionnaire dont la conduite doune de solides garanties de son amour pour son roi et pour son pays, et de son zèle pour le maintien de l'ordre. Par cette odieuse récrimination n'ont-ils pas travaillé, eux-mêmes, à affaiblir ce que l'énormité de l'attentat pouvait prêter d'invraisemblance à l'imputation dont ils croient avoir besoin de se défendre? Et la France,

désormais éclairée par des accusations contradictoires sur l'existence réelle d'une machination infernale pour entraîner à la révolte de malheureux cultivateurs; ne semble-t-elle pas devoir rechercher si ses malheurs doivent être attribués aux perfides provocations des machinateurs, ou à l'infâme coopération de celui qu'ils calomnient ?

Quoi qu'il eh soit , ils m'auraient ainsi fait un devoir de rompre le silence dont le gouvernement m'avait imposé l'exemple, quand même des intérêts supérieurs à celui de ma défense ne m'en eussent pas déjà fait une loi. Ce n'est pas lorsque le voile, dont les événements de Lyon furent couverts pendant quelque temps , est en partie soulevé , qu'il peut être permis de se taire à celui dont les fonctions ont mis sous ses yeux les faits tels qu'ils se sont passés , en lui donnant les moyens d'en recueillir les preuves. Désormais il ne s'agit plus de celer la vérité pour éviter un scandale , mais de dire la vérité tout entière, pour faire cesser le scandale d'une lutte qui laisse l'opinion dans une incertitude pénible et dangereuse.

Il s'agit de venger une ville , un département long-temps calomniés; de remettre les choses et les hommes à leurs places; de signaler où sont les dangers, où se trouvent les garanties pour le repos de la France ; et enfin de montrer à l'Europe que le gouvernement Français , qui , au travers d'innombrables obstacles, a trouvé notre salut et

sa véritable force dans la direction tracée par. l'ordonnance du 5 septembre et la loi sur les élections , doit inspirer à tous les amis de Tordre , comme à tous les gouvernements, la sécurité dont il jouit lui-même.

Je parlerai donc sans me mettre en peine des clameurs, de la colère, et des nouvelles calomnies de ceux dont mes révélations pourraient blesser les intérêts. Que m'importent des ennemis personnels , s'ils cessent d'être dangereux pour la chose publique?

Déterminé à assurer le triomphe de la vérité ,' je me bornerai à citer des faits constatés par des pièces officielles; je rejetterai sans balancer les documents particuliers, les rapports, les confidences, et toutes les notions dépourvues d'un caractère suffisant d'authenticité. Je ne m'aiderai même pas des lumières que le gouvernement a acquises sans moi, et dont il doit seul disposer dans sa sagesse. Aucune de ces concessions ne nuira à l'évidence, et le public n'aura point à les regretter.

Il serait difficile de bien apprécier les événements dont je vais rendre compte, si, avant de les examiner en eux-mêmes, on ne se représentait pas les circonstances politiques dont ils ont été précédés, et au milieu desquelles ils ont pris naissance.

Je me propose donc de rappeler en peu de mots l'état de la France et de Lyon , au moment

de l'ordonnance du 5 septembre 1816, et l'effet produit par cette grande mesure de salut public.

Je parlerai ensuite des agitations dont le département du Rhône a été le théâtre , à partir àt cette époque jusqu'au 8 juin 1817,

Un chapitre mouvements qui

Enfin je rendi su I tais de cette Eu de la mission <

Par ce simple agite les esprits ?

les véritables c; et chacun pourra

iacré à l'examen des é ce jour-là.

e des suites et des réle journée, jusqu'à la lue de Raguse.

la question grave qui 1 résolue; on connaîtra événements de Lyon.

îent déterminer la part

de blâme on d'éloges méritée par ceux qui ont éle appelés à y jouer un rôle.

Page 1