SCÈNE XII
Les MÊMES, JENNY.
GERCOTJRT.
Accours donc, Jenny, voici une glorieuse journée pour toi ; il s'agit de Lien faire enrager Merville.
JEKNY.
Ali ! mettez mon talent à des épreuves plus difficiles !
Je lui ai donné un accès ce malin A propos, en as-tu
été contente, Julie?
JULIE
Enchantée, quelques minutes mais l'orage a suivi
de près.
JEÎJKT.
Dam ! c'est ta faute ; Je t'avais prévenue qu'il ne ferait beau qu'un instant, il fallait te mettre à couvert ensuite.
GERCOURT
Ne plaisante pas ; il faut bien sérieusement faire perdre à Merville le pari qu'il a fait avec moi de ne pas s'emporter
de la journée Ta sœur te contera les détails.... Tu vois
qu'il est prévenu, et qu'il sera sur la défensive.
JEKKY,
Ah ! vraiment cela rendra la chose plus difficile.
JULIE
Comment! cela t'embarrasse, ma sœur? C'est mauvais augure pour mou oncle....!
JENNT.
Sûrement , cela m'embarrasse : il se défie de moi -, à ta place, cela ne m inquiéterais guère.... Si j avais le bonheur d'en être aimée comme toi , pendant deux heures seulement, je voudrais qu'il étouU'at de rage à la première.
JULIE
Eh ! dis-moi donc par quel moyen.
JïNNT.
Oui, pour que tu ne l'emploies pas, et que tu me trahisses.
GERCOTJRT.
Eh ! non-, elle est des nôtres aujourd'hui.
JEKNT.
Comment ! tu jouerais franc jeu contre lui ?
JULIE
Assurément.
JENNT.
Allons ; la jalousie peut nous servir aussi.
JULIE
Oui , tout en est , pourvu qu'il éclate ; je ne serai pas fâchée qu'il gardât aussi ce défaut.
GERCOURT
Je le crois bien. 11 peut devenir plus gênant que l'autre; mais de qui le rendre jaloux ici? j'y suis seul.