A NOS AMIS ILES ENNEMIS
(De Ja Vérité du 31 janvier)
Nous lisons dans la Patrie, organe du ‘franc-maçon très avancé,” (1] numéro du 21 janvier :
“ Encore une tuile sur la tête d’un castor.
“ Après avoir dit que des prêtres et des évêques s'étaient rendns conpables de crimes à propos de la division du diocèse de Trois-Rivières ; après avoir dit que cette division était projetée par l'armée du mal, et avoir indiqné l'archevêque de Québec et l'évêque de Chicoutimi comme les principaux coupables, M. J. P. Tardivel se permettait d'INVENTER DES NOUVELLES DE ROME EN CON- TRADICTION FORMELLE AVEC LES FAITS. î “ Mgr l'archevêque de Québec, par la main de son secrétaire, a cru devoir adresser à la Vérité nne lettre protestant contre les assertions de son rédacteur, 1 et déclarant formellement que le décret ordonnant la division du diocèse est maintenu par les autorités romaines.
“ Vous croyez que le saint homme va accepter avec respect cette petite leçon venant de son archevêque ? Vous le connaissez bien peu. Non seulement ilne publie pas la lettre, mais dix jours après, il répète les assertions qui la lui ont valu.
(1) Le directeur actuel de La Patrie, M. Beaugrand, a fuir, en réponse au Protecteur Canadien, la déclañ ration suivante, dans le No du 26 janvier 1878 du journal Za République qu'il redigeait à cette époque, aux
Etats-Unis :—
“ Eh bien, Protecteur, redites-le à vos lectenrs :
“ Lo Nous sommes franc-maçon et même franc-maçon avancé.
“ 20 Nous sommes libéral et même libéral avancé.
“ 30 Nous sommes l'admirateur enthousiaste des principes de la révolution française, et partisan de la # déclaration des droits de l’homme. ”
CS
“ L'archevèque invite l'effronté page à venir s'entendre avec lui ; l’effronté page refuse.
“ C'est alors que la tnile arrive et une rude—sous la forme d'une.lettre relatant Jes faits, signée per l'archevêque lui-même, et adressée à tous les journaux de Québec.
“ Et ce Tardivel est le même individu qui ne peut publier un seul numéro de sa feuille nauséabonde sans dénoncer la Patrie comme un journal antireligieux et sans respect pour le clergé !
“ L' £tendard n'a plus qu'a maudire l'archevêque. Toucher au Tard'vel de son cœur, c'est un sacrilège pour le moins; et nous ne serions pas surpris de voir l'armée du bien se lever en masse pour défendre l'un de ses plus brillants coryphées ”
D'un autre vôté, nous lisons dans l'Evénement, le Figaro du (anada, numéro du 21:
“ Et samedi encore qu'apprenions-nous ?
“+ Que la Vérité, journal ultra catholique, sustenté par le cercle catholiqu, REFUSAIT D'ACCUSER RÉCEPTION d'une lettre de Mgr l'Archerêque qui s'obstine à croire que dans la hiérarchie ecclésiastique, l'Episcopat est placé avaut le cercle catholique.
“ Gens de l’Etendard qui avez subi les condamnations de Rome, indirectement et de votre épiscopat, à vif; gens de la Vérité condamnés. archi-condamnés, mais récalcitrants et révoltés ; gens du Nouvelliste qui sermonez votre aruhevêque et empoisonnez la jeunesse par vos écrits malsains ; membres du cercle catholique, de la cour des miracles de la castorerie ; sifleux, petits manteaux, carnbriolleurs, caroubieurs, surineurs, fourlines, chineurs, faiseurs etc., tous tant que vous êtes, il est apparent que vous êtes moins bons catholiques que nous qui ne le crions point sur les toits.”
Enfin, nous lisons dans l'Union de Saint-Hyacinthe, satellite de la Patrie, auméro du 24, sons le titre : ‘‘ Turdivel refuse de se soumettre”, la tirade que voici :
“ En parlant il y a qnelque temps de nos difficultés religieuses, nous avons dit combien un schisme devait être redouté ici dans notre pays tant l'hypocrisie et l'orgueil de ceux qu'il fallait frapper étaient grands.
* Hélas ! nous ne supposions pas que l'avenir nous donnerait sitôt raison. Il est vrai que ce n'est pas encore le schisme avec toutes ses erreurs grossières et condamnables qui a éclaté. Mais on peut bien dire que c'en est le prélude. Ce n'est pas encore la guerre onverte à notre religion que l'on fait, mais on se tar-
ue de refuser obéissance à la plus hante autorité ecclésiastique de notre province,
“ Il est à remarquer maintenant que cette désobéissance est faite par un
areas ntiinr vais
homme qui se vante d'être catholique, plns catholique même que ses contradicteurs, Il en a toujours été de même de tous les schismatiques et de tous les sectaires qui ont cessé d'appartenir à la communion catholique.
“ Tardivel est celui qui vient de donner le signal de la révolte ouverte aux injonctions de son évêque. Il est le premier à arborer le drapeau de la rébellion. Cet exempie si funeste peut avoir des conséquences 4884 graves. Car nous connaissons grand nombre de membres éminents du clergé qui reposent pleine confiance duns ce faux catholique, et qui depu s quelques années travaillent constamment à répandre son journal, la Vérité, dans nos campagnes et dans Jeurs familles. Meis nous savons trop la bonne foi de ces membres du clergé pour qu'ils donnent (sic) plus longtemps cours à la petite cabale qu'ils avaient mise en vigueur pour répandre ce journal dont le rédacteur refuse carrément de se soumettre aux «dres de son érêque.
“ La Vérité ne doit done plu avoir l'appui d'aucun catholique sincère, car ce serait encourager les querelles religieuses et le schisme presque probable dont nous sommes menacés.
“ D'ailleurs, du moment qu'un journal refuse d'obéir aux injonctions de son évêque, il en a déjà suffisamment là pour prouver que cette feuille ne doit pas avoir la confinnce des hommes soucieux de conserver notre religion. Et la preuve de cette désobéissance, nous ne la prenons pas dans les écrits de M. Tardivel, où peut-être on pourrait interpréter faussement sa pensée ; mais dans une lettre de Mgr Taschereau où l'éminent prélat déclare le fameux programmeux parce qu'il semble ne pas vonloir recon*
en guerre ouverte avec l'Eglise (Ah 11) Voici cette lettre
naître comme fondés les décrets émanant du Pape lai-mâême, de l'archevêque.”
Puis vient la lettre que Mgr l'Archevèque a adressée aux journaux de Québec le 17 du courant.
L'Union continue ainsi :
“ Tardivel invité par Mgr d'aller ie voir, refuse. Il aime mieux mentir, il aime mieux tromper son évêque,
“Et l'on va nous dire que ces gens-là sont catholiques.
“ Qu'on le remarque, c'est ce mêine Tardivel, qui voue sans cesse les libéraux au feu éternel.
“ Quelle religion drôle ils ont ces gens là, tout de même.
“Ils se prétendent les seuls fidèles observateurs des préceptes eatholiques. Mais du moment qu'on vent leur faireobserver ces préceptes, ils refasent, On a mis dans les asiles d'aliénés des personies qui iaisonnajent mieux. ”
Nous faisons ces longues citations afin que nos lecteurs sachent bien quel
langage violent les feuilles libérales, qui se répandaient naguère en insultes et en inpertinences à l'adresse du représentant du Saint-Siège au Canada, emploient
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contre nous au nom du respect dû à l'autorité religieuse! Nos amis sont assez intelligents pour tirer les conclusions qu'impose la logique,
Cela devient amusant à la fin !
Naturellement, nous ne répondrons pas à une seule de ces sottises , elles se trouvent toutes réfutées par notre réponse à la Presse. Nous y renvoyons 08 amis les ennemis, bien convaincu, cependant, qu'ils n'en tiendront aucun comp: te. Nous connaissons la bonne foi et la loyauté de ces messieurs.
Nous n'éprouvons pas, du reste, le besoin de nous défendre contre la Patrie, l'Evénement et l'Union. Nous avons déjà dit tout ce qu'il faut pour que le public impartial puisse se faire une idée juste de cet incident qu'on exploite avec tant de haine et de rage contre nous. Ce que nous pourrions ajouter pour nous défendre n'est pas une matière qu'on peut convenablement traiter dans la presse
Rome sera sans doute appelée à juger cette question ; c'est pourquoi nous ne la diseut-rous pas, quelles que soient lee provocations de nos adversaires.
D'ailleurs, quand sera écrite l'histoire impartiale de nos pénibles luttes religieuses, et en particulier des tentatives faites depuis plus de huit ans pour diviser le diocèse des Trois-Rivières, l'opinion catholique portera un jugement équitable sur le rôle d’un chacun.
En attendant le jng-ment de Rome et celui de l'histoire, nons pouvons mépriser chrétiennement les insultes et les attaques injustes de nos ennemis. Voilà notre dernier mot sur cette affaire.