‹ A travers cinq siècles de gravures, 1350-1903. Les estampes célèbres, rares ou curieuses (volume 2)Chapitre 19 sur 32 · MAITRE A LA SYBILLE · texte numérisé non relu

MAITRE A LA SYBILLE

On ne sait rien sur ce Maître qui ne signait jamais ses estampes et qui ne les datait pas davantage. On l’a ainsi nommé parce que sa principale pièce est la suivante :

La Sybille et Auguste (Passavant 1). — Au milieu de l’estampe, la Sybille debout un petit chien à ses pieds, montre à l’Empereur Auguste la Vierge et l’Enfant Jésus qui sont dans le ciel. L’Empereur, un sceptre dans la main gauche, regarde de profil. Au dernier plan, une ville et une rivière.

Cette pièce, de la dernière rareté, est l’œuvre capitale de l’artiste qui n’en a produit que six autres. — Une répétition de cette planche a été gravée en contre-partie, et on y a omis le petit chien.

Ventes : Vico, 1000 — Angiolini, 825.

MAITRE au monogramme B. M.

On ne sait rien de sa vie ; son faire absolument allemand fait songer à Martin Schône. Il est né, suppose-t-on, vers 1480. Son monogramme affectait quatre formes différentes et ne peut être confondu avec celui de Benedetto Montagna.

Le Jugement de Salomon (Bartsch 1). — Sur un trône au milieu de l’estampe, le sceptre à la main, les yeux baissés, entouré de sa cour, l’enfant mort étendu à ses pieds, le Roi va juger ; à droite, les deux mères, l’une est agenouillée ; à gauche, le bourreau s’apprêtant le glaive en main à couper en deux l’enfant vivant que tient dans ses bras un homme. En bas au milieu de l’estampe, les initiales de l’artiste.

Cette très importante pièce est de la plus insigne rareté ; elle est fort intéressante mais vraiment un peu gâtée par la façon absolument horrible dont sont dessinées les mains de tous les personnages, entre autres celles du roi et de la mère agenouillée.

Ventes : Didot, 1er état avec le petit nuage dans le haut à gauche, 4060, de chez Gawet — Liphart, même état, sur papier à la haute couronne, 1876 — Defer Dumesnil, même état, 1700.

Le Corps de Jésus-Christ descendu de la croix (Passavant 5). — N’ayant pu nous procurer la gravure, nous en empruntons la description à Passavant : Le corps est étendu sur les genoux de la Vierge et sa tête est soutenue par saint Jean debout à gauche, tandis que la Madeleine lui baise la main droite, derrière elle se trouve une autre femme et vis-à-vis une troisième les mains jointes. Le fond représente un paysage plein de rochers avec un fleuve et une ville. Un crâne et une couronne d’épines sont à terre, et au-dessous le monogramme.

Vente Didot, 500 francs ; rarissime.

ÉCOLE ALLEMANDE

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