‹ A travers cinq siècles de gravures, 1350-1903. Les estampes célèbres, rares ou curieuses (volume 2)Chapitre 25 sur 32 · MAITRE DES SUJETS TIRÉS DE BOCCACE · texte numérisé non relu

MAITRE DES SUJETS TIRÉS DE BOCCACE

L’artiste est ainsi dénommé parce qu’il a gravé plusieurs sujets tirés des ouvrages de cet écrivain. Son faire est serré et délicat, il rappelle un peu Israël van Meckenen dont on suppose même qu’il est l’élève.

' On n'csl absolument pas d’accord sur la personnalité de celte femme qui apparaît toujours dans la reproduction de la scène de saint Georges tuant le dragon. Les uns y voient l’impureté, les autres le démon, ou la Princesse Alexandra, d’autres enfin, tels que M. Ernest Hello dans sa Physionomie des Saints, la Princesse Marguerite. II raconte que ce dragon énorme habitait un lac aux environs de Beyrouth dont il sortait sans cesse pour se précipiter sur les hommes. On lui donnait cependant deux brebis par jour, mais celles-ci s’étant épuisées, on consulta alors l’oracle qui répondit qu’il lui fallait des créatures humaines tirées au sort. La fille du roi fut désignée, on la conduisit avec une brebis là où le dragon devait la prendre, mais Saint Georges, ayant frappé mortellement l’animal, ordonna à la jeune tille de dénouer sa ceinture, de la passer autour du cou du monstre et de le ramener dans la cité, disant au Roi, que s’il voulait croire en Dieu il achèverait le dragon : le monarque se convertit sur le champ et avec lui vingt mille hommes.

2 Le volume de M. Max Lehrs reproduit eu pliototypie 28 pièces de ce Maître, ce qui porte à croire que les dernières recherches ont amené des nouvelles découvertes dans l’œuvre que nous venons de signaler.

ÉCOLE HOLLANDAISE ET FLAMANDE

Ses pièces sont de ta plus insigne rareté ; nous pouvons nous tromper, mais nous ne nous souvenons pas en avoir vu passer en ventes publiques, à l’exception de celles du Département des Estampes, acquises aux collections Delessert et Delbecq. — Passavant mentionne 25 pièces.

En voici deux extrêmement curieuses qui sont du reste aux Estampes, à Paris.

L’Auteur écrit l’Histoire de nos premiers Parents (Passavant 4 — Bartsch 72). — Dans un étrange intérieur, assis de trois quarts à droite, devant un pupitre, une plume à la main posée sur un livre ouvert, l’auteur regarde Adam et Eve qui se présentent à lui complètement nus, la main sur la feuille de vigne qui cache leur sexualité, ils baissent les yeux, et la femme surtout paraît particulièrement intimidée ; derrière eux à droite deux chiens* jouent ensemble. Sur les murs sont représentées des scènes de l’Ancien Testament, entr’autres à droite, l’Ange une épée à la main chassant Adam et Eve du Paradis terrestre. Sans date, ni signature.

La Mort de Régulus1 2 (P 8). — Sur des tonneaux, une sorte d’estrade est dressée, on y a étendu un homme nu sur des planches hérissées de clous et on l’attache avec des cordes ; il est entouré d’hommes d’armes ; son chapeau et ses vêtements sont jetés sur cette estrade. Par terre touchant presque le trait carré, trois cailloux à peine ombrés. Au fond de l’estampe, deux personnages sont à des fenêtres et assistent à cette scène. Sans signature, ni date.

Le Voyage d'un Iconophile, page 323, parle des deux pièces décrites ci-dessus. — A l’exposition Dutuit, en 1869, figurait Le Duel, pièce non décrite, de la dernière rareté, et considérée comme pendant à : Le Roi et l'Homme mort (P 5).

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