‹ A travers cinq siècles de gravures, 1350-1903. Les estampes célèbres, rares ou curieuses (volume 2)Chapitre 20 sur 32 · MANIÈRE CRIBLÉE · texte numérisé non relu

MANIÈRE CRIBLÉE

Les estampes de cette manière sont extrêmement rares et généralement grossières et dénuées de tout intérêt artistique ; on sait qu’elles étaient presque les contemporaines des premiers bois ; M. Delaborde a essayé d’établir d’une façon peu claire à nos yeux, en faisant jouer des combinaisons de cycle solaire, nombre d’or, comput, etc., que c’est en 1406 que furent gravés Le Portement de Croix et la Sainte Face dont le Département des Estampes se rendit acquéreur en 1869.

Comme il est indispensable d’avoir au moins un spécimen de ces gravures, ne serait-ce qu’à titre de pure curiosité, nous conseillons d’essayer de se procurer la suivante, qui est une des plus belles du genre qu’il nous ait été donné de rencontrer et qui est extrêmement typique. Elle semble avoir été gravée vers 1160 et nous devons ajouter qu’elle est malheureusement de la dernière rareté. On ignore à qui en attribuer la paternité.

Mariage mystique de sainte Catherine d'Alexandrie. —

La Vierge Marie assise occupe le milieu de l’estampe, la tête auréolée légèrement penchée à droite, ayant l’Enfant Jésus nu sur ses genoux ; sainte Catherine un glaive à la ceinture est à gauche et à genoux, elle est tournée vers l’enfant qui lui tend les bras. Cinq autres personnages les entourent, deux à gauche et trois à droite, deux portent des palmes. Le fond de l’estampe est une sorte de treillage tapissé de branches et de feuillages. Le double trait qui délimite la gravure est parsemée d’étoiles. Tous les personnages portent leur nom inscrit dans leur auréole. Sainte Catherine et sainte Dorothée sont assises l’une à gauche l’autre à droite, sur des bancs qui semblent être en briques, leurs vêtements sont en pointillé.

Cette pièce mesure H. 270™™ — L. 190<»n>.

Ventes : Vico, 1375 — Angiolini, 1325. Ces deux exemplaires portaient encore des traces de coloris de l’époque.

MECKENEN (Israël van)

On ignore où et quand il naquit ; tout ce que l’on sait, c’est qu’il mourut à Bocholt vers 1503 ; aucune particularité de sa vie n’est connue. Ils étaient deux, le père et le füs, mais c’est ce dernier seulement qui grava. Son œuvre, composé de 250 à 280 pièces, est extrêmement intéressant au point de vue documents, costumes, scènes de mœurs ; il y a des morceaux tout à fait supérieurs et qui dénotent un ouvrier consommé, mais pas très original cependant. Il a copié beaucoup de pièces d’après différents Maîtres :

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Dürer, le Maître E. S., le Maître de 1480, mais surtout d’après Schône, dont il subit l’influence d’une façon très marquée et très nette. L’artiste signait généralement de ses initiales I. V. M. en caractères gothiques un peu fantaisistes, quelquefois simplement Israhel, ou Israhel V. M., deux fois seulement il écrivit son nom en toutes lettres ; c’est le premier graveur, dit Zani, qui inscrivit son prénoip avant son nom patronymique.

Judith (Bartsch 4). — A droite de l’estampe, Judith mettant dans un sac tenu par une servante la tête d’Holopherne qu’elle vient de tuer dans sa tente ; à gauche, château fort, canons, et guerriers se combattant. En bas et du même côté : Israhel V. M.

Fort belle et très rare estampe, adjugée vente Holford 1950 francs et vente Angiolini 1 137 ; cette dernière avait été restaurée et laissait à désirer.

Danse d’Hérodiade (9). — Allant de gauche à droite, en costume allemand du xve siècle, une longue théorie de personnages de la cour d’Hérode, hommes et femmes deux par deux dansent et marchent au son d’instruments dont jouent trois musiciens montés sur une sorte de colonne à pans coupés, ils se dirigent vers une table où se tient le Roi, qui vient de recevoir la tête de saint Jean-Baptiste dont Hérodiade avait obtenu la mort. Au fond à gauche, la scène de la décollation. Au milieu du bas de l’estampe : Israhel V. M.

Cette grande et curieuse pièce est fort rare ; elle peut être considérée comme l’œuvre capitale du Maître ; un exemplaire à la vente Oppermann fut adjugé 1137 francs.

La Naissance de la Vierge (31). — Sur un lit, au fond à gauche, sainte Anne est étendue; sur le premier plan du même côté, une femme qui a un trousseau de clefs pendu à sa ceinture, essuie la Vierge qui vient de naître et qui sort du bain ; dans la pièce, au milieu d’ustensiles de cuisine, des femmes vaquent au soin du ménage. En bas dans le milieu de la marge : Israhel V. M.

Celle fort belle estampe qui, avec les deux suivantes, fait partie de la remarquable série des 12 pièces dite : La Vie de la Vierge (30-41), fut adjugée 375 francs à la vente Didot.

L’Annonciation (34). — L’ange Gabriel à gauche, tenant un bâton autour duquel s’enroule une banderolle où on lit: Ave gracia plena, se présente à la Vierge qui est agenouillée à droite de l’estampe

i La collection (le cet amateur était particulièrement riche en œuvre de l’artiste.

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et qui se retourne pour écouter. Par une fenêtre on aperçoit la scène de la Visitation. En bas au milieu de la marge : Israhel V. M.

A la vente Angiolini, une épreuve d’une beauté et d’une fraîcheur exceptionnelles fut payée 1202 francs.

Le Massacre des Innocents (38). — A gauche de l’estampe, assis sur son trône, Hérode assiste impassible au massacre des enfants; des femmes pleurant, sont à genoux devant lui au milieu des pauvres innocents qui gisent à terre inanimés. Au fond à droite, la fuite en Egypte. En bas sous le trait carré : Israhel V. M.

Pièce extrêmement typique et autrement intéressante, suivant nous, que celle si vantée de même nom, gravée par Marc Antoine. En avril 1891, un exemplaire superbe fut vendu par H. -G. Gutekunst 732 francs; à la vente Griffiths, une épreuve ordinaire fut payée 337.

La Vierge, saint Bernard et sainte Catherine (45 et P 242). — Dans une sorte de temple, la Vierge est assise de face et, les yeux baissés, regarde en coulisse — si l’expression ne semblait pas trop irrespectueuse dans la circonstance — saint Bernard qui est à sa droite en adoration de profil à droite, elle presse sa mamelle droite dont le lait va rejaillir sur la figure du saint. L’Enfant Jésus nu est placé sur un coussin de trois quarts à droite et demi couché devant sa mère qui le soutient du bras gauche, il passe une bague dans le doigt de sainte Catherine. Derrière la Vierge, un tapis est suspendu ; saint Bernard tient une crosse d’abbé et sur une banderolle on lit : Monstrate ee matre '. En bas dans la tablette les initiales I. V. M.

Cette estampe pourrait aussi s’appeler : Le Mariage mystique de sainte Catherine ; elle est rarissime, une épreuve fut adjugée à la vente du prince Waldburg-Wolfegg 2175 francs.

La Vierge immaculée (49). — Debout sur un croissant, la Vierge tient de la main gauche l’Enfant Dieu et de l’autre un crucifix, deux anges supportent la couronne qui est au-dessus de sa tête, deux autres dans l’espace sont près d’elle, l’un joue de la guitare, l’autre de l’orgue. A ses pieds deux archanges combattant chacun un démon. Dans le bas une légende latine commençant par : Omnes maculavit. . . et : Israhel V. M. A0 1502.

1 Et non : Mostra te ee maire, comme l’indique par erreur Passavant.

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Un exemplaire d’une beauté remarquable de celte très rare pièce existe au Département des Estampes. — En avril 1893, H.-G. Gutekunst en fit adjuger une épreuve 601 francs.

Saint Stéphane (94). — De profil à gauche sur un terrain fortement penté, agenouillé les mains jointes et les yeux levés vers le ciel, le saint est en but aux six bourreaux qui sont en train de le lapider ; celui de l’extrême droite se fait enlever son vêtement pour être plus à l’aise sans doute. A gauche un château fort, et aux tous derniers plans, les silhouettes de trois autres châteaux. En haut au milieu de l’estampe, et au-dessus du personnage qui tient un gros caillou dans ses bras levés, les initiales I. M.

C’est par erreur que Bartsch l’appelle saint Etienne, c’est bien saint Stéphane qu’il faut lire. — Une admirable épreuve de cette rareté fut adjugée à la vente Angiolini 1900 francs.

Une Partie de Jeu (114). — Assis l’un en face de l’autre à une table de jeu, une femme montre à son partenaire la figure qu’elle tient à la main ; un vase à rafraîchir avec un pot et une fiole complètent le tableau.

Rare estampe adjugée 1262 francs à une vente faite par H.-G. Gutekunst, en mai 1900, à Stuttgart.

La Sainte Famille (148). — Sainte Anne assise sur un trône reçoit l’Enfant Jésus des mains de la Vierge. Au-dessus d’eux le Saint- Esprit, et Dieu le Père plus haut encore. Près de Marie, saint Joseph à gauche, et à droite trois saints debout près de sainte Anne. En bas au milieu de l’estampe, I. M., et en haut dans le trait cintré, Docholt ; à gauche un petit écusson aux armoiries de Meckenen, à droite un second écusson faisant pendant, est vide.

Au Département des Estampes, l’exemplaire est aux deux écussons blancs. — Cette pièce, une des plus rares et des plus capitales de l’œuvre, fut adjugée à la vente Vico 1312 francs, elle était d’une insurpassable beauté; une autre, en Ici- élal et avant beaucoup de travaux, atteignit 600 francs à une vente faite par I1.-G. Gutekunst en mai 1900 ; elle provenait de la collection Durazzo.

La Mort de Lucrèce (168). — Tarquin ayant ravi l’honneur de Lucrèce, celle-ci se donne la mort en présence de son époux Collatin et des premiers citoyens de Rome ; elle est environnée de ses femmes

qui sont à gauche de l’estampe comme elle ; Collatin est à droite. En bas au milieu de la pièce, on lit : Israhel V. M., et dans la marge la légende latine : Pro nece lucretie, etc.

Ventes : Aylesford, 225 — En mai 1894, par H. -G. Gutekunst, une épreuve merveilleuse fut vendue 1087 — Angiolini, 912 — En mai 1900, par H. -G. Gutekunst, un exemplaire de la dernière rareté avant la légende fut adjugé 1050.

Homme et Femme en habits de voyage (171). — Homme et femme marchant; l’homme a le bras gauche sur le dos de sa compagne, il est coiffé d’un bonnet de voyage et a un couteau passé à la ceinture, la femme a la tête recouverte d’un voile. Au-dessus d’eux des banderolles. En bas ^u milieu, I. M.

Pièce très rare, adjugée vente Griffiths 200 francs, et en mai 1900 par H. -G. Gutekunst, 862.

La Chanteuse et le Joueur de guitare (174). — Tous deux sont assis ; la femme à gauche avec un cahier de musique, l’homme à droite accompagnant avec sa guitare la chanteuse. Au milieu de la marge, les initiales I. M.

Très rare; adjugée à la vente Didot 440, et à deux autres ventes, en avril 1893 et mai 1900 par H. -G. Gutekunst, 668 et 194 francs.

Le Joueur d’orgue (175). — Sur une table est placée un orgue dont joue un homme qui est à droite, les soufflets sont manœuvrés par une femme assise. En bas au milieu de la marge, les initiales I. M.

Très rare.

Ventes : Didot, 450 — Angiolini, 1650 ; l’épreuve était éblouissante — H. -G. Gutekunst, 600 — Waldburg-Wolfegg, 950.

Le Moine et la Religieuse (176). — • Une religieuse tenant dans ses mains jointes un long rosaire, suit un moine qui, un bâton dans la main gauche, se dirige vers la droite et se retourne pour la regarder. En bas au milieu de la marge les initiales I. M.

Pièce rare.

Ventes : Schloesser, 813, de la collection Alferoff — Vico, 350 — II. -G. Gutekunst, 437 — I)e Sallet, 500, sur papier à la cruche.

Le Concert instrumental (178). — Assise à gauche, une femme joue de la harpe, tandis qu’à droite, un homme pince de la guitare,

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ayant à ses pieds la boîte de l’instrument demi ouverte. Au milieu de la marge en bas, les initiales /. M.

Très rare.

Ventes : Didot, 430 — Liphart, 613 — Angiolini, 1562 ; d’une beauté exceptionnelle — H. -G. Gutekunst, 1006 — Schultze, 150.

L’Officier et sa Maitresse (182). — A gauche de l’estampe, un jeune homme vêtu d’un manteau et l’épée au côté, semble causer avec une jeune femme de profil qui est en face de lui et qui relève sa robe par derrière. En bas au milieu de l’estampe I. M.

Pièce rarissime dont une épreuve fut adjugée à Stuttgart, en mai 1900, par H.-G. Gutekunst, 762 francs.

La Fileuse (183). — Assise à droite et de profil une femme file, près d’elle et d’une armoire un homme est là, revêtu d’un manteau. En bas à gauche : I. V. M.

Ventes : Knowles, sur papier au P gothique, 289 — En mai 1900 par H.-G. Gutekunst, une admirable épreuve, 1750.

Enfants jouant (188). — Sept enfants se livrent à des jeux divers, dont deux à droite remplissent un vase d’eau. En bas de ce côté, I. M.

Ventes : Knowles, 313 — Angiolini, 875 ; superbe exemplaire.

Le Rinceau au Couple amoureux (205). — Au milieu d’entrelacs et d’ornements, une jeune femme est assise ayant un épagneul sur ses genoux ; un jeune homme lui offre une pomme de la main gauche. Au-dessus d’eux une banderolle avec la signature : Israhel V. M.

Pièce de la dernière rareté.

Ventes : Oppermann, sur papier au P gothique, 1450 — Holford, 1775 — En avril 1894 par H.-G. Gutekunst, 1875.

La grande Crosse d’Evêque (B sup1 139). — Une crosse tournée à gauche, de style gothique et extrêmement ornementée; dans la partie formant une espèce d’entablement, au-dessus duquel se dessine l’arceau d’une sorte de tabernacle, on aperçoit la Vierge couronnée debout et de face tenant dans ses bras l’Enfant Jésus, elle a les yeux baissés. Très au-dessus, et dans la partie où la courbure va bientôt se produire, on distingue trois statuettes, à gauche saint Pierre, au milieu un saint tenant une banderolle, et à droite un évêque ; à gauche

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de ces trois personnages, s’accrochant à une partie courbe, un Génie ailé soutient de sa main gauche un écusson aux armes de l’artiste. A gauche de la hampe : Israhel, et en face à droite : V. M.

Cette estampe imprimée sur deux feuilles est une fort belle pièce ; mais on demeure bouche bée quand on a vu payer 13800 marcks soit 17 250 francs!!! l’exemplaire qui passa à la vente Angiolini. L’épreuve était, il est vrai, avec sa marge et d’une beauté parfaite, mais le prix atteint n’en est pas moins hors de toute proportion avec la valeur réelle, quand on songe qu’une estampe de Dürer, le Maître des Maîtres, n’a jamais dépassé, que nous sachions du moins, le prix déjà coquet de 15000 francs. Admettons qu’on ait payé la rareté, c’est la seule excuse à invoquer, et passons.

Sainte Hélène. — La sainte est debout, presque de face et dirigée vers la droite, la tête couronnée et la main gauche appuyée contre une croix, elle tient un livre sous le bras droit. Dans la partie supérieure au-dessous de la traverse de la croix, on lit : Sancta Helena.

Cette pièce inconnue, croyons-nous, à presque tous les iconographes est d’une insigne rareté, elle mesure H 121mm l 72 mm.

En 1865 un exemplaire passa à la vente Camberlyn ; il y fut adjugé 78 francs.

MEIER (Melchior)

Graveur de la fin du xvie siècle, d’un métier très fin, dont la fort belle pièce suivante est au Département des Estampes.

Saint Guillaume (P 3). — Guerrier debout et de face, le casque empanaché de volumineuses plumes blanches, le poids du corps repose sur la jambe droite, la main gauche s’appuie sur un bouclier armorié qui est à terre, et la droite sur une lance. Il est ceint d’une écharpe blanche que fait flotter le vent. Au fond de l’estampe, colline, ville et rivière. En bas dans la tablette : M M sc et excudit in friburgi helvet, et sous le trait carré : Miles an Monacus, etc.

Superbe et intéressante estampe, le personnage tout particulièrement est une merveille de finesse.

MULLER (Frédéric)

Né à Stuttgart en 1786, mort en 1816, au château de Sonnensiein, près Pirna. Ce n’est pas un vieux Maître, comme on le voit par ces dates, mais nous tenions à le mentionner cependant, à cause de la pièce suivante, qui, très délaissée aujourd’hui, a eu son heure de célébrité au point de vue de la haute cote.

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La Madone de Saint-Sixt.

A la vente Thorel, en 1853, l’un des cinq exemplaires connus avant toutes lettres et avant l’auréole autour de la tête de la Vierge fut adjugé 2250 francs, elle venait de chez Révil ; à la même vente, un autre exemplaire avant la lettre, mais avec le titre : Madona di S. Sisto, etc., et les noms des artistes en lettres tracées, sur chine, fut payé 1349 francs; il provenait de la collection Debois où, en 1844, il fut adjugé 1300 francs.

Cette estampe fut gravée sur le dessin de Mme Seidelman, d’après le tableau en hauteur de Raphaël qui se trouve dans la galerie de Dresde.

PENCZ (Georges)

Né à Nuremberg en 1500, mort à Breslau en 1550. Graveur de grand talent, voyagea en Italie où il connut Marc Antoine. On affirme que Le Massacre des Innocents a été gravé sans le chicot par notre artiste et d’une manière supérieure à celle de Raimondi. On croit aussi que Les Prisonniers de Jules Romain, attribués à Ghisi, sont de Pencz. — Son œuvre est d’environ 125 à 130 pièces, presque toujours de petit format et souvent trop encrées.

Le Triomphe de Baeehus (Bartsch 92). — Bacchus couronné de pampres dans un char auquel est attelé un centaure, se dirige vers la gauche ; il est précédé de deux autres centaures et deux satyres. Au bas au milieu de l’estampe, le monogramme 1 sous le pied droit du centaure qui traîne le char qui est poussé par un personnage avec un casque.

Estampe d’une insigne rareté. — Un exemplaire, vendu en avril 1893 par II. -G. Gutekunst, atteignit 166 francs.

Jean Frédéric de Saxe (B 126). — A mi-corps de face et légèrement tourné à droite dans une bordure ornée de quatorze écussons de son pays. En bas sur une pierre ; Spes mea. . ., le monogramme et 1543.

Très rare estampe, considérée comme le chef-d’œuvre du graveur.

Ventes : Liphart, 150 — Schloesser, 237 — Vico, 237 — Oppermann, 150 — En mai 1900 par II. -G. Gutekunst, 107.

' Un P dans le pied duquel est passée la boucle supérieure d’un G.

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RUPRECHT von der PFALZ (Prince)'

Né à Pragues en 1619, mourut à Londres en 1682 ; c’est lui qui exploita la découverte faite par Louis de Siegen — voir ce nom. — A gravé une douzaine de pièces environ en manière noire, et tontes fort rares. Il se servait de quatre à cinq monogrammes très différents les uns des autres. 11 a aussi gravé quelques eaux-fortes. — Voici de lui une pièce devenue introuvable.

Le Bourreau tenant la tête de saintJean-Baptiste (Smith 2). — A mi-jambes de profil à droite, la tête couverte d'un mouchoir blanc, une corde nouée autour de la taille, le bourreau tient par les cheveux, élevée dans sa main droite, la tète de saint Jean qu’il regarde. A gauche derrière le bourreau, enroulée à une croix, une banderolle sur laquelle on lit : Ecce Agnus Dei, etc. La main droite et la figure du bourreau sont violemment éclairées, la main gauche qui ne se voit pas, masquée par le corps, tient un glaive sur la lame duquel on distingue difficilement une couronne avec les lettres R P F et la date 1658. Au bas de l’estampe, une mince ligne blanche occupant toute la largeur de la pièce, dans laquelle quelques lettres illisibles et oblitérées où l’on croit pouvoir distinguer Sp.

A la vente des doubles du prince Waldburg-Wolfegg, en mai 1901, un exemplaire fut adjugé l’énorme somme de 7875 francs ! !

SCHONGAUER (Martin)i 2

Né à Colmar (?) en 1420 où il mourut en 1488 disent les uns, en 1499 disent les autres. Surnommé Martin Schone par les Allemands et le beau Martin par les Français. Cet artiste qui est un des plus haut cotés de l’école allemande jouit d’une réputation immense et méritée. Ses figures ont plus de distinction que celles de Durer, il a surtout su poétiser ses Vierges auxquelles malheureusement il a souvent donné des doigts démesurément grêles et effilés. Son art, dans lequel on perçoit nettement le reflet de l’école de Van Eyck, est superbe et sans défaillance. Contemporain du Maître de 1466, son influence fut considérable sur son époque. Il ne datait jamais ses estampes qui étaient presque toutes entourées d’un trait carré, mais il

i Dit en France : Le Prince Rupert.

t Consulter : Œuvre de Martin Schongauer, reproduit et publié par Amand-Durand, texte par G. Duplessis, à Paris, chez Rapilly.

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les signait généralement de son monogramme, un M et un S entre lesquels était un signe composé d’une croix qu’enveloppait par le bas à gauche, une courbe formant un peu plus du quart du cercle ; il fut un des premiers qui usa d’un chiffre comme signature.

Il eut pour maître un Flamand nommé Roger Van der Weyden.

Son œuvre se compose de 116 pièces. — Dans une notice sur le Maître, faite par feu Duplessis, celui-ci attire l’attention des collectionneurs sur les 13 pièces suivantes, qui n’ayant pas été gravées par lui, portent néanmoins son monogramme apposé par des éditeurs peu scrupuleux, afin d’en faciliter la vente.

La Nativité (B. t. vi, p. 167, n° 2) — Le Christ en croix (P. t. ii, p. 112, A) — Le Corps de Jésus descendu de la croix (B. t. vi, p. 107, n° 2) — Les quatre saintes femmes au tombeau de Jésus (P. t. ii, p. 113, B) — Jésus au milieu de six anges (B. t. vi, p. 169, n° 9) — La Vierge debout (B. t. vi, p. 172, n° 11) — Sainte Catherine (B. t. vi, p. 172, n°?) — Une des Vierges sages (B. t. vi, p. 174, no 14) 3 figures à mi-corps sur une même planche (B. t. vi, p. 174, n° 15) — Portrait de M. Luther, en haut de la planche : M. Lugter — Les Armoiries de l'Évêque de Wurstzbourg — Un Éléphant (B. t. vi, p. 175, n° 15) — Un Reliquaire (P. t. ii, p. 113, C). — On estime qu’il existe en plus des pièces mentionnées ci-dessus, 90 estampes qui portent sa marque, mais qui ne sont que des copies.

Emile Galichon, en 1859, et le D‘‘ Alfred von Wurzbach de Vienne, en 1880, lui ont consacré de très intéressantes études.

Les estampes du Maître se raréfient de jour en jour, bientôt elles deviendront introuvables, et les prix montent en raison de leur rareté.

Nous allons extraire les morceaux les plus rares et les plus appréciés de cet œuvre magistral entre tous. Disons pour n’y pas revenir qu’elles portent toutes en bas au milieu de l’estampe, le monogramme de l’artiste.

La Vierge recevant l’Annonciation (Bartsch 2). — Debout et de face, les yeux baissés et la tête légèrement inclinée à gauche, la Vierge, la main droite ramenée sur la poitrine et la gauche tombant le long du corps, un livre demi-ouvert entre les doigts démesurément longs, se recueille confuse. Sur le premier plan à gauche, un lys dans un vase.

Ventes : Vico, 700 — Oppermann, 1025 — Holford, 2350 — Angiolini, 1512 — De Sallct, 1000, sur papier à la petite couronne — Battig, même papier, 1255.

L’Annonciation (3). — Agenouillée à droite de l’estampe près d’une chaise à coussin, la Vierge devant un lit que masque un rideau, la tête nimbée, de face et penchée à gauche, prête l’oreille à l’ange qui derrière elle vient lui annoncer qu’elle allait être mère du Sauveur. A gauche sur le premier plan dans un vase, un lys ; au fond dans un rayonnement, le Père Eternel.

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Il existe de cette admirable pièce une des capitales de l’œuvre, de nombreuses copies entre autres par Meckenen.

Ventes : Didot, 820 — Vico, 1375 — Straeter, sur.papier au P gothique, 625.

La Nativité (4). — Dans une construction de style ogival en ruines, à droite la Vierge est agenouillée les mains jointes devant l’Enfant Jésus couché par terre ; saint Joseph debout, une lanterne et un bâton de voyage à la main, contemple la scène. Un âne et une vache à droite, à gauche trois bergers, et tout en haut dans le coin droit de l’estampe, des anges soutenant une banderolle.

Pièce admirable — a été copiée.

Ventes : Liphart, 1250 — Didot, 1800 — Griffiths, 235, de chez Bammeville était faible — En 1894 par H. -G. Gutekunst, 2064 — Galichon, 1450, de chez Didot — Angiolini, 375 — Battig, 450 papier au P gothique — Schultze, 637 — Prince Waldburg-Wolfegg, 637.

La Nativité (5). — Dans une étable, la Vierge nimbée de profil à droite, les mains croisées sur la poitrine, adore l’Enfant Dieu couché nu sur une botte de paille, l’âne et la vache sont près de lui. Au fond de l’estampe on aperçoit saint Joseph et une femme qui arrivent, dans le ciel trois anges tenant une banderolle.

A été copiée par Meckenen.

Ventes : Didot, 175 — Knowles, 1375 — Vico, 1537.

L’Adoration des Rois (6). — Assise de face à gauche de l’estampe, tenant l’Enfant Jésus nu sur ses genoux, la Vierge abritée sous un édifice en ruines reçoit les Mages venus de l’Orient, l’un d’eux vêtu d’un long manteau est à ses pieds, il vient de lui remettre un coffret précieux qu’elle tient dans sa main gauche. On voit à gauche émerger la tète de l’âne et de la vache, sur le tout premier plan un chien tourné à gauche, au-dessus du toit une étoile scintillante.

Superbe et très rare pièce. — Les épreuves qui portent le millésime 1482 sont à rejeter impitoyablement, l’artiste qui s’est permis de retoucher la planche usée l’ayant perdue par sa maladresse.

Ventes : Liphart, 812 — Didot, 1700, de chez Esdaile et Thiers — Holford, 875 — L. Galichon, 1750, de chez Didot — Straeter, papier à la petite tête de bœuf, 2325 — Defer Dumesnil, 45 — Schultze, 106.

La Fuite en Egypte (7). — Occupant le milieu de l’estampe, la Vierge montée sur un âne, l’Enfant Jésus sur ses genoux, attend que saint Joseph ait cueilli des dattes aux branches du palmier que les

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anges font ployer devant lui pour les mettre à la portée de sa main. A gauche trois lézards, un par terre et deux autres sur le tronc du dattier.

Une des pièces les plus séduisantes de l’œuvre par la poésie de sa composition, ne semble pas appréciée à sa juste valeur, si on en juge par les prix plus que modestes qu’elle atteint aux ventes publiques.

Ventes : Liphart, 1600, sur papier à la petite tête de bœuf — Didot, 490 — Schloesser, 587, sur papier au P gothique — L. Galichon, 1050, l’exemplaire de Didot — Battig, 775 — Reiss, 875, de la collection Scarisbrick.

Le Baptême du Christ (8). — Au milieu de l’estampe, demi-nu dans les eaux du Jourdain, le Christ reçoit le baptême de saint Jean qui, à genoux, lui impose la main droite sur la tête, derrière le Sauveur un ange est debout. Au-dessus de la tête du divin Baptisé, le Père Eternel et le Saint-Esprit sous la forme d’une colombe.

Il existe une copie en contre-partie.

Ventes : Didot, 180 — Oppermann, 375 — Angiolini, 825 — Battig, 156 — Schultze, 119.

Le Portement de Croix (21). — Succombant sous le poids d’une immense croix, le divin Maître couronné d’épines est tombé, il se dirige vers la droite et est entouré de bourreaux dont l’un à gauche le tire brutalement par la corde qui lui ceint les reins. Devant la croix, près d’un guerrier à cheval, la Vierge aux regards attristés assiste à cette scène cruelle. Sur le premier plan, deux chiens à gauche.

Grande pièce admirable et célèbre à nombreux personnages. L’exemplaire du Département des Estampes est de qualité exceptionnelle. — Plusieurs copies existent, entre autres par Wenceslas d’Olmutz et van Meckenen.

Ventes : Liphart, 1250 — Didot, 260, mauvaise épreuve doublée — Schloesser, papier au P gothique, 887 — Griffiths, 800, des collections Scitivaux, Debois et Bammeviltc — Straeter, 825, papier à la petite tête de bœuf — De Sallet, 2250 — Defer Dumesnil, 235 — Hansen, 76 — Stern, 1465, légèrement restaurée.

Le Christ en Croix (24). — Le divin Sauveur de face est crucifié, à gauche la Vierge défaillante est soutenue par saint Jean, deux saintes femmes sont près d’elle. A droite, vu de dos et assis par terre, un de ses bourreaux l’injurie la main droite levée vers lui, du même côté un groupe de soldats, dont l’un porte une éponge au bout d’un long bâton. Au fond, des montagnes; à terre, sur le premier plan à gauche, une tête de mort.

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Ventes : Liphart, 1125, papier au P gothique — Didot, 255 — Holford, 1150 — En 1894 par H.-G. Gutekunst, 1762 — L. Galichon, 660, de chez Alferoff — Straeter, 519, papier à la petite tête de bœuf.

Jésus-Christ en Croix (25). — Au milieu de l’estampe, le divin Sauveur vient d’expirer sur la croix, la tête est retombée sur la poitrine, quatre anges recueillent dans un calice le précieux sang qui coule des mains, du côté et des pieds. A gauche, la Vierge debout, les bras croisés sur la poitrine, la tête baissée ; à droite, saint Jean prie un livre fermé entre les mains. Au pied de la croix, un tibia, une tête de mort ; au fond, des arbres, collines et maisons.

Très rare et merveilleuse pièce. — Une épreuve unique sans doute, avant que le feuillage de l’arbre s’étendant sur le bras de la Vierge à gauche ait été effacé, figurait à l’exposition Dutuit en 1869.

Ventes : Didot, 1950 — Vico, 1487 — Holford, 1650 — En 1894 par H.-G. Gutekunst, 1937 — L. Galichon, 830, de chez Didot — Reiss, 2375, de la collection Festetics.

Jésus -Christ en jardinier apparaissant à la Madeleine

(26). — Agenouillée à la gauche de l’estampe sur un tertre, sainte Madeleine de profd à droite étend la main vers le Christ qui lui apparaît à droite, tenant un étendard. Au fond, une haie, un arbre et des collines.

Il existe des copies.

Ventes : Didot, 710, de chez Marshall — Fischer, 950 — Angiolini, 812.

La Vierge au Perroquet (29). — Vue à mi-corps la Vierge soutient devant elle, assis sur un coussin, l’Enfant Jésus nu, il a un perroquet sur la main gauche et une poire dans la droite. La Vierge de sa main droite feuillette un livre appuyé tout à fait à gauche sur le mur.

Plusieurs copies, une entre autres de Wenceslas d’Olmutz. — Cette estampe est la première qu’ait gravée le Maître, dit le docteur Alfred von Wurzbach, dans son intéressant travail sur l’artiste.

Ventes : Didot, 310 — Schloesser, 762 — En 1886, à la vente des doubles de Berlin, 419.

La Mort de la Vierge (33). — Sur un lit à baldaquin dont le rideau de gauche est relevé, la Vierge de face est couchée agonisante, le corps légèrement soulevé par des coussins placés derrière elle ; les

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apôtres l’environnent et saint Jean qui est à droite se penche vers elle et lui met un cierge dans la main droite. Sur le devant du lit, à terre un riche chandelier ciselé; à gauche, deux apôtres agenouillés lisent dans un livre de prières sur lequel l’un d’eux a posé ses lunettes.

Nous considérons cette pièce comme une des plus belles de l’école allemande, elle est extrêmement recherchée et de composition magistrale.

E. Galichon, dans la Gazette des Beaux-Arts de septembre 1859, en donne les états suivants 1 :

1er état — Avant le trait échappé qui coupe le pied du second personnage agenouillé à droite.

2e état — Avec ce trait.

3e état — La planche est brutalement retouchée en maints endroits, notamment sur la figure de l’apôtre qui est le plus près du trait carré à gauche.

Ventes : E. Galichon, 1305 — Liphart, 6312, sur papier à la petite tête de bœuf — Didot, 2000 ; elle provenait de chez Camberlyn où elle avait été adjugée 455, elle faisait primitivement partie du cabinet Brisart et avait quelques petites restaurations — Knowles, sur papier à la petite tête de bœuf, 750 — Schloesser, 6262, de chez Liphart — Oppermann, 1510 — Griffiths, 1237, de chez Brooke — Des doubles de Berlin, 755 — Fischer, merveilleux exemplaire sur papier à la petite tête de bœuf, provenant de chez Hawkins, 7500 — L. Galichon, 405, de chez E. Galichon — Angiolini, 375 — Straeter, sur papier à la petite tête de bœuf, considéré comme probablement le plus bel exemplaire connu, la perle de la collection, 6000 2.

La Tentation de saint Antoine (47). — Il est enlevé dans les airs par des démons aux formes fantastiques ; pendant que les uns cherchent à lui arracher ses vêtements, d’autres armés de bâtons et de massues vont le frapper ; il demeure impassible. A droite un bout de rocher.

Pièce capitale et très rare, copiée par Meckenen et Bocholt. On raconte — ce qui nous paraît terriblement fantaisiste — que Michel-Ange fut tellement impressionné par la beauté de cette pièce qu’il s’en inspira pour son tableau. — Le le»1 état est avant les tailles croisées dans le ciel.

Ventes : Liphart, 4350 — Didot, 1er état, 1100 — Knowles, 1200, de chez Didot — Griffiths, 470, avec les témoins ; elle provenait de la vente Vischer où, en 1852, elle avait été adjugée, fait curieux à enregistrer, 540 — Fischer,

1 Nous ferons remarquer que le Maîlre — comme du reste tous les Primitifs et il peut presque être considéré comme tel — n'avait jamais pour ainsi dire d’états.

* Un exemplaire au moins aussi beau fut adjugé à la vente Arozarena 2700 francs ; il venait de chez Johnson

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en un le*1 état non décrit, c’est-à-dire avant que la draperie sur la hanche droite du saint ne soit terminée et avant les taches noires sur l’aile droite du démon, etc..., 1125 — Angiolini, 600 — Straeter, 2125 ; exemplaire éblouissant — Battig, 1035, de chez Alferoff.

Jacques le Majeur (53). — Combat de guerriers à cheval et armés de lances dans un défilé montagneux ; le Saint Patron de l’Espagne, presque au milieu de l’estampe, est aussi à cheval, il se dirige vers la droite brandissant son glaive de la main droite, il excite ses soldats contre les Sarrazins. Au tout premier plan à gauche, un cheval couché dont la croupe non terminée est vierge de tailles, ainsi qu’un bouclier qui est à terre, et qui est resté blanc. Au milieu de l’estampe, sous le cadavre d’un soldat gisant à terre décapité, le monogramme.

Grande pièce d’une insigne rareté. — Au 2e état, un artiste inconnu a placé dans le ciel un cartouche, revêtu d’une inscription. — On croit communément que cette estampe est la dernière du Maître, se basant sur ce fait, qu’elle n’est pas terminée, ce qui n’est point une preuve.

Ventes : Didot, 200 — Holford, 1275 — Angiolini, 1832.

La Véronique (66). — Debout et de face, les bras écartés tenant le voile où est empreinte la face du Sauveur, la sainte coiffée d’une sorte de turban porte la tête légèrement inclinée à gauche.

Il existe des copies de cette petite pièce, qui n’est intéressante que par son extrême rareté.

Ventes : Didot, 705 — L. Galichon, 340.

Le Petit Sauveur (67). — Debout et laissé demi-nu par l’envolée du manteau qu’il a sur l’épaule, l’Enfant Jésus bénit de la main droite, portant un monde dans la gauche.

Petite pièce tout à fait insignifiante mais rarissime, a été copiée par Meckenen.

Ventes : Didot, 50 — Dans les doubles de Berlin, 1250.

L’Homme de Douleur (69). — Vu dans l’encadrement d’une fenêtre de style ogival, le Christ est debout de face, la tête dans un rayonnement est couronnée d’épines, le torse est nu et les bras sont croisés sur la poitrine ; à gauche la Vierge de profil à droite pleure, à droite saint Jean un livre entr’ouvert dans la main droite, soutient le

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coude du Christ de la main gauche ; au-dessus de ces trois personnages des anges prient. Sous l’entablement de la croisée indiqué par un pointillé espacé, le monogramme.

Dans le 2e état, la planche ayant été rognée, le monogramme a disparu et a été reporté près du pan du vêtement de la Vierge. — On suppose que cette estampe est la seconde qu’a gravée l’artiste.

Venles : Didot, 1er état, 1055 ; 2e état, 100.

Dieu couronnant la Sainte Vierge (72). — Assis sur un trône, la têle dans un intense rayonnement, le Christ de profil à gauche, le monde sur ses genoux, un sceptre dans la main droite, pose la couronne sur la tête de la Vierge qui, vêtue d’un long manteau, est agenouillée à gauche les mains jointes et la tête nimbée. Derrière elle un ange debout appuie son avant-bras droit sur le montant du trône, afin d’arranger le coussin qui y est placé.

Admirable estampe, une des plus belles de l’œuvre.

Ventes : Liphart, 500 — Didot, 220 — Scliloesser, exemplaire de toute beauté, avec des barbes dans les ombres, sur papier filigrané aux armes avec trois fleurs de lys, 1937 — Aux doubles de Berlin, 519 — L. Galichon, 600, provenant de la collection Debois où elle fut adjugée 350 ; elle sortait de chez Robert-Dumesnil — Straeter, toute première épreuve, avant toutes retouches, particulièrement sur les mains et la robe de la Vierge, 2937 ; provenait de chez Scliloesser ; on la considère comme une des plus belles connues.

La Crosse (106). — Dans la volute complètement fermée de la crosse, la Vierge aux longs cheveux épandus sur le dos est assise tenant l’Enfant Dieu debout et nu sur ses genoux; à gauche un ange joue de la guitare, à droite un autre de l’orgue. Sous le pied de la Vierge un petit cartouche resté blanc. Dans un des pans du fût de la crosse très bas et à peine visible, le monogramme.

D’une insigne rareté.

Ventes : Didot, 1210 — Vico, 2125, sur papier au P gothique.

L’Encensoir (107). — Le titre nous dispense de toute description. A été copiée par Meckenen.

Venles : Didot, 250 ; était remargée — Vico, 1187, sur papier à la haute couronne — Angiolini, 662 — De Sallet, 1000, même papier — Battig, 506, papier ù la petite tête de bœuf.

Notons pour en terminer : La série bien connue des Vierges qui comprend : cinq Vierges sages, six Vierges folles, toutes en pied, sauf une des Folles qui

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est à mi-corps. Le mouvement de la lampe qu’elles portent à la main indique les cascades de leur vertu, et la couronne jetée à terre la perte de leur innocence ; pièces bien insignifiantes ainsi que : Deux Hommes marchant de compagnie (B 90) et Les Cochons (B 95), toutes deux de la dernière rareté, adjugées à la vente Didot, la première 615 francs, la seconde 755, prix absolument ridicules. — Le Maître a aussi gravé d’admirables rinceaux d’ornements.

STOSS (Veit)

Né à Cracovie en 1447, mort à Nuremberg en 1542 (?) Il appartient à l’école de la Haute-Allemagne ; son œuvre — une douzaine de pièces — est extrêmement rare. D’une grande finesse, mais sans sécheresse cependant, ses estampes, souvent mal dessinées, ont leurs contours très accusés. Il signe généralement d’un monogramme qui affecte quelques légères modifications, se composant toujours d’un F gothique et d’un S ordinaire entre lesquels est une marque de tailleur de pierres.

La Vierge près du Corps de Jésus, derrière elle saint Jean

(Bartsch 2). — La Vierge vue de profil, embrasse le corps du Sauveur qui vient d’êlre descendu de la croix, elle le soutient de la main droite. Saint Jean vêtu d’un ample manteau, enlève la couronne d’épine du divin Crucifié. En bas presque au milieu de l’estampe, le monogramme de l’artiste, la lettre S est renversée.

Un exemplaire de cette pièce superbe, qui est de la dernière rareté, fut adjugé à la vente Angiolini 3387 francs.

A signaler encore : La Vierge debout avec l’Enfant Jésus (3).

WECHTLIN (Hans ou Johann)

On ne sait rien ou fort peu de sa vie. Il travaillait à Strasbourg de 1510 à 1520 et il y mourut.

C’est cet artiste extrêmement remarquable pour lequel l’Allemagne revendique l’honneur de l’invention des clairs-obscurs.

On le nommait aussi souvent le Maître aux bourdons croisés ou Pilgrim, qui veut dire Pèlerin, parce que le bourdon est le bâton de voyage sur lequel s’appuie le pèlerin, et qu’il se servait de ce signe, qu’il plaçait entre les lettres Io et V.

Il ne procédait pas pour ses clairs-obscurs par teintes, comme Ugo da Carpi, mais bien par hachures superposées.

Une étude intéressante a été publiée sur ce Maître par von H. Loedel en 1863.

Son œuvre est très rare et du plus haut intérêt ; il fait quelquefois songer à celui de Baldung.

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La Vierge assise dans un jardin (Bartsch 2). — La Vierge tient sur ses genoux l’Enfant Jésus qui feuillette un livre ; à leurs pieds s’ébattent trois lapins. Au-dessus d’eux dans le ciel, deux anges soutiennent une couronne. Au milieu de l’estampe la mer, à droite rochers et château fort, à gauche arbres et rochers.

Il existe au Département des Estampes un exemplaire merveilleux de ce rarissime clair-obscur à deux planches ; il est d’une conservation telle, qu’on le dirait sortant de la presse. — A la vente Didot, une épreuve portant la signature de Mariette fut payée 610 francs.

La Tête de Mort (B 6). — Elle est de face et placée dans une sorte de niche rectangulaire avec cette inscription au-dessus : Mundanae foelicitatis gloria. Sur un entablement et de chaque côté de la partie cintrée qui y figure, deux Amours sont assis; celui de gauche semble pleurer. En bas à gauche, le monogramme.

Clair-obscur à deux planches, d’une insurpassable rareté ; un exemplaire, vente Didot, adjugé 1480 francs.

Orphée (B 8). — Assis de face, nu et regardant à gauche, il est entouré de bêtes fauves, cerfs, biches, oiseaux qu’il charme au son de son violon. En haut au milieu et au-dessus de sa tête, dans une tablette : Orpheus vales. En bas à gauche dans un oval, le chiffre.

Superbe clair-obscur très rare à deux planches.

Ventes : Didot, 250 ; il provenait de la vente Vischer en 1852, où il fut adjugé 31 — Griffiths, superbe épreuve, 1775, de la collection Beckford.

Âlcon de Crête (B 9). — Dans la campagne, Alcon vient de délivrer son fils d’un serpent monstrueux qui le tenait enlacé sur le bord d’un ruisseau, en le tuant d’une flèche qui lui traverse la tête. Dans l’arbre au pied duquel est Alcon, une tablette est suspendue par un ruban avec une inscription commençant par: Alcon empiétas... En liaul, une autre tablette avec un texte latin explicatif. En bas à gauche, un cartouche entre les jambes d’ Alcon avec le chiffre du graveur.

Clair-obscur ù deux planches, aussi rare que les précédents.

Ventes : Didot, 780, du cabinet Mariette — Hulot, 800 — Holford, 325 — En avril 1894 par H. -G. Gulekunst, 312.

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Un Cavalier armé de toutes pièces (B lü). — Il est accompagné d’un hallebardier qui est à pied. En bas, le monogramme.

Clair-obscur à deux planches, très rare.

Ventes : Didot, 245 — Defer Dumesnil, 400.

WENCESLAS D’QLMUTZ

Aucune particularité de sa vie n’est connue, il vivait à la fin du xve siècle. Il a copié beaucoup de pièces d’après Dürer et Martin Schône et il cherchait à imiter tout particulièrement ce dernier. Son œuvre se compose d’une soixantaine de pièces qui sont très rares à rencontrer.

Le Christ en Croix (Bartsch 12 — Passavant 59). — Au milieu de l’estampe, le Christ crucifié, la draperie qui recouvre ses hanches flotte à gauche. De ce côté la Vierge revêtue d’un manteau, les quatre saintes femmes, et saint Jean à droite debout un livre à la main. En bas au milieu de la pièce, un IV.

Un exemplaire de cette rarissime estampe fut adjugé 1200 francs à la vente Didot.

Notons encore : Roma Caput Mundi, pièce satyrique d’un grotesque inexplicable, portant le millésime : Janvarii 1496 — L’ Annonciation, pièce non décrite , dit le catalogue de la vente Fischer où elle fut adjugée 600 francs.

ZAZINKER (Martin)1

Nous croyons que l’identité de ce graveur, qui florissait vers 1500, n’a jamais été bien établie et que certaines confusions naissent autour de son nom et de ceux de Zinck, Zagel et peut-être même de Zundt ; des similitudes de monogrammes viennent encore augmenter l’obscurité qui enveloppe l’œuvre de ces graveurs ; nous avouons pour notre part n’avoir eu ni le temps ni la facilité de tirer la chose au clair ; nous mentionnerons donc timidement les pièces suivantes qui nous ont paru intéressantes, déclinant toute responsabilité d’attribution de paternité. Son faire est sec et très gothique.

Le Grand Bal (Bartsch 13). — Au fond de l’estampe le duc de Bavière assis à une table avec une dame joue aux cartes, trois couples se promènent dans la salle ; à droite sur le devant un

1 D’autres disent Mathieu.

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courtisan et une dame, du même côté quatre musiciens dans une tribune, à gauche deux autres jouant, l’un de la flûte, l’autre du tambour dans une tribune faisant également pendant à la première, etc., etc. Au fond, un page apporte un gobelet couvert d’une serviette. En bas au milieu, le monogramme M. Z., et le millésime 1500 audessus de la tête du duc.

Ventes : Liphart, 564 — Angiolini, lût — H. -G. Gutekunst, 252.

L’Embrassement (15). — A gauche dans un cabinet, une jeune femme est embrassée par un homme de qualité vu de dos ; au-dessus d’une fenêtre à droite 1503 et le chiffre de l’artiste à l’envers sur une tablette appuyée contre le mur.

Ventes : E. Galichon, 720 — Knowles, 269 — Vico, 187 — L. Galichon, 200 ! ! c’était l’exemplaire de E. Galichon — Angiolini, 200.

La Pensée de la Mort (17). — Une femme nue de face est debout sur une tête de mort, elle regarde à droite, ses longs cheveux frisottants sont épandus sur son épaule, elle tient dans sa main droite un cadran solaire. Au fond la campagne, et près de la tête de mort le monogramme de l’artiste.

Fort belle pièce finement gravée.

Signalons encore : Le Martyre de saint Sébastien (4), adjugé 400 francs à la vente Behague.

ZUNDT (Mathias)

On sait fort peu de choses sur ce graveur qui mourut, croit-on, vers 1586; il signait de son nom tout entier ou de ses initiales M. Z.

Nous ne connaissons de lui que le rarissime portrait de Charles IX (Passavant 8) qui fut adjugé à la vente Behague 490 francs ; le Roi était représenté à mi-corps, tête nue, de profil et revêtu de son armure ; au bas de l’estampe, on lisait : Charles IX, roy de François, l’an de grasse XVIII, M.D.LX VIII.

Ecole Française

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AUDRAN (Gérard)

Né à Lyon le 2 août 1640, mort à Paris le 25 juillet 1703, artiste d’une habileté énorme, appartenait à une belle famille de graveurs. Il est un peu délaissé aujourd’hui, dans son œuvre catalogué par Robert Dumesnil et contenant 215 numéros, nous ne mentionnerons que sa suite si populaire : Les Batailles d’ Alexandre i d’après Charles Lebrun qui se compose de : Le Passage du Granique (57), 4 cuivres ; Bataille d’Arbelle (58), 4 cuivres ; Porus blessé, amené devant Alexandre (59), 4 cuivres ; Entrée d' Alexandre dans Babylone (60), 2 cuivres. Ces pièces que leurs grandes dimensions rendent d’un maniement difficile, s’encadrent généralement. Elles sont moins recherchées qu’autrefois, les cuivres existent du reste à la Chalcographie du Louvre2, c’est dire que les épreuves avec la lettre sont sans valeur, à moins cependant qu’elles ne soient d’ancien tirage, c’est-à-dire avec le nom de Goyton 3 très apparent, dans ce cas la série vaut de 250 à 300 francs. Quant à la suite avant la lettre, inutile d’en parler, elle est introuvable — et manque même au Département des Estampes — elle vaudrait aujourd’hui de 500 à 600 francs ; il y a longtemps déjà, à l’époque où elle était prisée, elle fut adjugée 1300 francs dans une vente publique ; la pièce isolée est sans intérêt au point de vue collection.

BÉATRIZET (Nicolas)

Né sans doute à Lunéville vers 1515 et mort vers 1660 à Rome. Il passa la plus grande partie de sa vie en Italie, aussi son faire est-il si italien que Passavant, à tort cependant, n’a pas hésité à le classer dans cette école, quoique à la suite de son nom il ait ajouté de Lorraine.

* On y joint généralement la pièce dite La Tente de Darius (R-D 42), 2 cuivres, du même peintre et gravée par G. Edelinck, qui complète la suite.

2 Les 5 pièces s’y vendent 180 francs.

3 C’était le graveur de lettres, dont le nom se trouvait à côté des légendes donnant au bas des estampes l’explication de la composition.

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Nous ne retiendrons de lui que le beau et rare portrait de :

Henri II (Robert Dumesnil 40). — En buste de profil à gauche, dans un encadrement ovale orné de deux Génies ailés portant les armes de France. Dans la bordure ovale : Henricus II Gallorum. . . , en bas à gauche : N. B. LOT. F. 1556, et à droite : P. R. inv.

Le 1er état est avec la date 1556, le second avec celle de 1558, de plus l’inscription P. R. inv. a été effacée. On le croit gravé d’après L. Penni.

Ventes : Behague, 2e état, 170 — Didot, 1er état, 80 ; 2e, 150 — Guichardot, 1er état, 255.

BOSSE (Abraham)1

Né à Tours vers 1602, mort à Paris le 14 février 1676. C’est un artiste extrêmement intéressant, fécond et spirituel, dont l’œuvre très précieux au point de vue documentaire, le place au premier rang de son époque. On l’a surnommé à juste titre Y historiographe de Louis XIII. Le catalogue a été dressé par Georges Duplessis, l’ancien conservateur du Département des Estampes, il a relevé 1505 pièces ; malgré l’intérêt puissant qui s’attache à ces estampes, elles se tiennent toujours dans des prix fort modérés.

Nous nous permettrons cependant une légère critique qui nuit un peu à l’œuvre au point de vue métier ; Bosse gravait un peu sec, et Le Blond son éditeur, faisait souvent par trop encrer ses planches, mais ceci n’infirme en rien les brillantes qualités du célèbre aquafortiste qui nous occupe ici, et dont nous allons mentionner quelques-unes des pièces les plus séduisantes et les plus recherchées 2.

Le Siège de la Motte (G D 1220). — Accompagné d’un gentilhomme, le maréchal de la Force à cheval dirige le siège. Sur une draperie en haut de la planche, on lit : Le Siège de la Motte ; au bas une légende expliquant le mouvement, puis : A. Boudan excud. auec Priuilège — A. Bosse sculp.

Ventes : Behague, 275 — Mailand, 31 — Berard, 14.

L’Infirmerie de l’Hôpital de la Charité à Paris (G D 1266). — Dans une vaste pièce, séparée en deux par un large couloir, des lits sont rangés de chaque côté, les malades qui y sont couchés reçoivent les

* A écrit lin Irai là toujours curieux à consulter: De la manière cle graver d Veau-forle et au burin et de la gravure en manière noire. Nouvelle édition. Paris, Jombert, 1745.

* Bosse avait lui-même rédigé un catalogue de ses propres ouvrages, qui parut sous le nom de son libraire, Pierre Deshayes.

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soins de moines et de dames de la Cour. Sur le tout premier plan et au milieu de la composition une table recouverte d’une nappe blanche sur laquelle sont placés les plats pour ces malades. A gauche, un moine agenouillé en train de prendre quelque chose dans un vase pour le mettre dans l’assiette qu’il tient à la main. En haut : L’Infirmerie de l'Hospital. . . En bas : A. Bosse jn et fe et 16 vers : Vous aurez beaucoup mérité ; et sous ceux-ci: à Honorable et vertueuse Dame Françoise Robin. . .

Pièce extrêmement intéressante, adjugée ventes : Behague, 245 — Didot, 60 — Mailand, 17.

Le Bal (G D 1400). — Entourés de personnages qui causent entre eux, et au milieu de la composition un jeune homme et une jeune fille se tenant par la main s’apprêtent à danser. Au bas de la planche : Le Blond excud. auec Priuilège du Roy — A. Bosse jn et fec., puis 16 vers : Qui ne dèsireroit estre tout. . .

Le bel état est avant les vers. — Vente Behague, 255, pièce rare et charmante ; à la vente Guichardot, une épreuve avec les vers fut payée 16 francs, 69 à celle de Mailand, et 112 à celle de Bérard avec l’adresse de Le Blond.

Les quatre Ages de la Vie (G D 1046). — Motif d’éventail composé de quatre médaillons sous lesquels on lit : Aaye d’or , Aage d’argent, Aage d'airain, Aage de fer, gravé par Bosse en 1638. Ces sujets avaient été gravés primitivement en plus grand format sous les rubriques : L'Enfance, L'Adolescence, La Virilité, La Vieillesse (1078-1081).

Ventes : Behague, 250 — Didot, 237 — Baron Bichon, 300 ; pièce très rare gravée sur une seule feuille, en forme d’éventail.

L’Hôtel de Bourgogne (G D 1268). — Entre un Français et un Espagnol occupant les deux extrémités de la composition, à gauche Turlupin mettant la main dans la bourse de son voisin, à droite gros Guillaume accompagné d’une femme. Sur la corniche en haut : Ostel de Bourgogne. En bas la signature de Bosse, l’adresse de Le Blond et 20 vers : Que ce théâtre est magnifique. . .

Ventes : Behague, 85 — Mailand, 72 — Bérard, 20, avec l’adresse de Le Blond.

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La Galerie du Palais (G D 1267). — Tout le fond de l’estampe est occupé par des livres, bibelots, dentelles, éventails, boîtes, cartons, etc., etc., et les premiers plans par des acheteurs hommes et femmes qui se font montrer ces divers objets ; on voit à gauche une levrette, et au milieu de la composition un caniche tondu en lion. Au-dessus de l’estampe le titre : La Galerie du Palais, et dans la marge en bas, 16 vers : Tout ce que l'art humain a jamais..., la signature de Bosse et l’adresse de Le Blond.

Au 2° état, le nom de Bosse est suivi de son adresse : Demeurant sur le pont N.-Dame, au Pélican. — Si nous ne devions avoir qu’un seul Bosse, c’est celui-là que nous voudrions posséder, la pièce est délicieuse. — A la vente Behague, on l’adjugea 175 francs, et à celle de Mailand, 150.

Les Vierges sages et les Vierges folles1 (G D 43-49).

N° 43. — Dans un vaste appartement, une table occupe le milieu de la composition, sur cette table un livre ouvert appuyé sur une croix. A gauche, deux femmes sont assises et s’entretiennent des mystères de la croix, à droite trois autres lisent. En bas le titre : Les Vierges sages ; 16 vers commençant par ces mots : Ces belles vierges que tu vois. . . puis la signature de l’artiste et l’adresse de Le Blond.

N° 44. — Le soir, dans une chambre éclairée par cinq lampes antiques posées sur une table à gauche, près d’un livre appuyé sur une croix, les cinq femmes paraissant endormies 2 sont groupées de profil et de trois quarts à droite, devant une cheminée au feu qui éclaire et pétille, un chat est près d’elles. En bas le titre : Les Vierges sages, et 16 vers commençant par : Nul vain objet ne peut distraire. . . puis le nom de l’artiste et l’adresse de Le Blond.

N° 45. — Sur le seuil d’un temple, le Seigneur dans un rayonnement se dirige vers les cinq femmes qui arrivent de la gauche, elles tiennent chacune une lampe allumée à la main ; on remarque deux colonnes à droite sur lesquelles on distingue les figures de la Foi et de la Vérité. En bas le titre : Les Vierges sages, et 16 vers commençant par : Ces Vierges d'un abord si doux. . . puis le nom de l’artiste et l’adresse de Le Blond.

' Les trois Sages portent les n"‘ 43, 44, 45 ; les quatre Folles 46, 47, 48, 49.

2 Contrairement cependant à ce qu’en disent les vers Celles-cy raisonnent et veillent

les 16 vers sont sur quatre colonnes occupant toute la largeur de la marge.

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N° 46. — Dans un somptueux appariement quatre femmes jouent aux cartes, lisent ou font de la musique pendant qu’une cinquième au fond se regarde dans une glace. En bas le titre : Les Vierges folles, 16 vers commençant par: Tu vois comme ces vierges folles..., le nom de l’artiste et l’adresse de Le Blond.

N° 47. — Devant une cheminée quatre femmes sont endormies, une cinquième repose à gauche au fond de la composition, assise, le coude droit appuyé, dans le coin gauche par terre une lampe éteinte. En bas 16 vers : Ces Vierges au lieu de veiller. . . et l’adresse de Le Blond.

N° 48 1 . — A gauche le portique d’un temple, des marches duquel descend une vierge qui pleure parce que l’on n’a pas voulu l’y recevoir, ses quatre compagnes semblent surprises et atterrées et celle de l’extrême droite ne peut retenir ses larmes. Au fond la campagne. Au bas le titre : Les Vierges folles ; 16 vers : O qu’une âme a de mal. . . et l’adresse de Le Blond.

N° 49. — Les dix vierges sont réunies dans un temple, la lampe à la main, elles obéissent à la voix qui filtre dans le rayon partant du haut de l’estampe à gauche, sur lequel on lit : Sortez voicy l’espous. Pas de titre, mais 16 vers : O que de saints rauissements... et l’adresse Le Blond.

Très jolie suite qu’il est encore assez rare de trouver complète.

Ventes : Behague, 100 — Guichardot, 56 ; manque le n° 46 — Mailand, 70.

Parmi les nombreuses autres estampes dignes d’être signalées, citons encore : Les Œuvres de Miséricorde % (50-56), suite de 7 pièces extrêmement remarquables, adjugées vente Behague, 145 — La Noblesse française à l’Eglise (1319-1331), suite de 13 pièces des plus recherchées et des plus intéressantes, adjugée à la même vente 3 700 francs et 400 à celle de Mailand — Les Sept Péchés capitaux (218), rarissime4 — Les Quatre Saisons (1055), pour écran, très rare ; vente Behague, 200 francs — Les Cinq Sens (1071-1075), même vente, 200 francs, avec l’adresse de Melchior Tauernier — Les Métiers (1391-1397), suite de 7 pièces, avec les adresses de Le Blond et de Melchior Tauernier ; même vente, 140 francs, et 50, vente Bérard — Le Français et son Laquais (1406), rare ; vente Behague, 260 francs — A la vente Destailleur, en 1895, trois volumes contenant 297 pièces de l’artiste furent adjugés 1505 francs.

< Cette pièce est la plus remarquable de la série.

a Dont voici les titres : Donnez à manger ci ceux qui ont faim — Donnez ci boire ci ceux qui ont soif — Loger les pèlerins — Visiter les prisonniers — Visiter les malades — Vestir les nuds — Ensevelir les morts.

3 11 manquait les n*‘ / et 11.

♦ Nous en connaissons un exemplaire chez M. Eugène Boismen, architecte distingué et savant bibliophile de Nantes.

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CALLOT (Jacques)

Né à Nancy en 1593, mort dans cette ville en 1635. — Artiste aussi habile qu’original, qui habita longtemps l’Italie et trouva un puissant patronage dans Corne II de Médicis. Son œuvre, composé en partie de petites pièces et de nombreuses suites, est extrêmement considérable, il dépasse 1500 numéros ; il a touché à tous les genres : théologie, histoire, portraits, usages, mœurs, paysages, grotesques, batailles, fêtes, etc., etc...

Dès 1804, J. -H. Green publia à Londres son catalogue, mais le meilleur et le plus complet de beaucoup, le seul qui fasse autorité, est celui de Meaume de Nancy, Paris, 1860. Il est divisé en trois parties et en deux volumes ; la première contient la biographie, la deuxième l’œuvre, la troisième les pièces douteuses. Malgré l’extrême valeur d’art de certaines pièces du Maître, elles n’atteignent jamais de gros prix, nous pourrions même presque dire que l’œuvre est un peu délaissé aujourd’hui. Ses eauxfortes ont une netteté et une vigueur de burin qui leur donnent un œil très particulier ; on considère que son talent atteignit son apogée de 1612 à 1622. — Consulter aussi dans la bibliothèque des Merveilles le volume que lui a consacré Henri Bouchot. — Le Maître eut un imitateur, Stéphane La Belle, dont le catalogue fut fait par Jombert ; la plupart de ses cuivres existent encore. — Les très belles épreuves ne sont pas communes.

La Foire de Gondreville (Meaume 623). — Sous un immense arbre aux robustes branchages placé au deuxième plan à droite de l’estampe, de nombreux personnages dansent et causent. Sur le tout premier plan à droite dans le bas de l’estampe, des joueurs s’amusent aux boules, près d’eux et plus à droite un personnage est couché sur le dos, la tête à gauche, dans une charrette à deux roues donl les brancards reposent à terre. A droite et à gauche de la composition, des maisons.

1er état. — Avant le nom de l’artiste sur le terrain à gauche en dedans du trait carré.

2« état. — Avec le nom, mais avant l’adresse d’Israël Sylvestre.

3c état. — Avec l’adresse.

Cctle pièce, qui porte aussi le nom de Les Joueurs de boules ou encore de La petite Foire, est une des plus délicates de l’artiste ; elle fut gravée en Lorraine.

Ventes : Didot, 1er état, 250, de la collection Camberlyn, où elle fut payée 106 — Guichardot, 1er état, 128 — Meaume, 1er état, avec la signature autographe de Callot et au verso celle de P. Mariette 1665, adjugée 120 ; la même, 2« état, 30 — Chartener >, même état, 205, avec la signature autographe de Callot.

1 Ce n'était pas une vente d’estampes, mais bien de livres.

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La Tentation de saint Antoine 1 (139).

Grande pièce fantastique et curieuse que nous trouvons pour notre part peu intéressante. Le 1er état, avec 6 rosettes dans les armoiries au lieu de 21 , est fort rare. — Cette pièce a été copiée par Pierre Picault, dans le sens de l’original, et en contre-partie par Pacot et par J.-C. Baur. — C’est, croit-on, la dernière gravée par Callot.

Ventes : Chartener, 3e état, avec les 21 rosettes et avant le trait échappé, 30 — Malinet, 26 — Casimir Périer, 3e état, 41 — Defer Dumesnil, même état, 38 — Lacroix, avec le trait échappé très apparent, 87.

Le Grand Rocher (616). — Un rocher au milieu de la mer et un aigle apprenant à ses petits à regarder fixement le soleil, une banderole avec une inscription latine commençant par ces mots : Nec imbellem feroces. . .

Pièce excessivement rare, dont un exemplaire à la vente Chartener fut adjugé 18 francs.

La grande Foire de Florence 2 (624).

Il n’existe que trois épreuves connues du 1er état, c’est-à-dire : avant deux écussons aux armes de Bondelmonti qui sont à droite et à gauche de la dédicace Serenissimo Cosmo... et avant les mots in Firenze qui sont dans les autres états en bas à droite.

Une de ces épreuves figura à l’exposition Dutuit en 1869, elle avait été acquise en 1862 à la vente Simon, moyennant 375 francs — A la vente Behague, la réplique réduite fut adjugée en 1er état 81 francs, c’est-à-dire avant le nom de l’éditeur Israël Silvestre — Vente Meaume, 1er état, première planche, 59 francs.

Les Supplices (665).

Cette estampe, une des plus remarquables du Maître, fut gravée à Nancy, elle représente les châtiments des criminels à Florence.

Ventes : Didot, 2« état, avec la correction au mot meschant écrit meschans dans le ler état, mais avant l’adresse d’Israël Silvestre, 44 — Behague, 1er état avant la correction, la tour carrée du milieu à gauche ainsi que la

1 I) y a une seconde pièce de même rubrique, un peu plus grande ; sur le premier plan on y voit des démons qui boivent, et au milieu une rivière qui traverse la composition.

2 Dite encore La Foire de l’Imprunetta, parce qu’elle se tenait à la fête de saint Luc, le 18 octobre, devant l’église de l’Imprunetta. — Il existe une deuxième planche réduite, qui n'a pas d’écussons aux deux coins de la terrasse.

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statuette de la Vierge dans une niche à l'angle de la rue au fond à droite, apparaissent très distinctement, 121 1 — Meaume, 2e état, 82.

L’Eventail 2 ou l’Ecran (617).

A la vente Cliartener, 89 francs ; à celle de Meaume, 61 ; fort jolie pièce qui a été copiée par François Collignon — Une autre copie se reconnaît à ce que dans le bas à droite le mot fec n’existe pas après Jacomo Callot — Une copie sur bois existe par Eckman ; nous ne l’avons jamais vue.

Les grandes Misères de la Guerre (564-581).

Suite de 18 pièces recherchées. — Le 1er état, très rare, est avant les vers et les numéros, mais avec le nom d’Israël ; le 2e, avec vers et numéros ; le 3e, avec le nom d’Israël Silvestre effacé.

Ventes : Behague, 2e état, 245 — Meaume, 2e état, 100 — Casimir Périer, même état, g. m., 75 — Defer Dumesnil, même état, 425 — Lacroix, même état, 181.

La Noblesse (673-684).

Suite de 12 pièces.

Ventes : Meaume, 1er état, 100 — Casimir Périer, 1er état, avant l’adresse et les numéros, 70 — Defer Dumesnil, même état, 200.

La Carrière ou la rue Neuve à Nancy (621).

Ventes : Didot, 1er état, avant l'adresse de Silvestre, 120 — Behague, même état, 92 — Malinet, même état, 55.

Le Parterre ou le Jardin de Nancy (622).

Cette pièce se vend à peu près le même prix que la précédente.

Signalons encore comme insignement rares deux pièces : Le petit Prêtre 3 (154) — La Sainte Famille (67), estampe unique sans doute et sans nom d’artiste, qui figurait en 1869 à l’exposition Dutuit, et Pièce de Dédicace à Cosme de Mcdicis (882) — A la vente Hulot, en 1892, l’œuvre du Maître, composé de 1450 pièces, fut adjugé 2570 francs — En 1826, le baron Vivant

1 Le prix n’a pas changé, car en 185G, à la vente His de la Salle, il était de 119 francs.

2 En haut on lil dans une banderole : Rattaglia del Rc Tcssi c (lel Rc Tinta... Cette pièce, qui représente un feu d’artifice tiré à Florence sur l’Arno entre deux ponts, est renfermée dans un cartouche en forme d 'éventail, ce qui la fait désigner sous ce nom.

3 Ou Le Porte-Dieu : petite pièce qu’affectionnait particulièrement l’artiste, ce qui fit même dire qu’il en portait le cuivre pendu à sa boutonnière; aussi les épreuves avant la marque du trou sont-elles insignement rares.

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Denon avait réuni un des plus beaux œuvres de Callol, il l’avait payé 1950 francs, il provenait de chez Zanetti — En 1900, à la vente Guyot de Villeneuve, un volume contenant 45 pièces fut adjugé 1000 francs ; à cette même vente, Les Misères et les Malheurs de la Guerre, 16 pièces avant la lettre, firent 950 francs, et 18 pièces en 2e état, 500.

CASA (Nicollo délia)

Ce graveur au burin, que la désinence de son nom porterait à classer dans l’école Italienne, est Français. Il est né en Lorraine au commencement du xvie siècle, affirme Didot. Son œuvre se compose de 5 pièces qui sont des portraits ; celui que nous allons mentionner est de la dernière rareté.

Henri II (Didot 209). — Le Roi est debout à mi-jambes de profil à gauche, il porte cuirasse, sa main droite tient un sceptre et s’appuie sur un casque, tandis que la gauche repose sur son bouclier. En bas on lit : Henricus II Francor Rex Eta XXVIII 154-7.

Une épreuve, malheureusement très abîmée au verso, passa à la vente Didot, elle y fut adjugée néanmoins 1550 francs à Noséda de Londres, croyons-nous, auquel elle avait été commissionnée ; elle provenait de la collection de M. Niel qui l’avait reçu de New-York. Malgré de fortes présomptions pour que ce portrait soit de l'artiste, il ne lui est cependant qu’attribué ; Ottley, le célèbre écrivain d’art anglais, y voit plutôt la main puissante de Benvenuto Cellini ; en tous cas, ce portrait relève absolument de l’école de Marc Antoine.

DELAULNE (Charles-Etienne)

Né à Paris ou à Orléans en 1518, mort à Strasbourg en 1595; surnommé aussi Stéphanus, à cause de ce nom dont il usait souvent pour signer ses estampes. Son œuvre très varié : nouveau testament, histoire profane, sujets allégoriques, mythologiques, dessins d’ornementation, portraits, ceux-ci au nombre de quatre seulement, comporte, suivant Robert Dumesnil et Duplessis, 443 numéros ; le format en est généralement de dimensions restreintes. L’artiste, extrêmement habile, a gravé avec une finesse extrême bon nombre de pièces ; on sent là le premier métier de Delaulne qui débuta par être orfèvre.

Nous croyons que cet artiste, malgré sa grande maîtrise, n’est pas très collectionné.

Voici de lui quelques portraits, qu’il faut avoir comme précieux spécimen d’un métier fort brillant et rappelant, comme le dit R. Dumesnil, la manière de Campagnola dans l’art de finir les estampes au pointillé.

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François II, duc de Guise. — Dans un cadre sculpté, à mi-corps, vu de profil, il est tourné à droite et tête nue. Revêtu d’une armure, la main gauche tient le bâton de commandement, et le bras droit s’appuie sur un casque empanaché. Au-dessous dans la bordure : Francisais Dux A. Guisia.

Pièce anonyme, très rare, attribuée au Maître, qui n’est mentionnée ni dans Robert Dumesnil et Duplessis, ni dans Ch. Le Blanc.

Ventes : Behague, 225 — Didot, 105.

Henri II (R D 311). — Dans un ovale entre le double trait duquel on lit : Henricus II Galliarum Rex, le personnage est en buste revêtu de son armure et tourné à gauche.

Portrait très rare — réduction du n° 310 — qui fut adjugé 150 francs à la vente Didot.

Ambroise Paré (R D 313). — A mi-corps tête nue, tourné à droite, il regarde de face. Le pan de manteau jeté sur l’épaule masque en partie son vêtement, son cou est garni d’une fraise, il porte barbe et moustaches. Dans une tablette en haut on lit : Anno \Ætatis, 12\ 1582, et au-dessous, S. F.

Cet état est le premier. Dans le second, sur le ciel à droite, on lit : I. L. R. Excudil. — Pièce très rare, adjugée vente Didot, 310 francs.

Nous ne saurions passer sous silence : Les douze Mois de l’Année (225-236); comme invention et exécution, ce sont de véritables bijoux», l’artiste n’avait-il pas du reste été orfèvre ! Mars, Avril, Juin, Août et Octobre sont tout particulièrement remarquables, ainsi que : Bellone (361) — Apollon (371) — Hercule (373) — Le Péché du premier Homme (428) — La Mort d’Abel (429), qui ont l’apparence de véritables nielles.

DREVET (Pierre)1 2

Né à Loire le 20 juillet 1663, mort à Paris le 9 août 1738. Admirable graveur de portraits, dont quelques-uns peuvent aller de pair avec ceux de Nanteuil, Edelinck, Morin et Masson. Nous ne parlerons pas des quelques sujets religieux que lui ou les siens ont traités, s’ils sont d’une rareté

1 Adjugé en épreuves de 1" état le prix dérisoire de 21 francs à la vente Bérard en 1894. A cette vente, Les Armoiries (le Strasbourg, pièce non décrite, portant le monogramme du Maître, fut payée 240 francs.

- Consulter le calaloguc raisonné : Les Drevet (Pierre, Pierre-Imbert et Claude), par Ambroise Flrmin-Didot. Paris, 187G.

insigne, ils sont aussi inférieurs de qualité. C’est l’œuvre de Pierre Drevet qui est de beaucoup le plus considérable, Firmin-Didot y relève 225 pièces. Voici les portraits les plus avidement recherchés des collectionneurs :

Jacques-François-Edouard Stuart (F D 13). — Dans un ovale équarri, presque de face à mi-corps, les cheveux longs et bouclés, cravate de dentelles, il porte sur la poitrine le grand cordon en sautoir et les insignes de l’ordre de la Jarretière. Au-dessus de l’ovale, une banderole sur laquelle on lit : Ick Dien.

Cette estampe est d’après Largillière; on ne connaît que deux exemplaires avant la lettre ; l’un qui est au Département des Estampes, l’autre qui fut adjugé à la vente Didot 695 francs.

Christine-Caroline de Wurtemberg (F D 28). — Dans un ovale équarri sur un socle, elle est à mi-corps, tête nue, vue de face, tournée à droite, les cheveux bouclés tombent sur les épaules, le bras droit est demi-nu, le corsage orné de perles est échancré et laisse entrevoir la naissance des seins, le vêtement qu’elle a sur les épaules est doublé d’hermines. A gauche une draperie, sur le socle un cartouche armorié timbré d’une couronne ducale.

Ventes : Behague, avant toutes lettres, l’écusson ou cartouche est en blanc, état non décrit, unique sans doute1, 955; avant toutes lettres, 1er état, 790, grandes marges — Didot, 1er état, 880, un des trois connus.

Louis XV (F D 58). — Il est enfant et assis sur son trône, tête nue, de trois quarts, vêtu du manteau royal, son sceptre à la main, les pieds reposant sur un coussin. Les cheveux sont longs, à son cou pend l’ordre du Sainl-Esprit. En bas à gauche : Peint par Hyacinthe Rigaud ; à droite : Gravé par Pierre Drevet 1723, et au milieu sur la tablette : Louis Quinze.

Ventes : Behague, épreuve avant toutes lettres, la seule connue, 2405 ; elle est citée dans le catalogue Paignon-Dijonval sous le n° 7465; la même, avec la lettre, 180 — Didot, même état, 60.

Louis XIV (F D 55). — Il est debout, revêtu du manteau royal, de trois quarts à gauche, la longue perruque dont il est coiffé forme deux boucles au-dessus des sourcils, il porte un maillot, jarretières

1 II en existe un exemplaire au Département des Estampes, serait-ce celui-là. nous l'ignorons.

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au-dessous du genou et lepée au côté. La main gauche repose sur la hanche. Sur un meuble recouvert d’un tapis fleurdelysé sont placés les apanages de la royauté. Derrière lui un fauteuil. Dans l’encadrement à gauche : Hyacinthe Rigaud Pinxit ; à droite : P. Dreuet sculpsit, et sur la tablette : Louis le Grand.

Le Dr état, qui manque aux Estampes, se distingue particulièrement, dit Firmin-Didot, en ce qu’il est avant la suppression d’une boucle de cheveux au-dessus de l’oeil droit et avant l’augmentation du mollet droit. Roth et Dutuit la possédaient; ce sont les deux seules épreuves connues.

Ventes : Behague, 55 — Didot, 3® état, 120 — Mailand, 2e état, avant les contre-tailles sur la colonne, 116, la seule connue1.

Duc de Villars (F D 123). — Revêtu de son armure, il est vu à mi-jambes, la croix du Saint-Esprit pend au grand cordon qu’il porte en sautoir et que sa main gauche appuyée sur sa hanche tient relevé. Il a dans sa main droite étendue le bâton de commandement. Au fond de la composition à droite une bataille, celle de Denain, qu’il gagna en 1712. En bas du cadre, ses armoiries timbrées de la couronne ducale. Sous le trait carré à gauche : Peint par Hyacinthe Rigaud, et à droite : Gravé par P. Drevet.

La seule épreuve de 1er état connue, c’est-à-dire non terminée, avant toutes lettres et avant les trophées dans les angles du haut, etc..., est actuellement à Londres, chez M. Morrison ; elle provenait de la collection Marshall.

Ventes : Behague, 4e et dernier état, avec l’inscription de 6 lignes, 23 — Didot, 2e état, épreuve terminée avant toutes lettres et avant les trophées, 1000 ; c’est un des trois exemplaires connus, les deux autres sont aux Estampes et à 1 ’Albertine ; 3e état, avec l’inscription de 9 lignes, 79; 4e état, 12 — Mailand, 3c état, 191 ; 4e état, 26.

A mentionner encore comme fort remarquables : Relier (76) — Madame Relier (77) — Boileau Despréaux (24) — Louis Phelypeaux (83) — François de Troy (120).

DREVET (Pierre-Imbert)

Fils du précédent, né à Paris en 1697, mort le 27 avril 1739; héritier des qualités de son père, ses œuvres sont souvent confondues avec celles de ce dernier. Firmin-Didot relève 33 pièces dans son catalogue, dont 24 portraits.

1 Dans le catalogue de la vente Didot en 1877, sous le n° 4116, on signale l’exemplaire de ?• état comme étant unique; il est actuellement au Département des Estampes.

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Jacques-Benigne Bossuet (F D 12). — Debout et de face, tête nue, il regarde à gauche, la main droite étendue est appuyée sur un livre posé debout sur une table au pied de laquelle gisent épars d’autres volumes, sa main gauche tient sa barrette pendant négligemment le long de son surplis. Le poids du corps porte sur la jambe gauche, derrière lui deux colonnes avec draperie soutenue par des cordons à glands, à droite un fauteuil. Sur le signet d’un des in-folio qui est au pied de la table on lit : Graué par P. Brevet, f. s., et sur le dos d’un autre volume placé verticalement : Peint par H. Rigaud. En bas sous le cadre à gauche : Hyacinthus Rigaud pinxit ; à droite : Petrus Drevet sculpsit 1723 ; au milieu une longue légende: Jacobus Benignus... Cette inscription est coupée en deux par un écusson armorié surmonté d’un chapeau d’évêque et d’une couronne de baron.

Le 1er état, dit au fauteuil blanc', c’est-à-dire avant les troisièmes tailles horizontales sur le dos du fauteuil, avant les dates de naissance et de mort, avec les mots écrits Constorianus et Trecenses et sans la virgule après le mot præeeptor. Dans cet état, fleur de cuivre, la tête et les mains sont modelées avec une perfection et une finesse inouïes ; il y a là une science de l’outil qui permet la comparaison avec n’importe quel Nanteuil, n’importe quel Edelinck ; c’est un admirable chef-d’œuvre 1 2.

Le 2e état est avec les dates de naissance et de mort ; le 3e avec les mots rectifiés et écrits Consistorianus et Trecensis, la virgule existe après præeeptor ; le 4e avec les tailles au fauteuil, et le dernier état conforme au précédent, avec cette différence cependant qu’après Hyacinthus Rigaud pinxit, il y a quelquefois un, deux, trois, jusqu’à huit points qui signifiaient, croit-on, qu’il y avait eu cent, deux cents, etc., épreuves tirées de cet état.

En somme, il n’y a d’intéressant à recueillir que les trois premiers états. — Le cuivre existe encore et se trouve chez A. Bernard fils, 1 rue des Grands-Augustins.

Ventes : Behague, 2e état, 700 ; 4e état, avant les points, 110 — Didot, 2e état, épreuve laissant un peu à désirer, 500 ; la même, 4« état, 150 ; la même, en copie contemporaine, mais presque introuvable, 20 — Mailand, 4e état, avant les points, 195 — Defer Dumesnil, même état, 175.

Cardinal Dubois (F D 15). — Vêtu d’hermine et presque souriant, il est assis de trois quarts à droite, il regarde de face, la main droite

1 Cette désignation au fauteuil blanc, n’implique pas toujours le 1" état, l’épreuve est encore au fauteuil blanc au 2' et au 3' état ; ce n’est seulement qu’au 4' qu’apparaissent les troisièmes tailles qui viennent assourdir le petit effet de lumière presque imperceptible qui existe tout à fait au haut du dossier du fauteuil.

s Dont les deux seules épreuves connues sont : l’une au Département des Estampes, don de His de la Salle, le 27 mai 1846; l’autre à 1 ’Albertine de Vienne.

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ramenée sur les genoux tient sa barrette, l’autre est appuyée sur la table avec une adresse portant : Au Roy. Derrière lui une draperie relevée. A gauche : Peint par Hyacinthe Rigaud. A droite : Gravé par P. Brevet 1724- . Sous le cadre, écusson armorié et : Guillaume Cardinal Dubois. . .

Le ler état, qui est de tonte rareté, est avant le médaillon renfermant les armoiries ; il n’existe que deux exemplaires connus, celui de la vente Didot et celui de 1 ’Albertine. — La planche se trouve actuellement chez A. Bernard.

Ventes : Behague, 32 — Didot, 1er état, 1000, provenant de chez Camberlyn à la vente duquel elle fut adjugée 220, les armes et la lettre étaient exécutées à la plume ; la même, en 2e et dernier état, 26.

Adrienne Lecouvreur* (F D 24). — A mi-corps dans un médaillon lézardé reposant sur un socle ; de face les yeux levés au ciel, cheveux relevés sous un long voile avec deux tresses retombant sur l’épaule gauche ; pendants d’oreilles en forme de poire, robe de velours noir décolletée. Dans les mains une urne funéraire contenant les cendres de Pompée, elle la presse contre sa poitrine et dans ce mouvement fait glisser le bas de sa manche qui découvre le bras gauche jusqu’au coude. Dans la tablette ce quatrain : C'est peu de voir icy. . .

Le 1er état est avant toutes lettres ; il n’existe, dit-on, que quatre épreuves de cet état > ; le 2e avec la faute, c’est-à-dire au dernier vers avec le mot « modèle » écrit model, et le 3e avec la faute rectifiée.

Ventes : Behague, 2e état, 260 ; 3e état, 45 — Didot, 1er état, 1010, la lettre était écrite à la main ; 2e état, 180 ; troisième état, 41 ; Muhlbacher, 2e état, 161 — Defer Dumesnil, même état, 80.

DREVET (Claude)

Neveu de Pierre et cousin de Pierre-Imbert, né en 1705 et mort à Paris le 23 décembre 1781. N’a fait que neuf portraits et six autres sujets religieux et profanes ; c’est un artiste fort habile, qui néanmoins est loin d’avoir la valeur de ses deux parents.

Comte de Zinzendorf (F D 15). — Souriant, debout et de face, il regarde à gauche, il est vu à mi-jambes, ayant au cou l’ordre de la Toison d’ür; la main droite est sur la hanche, l’autre s’appuie

i Celles de Didot, du Département des Estampes, du Britisli Muséum et de l'Albertine.

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sur sa toque qui est posée sur un socle près duquel est un vase, d’où sort une flamme qui s’allume sous le souffle d’une tête d’ange ailé. Les armoiries et une légende: Philippin Ludovicus Cornes... En bas à gauche: Hyacinthus Rigaud.. . , et à droite: Claudius Drevet. Sculpsit. Parisis.

Ventes . Behague, 2e état, avant toutes lettres, mais avec la bordure où la place des armoiries est réservée, 351; avec la lettre, 25 — Didot, 1er état1, avant toutes lettres, avant les armes dans la marge, avant le cadre, avant l’achèvement des armoiries et la devise Agitata Clarescit sur le vase du socle, 610 ; le même, 3e état, 46.

Henri Oswald2 (F D 12).

Un état non décrit par Firmin-Didot, qui n’en connaît qu’un seul avec la lettre, a passé à la vente Behague ; il était avant l'inscription sous le trait carré: Hanc effigiem, venerationis . . . et fut adjugé 705; épreuve unique sans doute.

DUVET (Jean)

Né à Langres en 1485, dit Le Maitre à la Licorne, à cause de cet animal fabuleux qu’on remarquait souvent dans ses compositions. Son œuvre se compose d’environ 75 pièces.

Il est bon d’avoir dans une collection quelques spécimens de notre plus ancien graveur ou tout au moins d’un de ceux que nous considérons comme tel, car grâce aux travaux qui se poursuivent actuellement, lentement mais sûrement, nous sommes convaincu que certains Maîtres à monogrammes ou à millésime, considérés jusqu’à présent comme Italiens, Allemands, Hollandais ou Flamands, feront retour à notre école

Saint Sébastien, saint Antoine et saint Roch (Robert Dumesnil 20). — Debout et de face, la tète auréolée, saint Sébastien, demi-nu, le bras droit levé, est adossé à un arbre ; un ange descendant du ciel lui dépose une couronne sur la tête. A gauche, saint Antoine, une clochette dans la main droite, un livre entr’ouvert dans la gauche. A droite, saint Roch et son chien. Entre saint Sébastien et saint Roch, on aperçoit un ange debout de profil à droite.

1 Les deux autres exemplaires connus sont au Département des Estampes et dans la collection Roth ; nous ignorons qu’est devenu ce dernier.

2 La planche existe chez A. Bernard.

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Cette estampe est une pièce fort curieuse et pleine d’allure qui frise à s’y méprendre un dessin à la plume ; une épreuve fut adjugée à la vente Angiolini 194 francs.

Jésus chassant les Vendeurs du Temple (R D suppl1 4). — Près d’une colonne du temple, le Christ le bâton levé, se dirige vers la gauche, il vient de renverser deux vendeurs dont l’un est encore sur le dos. Parmi les autres personnages, on en remarque un au second plan et au milieu de la composition, qui est assis à une table, la tête coiffée d’un chapeau et la main droite appuyée.

Un exemplaire de cette rare estampe fut payé 550 francs à la vente Angiolini.

EDELÏWGK (Gérard)

Né à Anvers en 1627, mort à Paris en 1707 ; comme son confrère van Schuppen, nous le condidérons comme un des nôtres. Il est avec Nanteuil le plus grand de nos burinistes. Son oeuvre, catalogué par Robert Dumesnil, se monte à 339 pièces, dont 200 portraits. — Ne pas le confondre avec ses deux frères Jean et Gaspard-François ou avec son fils Nicolas.

Philippe de Champaigne (R D 164). — A mi-corps, au pied d’un arbre dans la campagne, il regarde légèrement vers la gauche, la main droite tient un rouleau de papier portant 1668, et la gauche maintient le manteau jeté sur l’épaule. Au fond et au milieu de la composition un clocher, et tout à fait à droite une église. Dans la marge : Philippus de Champaigne. . ., puis à gauche : Se ipse pinxit , et à droite : G. Edelinck scalpsit. 1676. Cum pri. R.

C’est un fort beau morceau, celui que préférait l’artiste dans son œuvre ; le public amateur ne semble pas être du même avis, car il ne le paye pas, quand il passe en vente. Le 1er état est avant le trait échappé, c’est-à-dire avant le trait qui est presque perpendiculaire sur le ciel et les feuilles à gauche de la composition, soit à mi-hauteur entre le tronc du petit arbre et le dos du personnage à 5 millimètres du pan du manteau et à 66 du bord de l’estampe.

Le Département des Estampes possède une épreuve d’essai unique sans doute, avant la lettre et avant les contre-tailles sur le tronc d’arbre près la lête du personnage; elle provenait de la collection Scitivaux et fut payée 1350 francs, prix énorme pour l’époque.

Ventes : Behague, 1er état, 72 — Didot, même état, 155.

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Relier (R D 229). — Tourné à droite et à mi-jambes, il est dans son atelier, la main droite qui tient un compas s’appuie sur un canon. Par une fenêtre qui est au fond à droite, on aperçoit la campagne et une ville fortifiée. En bas à gauche : de Largillière pinxit, et à droite : Edelinck seul. C. P. R.

Le 1er état est avant les noms des artistes. — Il existe des épreuves où à l’aide d’une lame mobile on a ajouté... Jean- Jacques Relier, commissaire, etc...

Ventes : Guichardot, 1er état, 48 — Behague, même état, 245 — Didot, état non décrit et rarissime, il est avant toutes lettres et avant le paysage dans le fond à droite, 210; il provenait de la vente Camberlyn où il fut adjugé 51.

Desjardins (R D 182). — Debout de face, il regarde à gauche, le col déboutonné d’une fine chemise laisse entrevoir le cou, la main gauche demi-ouverte fait un geste, tandis que l’autre s’appuie sur une tête de bronze d’un des captifs du monument de la place des Victoires. A droite une draperie soulevée laisse apercevoir la campagne. Dans la marge : G. Edelinck sculp. Martinus. . . Cum. Privil. ? Regis.

Ce portrait très rare, d’après H. Rigaud, est à notre humble avis le chef-d’œuvre de l’artiste.

Ventes : Behague, 1er état, avant toutes lettres, 1005 — Didot, même état, 1020.

Nathanaël Dilger (R D 185). — En buste dans un ovale équarri de trois quarts à droite, portant longue barbe et longs cheveux, il regarde de face, le manteau rejeté en arrière permet de voir le pourpoint et le col blanc. Dans la tablette : Nathanaël Dilgerus Aetat. circiter 75, et à droite : G. Edelinck sculps. eu. P. R. 1683.

Superbe et très rare estampe, adjugée vente Didot, 100 francs, provenait de chez Marshall, et 165 francs à celle de Behague, elle portait au dos cette mention : Donné à Charles Edelinck par mog Edelinck ; voici une pièce superbe rendue encore plus précieuse par son annotation, et on ne la paye que 165 francs!! comment s’expliquer ça?

La Sainte Famille d’après Raphaël' (RD 4). — Assise de profil à droite, la Vierge reçoit dans ses bras l’Enfant Jésus nu sortant de son berceau, derrière elle saint Joseph ; à droite saint Jean

1 Le cuivre est conservé à la Chalcographie.

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et sainte Anne, et en face de la Vierge un ange debout qui lui répand des fleurs sur la tête.

Il n’existe que trois épreuves sans aucune lettre ; la première, celle du cabinet des Estampes, provient de chez le duc de Buckingham à la vente duquel, en 1834, elle fut adjugée 73 livres sterlings, c’est-à-dire 1825 francs ; elle avait été primitivement chez le prince de Rubrempré qui fit sa vente en 1765, où Paignon-Dijonval l’acheta ; plus tard, Morel de Vindé, son héritier, vendit la collection entière au marchand anglais Woodburn,J qui à son tour la céda au duc de Buckingham ; la seconde est à Vienne, après avoir traversé successivement les collections Borduge, duc de Saxe Teschen, et celle de son héritier le prince Charles ; la troisième à Berlin.

Cette estampe, dite La Vierge de FrançoisJer, bien délaissée aujourd’hui, a eu son heure de célébrité ; voici quelques prix d’épreuves de 2e état, c’est-à-dire avant les armes de Colbert, qui viendront corrober notre assertion :

Ventes : Debois, 605 — Thorel, 1160 a — Didot, 240 — Dreux, 100.

On pourra joindre encore : John Dryden (187) — Le Prince de Galles (211) — Louis XIV (231) — Marquise de Montespan (278).

FIRENS (P.)

Nous signalerons de cet artiste, d’origine flamande, qui est né à Paris vers le commencement du xvie siècle, dit Le Blanc, les deux superbes et rarissimes portraits suivants :

Louis XIII et Anne d’Autriche. — Le premier, jeune, est vu à mi-corps, il est dirigé vers la droite et revêtu du manteau royal; dans la bordure ovale qui l’entoure on lit : Ludovicus XIII Dei Gratia... En haut de chaque côté, les armes de France et de Navarre, et en bas dans un cartouche, un quatrain commençant par ces mots : Grand roy. . . La seconde, vue à mi-corps, jeune également, est de trois quarts, les cheveux sont relevés sur le devant, et sur sa tête repose une couronne. Elle est vêtue d’une robe semée de fleurs de lys, et elle porte un collier de perles avec brillants. Dans l’ovale : D. Anna d'Austria. . .

Adjugés à la vente Behague 260 francs et à celle de Didot 50 ; à cette dernière vente, elles manquaient de fraîcheur et étaient avant le texte. — Pour plus amples détails, voir Didot : Les Graveurs de Portraits en France, tome Icq pages 247, 248, 249.

• Qui paya 120000 francs ccttc collection. 1 Acquise par Colnaghi de Londres.

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Marie de Médicis. — A mi-corps, en costume de veuve dans une bordure armoriée en haut et en bas, sur laquelle on lit : Marie de Médicis, Royne de..., et dans la tablette du bas, un quatrain commençant par ces mots : Combien que ce soleil. . . , 1610.

Adjugé vente Behague 220 francs.

FORNAZERIS (Jacques de)

Les uns le croient Italien et né à Turin, les autres Français et né à Lyon; il travailla entre 1590 et 1620. Notre programme ne s’étendant pas aux recherches biographiques, nous ne faisons qu’enregistrer et passons. Nous le trouvons pour notre part un peu sec et incolore, cependant nous signalerons le rarissime portrait suivant :

Henri IV (R D 42). — En buste, grandeur presque nature, de trois quarts à droite sur un fond fleurdelysé, un manteau bordé d'hermines recouvre son pourpoint, il porte au cou le cordon de l’ordre du Saint-Esprit. Dans la marge un quairain commençant par ces mots : On ne peut rien treuuer de semblable au soleil. . .

Adjugé à la vente Didot 500 francs.

GAULTIER (Léonard)

On ne sait rien ou presque rien sur la vie de cet artiste qui naquit à Mayence vers 1550, travailla à Paris et mourut après 1628. 11 n’a point encore été dressé de catalogue raisonné et descriptif de son œuvre ; Robert Dumesnil ne mentionne même pas son nom. Le Blanc signale 162 pièces ; c’est surtout dans le portrait que s’est spécialisé notre artiste ; il est l’auteur de la suite dite Chronologie collée >, série de 144 petits portraits des hommes illustres de son temps. Le graveur signait soit d’un monogramme, soit de son nom entier. — Il eut pour continuateur J. de Fornazeris, Cl. Mallery et Granthomme.

Louis XIII (Le Blanc 124). — En pied, enfant, et de face, il est monté sur un coussin, à sa droite une table recouverte d’un tapis fleurdelysé, à sa gauche on aperçoit un berceau, derrière lui une

• Rubrique qui ne veut absolument rien dire, et dont on n’a encore pu jusqu'à présent établir la signification. A la vente Didot, cette suite complète fut adjugée 300 francs. Les estampes de cet artiste en général ne se vendent que de très petits prix ; le nombre de celles qui atteignent ou dépassent 400 francs est extrêmement limité.

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chaise, dans la main droite un hochet, dans l’autre une branche de lys ; sur les draperies relevées de chaque côté et qui l’encadrent, un écusson armorié et une tablette dans le haut de laquelle on lit : Portraict au naturel de Monseigneur. . et dans la marge 8 vers sur deux colonnes : Tous les Coniurateurs de l’Empire françois... Dans les doubles traits de l’encadrement à gauche : L. Gaultier fecit, et à droite : I. Le Clerc excu.

Fort joli portrait finement gravé et très rare, adjugé à la vente Behague 112 francs.

Louis XIII (L B 122). — Enfant, debout et de face dans un appartement dont le fond est tapissé de fleurs de lys, le jeune roi, près duquel on voit un petit chien, appuie sa main droite sur une table, où sur un coussin sont placées les insignes du pouvoir, la couronne et le sceptre. Derrière le monarque un siège, et à droite et à gauche, des tentures. En haut de l’estampe : Louis XIII Roy de France et de Navarre, et dans la tablette du bas un quatrain : Ce Prince en qui reluit. . .

Rare estampe, adjugée 200 francs à la vente Behague.

Marie de Médieis (L B 128). — En pied, debout et de face, la main droite pend le long du corps et tient un mouchoir, l’autre est appuyée à plat sur une table recouverte d’un tapis à ses armoiries aux quatre coins desquelles figurent un M surmonté de la couronne royale, table sur laquelle un livre est posé ; à droite et à gauche de la composition des draperies, celle de droite est relevée. En haut de l’estampe dans une étroite tablette rectangulaire occupant toute la largeur de la pièce, on lit : Marie de Médieis Roy ne Rege. . ., et en bas dans la tablette: Voicy le vrai pourtraict. . ., et sur le parquet en mosaïques à gauche : L. Le Clerc excud. avec Privilège du Roy, et à droite : L. Gaultier sculp. 1610.

Le plus beau portrait du personnage, très rare.

Marie de Médieis (L B 130). — Dans un ovale équarri, à micorps de trois quarts à gauche et regardant de face, la reine porte une large collerette de dentelle tuyautée et des pendants d’oreilles en forme de poire, les cheveux relevés et crêpés sont ornés d’une étoile sur le devant et d’une branche de fleurs sur le côté droit, le corsage est agrémenté d’un collier de perles à quatre rangs. Dans l’ovale :

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Marie de Médicis..., dans la lablelte un quatrain: Si le ciel veult donner... En bas à gauche: L. Le Clerc excu., au milieu: Avec Privilège du Roy, et à droite : L. Gaultier fecit 1610.

Très rare ; adjugé vente Behague 365 francs, avec le tracé des lignes très apparent, et vente Didot 26.

Marie Stuart. — A mi-corps de trois quarts à droite, elle regarde de face, un crucifix pend sur sa poitrine, elle porte une large collerette et des pendants d’oreilles en forme de poire. Au-dessus de sa tête : La feu Roy ne d'Ecosse, en bas un quatrain : Je neus point de pareille en ma beauté divine..., et au-dessous à gauche le monogramme suivi du mot fecit, et à droite : P. Gourdelle excu.

Nous croyons cette pièce fort rare, nous n’en avons vu qu’une épreuve un peu pâle au Département des Estampes, et elle n’est mentionnée ni par Didot dans les Graveurs de Portraits en France, ni par Le Blanc. — Les portraits du personnage sont du reste peu communs ; la collection de Mme Adolphe de Puibusque en contenait 47. — Une intéressante notice sur les portraits de l’infortunée reine fut publiée en 1860, à Saint-Pétersbourg, par le prince Alexandre Labanoff qui en possédait la plus belle collection connue.

Louis XIII et Elisabeth de France (L B 120). — Tous deux enfants, debout et de face. Louis est à gauche, coiffé d’un chapeau à plumes, il tient une lance dans la main droite et appuie la gauche sur un socle où est posé un casque empanaché. Elisabeth tient dans sa main droite une branche de laurier qu’elle élève vers un vase contenant un lys et autour duquel volettent des abeilles, ce vase est posé sur un socle faisant pendant à celui sur lequel est le casque. Au fond de l’estampe deux colonnes avec draperie à travers lesquelles on distingue la mer avec des vaisseaux et un dauphin couronné. En haut de la composition, dans une bande occupant la largeur de la pièce, on lit : Les heureuses et fatales devises de Monseigneur le Dauphin et de Madame fille unique de Henri //// Roy de France et de Navarre ; et dans la marge du bas, dans quatre cartouches à coins armoriés, 16 vers, à raison de quatre par cartouche : La mer est calme et les vents irrités. . . Sous le socle de la colonne de droite : L. Gaultier fecit 160i, et tout à fait dans le bas de l’estampe entre les deux traits carrés : I. de Fonteni.

Pièce extrêmement curieuse et de toute rareté, à laquelle on ne fit cependant guère honneur à la vente Behague, puisqu’elle n’atteignit qu’avec peine 36 francs, 246 à celle de Didot et 40 à celle de Bérard.

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Sacre et Couronnement de Marie de Médicis, 1610.

Vente Didot, avec la légende explicative, 200 francs, très rare ; sans la légende, 80.

GELLÉE (Claude dit Le Lorrain)1

Né à Chamagne, dans les Vosges, en 1600, mort à Rome en 1682. Son œuvre se compose de 44 eaux-fortes, eaux-fortes pures, pourrait-on dire, car il s’est à peine servi de la pointe ou du burin. Il y en a quatre ou cinq de vraiment intéressantes, les autres ne méritent guère d’être collectionnées. Les premiers états seuls sont à rechercher ; toutes les épreuves qui portent des numéros dans la marge inférieure sont à rejeter impitoyablement, les cuivres étant éreintés.

L’artiste est aussi l’auteur du Liber Veritatis, 200 planches de la grandeur des originaux 2, gravées en manière de lavis 3 par Earlom et publié en quatre volumes par Boydell au commencement de 1777. Ce livre que n’avait pas voulu acheter Louis XIV, malgré les instances du cardinal d’Estrées, ambassadeur à Rome, le fut par le duc de Devonshire, auquel du reste John Boydell le dédia. — Une exposition de l’œuvre du Maître a eu lieu en 1872 au Burlington Fine Arts Club.

La Danse au bord de l’eau (Robert Dumesnil 6). — Sur le bord de l’eau, au premier plan et au milieu de l’estampe, un homme et une femme se tiennent par la main et dansent, l’homme est à gauche ; derrière eux à droite deux vaches et deux chèvres jouant ensemble. A gauche cinq personnages dont deux assis sur un tronc d’arbre. La partie droite de la composition représente un moulin à eau adossé à des arbres, au fond des collines.

Pièce très rare.

Ventes : Knowles, 2e état, avant le numéro, mais avec le nom du Maître, les bords de la planche sont sales, 376 — Griffiths, 1er état, 525 — Straeter, 1er état, avant le nom et le numéro, 750, de chez Griffiths — Angiolini, même état, 1075.

1 Consulter : Eaux-forles, reproduites et publiées par Amand Durand, texte de G. Duplessis, chez G. Rapilly, Paris.

2 C’étaient des dessins en bistre rehaussés de blanc. Comme Gellée faisait très mal les figures qui se trouvaient dans ses paysages, il avait recours pour les dessiner à Philippe l.auri ou r» Jacques Courtois dit le Bourguignon.

3 Ce sont des manières noires.

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Le Bouvier1 (R D 8). — Sur les bords d’une petite rivière serpentant à travers la campagne et dans laquelle s’abreuve un troupeau à gauche, un berger est assis à droite tourné de trois quarts à gauche, il a un bâton entre les jambes et il sonne de la trompe. Derrière lui un grand arbre isolé, et devant lui de l’autre côté de l’eau un gros bouquet d’arbres dans l’éclairci desquels on aperçoit une habitation. Au fond de l’estampe des collines joliment éclairées.

Pièce jouissant d’une grande célébrité : il y a 4 états, le 1er qui est de la plus insigne rareté, est avec le 2e, les seuls dignes d’être recueillis.

1er état. — Sans aucune inscription.

2® état. — Avec l’inscription dans la marge à droite : Claudius in. et. f.

Romæ 1636. . . et avant le chiffre 4 dans la marge de gauche.

3e état. — Avec l’inscription et avec le chiffre 4.

4e état. — Le petit oiseau, qui était très visible dans l’arbre de gauche le plus proéminent, a disparu pour ainsi dire sous un nuage.

Ventes * : Guichardot, 3e état, 585 — Straeter, 2e état, 1375; c’est un des plus beaux connus ; il provenait de chez Kalle — Defer Dumesnil, 3e état, 330 — Reiss, épreuve truquée, dans laquelle le 4 avait été gratté, vendue néanmoins 675 — Dreux, 2e état, 1310 ; il provenait de la vente Camberlyn où en 1865, il avait été adjugé 30 francs !!

La Danse sous les arbres (R D 10). — Dans la campagne, au milieu de l’estampe, des villageois dansent au son d’un biniou dont joue un homme assis sur un gros et long tronc d’arbre abattu à droite ; près de ce musicien cinq personnages. A droite à l’horizon indication de collines, à gauche dans une éclaircie deux vaches.

Très rare ; le dernier état n’a qu’un seul oiseau dans le ciel au lieu de trois.

Ventes : Guichardot, 2e état, avec le n° 6 dans la marge à gauche, 210 — Straeter, 1er état, avant le numéro, c’est le bel état, 950, de la collection Seymour Haden — Dreux, épreuve remargée, 235.

Le Soleil levant (R D 15). — Au premier plan des bateaux et des appontements de planches qu’installent des pêcheurs. A gauche un arc de triomphe non loin duquel émerge une branche d’arbre très feuillée ; au fond, des collines à peine indiquées et le soleil levant, c’est là qu’est concentré tout l’intérêt de la pièce.

Duplessis compte 6 états, mais il y en a réellement 7.

1 Ne pas confondre cette pièce avec Le Chevrier (19), absolument inférieure et de toute autre composition.

s En 1862, à la vente Jourdan, un exemplaire avant le 4 fut adjugé 310 francs; il provenait de la collection Vallardi.

Ventes : E. Galichon, état non décrit, antérieur au premier, et avant le C. L. sur la planche qui est en travers sur le milieu de la composition et avant les travaux sur l’arc de triomphe à gauche, probablement unique, 1,800 — Straeter, 1" état, avant le nom et le numéro 11, un des plus beaux connus, 1887 — Defer Dumesnil, 3e état, avant le numéro et avec l’inscription, 350.

Notons encore pour mémoire : Les Sept Chèvres, dont il n’existe qu’une épreuve de 1er état au British Muséum, c’est-à-dire avec les 7 chèvres sur la même planche, particularité qui a échappé et à Robert Dumesnil et à Duplessis lui-même, qui ne signalent que les épreuves aux Trois Chèvres (26) et aux Quatre Chèvres (27), provenant du cuivre qui a été coupé.

LASNE (Michel)

Né à Caen vers 1595, mourut à Paris le 4 décembre 1667. — Quoique cet artiste ne soit pas un graveur de tout premier plan, nous ne pouvons le passer sous silence à cause de l’extrême rareté de son beau portrait d’Anne d’Autriche, pièce presqu 'introuvable et que ne possédait même pas, croyons-nous, Firmin-Didot. L’artiste signait généralement de son monogramme : un M et un L accolés.

Anne d’Autriche. — La reine est jeune et en pied, revêtue d’un somptueux costume dans une bordure carrée au haut de laquelle on lit : Anne d’Austriche, reine de France et de Navarre. Au bas un quatrain commençant par: Sa Majesté royale et la libre nature. . .

Un superbe exemplaire fut adjugé 501 francs à la vente Behague.

Nous noterons encore un autre portrait également rare : D. Margarita D. Auslria, dont une épreuve fut payée 175 francs à la même vente.

LECLERC (Sébastien)

Né à Metz en 1637, mort à Paris en 1714. — Son œuvre est considérable, près de 700 pièces. — Son catalogue a été fait par Charles-Antoine Jombert, en deux volumes en 1774, et par Edouard Meaume en 1877.

Les trois pièces les plus rares sont : Entrée d’Alexandre dans Babylone 1 (Jombert, 285) — L’ Académie des Sciences et des Beaux-Arts (263); le bel état est, avant toutes lettres et avant le squelette du cerf, la grande écaille de tortue et le tatou — Les Tireurs de Nantes à l’Arquebuse (86); les bonnes

1 Dans le 1" étal, la tête d'Alexandre est vue de profil, c’est l’état recherché et tiré à petit nombre ; dans le 2\ on l’a retouchée et mise de face.

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épreuves sont très rares ; le cuivre a été retouché et gâché par Garreau qui y a inscrit : Regravé par Garreau 169b ; ces exemplaires sont sans valeur.

En 1887, à la vente d’Edouard Meaume de Nancy, le catalogueur de l’œuvre, 5 portefeuilles contenant 3842 pièces — collection des plus complètes — furent adjugés 2045 francs.

LEU (Thomas de)

Né en 1580* à Paris, mort, dit-on, vers 1612 ou 1620, c’est un de nos premiers et de nos plus brillants burinistes ; il peut aller de pair avec nos plus grands graveurs, tels que : Nanteuil, Edelinck, Masson, Drevet, etc., mais d’un métier absolument différent de ces artistes et rappelant plutôt l’école allemande ou flamande dans sa technique ; il fait souvent songer aux Wiérix dont il possède l’exquise finesse. Il était élève de Jean Rabel.

Il n’a pas fait que des portraits 2, et a traité avec une égale maîtrise les sujets religieux. — Robert Dumesnil mentionne dans son catalogue 507 pièces, gravées soit par lui-même, soit sous sa direction. — C’est un œuvre absolument abordable et d’un bon marché excessif, étant donné sa valeur; on l’admire, mais on ne le paye pas. Les prix varient de 25 à 500 francs, encore ceux qui atteignent ce dernier chiffre — et ils sont peu nombreux — doivent-ils être de conditions exceptionnelles. — Voici quelques-uns des portraits les plus rares et les plus recherchés :

René Chopin (R D 339). — Dans un ovale équarri à mi-corps, il regarde presque de face, les cheveux sont courts sous le bonnet à cornes dit chaperon, la barbe rasée, mais vieille de quelques jours, commence à repousser ; il porte une collerette tuyautée. Le vêtement brodé qui est entr’ouvert laisse voir le pourpoint boutonné. Dans l’ovale : Renat Choppinus, œtatis 60, an. 1597. Dans le haut du coin gauche en dehors de l’ovale, des armoiries. Dans la marge du bas deux lignes de légende : Haud sculptons. . ., et au-dessous : Thomas de Leu. fe.

Un exemplaire, provenant de chez Mariette, passa à la vente Didot et fut adjugé 75 francs.

François Ier (R D 372). — Presque de face dans un ovale équarri à mi-corps, il regarde devant lui, le cou très dégagé par l’échancrure

1 Toutes ces dates, 1580 et 1612 ou 1620, sont absolument fantaisistes ; une seule chose semble certaine, c’est qu’il fut baptisé en juillet 1606 ; l’acte officiel a été relevé et publié dans Le Cabinet de l’Amateur.

2 Presque tous — au nombre de 213 — sont de très petits formats avec 4 vers dans la marge du bas ; quelques planches, atrocement retouchées et dénaturées, ont été entourées de l’encadrement du marchand éditeur Odieuvre ; ce sont des non-valeurs.

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du vêtement porte le collier de l’ordre de Saint Michel. Dans l’ovale : François Ier..., et dans la tablette un quatrain commençant par: L'Italie creint Encore. . . et Thomas de Leu. Fe. et excudit.

Vente Didot, 180 francs.

Louise de Budos, duchesse de Montmorency (R D 463). — Elle est à mi-corps dans un ovale équarri de trois quarts à droite, large collerette, corsage et manches garnis de perles. Dans l’ovale : Loise de Budos famme de M. le Conestable, àagée de 21 an. En bas 4 vers dans la marge: La Beauté d’Agariste. . . et Tho. de Leu. Fe. Daigaliers.

Portrait ravissant, assez rare.

Charles de Lorraine, duc du Maine (R D 448). — En buste presque de face dans un ovale équarri, il est tête nue, le cou entouré d’un large fraise. Dans l’ovale : Charles de Lorraine..., et dans la tablette 4 vers: Vraiment l’on faillir oit..., et Thomas de leu. Fec et excudit.

Vente Didot, 500 francs ; superbe pièce.

Charles II de Bourbon (R D 321). — Dans un ovale équarri en buste, la barrette sur la tête, il est de trois quarts à droite et regarde de ce côté, le manteau entr’ouvert laisse voir la fourrure en hermine, ainsi qu’un cordon passé au cou soutenant une croix qui vient couper l’ovale du médaillon. Dans la bordure, le nom et dans la marge un quatrain, puis Thomas de Leu. Fe : et Excu.

Le portrait très rare de ce Cardinal et roi des Ligueurs existe au Département des Estampes dans un état non décrit, c’est-à-dire avant toutes lettres. — A la vente Didot, un exemplaire dans l’état que nous venons de décrire fut adjugé 305 francs.

Elisabeth de Bourbon, reine d’Espagne (R D 361). — Dans un ovale équarri dont les écoinçons sont ornés de branches de roses, la toule jeune reine — elle est enfant — est debout de face, la main droite caressant un perroquet qui est sur une table recouverte d’un tapis placée près d’elle. Dans l’ovale : Pourtraict de Madame fille unique de Henri IIII Roy de France et de Navarre. . . Dans la tablette 4 vers: Princesse dont le deux honorons..., et entre le 2e et 3e vers en caractères plus petits : Thomas de Leu fe. Johan Blasmez pinx.

Pièce charmante et curieuse.

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Henri de Lorraine, duc de Guise (R D 381). — A mi-corps de trois quarts à droite, il regarde de ce côté, la tête est nue et le cou enserré dans une collerette à fraise. Dans l’ovale : Henry de Lorreine .... puis dans la marge un quatrain ; Engeance de ÏHerebe. . . et Thomas de Leu. Fe : et excu.

L’état que nous venons de décrire est, suivant nous, le 2<?, contrairement à ce qu’atteste Robert Dumesnil, ou plutôt G. Duplessis, volume onze, pages 111, 112, qui considère comme le 2e celui où existent les vers : D’un prince valeureux tu vois ici l’image. . .

Ayant eu sous les yeux les deux exemplaires constituant les deux états dont nous venons de parler, nous avons fait cette remarque, que celui que nous avons décrit était très fini, plein de vigueur et de fraîcheur, tandis que l’autre avec les vers : D’un prince..., quoiqu’ayant l’apparence d’une planche usée et pâlotte devait être un 1er état, parce que la collerette était blanche et indiquée au simple trait, ainsi que la barbe et les cheveux, qu’il n’y avait point encore d’ombres portées et qu’enfîn il y avait une sorte de critérium dans les deux traits échappés 1 qui se trouvaient dans l’ovale, l’un venant effleurer la lettre R dans Henry, l’autre passant entre la même lettre et l’Y du même nom.

Nous concluerons donc, en disant que, pour nous, le état est avec les vers : D’un prince valeureux tu vois... et le 2e avec ceux-ci : Engeance de l’Herebe, et des Horreurs nuittalles. . .

Henri IV (R D 409). — Dans un ovale équarri avec les écoinçons ornés d’armoiries et de fleurs de lys, le Roi est de trois quarts à droite regardant presque de face, il porte une collerette et un chapeau orné d’une aigrette que retient un bijou, le manteau jeté sur les épaules laisse entrevoir le pourpoint et le cordon de l’ordre du Saint-Esprit. Dans l’ovale on lit : Henry //// Roy de. . et dans la tablette 4 vers : Ce monarque français tout..., et Thomas de Leu. fe. F. Quenel pinxit.

Parmi les 24 portraits du roi Henri IV, gravés par l’artiste, nous considérons celui-ci comme de beaucoup le meilleur.

Jean Lullier (R D 447). — Dans un ovale équarri, écoinçonné d’armoiries, le personnage est à mi-corps debout et de face, la main gauche ramenée sur la hanche, il est nu tête, le cou enserré dans une collerette. Dans l’ovale: lehan Luillier conseiller d’ estât..., en bas 4 vers : Parmi le trouble. . ., et Thomas de Leu. fe.

1 Les traits échappés, comme l’indique leur désignation, proviennent d’un faux mouvement et sont presque toujours effacés dans l’état suivant, c’est ce qui nous incite à supposer qu’existant dans un état non terminé, qui doit être le 1", ils ont été supprimés dans l’état postérieur qui a été terminé et qui est le 2'.

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C’est une admirable estampe dont une épreuve, avant les vers, fut payée 200 francs à la vente Didot.

A mentionner encore : Servin (486) — Charles de Bourbon, comte de Soissons (488) ; vente Didot, 300 — Henri III de France (393) — Marie de Médicis (456) — Charles III, cardinal de Bourbon (500), dont un état non décrit, avant toutes lettres, fut adjugé à la vente Didot 400 francs — Duc de Nemours (467) ; un 1er état, aux cheveux relevés sur le devant, 460 francs, vente Didot — Jeanne d’Albret (422); même vente, 1er état, 150 francs — Sébastien Rouilliard, pièce rarissime et inconnue à Dumesnil, gravée d’après Daniel du Moustier, fut adjugée 200 francs à la même vente.

Beaucoup de portraits ont passé chez Odieuvre qui en a fait des retirages qui sont sans aucune espèce de valeur.

MASSON (Antoine)

Né à Loury, près d’Orléans, en 1636, mort à Paris le 30 mai 1700. Encore un burin merveilleux ; son œuvre se compose de 68 pièces sur lesquelles on compte 62 portraits, suivant Robert Dumesnil. — Voici ceux particulièrement recherchés des amateurs.

Guillaume de Brisacier (R D 15). — Dans un ovale équarri reposant sur une tablette, le bas de l’ovale orné de branches de laurier, le personnage est de trois quarts à gauche regardant de face, les cheveux très légers et grisonnants s’épandent sur les épaules, il porte line moustache et mouche, et son cou est enserré dans une large collerette de dentelle, dont la blancheur est encore dièzée par le manteau noir vigoureusement ombré. Sur l’appui de l’ovale à gauche : N. Mignard Auenonensis Pinxit, et à droite : Ant. Masson sculpebat 1664. Dans la bordure on lit : Guillaume de Brisacier secrétaire des Commandemens de la Régné 1664-.

Le 1er état est avant les noms et la qualité du personnage ; le 2e avec ses noms et qualités, mais ainsi orthographiés : Brisasier et Segretaire ; le 3e Brisacier est correctement écrit, mais la faute est restée à Segretaire ; le 4e est celui décrit.

Le chef-d’œuvre du Maître ; le 1er état, est rarissime.

Ventes : Behague, 2c état, 145 — Didot, 1er état, 305 1 ; 2e état, 73; 3e état, 17 — Malinet, 2e état, 155.

Henri de Lorraine, comte d’Harcourt2 (R D 34). — Debout à

mi-jambes, il est revêtu de sa cuirasse et tourné à gauche, l’oreille de

i La pièce n’a pas monté, car en 1844 la vente Dcbois. cet état fut payé 430 francs.

J A nussi été gravée par Jean Morin d’après Pli. de Champaigne.

ÉCOLE FRANÇAISE

ce côté est ornée d’une perle, sur la table qui est près de lui sont déposés deux brassards et un casque empanaché, il tient dans sa main gauche un bâton de commandement. Dans le haut de l’estampe à gauche : N. Mignard , Aveni. Pin. Anto. Masson, sculp., 1667. Dans la marge un quatrain : L'Honneur qu'il s'est acquis. . .

Pièce connue sous le nom du Cadet à la perle , qu’il faut avoir en 1er état, c’est-à-dire avant le 4 dans la marge à gauche, près du trait carré du haut d’un entablement, au-dessous de la naissance d’une voûte, et avant la taille échappée sur le fond près des cheveux, lors de la retouche de la planche.

Il existe de cette estampe un état d’essai de toute rareté, dont nous ne connaissons que deux exemplaires ; l’un se trouvait, en 1819, dans la collection de M. Wlassoff, chambellan de l’Empereur de Russie, à Moscou, l’autre chez M. Dutuit i, à l’exposition duquel il a figuré en 1869, au Palais de l’Industrie. Dans cet état de nombreux travaux n’existaient pas encore sur le pommeau de l’épée et la ceinture, et l’épreuve portait en bas à droite l’inscription Masson sculp. et excudil qui fut plus tard remplacée par celle de Poilly.

Ventes: Guichardot, 1er état, 110 — Behague, même état, 145 — Didot, 2e état, 95 — L. Galichon, même état, 145, provenait de chez Didot.

André Le Nostre (R D 55). — Presque de face et tourné à gauche en faisant un geste, il regarde de ce côté. Dans la marge : André Le Nostre, Coner du Roy. . ., et plus bas à gauche : Peint par Carie Marat ad vivum, et à droite : Masson del. et sculp.

Le 1er état, unique sans doute, est avant toutes lettres et avant les mèches de cheveux volants qui retombent sur le front et avant le deuxième pli sous le menton. Il fut adjugé à la vente Didot 410 francs.

Denis Marin de la Chataigneraye (R D 50). — Dans un ovale, il est de trois quarts à gauche, il avance la tète et regarde à droite. Dans la bordure de l’ovale: Dionisius Marin... et Ant. Masson ad vivum... 1672.

Ventes : Behague, Dr état avant toutes lettres, 700, rarissime — Didot, 2e état avec le portrait de Médavy 1 2, deux pièces, 40.

Olivier Lefèvre d’Ormesson 3 (R D 58). — Dp trois quarts à droite, il regarde de face dans un ovale orné en bas d’un écusson

1 Qui l’avait payée en 1812 la somme de 300 francs.

2 A la vente Behague, une épreuve de 1" état, avant toutes lettres, de ce portrait seul lut payée 240 francs.

3 Ce très beau portrait ne monte jamais en vente publique.

ÉCOLE FRANÇAISE

armorié d’où partent des branches d’olivier et de lys. Autour de la bordure: Olivarius..., sur l’appui : Ant. Masson ad vivum, Pinge et sculpebal 1665.

Ventes : Behague, 30 — Didot, Rr état, la figure est moins travaillée, 44 — Malinet, 1er état, 24.

Jacques-Nicolas Colbert (R D 19). — Dans un ovale décoré à sa base d’un écusson armorié d’où partent des branches de lys et d’oliviers où s’enroulent des serpents, le personnage de trois quarts à gauche regarde de face. Dans la bordure : Jacobus Nicolaus. . ., et sur la tablette d’appui à gauche : Ant. Masson ad viuum, et à droite : pinge et sculpebat 1670.

Ventes : Behague, état non décrit avant toutes lettres, 405, rarissime — Didot, même état, 190.

A signaler encore : Gui Patin (59) — Charles Patin (60) — et le Portrait de l’artiste, d’après Mignard (1), dont un exemplaire d’un état non décrit, c’est-àdire: avant que le cartouche du bas ne soit orné de feuilles d’olivier et avant l’inscription : Né à Orléans et est mort âgé de 66 ans et avant les mots: P. Mignard Trecensis, fut adjugé à la vente Behague 555 francs; l’épreuve courante, à celle de Didot, n’avait fait que 22 fr. et 5 fr. 50 à celle de Malinet. — Pierre Dupuis (25), superbe estampe dite l'Homme à la chaîne, dont 2 états non mentionnés par Robert Dumesnil , passèrent à la vente Van den Zande en 1855. Rr état, avant que la planche n’ait été retravaillée au burin, notamment sur le visage et les cheveux du personnage L 2? état, la planche est reprise et il existe maintenant un trait échappé vers le haut de la droite, partie sur les tailles horizontales, partie sur la marge du cuivre.

MELLAN (Claude)

Dessinateur et graveur au burin, élève de Simon Vouet, né à Abbeville en 1598, mort à Paris en 1688. L’artiste s’est singularisé dans la pièce bien connue dite La sainte Face de Jésus-Christ en la gravant entièrement et grandeur nature à l’aide d’un seul trait circulaire et sans solution de continuité commençant à l’extrémité du nez et se renflant selon le besoin du modèle jusqu’à complet achèvement de la face et des fonds. C’est une simple acrobatie graphique que nous enregistrons à titre de curiosité, l’art y étant complètement étranger.

Le catalogue de l’œuvre a été dressé par A. de Montaiglon. Abbeville 1856.

i Provenait des cabinets Daudet et Claussin.

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MORIN (Jean)

Né vers la fin du xvie siècle, mort le 3 juin 1650. Un peu à l’instar de Van Dyck il usa du pointillé pour le modelé des chairs du visage. Son œuvre catalogué par Robert Dumesnil comporte 108 pièces parmi lesquelles on relève 49 portraits. C’est à ces derniers auxquels il doit surtout sa renommée.

Guido Bentivoglio (R D 43). — Dans un octogone équarri en buste, il est de trois quarts à droite et regarde dans cette direction, du vêtement boutonné jusqu’en haut émerge un large col en toile souple, il porte les cheveux ras et la barbe entière et courte, le front est très dégagé. Dans la bordure : Guido Bentivolus. . ., et en bas dans les angles : Antoine Van Dyck pinx an 1623. I. Morin seul. cum. priu. Reg.

Ce portrait qui est le plus beau qu’ait signé l’artiste, existe au Département des Estampes, avant toutes lettres, c’est-à-dire avant les inscriptions mentionnées ci-dessus. Jusqu’à présent on n’en connaît pas d’autres exemplaires de cet état, il provenait de la collection Beringhen et fut acquis en 1731.

L’aspect de ce portrait n’est point celui d’un burin, mais bien plutôt celui d’une eau-forte ou d’un dessin à la plume.

Ventes : Guichardot, 90 — Behague, 135 — Didot, 90, de la collection Marshall — Malinet, 47.

Le Cardinal Mazarin (R D 68). — Dans un octogone presque de face, il regarde devant lui. Dans la bordure : Eminentissimus Iulus. . ., dans les angles en bas : Ph Champaigne pinx. I. Morin seul. cum. priu. Régi. . .

Contrairement à ce qui se produit généralement, le 1er état est avec les inscriptions ci-dessus mentionnées, au 2e état elles ont été effacées ; le fait est à noter, car il pourrait induire le collectionneur en erreur.

Ventes : Behague, épreuve de 1er état avant de nombreux travaux, notamment avant les tailles diagonales sur le carnaval, 550 — Didot, 36.

Antoine Vitré (R D 88). — Dans un carré, regardant de face et tourné à droite, la main est posée sur un appui où sont placés un composteur, des caractères d’imprimerie et une feuille imprimée. A droite en haut : Æt. 60, et sur l’appui le nom du personnage, et audessous à gauche : P. Champaigne pin., et à droite : Morin sculp. cum. pri. Re.

Ventes: Behague, avant les tailles croisées sur les cheveux, 155 — Didot, 26 — Malinet, état Behague, 6.

Braehet de la Miîîetière (R D 48). — Dans un encadrement octogonal de trois quarts à droite, il regarde à gauche. Dans la bordure : Théophile Brachet. . et dans les angles du bas à gauche : Ph. Champaigne pinx., et à droite : I. Morin seul. cum. priu. Regis.

Il faut choisir les épreuves avec les barbes de la planche. Ces exemplaires sont de beaucoup plus brillants que les autres. Au Département des Estampes il y a une épreuve avant toute inscription, qui provient de la Bibliothèque Mazarine qui la céda en 1861.

Ventes : Didot, 12.

NANTEUIL (Robert)

Né à Reims en 1630 mort à Paris le 10 décembre 1678, élève de Nicolas Regnesson. C’est le plus grand graveur original 1 2 de portraits au burin que nous ayons eu en France. On ne peut aller plus loin comme métier. Cela tient vraiment du merveilleux. A ce sujet nous nous sommes toujours demandé, comment et pourquoi, payant 30, 40 et 50000 francs un portrait de Rembrandt, n’a-t-on jamais pu dépasser 1800 francs 3 pour un de ceux du Maître qui nous occupe. Evidemment les métiers sont absolument différents, mais dans l’espèce ses portraits originaux vont de pair avec ceux de Rembrandt, il y a là de véritables chefs-d’œuvre qui sont l’orgueil et la gloire la plus pure de notre Ecole, comment le répétons-nous, ne leur rend-on pas le même et suprême hommage, il y a là une criante et honteuse injustice que nous demandons au temps de réparer.

Robert Dumesnil catalogue 235 planches du Maître, se décomposant en 216 poi'traits et 18 sujets divers qui, eux, sont inférieurs aux effigies.

L’artiste a fait, paraît-il, un journal où il consignait les dates des portraits au fur et à mesure qu’il les gravait. Florent Le Comte assure l’avoir consulté vers 1698. Robert Dumesnil avoue n’avoir jamais eu la bonne fortune de pouvoir se le procurer.

Souvent Nanteuil faisait suivre son millésime d’une sorte de S horizontal suivi de un ou de plusieurs points ou virgules à droite, cela constituait des étals. Le portrait de Louis XIV (156) et du marquis de Longueil (166) en sont des exemples.

Un des plus beaux œuvres formés fut celui de Armand Bertin, rédacteur en chef des Débats ; il fut adjugé en 1854 à sa vente, au duc d’Aumont, 5700 francs. Il provenait de la réunion des collection Louis-Philippe * et A. Donnadieu.

1 Certains biographes disent en 1G23.

5 Car à peu près tous ses portraits ont été gravés d’après ses propres dessins, crayons ou pastels.

3 Et encore ceux-là sont-ils excessivement peu nombreux, et d’état et de condition inrenconlrablcs, pourrait-on dire — si le mot était français — en général on peut avoir un Nanteuil irréprochable de 200 à 500 francs et souvent même au-dessous de ces prix.

+ Adjugée 2675 francs. En 1769 à la vente Cayeux, 166 portraits se vendirent 4 sous l’un dans l’autre 1 1 ! — La vente Gouverneur en 1876 en présentait une très intéressante réunion.

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Tous les portraits de Nanteuil sont pour ainsi dire à recueillir, mais voulant opérer une sélection, nous en prendrons une quinzaine seulement parmi les plus rares et les plus précieux.

Pomponne de Belièvre (R D 37). — Dans un ovale équarri à mi-corps de trois quarts à droite, il regarde presque de face, le vêtement est garni d’hermine et le derrière de la tête est recouvert d’une calotte. Le médaillon repose sur une tablette que viennent couper des armoiries. Dans l’ovale : Pomponius de Bellièvre. . .

Cet admirable portrait, considéré comme le chef-d'œuvre du Maître, est gravé d’après Charles Le Brun. Le 1er état, qui est d’une insigne rareté, est avant le crochet, après le point qui suit le mot sculpebat. — On le désigne généralement sous la rubrique Le Pomponne, ne pas le confondre avec celui d’après Champaigne (36).

Ventes: Behague, 2e état, 165 — Didot, 1er état i; 1390, sans marge, de la collection Marshall — Dreux, épreuve de 2e état avec une petite tache de rousseur, 1420 ! ! !

Colbert (R D 74). — Buste grandeur presque nature dans un ovale équarri, écoinçonné de trois C entrelacés, le personnage est de trois quarts à gauche regardant de face, les cheveux un peu longs tombent sur les épaules, le col est garni d’une large dentelle à jour. Dans la bordure ovale : Joannes Baptisla. . ., et dans le bas : R. Nanteuil ad vivum sculpebat. . . 1668.

Il y a 6 portraits du personnage. Celui-ci, qui est admirable, est le plus recherché.

Ventes : Gouverneur , un 5e état non décrit avec le chiffre 24 sous l’armoirie, 7 — Didot, 5e état, 105 — Behague, 2e état, avec le trait-d’union après sculpebat, 801.

Louis XIV (R D 156). — Dans un ovale équarri, grandeur nature en buste tourné à gauche, il regarde de face, revêtu de son armure que vient couper l’écharpe blanche. Dans la bordure ovale : Ludovicus XIII I. . . et R. Nanteuil ad vivum. . . 166b.

Dans le ler état qui est fort rare, après le point qui suit 1664, on voit le signe qui ressemble à un s couché horizontalement, mais sans qu’au-dessus de ce signe se trouve la virgule ou plutôt l’accent aigu qui apparaît à droite au 2e état.

Ventes : Gouverneur, 161 — Behague, 600 — Didot, 400 : toutes épreuves de 1er état.

* A la vente Dcbois en 1844, cet état fut adjugé 190 francs.

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Louis XIV (R D 161). — En buste grandeur nature .tourné à gauche et regardant de face, il est revêtu de son armure avec le cordon bleu en partie masqué par l’écharpe blanche, il est dans une bordure de laurier posée sur une peau de lion. Cette bordure est au-dessus d’une sorte de cartel-bouclier contenant les conclusions d’une thèse. De chaque côté deux médaillons ; dans celui de gauche on lit : Uncrescunt obice vires, et dans celui de droite : Summum abrupisse dolebit, sur la banderole qui les réunit on voit écrit : Offerebat . . . , puis sur la base du bouclier : Has Theses Deo..., et enfin sur le piédouche : Nanteuil ad vivum. . . 1612.

Pièce rare en deux cuivres, dite : à la peau ou aux pattes de lion.

Ventes : Behague, 530 — Didot, 3e état avec la thèse, 1810.

La Mothe Le Vayer (R D 143). — Dans un ovale équarri, à mi-corps de trois quarts à gauche regardant de face, il porte un large col blanc. Dans la tablette sous l’entablement où repose le médaillon : Franciscus Mothaeus. . . a studiis 1661, et à gauche: Nanteuil ad vivum, et à droite : Delin et sculpebat.

Cet admirable portrait fut adjugé 1100 francs à la vente Didot, il était en 1er état, c’est-à-dire avant les deux guillemets qui accompagnent l’année 1661, il provenait de la vente Debois où il avait été payé 201 francs. A la vente Gouverneur le dernier état fut adjugé 37 francs.

Jean Loret (R D 150). — Dans un ovale équarri reposant sur un socle, en buste de trois quarts à gauche et regarde de face ; il porte fine moustache et est coiffé d’une calotte. Les cheveux longs retombent sur un large col blanc garni de dentelle. Dans l’ovale : Iean Loret. . ., à gauche sur l’entablement : Nanteuil ad vivum, à droite : Del et sculpebat 1658, et dans la tablette un quatrain : C'est, icy, de Loret. . .

Le l«r état de cette merveille ne porte qu’un seul point après le millésime, il est insignement rare ; le 2e état porte un crochet après le point, et il n’y a pas de virgule après le nom de Loret dans le premier vers ; le 3e état a cette virgule.

Ventes : Gouverneur, 2e état, épreuve signée de Mariette, 66; 3e état, 28 — Behague, 2e état, 125 — Didot, 1er état, 1100; 2e état, 25 ; 3e état, 12.

Marie-Louise de Gonzague (R D 164). — Tournée à droite elle regarde de face ; dans la bordure de l’ovale on lit : Louyse-Marie de Pologne..., et sur le socle à gauche: Juste pinxit, et à droite: R. Nanfeuil sculpebat 1653, en dessous un quatrain : Telle et plus Belle

encor. . .

ECOLE FRANÇAISE

Ventes : Gouverneur, 12 — Behague, 1er état, avant la rosette autour du point en forme de losange, 655 — Didot, même état, 1010, il provenait de la vente Camberlyn où il avait été adjugé 151 en 1865.

Mentionnons encore : Louis Dauphin de France (R D 163), 1er état, Behague, 690 francs — Vicomte de Turenne (223), vente Gouverneur, 2e état, 440 ; 4e état, 190 — Didot, 2e état, 710; 3e, 155; 4e, 250 — Behague, 2e état, 990. Le 1er état qui est unique et qui est plutôt un essai, a passé dans la collection Revil — Cardinal Mazarin (183) — Louis XIV (157) — Paul de Gondi (217) — Messire Charles Paris d’Orléans, comte de Saint-Paul... (219), d’après Ferdinand, gravé en 1660, qui est peut-être supérieur encore, selon nous, à ceux considérés comme étant les plus beaux de l’œuvre ; c’est une pure merveille ; et enfin Gaspard de Daillon du Lude, portrait demeuré inconnu à Robert Dumesnil et même à Duplessis puisqu’il ne figure pas au supplément du Peintre-Graveur qu’il a continué et révisé. Voici du reste la description de cette rarissime estampe : il est tourné à gauche et regarde de face dans une bordure ovale armoriée, au bas sur la console du support on lit : Nanteuil ad vivum pingebat et sculpebat 1661 ; et dans la bordure : Gaspard du Lude, Albiensis episcopus ac dominus temporalis. — Nous n’avons relevé ce portrait dans aucune vente, sauf dans celle de Bertin où il passa en 1854.

NOLIN (J.-B.)

Molière, — L’illustre écrivain est assis sur une chaise, il tient un livre dans la main gauche et une plume dans la droite, la pointe dépasse le bord de l’estampe. — Gravé en 1685 d’après Mignard.

Un exemplaire de ce portrait célèbre et rarissime, avant la lettre en 2e état et avant le pilastre quadrangulaire avec socle dans le fond, sur lequel dans les états suivants le cartel est suspendu, fut adjugé à la vente Decloux, 1401 francs. — Il n’existe qu’une épreuve du 1er état.

Nolin ou Nolink qui a gravé ce portrait travaillait au milieu du xvue siècle. C’était surtout un artiste ornemaniste.

POILLY (François de)

Né à Abbeville en 1623, mort en 1693, c’est un buriniste extrêmement habile, très délaissé aujourd’hui ; c’est surtout dans ses Vierges qu’il s’est surpassé.

Nous noterons de lui : La Nativité ; La Fuite en Egypte, d’après Le Guide, et La Vierge au Linge, d’après Raphaël, cette dernière est surtout recherchée par l’Amérique, mais avant les contre-tailles sur le linge que soulève la Vierge pour laisser voir le divin Enfant à saint Jean.

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Le portrait de Bossuet, d’après Mignard, très rare ; Marie-Thérèse de France, d’après Beaubrun, et Philippe de France, duc d'Orléans, qu’il faut avoir avant les mots N. Poilly exe. sur le listel de la bordure, tous portraits superbes valant de 125 à 200 francs.

Pour une cause que nous ignorons, Robert Dumesnil a omis de mentionner le nom de cet artiste, dont le catalogue divisé en trois parties et contenant 236 pièces avec un numérotage recommençant pour chaque série, a été dressé par R. Hecquet en 1752; malheureusement, ce tout petit volume est sans table, les recherches sont donc de ce fait rendues très difficiles.

SGHUPPEN (van)

Artiste d’une rare habileté, né à Anvers en 1623, mais ayant passé sa vie en France. Il est mort à Paris en 1802, nous le considérons donc comme un des nôtres. Il était élève de Nanteuil ».

Il a gravé d’après tous les peintres célèbres de son époque : Ch. Le Brun, J. Nocret, de Troy, Beaubrun, P. Mignard, N. de Largillière, etc., et aussi d’après Nanteuil et ses dessins. Nous mentionnerons comme portraits tout à fait hors ligne et fort rares :

Jean-François de Gondi, adjugé vente Behague, 142 francs — De la Reynie, d’après Mignard 1685, avant toutes lettres et non terminé, 185, rarissime — et son chef-d’œuvre Antoine-François Van der Meulen, d’après Largillière 1685, une merveille avant toutes lettres payée 550.

TROU VAIN (Antoine)

Né à Montdidier en 1656, mort à Paris le 18 mars 1708, très bon artiste, grave généralement un peu gros, mais quand il le veut sait néanmoins le faire avec beaucoup de finesse comme il l’a prouvé dans maints portraits tels que : I louasse, Habert, Delphine, Berlin, Denise Le Petit, Calliope de la Trcmouille, etc.

Nous allons donner la description encore inédite, croyons-nous, de la remarquable et célèbre suite des 6 pièces en travers dite : Les Appartements du Roi Louis XIV, dont le format est le petit in-folio.

Premier appartement. — Les Billes: Dans une pièce au milieu de laquelle est une sorte de billard au-dessus duquel est un lustre allumé, se trouvent réunis jouant aux billes, à gauche : M. le duc d’Anjou et M. le duc de Berry ; à droite : M. le prince de Galles tournant le dos el M. le comle de Brionne. Cinq autres personnages complètent

i II fut même surnommé le Petit Nanteuil.

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la scène. Au bas et au milieu de l’estampe on lit : Premier appartement, et au-dessous : Gravé par A. Trouvain rue Saint-Jacques an Grand Monarque atenant les Mathurins avec privil. du Roy Î69't.

Seconde chambre des appartements. — Les Cartes : Assis autour d’une table, à gauche : Monseigneur vu de dos, Mme la princesse de Conty, douairière ; à droite : M. le duc de Bourbon, Mme la duchesse de Bourbon, M. de Vendôme, grand Prieur de France, accompagnés de deux autres personnages, jouent aux cartes ; des bougies allumées sont sur la table. Au bas de l’estampe et au milieu de la marge sous le trait carré on lit : Seconde chambre des aparlemens, et : Gravé à Paris. . .

Troisième appartement. — Le Billard : Autour d’un billard occupant presque le milieu de la composition : Le Roy, Monsieur, M. le duc de Chartres, M. le comte deThoulouze, M. le duc de Vendôme, M. d’Armagnac, M. de Chamillart et un autre personnage sont en train de faire des carambolages. En bas au milieu de l’estampe sous le trait carré : Troisième appartement, et l’adresse : Gravé. . .

Quatrième chambre des appartements. — Le Théâtre : A gauche de l’estampe, debout, M. le duc de Bourgogne ayant assis à sa gauche : Madame, Mme la duchesse de Chartres, Mme la duchesse du Maine, Mme la princesse de Conty; à droite de l’autre côté de la composition : Mademoiselle et M. le duc de Chartres, celui-ci est sur le premier plan ; deux autres personnages et un orchestre de cinq musiciens placés en haut à gauche dans une loge ; un lustre est allumé dans la pièce. En bas au milieu de l’estampe sous le trait carré : Quatrième chambre des apartements, et : Gravé. . .

Cinquième chambre des appartements'. — Le Concert : A gauche une table, sur laquelle des bougies sont allumées et de ce même côté dans une loge élevée des personnages ; l’un d’eux joue d’une sorte de flûte, d’autres tiennent des rouleaux de musique ; en face de ces musiciens, sont assises à droite cinq dames de qualité ayant debout derrière elles trois jeunes seigneurs paraissant écouler le concert. En bas dans le milieu de la marge sous le trait carré : Cinquième chambre des aparlemens, et : Gravé. . .

1 Cetle pièce et la suivante — contrairement à ce qui existe dans les quatre précédentes — ne portent jamais dans la marge les noms des personnages.

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Sixième chambre des appartements. — Le Buffet : Devant un buffet placé au fond de l’estampe et chargé de fruits, plats et gobelets, six personnages. Deux domestiques, dont l’un à gauche vu de dos va remettre une corbeille de fruits sur la table, tandis que l’autre qui est presque au milieu de la pièce, remplit le verre d’un seigneur qui, une canne dans la main droite, est tourné de trois quarts à gauche. En bas de l’estampe au milieu sous le trait carré : Sixième chambre des apartemens, et: Gravé...

On a coutume d’ajouter à cette suite la pièce suivante qui est fort rare :

La Famille de Lorraine. — Au fond d’un appartement on aperçoit un escalier à gauche vers lequel se dirigent deux personnages, un homme et une femme. Sur le premier plan à gauche, un gentilhomme le chapeau à la main droite et de profil à gauche, montre du doigt une carte déployée sur une table recouverte d’un lourd tapis qui est au milieu du salon, et autour de laquelle cinq personnages sont réunis. De chaque côté de l’estampe à droite et à gauche, des piédestaux supportant des urnes. Dans la marge du bas à gauche : P. Grafait pinxit, et le nom des cinq personnages: 1. M. le duc de Lorraine né en 1679. — 2. Mme la duchesse de Lorraine née en 1676, mariée le 10 septembre 1698. — 3. Le Prince Charles, Evesque d'Osnabruch, né en 1680. — 4. Le Prince Joseph né en 1685. — 5. Le Prince François né en 1689. — Se vend à Paris chez Trouvain, etc. . .

On rencontre encore assez facilement ces pièces isolées, mais réunies elles sont de la dernière rareté. Elles sont très précieuses au point de vue costumes et ameublements.

Ventes : Behague, les 7 pièces en condition superbe, 2505 — Didot, 5 pièces, la sixième manque, 1650 — Destailleur, les 6 pièces toutes en grandes marges, sauf la seconde, superbes épreuves, 3900; La Famille de Lorraine, 101 — Baron Pichon, lre, 2e, 4e et 5e, soit 4 pièces, 1200 ; la 3e réduite et en contre-partie publiée chez E. Guérard, 99 ; La Famille de Lorraine, 181 — Defer Dumesnil, la 3e chambre, 360.

Ecole Hollandaise

et Flamande

ÉCOLE HOLLANDAISE & FLAMANDE

BERGHEM (Nicolas)

Né à Harlem en 1624 où il mourut en 1683 ; peintre animalier avant tout, a néanmoins traité quelques sujets de genre rustique. — Son œuvre se compose d’une soixantaine de pièces très rares à rencontrer en belles épreuves. — Ses maîtres furent J. van Goyen et P.-F. de Grebber. — Le premier catalogue de son œuvre fut fait par Henri Winter, en hollandais, en 1767 ; voir également Bartsch, Weigel et Dutuit.

Les trois Vaches au repos (Bartsch 3). — Deux sont couchées et une est debout. A droite une bergère et un berger — ce dernier vu de dos — sont assis près d’un grand arbre ; à gauche un bouc, et dans l’éloignement un pâtre, des animaux et des fabriques ; à droite un mouton couché ; à gauche un vieux tronc d’arbre au premier plan. En haut à gauche : N. Berghem fe.

1er état. — Le tronc renversé au premier plan est tout blanc ».

2e état. — Avant le nom de Berghem, et le petit nuage au-dessus du bouquet d’arbres, les travaux de pointe sèche ne sont pas encore ébarbés, mais il n’y en a pas encore sur les montagnes, une des vaches couchées a de fortes taches noires sur le dos, provenant des barbes.

3e état. — Encore avant le nom, mais avec le nuage, et travaux de pointe sèche sur les montagnes.

4e état. — Avec le nom.

5e état. — Avec le nuage.

6e état. — Avec l’adresse de Fr. de Widt excudit.

Ventes : Liphart, 2e état, 437 — Guichardot, 3e état, 405 — Knowles, 2e état, indiqué 1er par erreur, 1125, de chez Arozarena et Alferoff —

1 C’est une épreuve d’essai dont nous croyons qu’il existe un exemplaire au Dritish Muséum qui possède un fort bel œuvre de l’artiste provenant de la collection Sheepsliands ; une autre épreuve de cet état a figuré en 1869 à l’Exposition Dutuit.

ÉCOLE HOLLANDAISE ET FLAMANDE

Schloesser, 3e état, 200, avec les bords de la planche sales — Oppermann, 2e état, 531 — Bouillon, 2e état, 115; 3e état, 130 — Straeter, 2e état, peut-être le plus bel exemplaire connu, provenait du cabinet Delamotte-Fouquet, 1656.

Le Joueur de cornemuse (4). — Le joueur cause avec un paysan qui, vu de dos et monté sur un âne, se dirige à droite vers deux vaches et un mouton, plus loin un pâtre conduisant son troupeau, et dans l’éloignement, des montagnes et des arbres. En haut à gauche : N. Berghem fe.

Cette estampe, dite Le Diamant, est considérée comme la pièce capitale de l’œuvre ; elle est rare.

1er état. — Eau-forte pure, avant le nom de Berghem ; unique.

2« état. — Retouchée à la pointe, mais encore avant le nom.

3e état. — Avec le nom.

Ventes : E. Galichon, 400 — Liphart, 2e état, sur papier à la folie, un des plus beaux exemplaires existant, 1218 — Schloesser, 2e état, papier aux armes d’Amsterdam, avec de légères barbes, 283 — Oppermann, 2e état, 312 — Bouillon, dernier état, 85 — Straeter, 2e état, provenant du cabinet Delamotte-Fouquet, 1150.

Le Retour des Champs (5). — Nu-tête, assis sur un âne, un homme se dirige vers la gauche, une femme portant un panier sur la tête le suit, une chèvre et un mouton les précèdent. Sur le devant de l’estampe, cinq moutons au repos. En bas à gauche : Berghem 166A.

Pièce rare, dite La Perle ; on la dénomme quelquefois aussi : L’Homme monté sur un âne.

Ventes : Liphart, 2e état, dit au ciel blanc, 569 — Knowles, même état, 839, de la collection Verstolk de Soelen — Schloesser, les bords de la planche sales, 144 — Oppermann, ail ciel blanc, 812 — Bouillon, même état, 235 — Straeter, même état, 839.

Notons encore La Vache qui s’abreuve (B 1), belle pièce fort rare, dont un exemplaire du l®r état, avec le nom de l’artiste en gros caractères et le millésime 1680, fut adjugé à la vente Oppermann 419 francs. — Les estampes du Maître ressemblent souvent à celles de son compatriote Jean Vischer; on les peut facilement confondre.

BOLSWERT (Schelte à)

On croit qu’il naquit à Bolswert vers 1586, il mourut en 1586. — Artiste au burin d’une très grande habileté. On raconte que Rubens retouchait au crayon ou au pinceau ses premières épreuves, ce qui permettait au graveur de reprendre son cuivre et de donner ainsi plus de fidélité à son interprétation. Son œuvre dépasse 200 pièces. — Il a été catalogué par Schneevoogt.

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Le Christ à l’Eponge 1 . — Le Christ crucifié recommande sa mère à saint Jean ; près de deux hommes à cheval on en voit un troisième qui présente au Sauveur, à l’extrémité d’une longue perche, une éponge. Dans la marge du bas deux lignes du verset de saint Jean, et encore en dessous deux autres lignes de dédicace à : François de Moncada, suivie des mots : Observantiae ergo, etc..., à gauche sous cette dédicace: S. A. Bolswert sculp., au milieu : Cum. Privilegio. . ., à droite : Martinus van den Enden excudit, et dans l’estampe même sur la terrasse, tout en bas à gauche : A Van Dgc Pinxit.

Voici les quatre états que nous connaissons de cette pièce :

1er état2. — Avant toutes lettres, avant la couronne d’épines sur la tête du Christ et avant l’ombre portée devant le gros orteil de l’homme qui présente l’éponge, saint Jean a la main sur l’épaule de la Vierge.

2e état. — La main de saint Jean ne s’appuie plus sur l’épaule de la Vierge, mais il n’y a pas encore d’ombre portée devant l’orteil.

3e état. — La main de saint Jean est remise sur l’épaule de la Vierge, et la signature de Van Dyck est toujours sur la terrasse, mais à droite ; le verset de saint Jean est en une seule ligne et n’est plus suivi de la dédicace à : François, etc...

4e état. — La main de saint Jean sur l’épaule a été de nouveau supprimée ; le reste, comme à l’état décrit.

Le cuivre original existe encore au musée Plantin Moretus, à Anvers ; on en fait des tirages et l’exemplaire se vend 30 francs.

Ventes : Didot, un des deux exemplaires en 1er état, 2050 — A la vente Debois, en 1843, une épreuve de 2e état fut adjugée 305; elle repassa en 1862 à la vente Simon et fut payée 135.

Le Couronnement d’Epines. — Un bourreau présente au Sauveur un roseau, pendant que les autres le saluent dérisoirement du nom de Roi des Juifs. Dans la marge du bas en une seule ligne, un verset de saint Mathieu: Plectentes coronam de spinis..., audessous une dédicace : Nobilissimo et..., à gauche: Ant. van Dyck pinxit, et au-dessous : S. à Bolswert fecit, à droite : Martinus van den Enden excudit. cum Privilegio.

Très remarquable estampe, gravée d’après un tableau passé en 1775 de l’abbaye aux Dunes à Bruges dans la collection du roi de Prusse; actuellement à Postdam. — Les premières épreuves sont avant les contre-tailles au vêtement et à la jambe gauche du deuxième soldat debout à droite.

1 La toile originale est à Gand, dans l’église Saint-Michel.

5 Deux exemplaires connus seulement, l’un au Département des Estampes, l’autre chez Dutuit, qui figura à son Exposition en 1869.

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Ventes : Schloesser, avec l’adresse de van den Enden et les contre-tailles, 152, de chez Brentano — Bouillon, état Schloesser, 162 — Defer Dumesnil, 1er état, 122.

Le Serpent d’airain.

Superbe estampe, d’après Rubens, dont un exemplaire, avant que le cintre qui sépare les armes de l’estampe ait été raccordé au burin, et avant l’adresse de G. Hendricx, fut adjugé 260 francs à la vente Schloesser. — Il existe une copie en contre-partie.

BOSCH (Hieronymus)

Né en 1450 disent les uns, en 1470 affirment les autres, mort en 1518 ; on le nommait aussi Agnen de Bois le Duc. — A gravé une quinzaine de pièces dont l’une des plus curieuses et des plus insignement rares est :

Saint Christophe (Passavant 10). — Sur la mer couverte d’êtres et d’animaux absolument fantastiques, saint Christophe les dominant tous de sa haute stature s’avance au milieu d’eux se dirigeant vers la gauche, muni d’un bâton sur lequel il s’appuie de ses deux mains. Il porte ainsi sur son épaule le Sauveur qui tient un monde dans sa main droite, sa tête est auréolée et derrière lui se déroule une longue banderole tout en haut de l’estampe portant une légende en caractères gothiques commençant par ces mots : Cliristofore ste virtutis. . . Sur un rocher à gauche, un ermite tourné à droite ouvre une lanterne. Au fond de l’estampe à gauche et à droite un château fort ; tout près de ce dernier sur un étendard le nom de l’artiste Bosche en mêmes caractères que ceux de la légende. Dans le coin droit inférieur de l’estampe, un enfant à demi-couché sur le dos pleure en but aux tracasseries d’une multitude de petits hommes grotesques. Entre les jambes de saint Christophe un énorme homard.

Un superbe exemplaire passa à la vente Angiolini, il fut adjugé 1689 francs. — Les œuvres de ce Maître sont toutes rarissimes, et il ne s’en rencontre pour ainsi dire jamais dans les ventes publiques.

DELFF (Willem-Jakobsz)

Né â Delft en 1580, mort en 1638; graveur de portraits estimés. Nous signalerons à titre de spécimen du talent de l’artiste la très curieuse et très rare estampe :

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Guillaume d’Orange le Taciturne. — Assis et vu à mi-jambes, la tête couverte d’un chapeau, le personnage est vêtu d’une robe doublée de fourrure, la main droite tient le bâton de commandement, la gauche repose sur la garde de son épée. Au fond à droite, la salle des gardes du palais. Gravé d’après van de Venue 1G23.

Vente Behague, 405 francs ; rarissime.

DU HAMEEL (Alaert)

On ne sait rien sur cet artiste de la fin du xve siècle que Bartsch, à tort suivant nous, met aux Allemands. Ses estampes peu nombreuses — une dizaine peut-être — sont d’une rareté telle qu’on les peut presque dire introuvables.

Mentionnons particulièrement la suivante qui est fort curieuse :

Le Jugement dernier (Bartsch). — Au milieu de l’estampe le Sauveur est assis sur un arc-en-ciel, les pieds reposant sur un monde; à gauche dans le lointain, le chemin du ciel ; au fond à droite, l’enfer. Dans les airs deux anges sonnent de la trompette qu’entoure une banderole sur laquelle on lit : Hec est dies, quem fecit Dominus.

Il nous faut remonter à la vente Arozarcna, en 1861, pour en voir passer un exemplaire qui s’adjugea 610 francs. — Il existe une copie moderne.

EVERDÏNGEN (Alaert van)

Né à Alkmaar en 1621, mort à Amsterdam en 1675. Il séjourna longtemps en Norwège et reproduisit de nombreux sites de ce pays : torrents, rochers, bois, chutes d’eau, paysages frustes et sauvages, cabanes de bûcherons1, etc., etc... Ses pièces sont sans date, mais généralement signées des initiales A. V. E. Les états sont nombreux, ils varient de 2 à 7, mais il y en a presque toujours 2 ou 3 ; les premiers sont fort rares. Une particularité à noter : au 1 or état de la planche, le cuivre est à angles aigus, tandis qu’aux suivants ces angles sont arrondis.

Bartsch a catalogué 163 pièces, et Drugulin en 1873 en mentionne 167. Dutuit est le dernier écrivain d’art qui en ait fait la monographie, elle est extrêmement détaillée, il en signale également 167 pièces.

1 II a aussi illustré de 57 planches le poème allemand du Reynier : Les Fourberies du Renard.

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Sans être un artiste hors pair, quelques pièces du Maître sont dignes cependant de figurer dans le portefeuille d’un amateur à titre de spécimens. Nous conseillerons les suivantes qui sont les meilleures et les plus rares :

La Rivière en bas du grand rocher (Dutuit, 44) — Marine à travers le rocher percé (47) — La Femme regardant la nacelle (75) — La Butte (100), rarissime — La Cascade près du moulin à eau (102), pièce capitale de l’œuvre.

Le graveur avait l’habitude de retoucher ses ciels au burin, ce qui les alourdissait, et aussi de reprendre souvent ses animaux à la pointe sèche ; c’est avant ces retouches qu’il faut avoir les épreuves. Le métier de l’artiste rappelle quelquefois de loin celui de Ruysdaèl. Ce graveur a aussi produit quelques pièces en manière noire.

La plus belle réunion de l’œuvre a été formée par Auguste Straeter d’Aixla-Chapelle ; à sa vente en 1898, certaines pièces ont atteint 500 francs. Les collections Liphart, Knowles et Oppermann étaient aussi assez intéressantes par le choix des pièces importantes qui s’y trouvaient représentées.

GOLTZIUS (Henri)

Né à Mulbrecht en 1558, mort à Harlem en 1617. Artiste d’un talent merveilleux et d’un métier absolument indépendant et libre ; entendant sans cesse vanter les œuvres de ses devanciers, il résolut de montrer qu’il pouvait aussi bien faire, et grava six pièces qu’on est convenu d’appeler ses six chefs-d’œuvre ', mais qui sont loin de mériter cette réputation et sur lesquelles il faudrait bien se garder de juger l’artiste; elles eurent pourtant à leur époque un grand succès, passèrent pour des originaux et furent vendues comme tels. Il grava aussi quelques beaux bois.

Il eut comme principaux élèves Jacques Matham, Jean Muller et Jean Saenredam, ce dernier surtout, le pasticha d’une façon telle qu’on y retrouvait toutes les qualité du Maître et qu’on hésitait souvent à qui attribuer la paternité de certains morceaux, tant était grande la servilité de l’imitation. L’œuvre qui se compose d’environ 325 pièces, sujets bibliques, allégories et portraits surtout, a été catalogué par Bartsch et par Weigel.

Catherine Decker (B 210). — La vieille femme tournée à gauche est assise dans un fauteuil, en face d’une table ; à travers la croisée ouverte qui est près d’elle on aperçoit un paysage. En bas, quatre vers d’Horace : Damnosa quid. . .

t Savoir: L’Annonciation, dans le goût de Raphaël; La Visitation, dans celui du Parmesan; L'Adoration des Ilcrgcrs, genre Bassan ; La Circoncision, manière de Durer ; L’Adoration des Rois, goût de L. de Leyde ; La Sainte Famille, manière de Baroche. Ces prétendus chefs-d'œuvre, gravés en 1593 et 1594, ne dépassent pas dans les ventes 250 à 300 francs les six ensemble, et encore faut-il qu'ils soient en 1" état, c’est-à-dire avant le numéro et l'adresse de Vissclier ; n’est-ce pas là la confirmation absolue de notre appréciation. Ajoutons qu’à la vente Berard en 1894, lu suite avec les numéros, fut payée 82 francs, les épreuves étaient belles.

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Ventes : Didot, 1er état, avant la lettre et les travaux du fond, 295 ; avec la lettre, mais avant les éraillures sur la planche, 75.

Goltzius (B 172). — Presque de face en buste grandeur nature, légèrement tourné à gauche ; le vêtement est bordé d’une fourrure, une fraise entoure le cou et la tête est coiffée d’une calotte. En bas : Hendric Goltius et des armoiries à tête d’aigle. En haut à gauche du cintre, une tête de César couronné ; à droite, trois torches.

Il existe au British Muséum un 1« r état, sans doute unique, dans lequel la tête, la barbe et la fraise sont seules gravées, le reste est fait à la plume. — Le 2e état est avant Hendric. . .

Pièce très rare.

Ventes : Didot, avant toutes lettres, 720 — Holford, avant l’inscription, 412 — Vendu en 1894 par H. -G. Gutekunst, 443 — En 1900 par le même, 812.

Henri IV (B 173). — En buste tourné à gauche, tête nue, et décoré du Saint-Esprit et de Saint-Michel. En bas quatre vers : Ce grand Roy, etc. . .

Ventes : Behague, 1er état, 305 — Holford, 1er état, avec l’adresse de P. van Houve, 156 — Vendu en 1894 par H. -G. Gutekunst, 387 — Angiolini, 45.

Le Jeune Frisius avec son Chien (B 190). — L’enfant essaie de monter sur un gros chien de chasse et tient sur le poing droit un oiseau de proie, un faucon sans doute. Au fond dans un paysage, un gros arbre. En bas quatre vers latins : Quid tabula. . .

Au 1er état, la tête de l’enfant n’est pas terminée ; nous croyons qu’une épreuve de cet état rarissime figurait dans la collection de Fries et de Verstolk. — Se défier de 5 ou 6 copies qui existent. — Cette estampe est généralement connue sous la dénomination du Chien de Goltzius.

Ventes : Liphart, 150 — Behague, 280 — Didot, 200 — Straeter, 1143;' cet exemplaire, le plus beau connu, portait la signature de Mariette et provenait des collections Esdaile et Holford — Seymour Haden, 287 — Lacroix, 116.

Le Joueur de cornemuse.

Cette eau-forte, gravée sur étain, est restée inconnue aux iconographes ; un exemplaire passa à la vente Seymour Haden où il fut adjugé 31 francs ; il provenait des doubles du Musée d’Amsterdam. — Rarissime.

Noël de la Faille (B 212). — A mi-corps dans un ovale, un général entouré de trophées, appuyé une main sur son casque, l’autre sur son épée. Dans l’ovale : H. G. fec. Leges tueri. . .

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A la vente Knowles un état non décrit fut adjugé 626 francs ; il était avant la lettre, avant les armes et avant que les soldats du fond aient été gravés, cet exemplaire sans doute unique provenait de la collection Verstolk de Soelen, il avait passé croyons-nous par le cabinet de Fries. Il existe aussi des épreuves extrêmement rares avant l’inscription dans l’ovale et avant l’adresse de Herman Adolfz, un de ces exemplaires fut adjugé à la vente Didot, 105 francs.

Vénus, Bacchus, Cérès et Cupidon. — Sur un tertre, tournée vers la gauche, Vénus est couchée au pied d’un arbre, elle se retourne vers Bacchus qui est assis derrière elle le bras droit étendu et un verre à la main. Sur le devant, Cérès vue de dos, tient une corne d’abondance, et Cupidon assis près du genou gauche de Vénus, souffle sur un feu qui éclaire cette scène. En bas à gauche, le monogramme de Goltzius, et dans la marge une inscription commençant par ces mots : Cum Bacchi et Cereris.

Cette jolie pièce ronde est de toute rareté, elle est restée inconnue à Bartsch et à Weigel, une épreuve passa à la vente Schloesser où elle fut adjugée 231 francs.

Johannes Zuremus (B 189). — Assis à mi-corps de trois quarts à droite il regarde de face, il est nu-tête et vêtu d’un vêtement bordé de fourrure, il tient un livre entr’ouvert dans les mains. Le front est chauve, la barbe longue, épaisse et frisottante. Tout en haut de l’estampe : Johannes Zuremus A0 Aetat 71 Domini 88. A droite des armoiries. En dedans du trait carré et sous la main gauche : H. G. fecit. Dans la tablette quatre vers : Corporis cffigiem . . .

La tête et le front avec ses rides sont d’un modelé admirable. C’est dans celte pièce et dans la suivante qu’il taut juger l’artiste, il est difficile de le surpasser comme métier. Nous n’infirmerons en rien ce que nous avons dit plus haut de son talent dans les quelques lignes de notice que nous lui avons consacrées, en constatant cependant avec étonnement qu’un artiste de cette trempe ait pu signer certaines grandes pièces d’une banalité désespérante, telles que par exemple : Les trois Statues antiques de Rome (B 143-145) et Les Romains illustres par leur valeur (B 93-103).

Rebecca (B ?). — Dans un ovale équarri dont les écoinçons sont ornés, ceux du haut: de deux personnages assis, celui de gauche jouant de la mandoline, celui de droite — une femme — chantant en tenant un cahier de musique dans la main gauche, et ceux du bas, de deux paons, une jeune femme est debout, à mi-jambes, de trois quarts à gauche et regardant de face. Le cou est serré dans une large

ÉCOLE HOLLANDAISE ET FLAMANDE

fraise, la main droite ramenée à la hauteur de sa ceinture et la gauche appuyée sur une tête de mort près du missel qui est sur la table placée devant elle. Derrière elle au fond de l’estampe, la campagne avec des personnages, des constructions et des collines à l’horizon. Dans l’ovale on lit en exergue : Rebecca qualis, qualis aut pareils..., et au milieu dans un cartouche ombré sous le médaillon : H. Goltzius fecit 1589 (?)

Ces deux portraits — genre dans lequel excelle l’artiste — sont actuellement exposés dans la salle de travail du Département des Estampes, ils appartenaient, si notre mémoire ne nous trahit pas, à Mariette dont ils portent la signature avec la date 1667. Le premier de ces deux portraits fut adjugé à la vente Didot, 22 francs ! ! ! Il y avait deux exemplaires de deux états différents, dont l’un était en 2« état avant l’écusson, l’épreuve était superbe, dit le catalogue, que nous devons croire. Voilà de douloureuses anomalies, on n’apprécie pas un bijou comme celui que nous venons de décrire, puisqu’il atteint avec peine 22 francs, mais en revanche on s’emballera et on paiera le prix idiot de 1500 à 2000 francs La petite Bohémienne Espagnole de Rembrandt qui ne vaut pas quatre sous ; bravo les amateurs ! ! !

Hercule tuant Cacus (B 231). — Dans une caverne, vu de trois quarts à droite, Hercule lève des deux mains sa massue pour achever Cacus qui gît à terre sur le dos. Dans la partie gauche de l’estampe on lit perpendiculairement : H. Goltzius Inv (?)

Très beau clair-obscur dont une épreuve figura à VExposition de la Gravure sur bois en 1902.

HEUSCH (Wilhem de)

Né à Utrecht en 1638 (?); on ignore l’année de sa mort. Il séjourna assez longtemps en Italie où il travailla. C’est un peintre-graveur surtout paysagiste et animalier ; il a produit peu : une quinzaine de pièces environ.

Les plus rares sont : Les deux Arbres sur le bord du chemin (Dutuit 13), estampe de la dernière rareté inconnue à Bartsch et à Weigel dont- un exemplaire fut vendu en avril 1894 par H. -G. Gutekunst, 825 francs, et Le Dessinateur (Bartsch 1), adjugé à la vente Oppermann, 189 francs, avant le millésime, Rr état.

HONDIUS (Henri)

Il naquit, croit-on, à Dussel en Brabant vers 1573 et mourut à Leyde à l’âge d’environ 72 ans ; il eut pour maître Jean Wierix dont il chercha du reste à imiter le style. Son plus beau portrait est le suivant qui est d’une extrême rareté. On sait peu de chose sur cet habile artiste qui était surnommé Le Vieux, pour ne pas le confondre avec un autre graveur du même nom, né presque à la même époque à Londres.

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Vladislas. — Le roi de Pologne est à cheval et se dirige vers la droite ; les crins de l’animal sont tressés et retenus par des rubans qui traînent jusqu’à terre. Au fond de l’estampe des soldats se livrent bataille.

Un superbe exemplaire de ce grand in-folio passa à la vente Behague, il était de condition parfaite et y fut adjugé 710 francs.

JEGHER (Christophe)

Né à Anvers en 1620, on ignore la date de sa mort. C’est à tort qu’il a été classé par quelques-uns dans l’Ecole allemande. Graveur sur bois de talent, il a su interpréter souvent avec bonheur de magistrales compositions de S. Rubens.

Nous attirerons l’attention des collectionneurs sur les belles pièces suivantes : Le Repos en Egypte, en clair-obscur; Silène ivre; Jésus tenté dans te désert, toutes d’après Rubens, et dont de fort beaux spécimens figuraient à l’Exposition de la Gravure sur bois en 1902.

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