MAITRE DU CABINET D’AMSTERDAM
Artiste de l’école de van Eyck, sur le compte duquel on ne sait pour ainsi dire rien. Très habile et de premier ordre, il traita avec un égal bonheur les sujets les plus divers, sacrés et profanes. Le musée d’Amsterdam possède, croyons-nous, 80 pièces du Maître ; elles sont toutes d’une extrême rareté et proviennent de l’héritage du baron de Leyde en 1806. — On le désigne aussi quelquefois sous le nom du Maître de H80.
1 Bartsch dit : Un chien et un singe.
î On désigne aussi cette pièce sous la rubrique plus claire, selon nous, de : L’homme mis d la tortion et décapité à Bruges l’an 1402.
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Les Stigmates de saint François (Passavant 36). — Le saint est à genoux, tourné à gauche, les yeux fixés sur un crucifix muni de six ailes qu’on aperçoit dans les airs. Devant lui, un petit livre fermé ; plus loin, le frère Elie endormi. Dans le fond, au bord d’un fleuve à droite, un rocher surmonté d’un château.
Estampe rarissime de l’école du Maître, si elle n’est de lui-même, dont un exemplaire fut adjugé à la vente Camberlyn 205 francs ; il en existe des copies.
La Vierge debout (P 9). — La Vierge est debout de face, sur un croissant, la tête auréolée d’étoiles et couronnée ; elle tient l’Enfant Jésus sur le bras gauche, et un livre de la main droite qui sort des plis de son manteau ; elle a les yeux baissés et la tête penchée à droite.
Fort belle pièce.
Saint Georges (P 25). — Au pied d’une colline que couronne un château fort, saint Georges tue de son épée le dragon qui est renversé sur le dos à droite de l’estampe ; derrière lui, une femme est debout tenant par la bride le cheval du guerrier; dans le ciel, un vol de cinq oiseaux.
Estampe superbe rappelant par sa finesse un dessin à la plume.
MOREELSE (Paul)
Artiste graveur sur bois, ayant fort peu produit, et de modeste notoriété, naquit à Utrecht en 1571 et y mourut en 1638.
Nous n’hésitons pas cependant à le mentionner, car il y avait de lui, à Y Exposition de la Gravure sur bois, le superbe clair-obscur que nous allons décrire ici :
L’Amour dansant avec deux Femmes. — L’Amour tient par la main deux femmes costumées à l’antique; il regarde celle qui est à sa droite ; par terre dans le coin gauche, est déposé son carquois, sous lequel on lit : P. Morelse 1612. La femme de droite tient sa jupe qu’elle relève de ses deux mains ; celle de gauche laisse voir ses jambes nues qui se sont découvertes dans le mouvement de la danse. En haut de l’estampe, au-dessus d’ornements représentant une tête de bouc et une chauve-souris encadrées de deux singes, quatre lignes : Aligernm trahit hic puerum. . .
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MULLER (Jean)
Elève de Goltzius, de la vie duquel on sait fort peu de chose, naquit vers 1570. Très habile graveur de portraits, d’un métier très synthétique et très sommaire.
L’Archiduc Albert, d’après Rubens (Bartsch 62).
Une épreuve d’essai, avec la tête seule terminée, unique sans doute, fut adjugée à la vente Didot, 440 francs.
Christian IV, d’après Rémy Rit (61).
Une épreuve : avec la tête et le fond seulement terminés, vente Didot, 465 francs ; un autre état, le 2e, non décrit, avec le portrait et la partie gauche entièrement terminés, 500 francs ; un 3c état, non décrit également, la planche complètement terminée, et avant toutes lettres, 325 francs, et enfin l’épreuve de tirage, 22 francs.
0 STADE (Adrien van)'
Né à Lubeck en 1610, mourut en 1685. — Son œuvre se compose de 51 pièces reproduites par Aman Durand. Artiste intéressant et original, s’est appliqué à reproduire avec une rare fidélité les scènes populaires de danse, cabarets, tabagies, etc., ses figures sont toujours lourdes, vieillottes et courtes; on le croit élève de Franz Hais. Ses eaux-fortes comportent en moyenne deux ou trois états, quelquefois davantage, tels, par exemple, que Le Goûté et Le Charcutier qui en comptent six, le classement en est fort difficile. Il n’y a d’intéressant que les premiers états et les pièces dites à la bordure fine, c’est-à-dire avant que le trait carré qui entoure l’estampe ait été renforcé au burin. Les premiers états à l’heure qu’il est sont extrêmement rares. Le catalogue de l’œuvre de l’artiste a été établi par Bartsch, par Faucheux en 1862, et enfin par E. Dutuit; ce dernier est admirablement bien fait, cependant nous lui reprocherions presque d’être un peu trop touffu, il y a là des descriptions d’états qui atteignent jusqu’à quarante-cinq lignes ! !
La Famille (Faucheux 46). — Dans l’intérieur d’une chaumière, une femme assise à droite donne à manger à un enfant qu’elle tient dans ses bras; derrière elle, un homme debout coupe du pain. Autour d’une table, deux enfants, dont l’un présente quelque chose à un
i Consulter : Eaux-fortes île van Ostade : 51 planches gravées à l'eau-forte, à Paris chez Rapilly.
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chien. Au fond de l’estampe, un lit, près duquel on distingue les premières marches d’un escalier et des ustensiles de cuisine disséminés. En basa droite: A. F. Ostade 164 7.
Ventes: Guichardot, avec la coulure d’eau-forte en bas à droite, 920; avec les trois marches de l’escalier presque blanches, et le trait carré très légèrement indiqué, 470; 2e état, 400 — E. Galichon, 600, eau-forte pure, même état que celui vendu 470 à la vente Guichardot — Knowles, 1er état, 764, provenant de chez Marshall et Alferoff — Didot, même état, 350 — Oppermann, même état, 376 — Fisher, 575 — L. Galichon, 285, de chez Didot — Straeter, 394, toutes ces épreuves en 1er état — Dreux, à la bordure fine, 95.
La pièce capitale de l’œuvre.
Le Peintre dans son atelier (32). — A gauche, assis dans son atelier devant son chevalet dont la toile est violemment éclairée par la gauche, un peintre coiffé d’un haut bonnet a près de lui à droite un banc sur lequel est posé un livre ouvert et par terre un autre livre fermé. Au dernier plan à droite, un escalier tournant, sous lequel on aperçoit deux enfants broyant des couleurs, ainsi qu’une malle ouverte. Dans la marge un quatrain en latin : Pictor Apelœa . . . Signé A. F. Ostade fecit.
Ie1' état. — Avant le quatrain.
2e état. — Le mot Auferet du quatrième vers est écrit Auferret.
3e état. — Le mot est corrigé.
4® état. — Le bonnet est diminué.
5e état. — Le montant du bas qui soutient l’escalier est strié de tailles perpendiculaires et porte : A. F. Ostade fecit et excud.
Ventes : Guichardot, 1er, 2“ et 3e états, de Faucheux, croyons-nous, vendus 2600, 1400 et 980 ; il y avait à cette vente 14 exemplaires différents de cette pièce — Knowles, 2e état de Faucheux, 437 — Oppermann, 5e état, 277 — Fisher, 925 — Angiolini, avec le haut bonnet et avant les hachures sur la table du chevalet et avant la troisième taille sur les deux premières marches de l’escalier, 600 — Straeter, avant le quatrain, 637, rarissime ; avec la correction au mot Auferret, 500.
Cette estampe est extrêmement rare. — Il existe à Amsterdam une épreuve unique dans laquelle le banc, sur lequel est le livre du peintre, est remplacé par un tonneau.
La Dévîdeuse à la porte de sa maison (25). — Sur le seuil de la porte d’une maison que décore une luxuriante vigne à droite, une femme est assise dévidant sa quenouille ; une poule picore devant elle, et un homme vu presque de dos, un bâton à la main, cause avec elle ; derrière l’homme est un seau. En bas à droite : A. F. O.
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Ventes : Guichardot, ler état, 115; 2® état, 92 — Fisher, hr état, 662 — Straeter , épreuve, croyons-nous, avec le seau qui est derrière l’homme presque blanc et l’absence de nombreux travaux tels, par exemple, que les cercles qui entourent ce seau, exemplaire probablement unique, 1875.
Paysan payant son écot (42). — Dans une auberge, un groupe de personnages assis boivent et causent entr’eux. Au fond de la pièce près d’une vaste cheminée à droite, un tabouret sur lequel une cruche est posée ; à gauche sur le premier plan, une femme légèrement penchée en avant, reçoit l’argent qu’un homme qui est en face d’elle lui met dans la main. En bas à droite : A. V. Ostade.
Ventes : Guichardot, état non décrit par Faucheux, intermédiaire entre le 1er et le 2e, 300 — Oppermann, 4e état, 74 — Buccleuch, 300, même état — Fisher, 1050, même état — Straeter, avant les contre-tailles sur le dos et sur le jupon de la femme qui reçoit l’argent, et avant celles sur les linges pendus au fond de la pièce à gauche, 2562 : épreuve unique sans doute, car on ne la connaît pas dans les cabinets de Vienne, Harlem, Amsterdam, Paris ou Londres.
La Danse au cabaret (49). — De nombreux personnages sont réunis dans un cabaret ; au milieu de l’estampe, l’un d’eux danse, son chapeau sous le bras droit; derrière lui, un violoneux assis sur la table, sous laquelle on aperçoit un chien. A droite, un couple assis se lutine ; à gauche, une femme et un homme un pichet à la main descendent un petit escalier ; près d’un homme debout de trois quarts à droite, une femme est assise ayant dans sa main un gobelet que prend un enfant. Sur le tout premier plan, un escabeau renversé et un homme assis tournant presque le dos. En bas à droite : A. V. Ostade fecit et excud.
Ventes . Guichardot, 4« état, 460 — Didot, 80 — Knowles, ler état, c’est-àdire avant les travaux de pointe sèche, 781 — Schloesser, même état, 850, de chez Kalle — Oppermann, 443 — Fisher, 5e état, 462 — Straeter, épreuve provenant de la vente Simon, avant les travaux de pointe sèche sur les ombres, 1287 — Rosenberg, 116, avec la bordure fine — Hansen, 62, sur papier aux armes d’Amsterdam.
Cette estampe, très finement gravée, est remarquable surtout par sa jolie distribution de lumière, comme format c’est la plus grande pièce de l’œuvre.
Le Goûté (50). — Dans l’intérieur d’une ferme, autour d’une table, quatre hommes, et une femme à droite, près de celle-ci un chien, et l’entrée d’une cave dont l’un des battants de la porte est
fermé. L’homme de gauche est debout un verre à la main ; près de la chaumière tout à fait à gauche, deux enfants et des cartes éparses sur le sol. La lumière vient de droite. En bas dans le coin gauche : AJ Ostade, et dans la marge deux vers latins de Tibulle : Securæ reddamus.
Ventes : Guichardot, eau-forte pure, la draperie qui est sur le manteau de la cheminée n’a qu’une seule taille, la petite fille qui boit a un bonnet sur la tête, avant les vers, 1600; avec les contre-tailles sur la draperie, 1500; avec les vers, 460 — Oppermann, avec la bordure fine, 101 — Griffiths, avant les vers, 50 — Buccleuch, avant les vers, 925 — Fisher, 525, de chez Hawkins — Straeter, avant les vers, 725 1 — Hansen, 75 — Rosenberg, 110.
Le Charcutier (41). — Devant une ferme, au milieu de l’estampe, un paysan à genoux sur le porc étendu par terre qu’il vient de tuer, fait couler le sang de l’animal dans une poêle que tient une femme placée près de lui. A droite, deux enfants près d’une pompe; à l’extrême gauche, un paysan debout de profil à droite, regarde la scène, plus trois autres assistants ; en tout huit personnages. Au bas à gauche, AJ Ostade.
Petite pièce ronde. Le 1er état à l’eau-forte pure est de toute rareté, une partie du ciel est blanche, mais il n’y a pas d’éclairage; c’est au 2e état surtout qu’apparaît la scène de nuit vraiment saisissante, la caractéristique de cet état est que le bonnet est presque blanc, ainsi que le bras et la jambe droite du paysan qui est debout tout à fait à gauche.
Ventes : Guichardot, 180 — Oppermann, 90 — Fisher, 187, de chez Guichardot — Straeter, 356.
Les Pêcheurs (26). — Dans la campagne, un canal avec un pont de bois, sur lequel est un pêcheur à la ligne, ayant près de lui un garçonnet portant un panier. Au fond à gauche, un grand arbre ; à droite, maison et personnages. Dans le bas à droite dans l’eau : A. V. O.
Ventes : Guichardot, tout 1er état, de nombreux traits échappés perpendiculaires coupent le deuxième poteau à gauche sur lequel repose le pont, le ciel est blanc, la bordure est fine; de toute rareté, 1165 — 2e état, les traits échappés ont été effacés et des travaux ont été exécutés dans le ciel, 240 — Oppermann, 2e état, 94 — Straeter, sur papier à la folie, 150 — Rosenberg, sur même papier, 2« état, 77 — Dreux, avec la bordure fine, 330.
' A cette vente, le dessin original, sépia sous trait de plume, fut adjugé 837 francs. Ceci nous suggère en passant la remarque suivante, que les dessins originaux des peintres-graveurs anciens sont !)ien moins payés que leurs beaux états d’eau-forte. Rembrandt en est un exemple particulièrement frappant; à la vente Didot ses dessins atteignirent péniblement 17,30,70... 380 francs, tandis que scs eaux-fortes s'enlevèrent allègrement à 2.000, 3.900... et 17.000 francs !!
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Notons encore comme extrêmement rares, quoique bien peu intéressantes cependant : Le Coup de couteau (19) dont le 1er état, eau-forte pure, fut ad jugé 760 francs à la vente Guichardot, et 1375 à la vente Knowles, et L'Epouilleuse, que l’on considère comme douteuse, gravée selon Dutuit, par W. Basse, d’après Isaac van Ostade.
Parmi les plus beaux œuvres du Maître, citons ceux formés par: Van den Zande, un ancien administrateur des douanes, véndu en 1855; Auguste Simon, un tourangeau, vendu en 1862; Guichardot le marchand d’estampes, cette collection admirable comprenait 364 pièces en différents états — elle provenait en partie de chez Verstolk de Soelen où elle avait été adjugée 4420 francs — à sa vente elle fit modestement plus de 57000 francs ! ! et enfin dernièrement celui du docteur Auguste Straeter vendu en 1898, l’œuvre était complet, il ne lui manquait que L’Epouilleuse , encore est-il probable qu’il l’avait écartée à dessein vu son peu d’authenticité. Actuellement les deux plus belles réunions de van Ostade se trouvent chez le baron Edmond de Rothschild et au musée Teyler, à Harlem.
Les premières épreuves, les seules qu’il faille recueilli, sont claires de ton, et les meilleures impressions sont souvent tirées avec une encre légèrement brune. Le Maître a eu de nombreux imitateurs, parmi les principaux nous pouvons citer Cornélius Bega, Brauwer et Dusart, tous leurs personnages étaient laids, canailles, vulgaires et mal bâtis.
Au commencement du xviiic siècle les cuivres étaient aux mains de Bernard Picart qui les publia, à Amsterdam, vers 1720, sous ce titre : Œuvre complet d’Adrien van Ostade, peintre célèbre, inventé et gravé par luy même.
POTTER (Paul)'
Né à Enkhuizen en 1625, mort à Amsterdam en 1654, peintre-graveur animalier dont les 20 eaux-fortes qui forment l’œuvre sont assez recherchées ; nous nous sommes toujours demandé pourquoi? car c’est d’un poncif et d’une banalité désespérante. Il a eu comme imitateur Marc de Bye. Mentionnons néanmoins, pour les enragés que cela peut intéresser, les moins mauvaises et les plus rares.
Le Vacher 2 (Bartsch 14). — Sur le premier plan, trois vaches couchées et deux debout, une de celles-ci, celle de gauche, vue absolument de dos. A droite sur un tertre dont une partie est boisée, le vacher poussant devant lui trois vaches à l’aide d’un bâton qu’il tient de ses deux mains. Dans le coin inférieur gauche : I. Paulus Potter. In et fecit A0 1643.
1 Consulter : Eaux-fortes de Paul Potter, reproduites et publiées par Amand Durand, texte par G. Duplessis, à Paris, chez G. Rapilly. i Ne pas confondre cette estampe avec celle de Le Berger (B 15).
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Dutuit rubrique cette estampe, la première qu’ait gravée l’artiste, Vue d’une Prairie. Il existe au British Muséum la seule épreuve connue du 1er état, la vache couchée à gauche a la tête tournée à droite et le dos presque blanc, elle provient du cabinet de Fries; la signature et la date n’existenl pas dans le coin gauche. Il y a des épreuves avec l’adresse de de Wit et d’autres avec celle de P. Schenck. — Le cuivre existe encore et a été publié en 1866 dans la Gazette des Beaux-Arts.
Ventes : Schloesser, la planche coupée avant l’adresse, 66 — Oppermann, même état, 138.
La Tête de Vache (16). — Au-dessus d’une barrière en bois entrecroisés, la tête d’une vache de profil à gauche. Au second plan, également à gauche, un tronc d’arbre.
Pièce rarissime, dont il existe 5 ou 6 copies, entre autres par Bartsch, A. Schouman, Claussin, J. Bemme
Ventes : Didot, 760, provenant de chez AlferofF — Straeter, 875 ! ! ! Certes, voilà de l’argent qui pourrait être mieux placé, car cette somme est vraiment hors de proportion avec la valeur d’art de l’estampe.
La Vache couchée près de l’arbre (17). — La bête est couchée la tête tournée à gauche, regardant de face, entre un petit bouquet d’arbres à droite et un gros tronc à gauche ; dans le ciel, trois oiseaux. Sans signature.
Il existe une copie par Bartsch. — A la vente Aylesford une fort belle épreuve fut adjugée 700 francs.
Enregistrons enfin une pièce de la dernière rareté, rubriquée Le Zabucaia (B 18), qui représente de profil à gauche, un singe à longue queue accroupi au pied d’un arbre et mangeant un fruit; à gauche, sur le ciel, en gros caractères Zabucaia et, à droite, touchant le trait carré : Paulus Potter fecit 1650. Il existe un 1er état au Musée d’Amsterdam avant le nom de l’artiste et le millésime.
REMBRANDT (Harmensz van Rijn)1
Né à Lcydc le 16 juillet 1606 s, mort à Amsterdam le 8 octobre 1669, il était fils d’un meunier et eut pour maîtres, dit-on, J. van Swanenburch et Pierre Lastman. Nous ne nous étendrons pas en lignes dithyrambiques sur
' Consulter : Œuvre de Rembrandt, reproduit et publié par Amand Durand, à Paris chez Rapilly.
* Cette date est discutable, puisque l’épreuve : Rembrand au chapeau rond et au manteau brode (Hnrtsch 7), de Holford, portait de la main de l'artiste une note indiquant qu’en 1631 il avait 2'i ans.
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l’insurpassable Maître, chacun sachant qu’il demeure le géant de la gravure. Aucun artiste n’a tenté les iconographes autant que l’immortel Hollandais, douze catalogues ont été faits de son œuvre gravé. Les voici dans leur ordre chronologique :
Le premier fut dressé par Gersaint, le marchand d’estampes, qui s’aida de la collection du graveur Jacques Houbraken qui avait appartenu au bourgmestre Six, l’ami de Rembrandt, malheureusement il mourut avant d’avoir pu le mettre au jour, le manuscrit fut alors acquis par Helle et Glomy qui le complétèrent en scrutant avec soin les collections de Marolles, Beringhen, Coypel, Julienne, Potier et le Cabinet des Estampes, et le publièrent en 1751, il fut traduit en anglais par T. Jefferys et parut à Londres l’année suivante. En 1756, Pierre Yver en donna un supplément rectifié. Les autres furent faits par Daniel Daulby en 1796, Bartsch en 1797, Josi en 1816, le chevalier de Claussin 1 * en 1824-1828, Wilson en 1836, Blanc en 1859-1861, Ch. -H. Middleton en 1878, Dutuit en 1882 3 * 5, Rovinsky3 en 1890 et enfin von Seidlitz en 1895 +.
Nous ne saurions passer sous silence la très remarquable Etude monographique de l’œuvre gravé de Rembrandt » et Rembrandt authentique et apocryphe (1896), publiés par l’éminent peintre-graveur sir Francis Seymour Haden, nous y renvoyons le lecteur, c’est du plus puissant intérêt. Il y verra entre autres choses curieuses, la classification de l’œuvre du Maître en trois périodes bien distinctes.
La première période de 1628 à 1639 — eau-forte pure — où on rencontre de nombreux portraits de lui-même, de sa mère et de sa femme, puis la série des fameuses pièces fausses, avec preuve à l’appui, nous citerons parmi celles les plus connues et des plus populaires : La fuite en Egypte (Ch. Blanc 25), d’après le dessin de Lastman, de Bol probablement; Le Bon Samaritain (41), par Bol ou Rottermondt ; La grande Résurrection de Lazare (48), où il semblerait que Bol et Lievens ont travaillé; La grande Descente de
1 II y a là une classification du travail en 7 procédés qui est d'une adorable naïveté, d’autant que l'auteur cherche à les expliquer, après avoir dit plus haut en parlant du Maître.... « dont il est en grande partie l’inventeur et qu’il paraît n’avoir voulu transmettre d personne, puisqu’on assure même qu'il avait la précaution de s’enfermer quand il gravait ou imprimait ses planches. »
s II a fait reproduire l’œuvre complet dans ses dimensions originales.
3 A aussi reproduit toutes les pièces dans leurs états successifs en 1000 phototypies sans retouche: il a suivi les numéros de Bartsch, en face desquels il a mentionné ceux de Gersaint, Claussin, Wilson, Blanc, Dutuit et Middleton. C’est, selon nous, le meilleur catalogue actuel du Maître.
* Dans les catalogues de ventes publiques on se reporte généralement, en France, pour les numéros, à Bartsch, Claussin et Ch. Blanc; en Allemagne à Bartsch et en Angleterre à Wilson. Les catalogues les plus prisés aujourd’hui sont ceux de Dutuit, Rovinsky et Seidlitz, tous sont dressés par groupement de sujets similaires, il n’y a que celui de Middleton qui suit le seul ordre rationnel de classement, l’ordre chronologique.
5 Elle fut rédigée pour servir d’introduction au catalogue d’une exposition des eaux-fortes du Maître classées pour la première fois par ordre chronologique, exposition qui fut organisée sous la haute direction de sir Seymour Haden, au Burlington Fine Arts Club en 1877. Il y eut là, dit M. Gonse, un intéressant échenillage qui émut fortement M. Dutuit qui, du reste, en parla longuement dans son travail. — A consulter encore le bel ouvrage de M. Emile Michel. Rembrandt, sa vie, son œuvre, son temps, Paris, Hachette, 1893, ainsi que les différentes éditions de Vosmaer.
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Croix (56), par Lievens; La Fortune contraire (81), sans doute par Bol; Ecce Homo (52), par Lievens ; Saint Jérome en méditation (77), par Bol (?) ; Le Peseur d'or (189), dont la tête et les épaules seules sont du Maître; Rembrandt dessinant d’après le modèle (157), ces deux pièces de Bol probablement ; Les trois Tètes orientales (173-288-289), de Lievens, etc.
La période moyenne de 1640 à 1649 — eau-forte et pointe sèche — avec les admirables paysages: Les trois Arbres (315); Vue d’Omval (312) ; Campagne du Peseur d’or (334); L’Homme au lait (316); Paysage aux trois Chaumières (318); La Pièce aux cent Florins (49); Docteur Faustus (84); Paysage à la Tour (324); La Grotte et le Ruisseau ou V Abreuvoir (331).
Enfin, la dernière période, 1650 à 1661 — pointe sèche — c’est la plus belle; il ne fait plus le paysage, sauf un seul : Le Rouquet de Bois (323), mais en revanche il grave des merveilles : Lutma (182), Tholinx (188), Les Deux Haarings (178-179), Le Christ présenté au Peuple (51), Les Trois Croix (53).
Un autre peintre-graveur de talent, M. Alphonse Legros, un Français qui habite depuis longtemps l’Angleterre, que nous avons consulté quelquefois et qui nous a aimablement répondu comme on le verra plus loin, s’est aussi beaucoup préoccupé de Rembrandt surtout au point de vue métier ; sur les 363 pièces qui sont censées constituer l’œuvre du Maître, il n’en trouve que 71 d’indiscutables ; les voici avec les numéros d’ordre de Dutuit :
19 Rembrandt et sa femme.
20 Rembrandt au bonnet orné d’une
plume.
21 Rembrandt appuyé.
22 Rembrandt dessinant.
32 Rembrandt gravant sur une planche haute et étroite.
44 David en prières.
45 Tobie le père aveugle.
46 L’Ange qui disparaît devant la
fille de Tobie.
50 La Nativité.
52 La Circoncision.
66 Sainte Famille au chat.
67 Jésus au milieu des Docteurs.
68 Jésus discutant avec les Docteurs
la loi.
71 La petite Tombe.
77 La Pièce aux' cent florins.
83 Jésus présenté au Peuple.
85 Les Trois Croix.
89 Descente de Croix (esquisse).
90 Descente de Croix (effet de nuit). 94 Les Disciples d’Emrnaüs.
99 Saint Pierre.
107 Saint Jérôme 1 (goût de Dürer).
113 Médée.
121 Petite Bohémienne.
126 Jeu du Kolf.
127 La Synagogue des Juifs.
129 Le Charlatan.
131 Le Paysan avec femme et enfant.
132 Juif à grand bonnet.
135 Le Joueur de cartes.
143 Paysan et Paysanne marchant.
153 Le Cochon.
154 Le petit Chien endormi.
166 Vieille Mendiante.
172 Mendiants à la porte d’une maison .
192 Les Baigneurs.
193 Académie d’homme assis à terre.
200 Jupiter et Antiope.
205 Le Pont de Six.
206 Vue d’Omval.
207 Ancienne vue d’Amsterdam.
209 Paysage aux trois Arbres.
210 L’Homme au lait.
211 Les deux Maisons à pignon pointu.
215 Paysage à la Tour carrée.
216 Paysage au Dessinateur.
• Il existe dans l'œuvre 7 Saint Jérôme.
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219 Le Bouquet de Bois.
220 Paysage à la Tour.
221 La Grange à foin et le Troupeau.
222 La Chaumière et la Grange à
foin.
223 La Chaumière au grand Arbre.
224 L’Obélisque.
225 La Barque à la Voile.
229 La Chaumière entourée de plan-
ches.
230 Le Moulin de Rembrandt.
231 La Campagne du Peseur d'or.
232 Canal avec les Cygnes.
234 L’Abreuvoir de la Vache.
254 Renier Ansloo.
259 Faustus.
263 Clément de Jonghe.
265 Jean Lutma.
267 Bourgmestre Six.
269 Jean Silvius.
273 Homme sous une treille.
277 Homme avec chaîne et croix.
280 Vieillard à barbe carrée.
282 Jeune Homme assis réfléchissant.
322 Buste de jeune Homme au trait.
344 Jeune Fille avec panier.
352 Griffonnements avec taillis, cheval, etc.
Il considère qu’on en pourrait peut-être ajouter encore 42, mais il n’en désigne pas les numéros.
Quant à nous, suivant nos pointages et d’après les appréciations de gens compétents et autorisés, nous estimons que l’œuvre authentique du Maître peut se monter de 160 à 180 pièces ; il y a loin de là aux 363 1 environ, qu’on a cherché à lui faire endosser.
Les élèves du Maître furent nombreux, trois surtout sont considérés comme ses meilleurs, ou tout au moins comme ceux ayant eu avec lui des attaches plus marquées, ce sont : Bol2, Lievens3 et van Vliet*; le premier et de beaucoup le meilleur, pastichait merveilleusement Rembrandt ; le second retouchait ses eaux-fortes au burin, et le troisième — dont le métier était sans style — se faisait remarquer souvent par sa violence dans ses effets d’ombre et de lumière. Il faut encore citer parmi ses disciples : Philippe de Coninck, Rottermondt, Savry, de Poorter, de Wedt, J. Backer, Flinck, van den Eckout et Verbeecq.
Les plus belles collections anciennes de l’œuvre du Maître furent — en suivant à peu près l’ordre chronologique — celles de l’abbé de Marolles, Zoomer, Six, Halling, Maas, Molewater, Jacques Houbraken, puis plus récemment, celles de Zanetti, Sloan, Burgy, Mariette, Peters, Barnard, Cracherode, van Leyden, Denon5, Pôle Carew, Wilson, Debois, Verstolk de Soelen6, Didot, Slade, Abraham Hume, Griffiths, Buccleuch, sir Seymour
' Bartsch en relève 375, Claussin 365, Wilson 366, Blanc 353 et Middleton 329. — On estime que le nombre de ses tableaux s’élève à environ 550, tous dispersés de par le monde ; une trentaine seulement sont restés en Hollande. - On sait qu’il n’a jamais gravé ses toiles.
2 Son œuvre, 19 pièces.
3 Son œuvre, 71 pièces.
* Son œuvre, 92 pièces.
5 A sa vente en 1826, dirigée par Duchesne aîné, l’œuvre mis sur table fut retiré faute d’enchères suffisantes.
6 Collection admirable dispersée à Amsterdam en 1847, les Rembrandt seuls atteinrent 80000 florins. Toute la fine fleur des cabinets Dumesnil, Pôle Carew, Denon, Wilson, Six, etc..., s’y était donné rendez-vous. Le catalogue de cette vente en 3 parties est de la dernière rareté, nous n’avons pu nous le procurer qu’après quatre ans de recherches incessantes chez R.-W.-P. de Vries, libraire à Amsterdam.
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Haden, Rovinsky «, Holford, Straeter et Artaria, toutes dispersées à l’heure qu’il est.
A Moscou, il existe encore une admirable réunion de l’œuvre de l’artiste ; elle appartient à M. Massaloff, qui, croyons-nous, achète toujours et ne laisse jamais échapper la belle pièce quand il lui est encore donné de la rencontrer.
Parmi les expositions les plus intéressantes qui ont été faites, il faut citer celles du Burlington Fine Arts Club 1877, Musée de Boston 1887, Galeries de Wunderlich et C° en 1888, à New -York, et enfin celle du British Muséum 2 en 1899, de beaucoup la plus remarquable. Constatons douloureusement qu’en France, où nous possédons les plus beaux Rembrandt du monde, nous sommes encore à attendre la nôtre...
Les dépôts publics les plus importants sont, dans l’ordre de leur richesse : Paris, Londres, Vienne, Amsterdam et Dresde.
Nous ne parlerons pas des copies très nombreuses qui existent dans l’œuvre du Maître, quelques-unes, il faut l’avouer, sont désespérément trompeuses. Dès l’année 1768, La Chronique de Saint-James signalait au public les pastiches que faisait un Anglais qui habitait Bruxelles à cette époque.
Basan a publié un recueil de 85 pièces provenant des planches originales, auxquelles il a ajouté, gravé par lui et Watelet, 35 copies des planches les plus rares du Maître, soit en tout 120 pièces. — Ces cuivres, dispersés à l’heure présente, ont été à un moment la propriété du fonds Jean ; les épreuves qui en proviennent sont sans valeur.
Disons pour en terminer que la question des états demeure toujours d’une extrême difficulté, au moins pour certaines pièces; il faut absolument avoir les exemplaires sous les yeux pour pouvoir constater et saisir les différences, quelquefois infimes, qui n’apparaissent même souvent que la loupe à la main. — Les classifications variant avec les catalogueurs, il faut faire suivre l’état indiqué du nom de l’iconographe, si l’on désire bien préciser dans l’esprit de l’amateur la pièce en question, car le 3® état de Wilson peut être différent de celui de Bartsch et celui de Bartsch ne pas correspondre du tout à celui de Rovinsky ou de von Seidlitz.
Rembrandt au chapeau rond et au manteau brodé (B 7 — Cl 7 — W 7 — B1 211 — D 7). — A mi-corps, tourné de trois quarts à gauche, la tête de face, les yeux dirigés légèrement à droite, l’artiste très jeune et imberbe est coiffé d’un chapeau rond au bord très roulé sur la droite, il semble être appuyé sur le bras gauche, dont la main fermée et gantée sort du manteau brodé. Le cou émergé d’un large col blanc, la figure est éclairée de droite à gauche. Dans le haut du coin gauche de l’estampe : Rt 1631.
' L'nuteur du catalogue qui, à sa mort, en fit don au Musée de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg.
J Il existe de cette exposition un petit guide anglais du plus haut intérêt, annoté par le distingué conservateur, M. Sidney Colvin, il le faut avoir.
1er état. — La tête, les cheveux et le chapeau seuls, sont très légèrement gravés; le bord du chapeau à gauche est sans contre-tailles obliques dans la partie ombrée.
2e état. — Avec les contre-tailles. Au Britisli Muséum il existe une épreuve où le reste du corps est dessiné à la pierre noire par le Maître; en haut, à droite, on voit le cintre d’une fenêtre, puis l’artiste l’a signée dans le fond à gauche avec ce même crayon, ajoutant : ÆT 27 1 anno 1631.
L’épreuve de cet état provient, croit-on, de la collection de sir Hans Sloane acquise par le Musée en 1753.
Il existe des copies.
Ventes : Hume, avec la date, 380 — Didot, l’œil gauche a été redessiné, 600 — Schloesser, 1126 — Oppermann, 562 — Buccleucli, avant les broderies au manteau, 625 ; avec la date, 1050 — Gutekunst, 1875 — Artaria, la fraise est avant la dentelle, 220.
Rembrandt appuyé (B 21 — Cl 21 — W 21 — B1 234 — D 21.) — A mi-corps, tourné de profil à droite, la tête complètement de face, le bras gauche appuyé sur un parapet, l’artiste aux longs cheveux frisottants et épars sur les épaules vous regarde. Il porte moustache, et son bonnet de Mezzetin est crânement posé sur l’oreille. En haut, dans le coin gauche : Rembrandt, f. 1639.
Ce portrait, un des plus rares du Maître, est de ceux qui a été le plus souvent reproduit par les différents procédés*, on le considère comme un des plus beaux. M. Sidney Colvin assure que l’attitude et le motif de ce portrait ont été empruntés par Rembrandt à celui de Castiglione par Raphaël.
Il n’existe que deux états : le 1er, dans lequel le cordonnet ourlant la partie inférieure du bonnet est plus court sur la droite, et le 2e, dans lequel le cordonnet ayant été rallongé, va rejoindre la naissance des cheveux au-dessus de l’œil gauche. Il y a, paraît-il, des épreuves truquées de ce 2e état, dans lesquelles le nom de l’artiste a été effacé.
Se défier des copies dont il existe un grand nombre.
Ventes : Liphart, 1er état, 375 — Hume, 1er état, 656 — Didot, 1er état, 5730 ; 2e état, 900 — Schloesser, 363 — Oppermann, 331 — Buccleuch, 1er état, 3375 — Webster, 2e état, 800 — Seymour Haden, 1er état rehaussé par
» Ou 24, on n'est pas absolument sûr de ce dernier chiffre, en tous cas ce n’est pas 28 comme l’affirme Blanc.
* Et truqué, hélas 1 avec une précision merveilleuse, à telle enseigne que tout dernièrement — nous garantissons expressément le fait, car nous étions présent — un exemplaire de ce portrait, devant passer en vente publique, fut présenté à un de nos plus fins connaisseurs en estampes anciennes qui le déclara nettement authentique, mais, que doutant encore, le marchand vendeur alla le porter au Département des Estampes où, après une minutieuse confrontation, il fut reconnu faux. Ceci dit, pour constater une fois de plus, combien la connaissance parfaite des estampes est hérissée de difficultés.
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Rembrandt, 625 ; 2e état, 2275 — Fisher, 1er état, 2050 — Hulot, 2e état, 655 — Gutekunst, 1er état avec marge, 4325 — Artaria, 2e état, 160 — Straeter, 2e état, 1287 — Heredia, 2e état, 339 — Defer Dumesnil, 880 — Hansen, 1er état, sur papier à la fleur de lys, 4137 — Rosenberg, 169, en 2e état.
Rembrandt dessinant (B 22 — Cl 22 — W 22 — B1 235 — D 22). — De face, coiffé d’un chapeau et vous regardant, l’artiste est assis à une table, dessinant sur un cahier de feuilles blanches très éclairées appuyées sur un livre. A gauche une croisée laissant entrevoir un paysage ; en haut de la croisée une banderole sur laquelle est écrit : Rembrandt f. Î6k8.
Au 1er état il n’y a ni millésime, ni signature. La pièce est extrêmement difficile à classer, Bartsch mentionne 4 états, mais Blanc et Rovinsky en donnent 10. Le bel état est celui où se trouve la banderole où sont inscrits le nom et l’année, mais avant le paysaye, la main gauche n’étant ombrée que d’une seule taille.
Le paysage n’est pas de la main de Rembrandt. Il faut beaucoup de bonne volonté pour reconnaître dans ce portrait celui du Maître, car il n’a aucune espèce de ressemblance avec ceux faits antérieurement ou postérieurement ; ceci, du reste, n’a rien qui nous étonne, et nous pourrions citer comme exemple les six cents et quelques portraits de l’infortunée reine Marie- Antoinette, parmi lesquels il n’y en a pas dix qui lui ressemblent, ou plutôt qui se ressemblent entre eux, les artistes y apportant souvent une fantaisie extraordinaire qui enlève à l’œuvre toute espèce de sincérité. — La planche existe encore.
Ventes : Didot, avant le paysage et avant les manchettes ombrées, 1000 — Griffiths, même état, 625 — Buccleuch, même état, 2000 — Webster, même état, 1425 — Artaria, 480; une autre épreuve du bel état, 1320 — Straeter, avec le paysage, 104.
Rembrandt au sabre et à l’aigrette (B 23 — Cl 23 — W 23 — B1 232 — D 23). — De trois quarts à droite, vu jusqu’aux genoux et très ventru, l’artiste est coiffé d’un petit bonnet de fourrure portant une aigrette blanche fixée par un gros diamant. Les cheveux sont crépus et l’oreille droite est ornée d’une perle. Il porte un justaucorps à brandebourgs, la main gauche s’appuie sur un sabre et le poing droit est posé sur la hanche. A droite de l’estampe : Rembrandt f. Î63i.
On ne connaît que quatre épreuves du 1er état c’est-à-dire avec la planche rectangulaire. Ces épreuves se trouvent actuellement ainsi réparties : au Département des Estampes, provenant du cabinet Peters qui l’avait payée 1800 francs et la revendit à notre merveilleux dépôt en 1785 avec nombre
* Il existe une «opie sans valeur par Cumano.
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d’autres pièces ; au British Muséum, elle passa par le cabinet Denon où elle fut achetée par Verstok de Soelen et acquise par le Musée à la vente de ce dernier en 1847, pour la somme de 1805 ilorins, soit environ 4300 francs ; au Musée d’ Amsterdam, provenant de la collection van Leyden, en 1805 (?) ; enfin la quatrième fut adjugée 50000 francs à la vente Holford en 1893, c’est le prix le plus élevé atteint jusqu’ici par une estampe, elle avait passé successivement par les cabinets Muilman, Georges Andrew, Ploos van Amstel et Josi qui la vendit en 1810, à lord Aylesford, 9187 francs en dernier lieu.
Au 2e état la planche est réduite en ovale avec quatre oreilles, et au 3« et dernier, l’ovale est complètement régularisé.
Avec une loupe très puissante et une attention extrême on peut, au 1er état lire dans le haut du coin gauche Rembrandt f. et, au-dessous 7634, la date surtout a été gravée avec une telle légèreté qu’il faut être prévenu et la connaître pour la pouvoir déchiffrer.
Ce portrait, qui n’est rien moins que séduisant, est fort rare, on suppose que c’est le portrait du Maître, mais cette assertion est purement gratuite et ne repose sur rien, c’est un portrait de pure fantaisie très probablement.
On n’en connaît pas d’épreuve tirée sur japon ; à cette occasion, qu’il nous soit permis d’élucider ici un point relatif au mot japon ; on voit souvent dans les monographies et les catalogues : épreuve sur chine, épreuve sur japon. Or, à notre époque, le différence entre ces deux sortes de papier est absolument tranchée, il ne viendra à l’idée de personne de confondre l’une avec l’autre; du temps de l’artiste, nous ignorons s’il en était autrement, tout ce que nous pouvons dire, c’est que nous n’avons jamais vu d’épreuves du Maître tirée sur ce que nous appelons le chine de nos jours, nous estimons donc que Rembrandt se servait de deux japons, l’un épais et jaunâtre, l’autre plus mince et plus blanc, c’est de ce dernier dont on veut parler, quand on dit sur chine \
Ventes : Didot, 600 — Knowles, 475 — Schloesser, 328 — Griffiths, 450 — Buccleuch, 1650 — Holford, 1er état, 50000!!! — Artaria, 700; 3e état, 80 — Straeter, 769 — Hansen, 206 — Rosenberg, 112. — Tous ces prix sont pour des 2es états, à moins d’indications contraires.
Agar renvoyée par Abraham (B 30 — Cl 37 — W 37 — B1 3 — D 37). — A la porte de sa demeure, le pied droit sur la première marche, Abraham richement vêtu, le corps de face, mais regardant à droite, congédie Agar qui s’éloigne de ce côté en s’essuyant les yeux avec son mouchoir, elle est accompagnée du petit Ismaël que l’on voit de
1 Nous croyons, du reste, que le papier de chine ne fut importé en Europe que vers 1750, on s'en servit fort peu à cette époque, puisqu'il n'existe pas une seule gravure de l’Ecole dite du XVIII’ siècle tirée sur ce papier, quelquefois cependant on en fit usage pour des titres de livres qu'on collait sur un feuillet de papier. M. Didot imprima, vers 1770/73, un livre entier sur chine, La Dame de Nevers ; mais on peut voir que l’emploi en était très restreint. C’est à l'époque de la Restauration surtout qu'il entra réellement dans la consommation, et encore fut-il promptement détrôné par un simili beaucoup plus propre et plus égal.
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dos sur le tout premier plan à droite. De la fenêtre du logis, Sarah assiste à cette scène. Près d’ Abraham, un chien sort de la maison. Dans le haut du coin droit de l’estampe on lit : Rembrandt f. 1637.
Cette petite pièce, une des plus séduisantes de l’œuvre, est extrêmement difficile à rencontrer en belle épreuve, c’est-à-dire avec toutes ses barbes. Deux admirables exemplaires passèrent aux ventes Didot et Knowles, celui de cette dernière, un des plus beaux connus, provenait des collections Barnard et Esdaile. — M. A. Legros semble douter de son authenticité, elle a été faite, nous écrit-il, d’après un beau dessin de Rembrandt que j’ai vu. — Ne pas confondre cette estampe avec les deux autres portant le même titre (Bartsch 31-32) d’une conception toute différente, et bien gratuitement attribuées à Rembrandt.
Il n’y a qu’un seul état. — Il existe des copies.
Ventes : Guichardot, 200 — E. Galiclion, 290 — Liphart, 325 — Hume, 612 — Didot, 800 — Knowles, 312 — Hebig, 340 — Scliloesser, 252 — Oppermann, 90 — Buccleuch, 200 — Hulot, 135 — Holford (?) — Artaria, 102 — Straeter, 505.
Le Triomphe de Mardochée (B 40 — Cl 44 — W 44 — B1 12 — D 48). — A cheval, un sceptre à la main et se dirigeant vers la gauche, Mardochée richement vêtu est désigné au peuple qui l’entoure, par Aman ; à gauche, un homme d’armes à genoux ; à droite à un balcon, Esther et Assuérus ; à travers une porte cintrée on aperçoit au fond l’esquisse d’un temple. Sans date1 et signature.
Le 1er état seul avec toutes ses barbes est intéressant, le 2e est sans valeur, la planche ayant été maladroitement retouchée. C’est une fort jolie pièce, presque au trait, mais pleine de couleur. Quant à sa date, on l’ignore absolument, Wosraaer la croit exécutée entre 1640 et 1645, Middleton au contraire opine pour l’année 1657 ; ce sont des suppositions purement gratuites et fantaisistes ne se basant sur rien de sérieux; il est bien plus simple de dire carrément qu’on n’en sait rien, c’est du reste, de mince importance. M. A. Legros range cette pièce dans les douteuses.
A la vente Emile Galichon, en 1875, il en passa une épreuve d’une qualité exceptionnelle, c’était une fleur de cuivre, où les barbes du haut à gauche, donnaient ces merveilleuses taches de velours rappelant les beautés du crayon lithographique, celle de la vente Scliloesser pouvait seule lui être comparée.
Ventes : Guichardot, 61 — E. Galichon, 850 — Liphart, 262 — Hume, 262 — Didot, 790 — Knowles, 187 — Schloesser, 626 — Oppermann, 337 — Buccleuch, 997 — Webster, 200 — Seymour Haden, 825 — Hulot, 550 — L. Galichon, 100 — Artaria, 400 — Bouillon, 200 — Cope, 150.
Il existe des copies.
1 Dates présumées, paraissant les plus vraisemblables, 1652-1654.
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L’Annonciation aux Bergers (B 44 — Cl 48 — W 47 — B1 17 — D 49). — La nuit dans la campagne où l’on distingue des arbres et un pont, une gloire d’anges apparaît dans une lumineuse clarté, un de ces anges plus grand que les autres montre du doigt le ciel, terrifiant par son apparition les bergers et leurs troupeaux qui fuient épouvantés. La partie basse de l’estampe est seule éclairée, le reste est dans une profonde obscurité. En bas à droite : Rembrandt f. 1634-.
Il n’existe que deux épreuves de 1<* état , sans nom ni date et avec les bergers, les anges et les animaux au simple trait ; elles se trouvent : l’une au British Muséum de la collection Cracherode; l’autre au Musée de Dresde. Dans le 2<= état, également fort rare, on voit portées au premier plan de nombreuses ombres, ainsi que dans la gloire d’anges, et un violent coup de lumière sur le grand ange, les branches supérieures des arbres sont encore blanches. Il n’existe également que deux exemplaires connus de cet état : l’un au British Muséum, provenant, croyons-nous, du cabinet Denon, acquis en 1848, est retouché par l’artiste à l’encre de Chine pour souligner les ombres qui devaient être ajoutées ; l’autre au Musée d’Amsterdam.
Au Louvre, sous le n° 2372, il existe un tableau du peintre hollandais Govaert Flink, rappelant quelques-uns des détails de la scène que nous venons de décrire ; l’artiste a dû certes s’inspirer de Rembrandt.
Ventes : Lipliart, 443 — Hume, 1800 1 — Didot, 255 — Schloesser, 500 — Oppermann, 50 — Buccleuch, 2125 — Webster, 350 — L. Galichon, 305 — Bouillon, 650 — Straeter, 2862 ; cette épreuve superbe avait été achetée à la vente Buccleuch, provenant de chez Hawkins — Defer Dumesnil, 85 — Rosenberg, 2525.
La Fuite en Egypte (B 53 — Cl 57 — W 58 — B1 26 — D 58). — Montée sur un âne se dirigeant vers la gauche, la Vierge Marie s’enfuie conduite par saint Joseph qui, muni d’une lanterne, éclaire la route en tenant la monture par la bride. En bas à droite : Rembrandt fecit 1651 ; le 6 est renversé.
Effet de nuit très intense dans lequel on ne distingue guère que la lanterne. — Nous ne mentionnons celte petite pièce de second plan que pour signaler un curieux état qui a passé en 1896 à la vente Artaria : les personnages et l’âne n’étaient ombrés que d’une seule taille, présentant beaucoup de parties blanches ; les jambes de derrière de l’âne étaient parallèles et se touchaient, et la lèvre de saint Joseph était très proéminente; ce morceau très rare fut adjugé 800 francs. — Blanc dit qu’il existe des épreuves truquées dans lesquelles on a introduit un croissant qui n’a jamais existé dans aucun état.
Il existe une copie en contre-partie.
1 C’est une épreuve du 4' et dernier état, fort belle, dans laquelle on aperçoit distinctement les arches du pont, ceci est un critérium.
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La Fuite en Egypte, dans le goût d’ELZHEiMER (B 56 — Cl 60 — W 61 — B1 29 — D 61). — La Vierge montée sur un âne que conduit saint Joseph, tient l’Enfant Jésus enveloppé dans son manteau, ils descendent en se dirigeant vers la gauche une colline à pente douce ; derrière eux à droite, au deuxième plan, s’élève un bouquet d’arbres, l’autre colline vers laquelle ils s’acheminent est très boisée ; au fond de la vallée où serpente une rivière, des coteaux et deux tours. Sans date, ni signature.
Cette estampe fort rare est très recherchée, elle sort absolument de la manière ordinaire du Maître. — Voir notre note à Hercule Seghers.
Il n’existe que deux épreuves du 1er et du 2e état. Ces deux états sont, croyons-nous, chez le baron Edmond de Rothschild; le British Muséum possède l’autre épreuve du 1er, et le Musée Rijks d’Amsterdam, celle du 2e.
Le Musée d’Amsterdam possède encore une épreuve unique d’un 5e (?) état avec trois tours au lieu de deux dans le lointain.
Ventes : Liphart, 532 — Hume, 2e état (?), à droite le bouquet d’arbres est couvert de feuilles, tandis qu’au Rr état il y a plusieurs places restées blanches dans le feuillage, 577 — Didot, 250 — Schloesser, 2e état de Blanc, les noirs de l’estampe sont, dit-on, obtenus à la pierre ponce, 1000 — Oppermann, 344 — Buccleuch, ler état sur parchemin, 2875, cette pièce provenait de chez Hawkins ; une autre épreuve du 2e état, avec le feuillage terminé au dernier arbre de la touffe droite, fut adjugée 2500 francs, elle provenait de la collection Denon — Webster, 625 — Hulot, 250 — Holford, 3500 — Artaria, avec la teinte de lavis produit par l’emploi de la pierre ponce, 610 — Straeter, 844 — Hansen, 218, de chez Aylesford et Artaria.
Jésus prêchant ou la petite Tombe (B 67 — Cl 71 — W 71 —
B1 39 — D 71). — Au milieu de l’estampe, adossé à une colonne, les yeux baissés, les bras étendus et levés, Jésus Christ prêche, entouré du peuple. Au premier plan, un petit enfant est couché à plat ventre, sa toupie près de lui, et tout à fait à gauche au tout premier plan, un homme vu presque de dos est debout, coiffé d’un turban et vêtu à l’oriental. Sous les pieds du Sauveur, une partie restée planche faisant songer au couvercle d’une tombe. Sans date ', ni signature.
Le cuivre de celte estampe était la propriété d’un ami de Rembrandt nommé La Tombe, d’où la dénomination, comme la pièce est petite, de : La petite La Tombe, puis enfin, par corruption, de : La petite Tombe, pour la raison donnée dans la description ci-dessus.
1 Date présumée, 1651.
Cette pièce est une des plus séduisantes de l’œuvre, mais il faut l’avoir à la manche noire, c’est-à-dire dans l’état où la manche de l’homme de gauche vêtu à l’oriental est encore couverte de barbes.
L’exemplaire qui est au Département des Estampes et qui provient de la collection Peters a été falsifié par le grattage de la toupie; cet effaçage, très habilement pratiqué, a-t-il été fait par Peters ou par le premier propriétaire de l’estampe? nous ne saurions nous prononcer. Rovinsky signale encore des exemplaires truqués au British Muséum et à celui de Cambridge, mais les falsifications sont autres que celles de la toupie.
Dans une des ventes faites par Robert Dumesnil il a passé un très curieux état dans lequel le cuivre, non ébarbé, ne laissait apercevoir ni les mains du Christ, ni la tête de l’homme au turban placé au second plan, tout à fait à gauche; cet exemplaire, très probablement unique, était sur japon.
M. Colnaghi, de Londres, acheta le cuivre original en 1830, il avait précédemment appartenu à Pierre Norblin.
Il existe des copies en contre-partie.
Ventes : Guichardot, 680 — E. Galichon, 1100 — Liphart, 625 — Didot, 399 — Knowles, 612 — Hebich, 800 — Schloesser, 625 — Oppermann, 569 — Buccleuch, 775 — Webster, 760 — Seymour Haden, 800 — Fisher, 206 — Hulot, 300 — Holford, 776 — L. Galichon, 330 — Artaria, deux épreuves, 324 et 292 — Bouillon, 130 — Straeter, 3375, le plus bel exemplaire connu — Heredia, 155 — Rosenberg, 750 — Hansen, sur papier à la cloche, 294.
Tous ces exemplaires étaient à la manche noire, mais le plus merveilleux de tous était sans contredit celui de Straeter.
La grande Résurrection de Lazare (B 73 — Cl 77* — W 77 — B1 48 — D 79). — A gauche, vu presque de dos et monté sur la pierre qui recouvrait le tombeau, le Christ, la main gauche étendue, ordonne à Lazare qui était dans le cercueil de se lever. Derrière le Sauveur, un groupe de six personnages, dont l’un debout les mains jointes regarde le ressuscité et, saisi d’épouvante, semble vouloir prendre la fuite. Devant le tombeau, d’autres personnages, entr’aulres près de Marthe, un homme effrayé se rejetant brusquement en arrière ; Marie, sœur de Lazare, penchée en avant les bras levés au ciel semble éperdue de bonheur. Au-dessus de cette scène dans le cintre de l’estampe, on voit accrochés des draperies, des armes et un turban. Le rocher et Lazare sont violemment éclairés par la lumière venant de droite. A la hauteur de la poitrine du Christ on lit : Rt. v. Ryn f. Sans date, mais on suppose qu’elle fut gravée vers 1632-34.
Cette pièce, grand in-folio en travers, n’a point été gravée par le Maître qui, croit-on, l’a seulement dessinée ou composée; on suppose que l’exécution en a été faite par Bol et Lievens. — Blanc, contrairement à ce que nous venons de dire, est convaincu qu’elle est du grand artiste et l’admire dans des lignes absolument dithyrambiques.
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Il y a dix ou onze états, très difficiles à classer, les épreuves à retenir sont celles où l’homme effrayé est avant le bonnet ; elles sont rares.
La planche existe encore et a été retravaillée au 7e état. — Il y a de nombreuses copies, une entre autres extrêmement trompeuse du 4e état par Denon, reconnaissable au trait vertical ajouté après la lettre f, particularité qui n’existe pas dans l’original.
Ventes : Liphart, le veillard barbu, à droite au fond, dont on voit la tête près de la main de Y Homme épouvanté, a un turban au lieu de la calotte plate de l’état précédent, 187 — Hume, les deux petites figures à droite de l’Homme épouvanté ont été brutalement retouchées, 918 — Didot, 170 — Schloesser, 450 — Oppermann, 612, japon — Buccleuch, l’Homme effrayé a la tête nue, 3375 — Webster, 375 — Holford, 3125 — Artaria, 280 — Straeter, 500 — Hansen, 756, de chez Poggi — Rosenberg, 394.
Jésus guérissant les malades (B 74 — Cl 78 — W 78 — B1 49 — D 77). — Debout et de face, la tête dans un rayonnement, le Christ au milieu de l’estampe tourne le dos à une sorte de voûte ; autour de lui, le peuple et des malades, parmi lesquels une femme se dirigeant vers lui portant un enfant dans ses bras, une autre est étendue par terre ; plus loin, un enfant dans un berceau placé sur une brouette, et près de lui un vieillard s’appuyant sur un bâton, le bras droit soutenu par une vieille femme. Tout à fait à droite, un âne dont on aperçoit le cou et la tête penchée en avant. Ni date, ni signature.
Michel et Seidlitz supposent qu’elle fut gravée en 1649, Rovinsky en 1650. Cette admirable pièce, le morceau-roi de l^œuvre est vulgairement connu sous la dénomination de La Pièce aux cent florins, en anglais The hundred Guilder Print, en allemand Hundertguldenblatt. On donne comme origine à cette désignation deux versions : la première, c’est qu’à l’époque même et du vivant de Rembrandt on la payait déjà cent florins, la seconde — écrit Gersaint — c’est qu’à Rome un marchand échangea avec l’artiste un lot d’épreuves de Marc Antoine estimé cent florins, contre un des exemplaires de Jésus guérissant les malades.
La planche au 3<= état a été reprise et éreintée 1 par le capitaine Guillaume Baillie, graveur-amateur, qui l’acheta, très oxydée, en 1775 du graveur anglais Greenwood, il en lira cenl épreuves, dont quelques-unes sur japon, puis la coupa en quatre morceaux dont il tira encore quelques exemplaires.
Il n’existe que 8 épreuves de 1er état, c’est-à-dire avant les contre-tailles sur le cou de l’âne. — Voici les noms des différents Cabinets où elles se trouvent actuellement :
A Paris, au Département des Estampes, provenant de chez le peintre Peters ; chez M. Dutuit, sur japon, à grandes marges, il l’acheta à la vente Palmer en mai 1868 et la paya 27500 francs, elle en avait coûté au vendeur 29500 ;
* Tel n’ost cependant pas l’avis de Bartsch, qui en considère les épreuves comme étant aussi belles que celles provenant de la planche avant les retouches.
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voici les différentes collections par lesquelles avait passé cette épreuve en suivant l’ordre chronologique: Jean Petersen Zoomer, Zanetti, Denon, Woodburn, Wilson, Verstolk de Soelen1, Smith, et enfin Price2; c’est peutêtre un des seuls exemplaires dont on ait pu noter le passage à travers les nombreux cabinets sans en jamais perdre la trace : à Vienne à la Bibliothèque Impériale, provenait de la collection du prince Eugène de Savoie et acquise par Charles VI vers 1736 ; à Berlin, de chez le duc de Buccleuch ; à Amsterdam 3 *, portant une note manuscrite de Petersen Zoomer en hollandais et dont voici la traduction : Don de mon respectable ami Rembrandt en échange de la Peste de Marc Antoine ; au Bfitish Muséum, deux exemplaires sur japon de nuance différente, provenant des collections Hans Sloanc et Cracherode, l’un est retouché à l’encre de chine par une main inconnue. La dernière et huitième fut adjugée à la vente Holford, c’est le plus bel exemplaire connu, il est sur japon. Holford, en juin 1840, l’avait payé 231 livres sterlings, soit 5775 francs, cette pièce avait passé par les cabinets Esdaile et Hibbert. Au temps de Rembrandt cette pièce se vendait dans les 210 francs. En 1873, Léopold Flameng en a fait une très belle copie, le prix avant la lettre était de 100 francs et sur japon de 200 francs. T. Worlidge et d’autres anonymes l’ont également reproduite.
Cette estampe étant très particulièrement intéressante, nous allons remonter plus haut dans les ventes, et donner les prix d’exemplaires des Rrs et 2es * états à partir de la vente Burgy en 1755, en suivant comme toujours l’ordre chronologique.
Ventes : Burgy, 175 — Barnard, 827 — Hilbert, 1025 — Pôle Carew, 4095 — Esdaile5 6, Rr état, 5775 — Debois, 2800 5 — Verstolk de Soelen, 3600 7 8, 1er état — Johnson, 4000 — Simon, 3050 — Price, 1« état, 29500 — Palmer, 1« état, 27500 — E. Galichon, 9600 8 — Liphart, 1912 — Hume, 5380 9 — Didot, 8550 — Schloesser, 5125 — Oppermann, avant la retouche de Baillie, 475 — Griffiths, 7625 10 — Buccleuch, 1« état, 32500“ — Webster, 4e état,
1 A sa vente en 1847, elle fut adjugée 1600 florins, soit 3600 francs 1 ! !
2 Price l'avait acquise en novembre 1847 pour 5000 francs.
3 II y a en plus à Amsterdam une maculature de cet état, mais nous ne la mentionnons ici que pour mémoire, cette pièce étant sans aucune valeur artistique. On sait qu’au xvir siècle, quand on avait fini le tirage d’un cuivre, avant de le ramasser, on le huilait et que pour vider les tailles on retirait une dernière épreuve qui servait à envelopper cette planche permettant au besoin de la retrouver sans avoir la peine de la développer, le côté imprimé du papier étant à l’extérieur. C’est cette mauvaise impression que l’on désignait sous le nom de maculature.
♦ Les ventes où il n’y a aucune mention sont de 2' état.
5 L’acquéreur était Colnaghi de Londres. f
6 L’épreuve avait 4 centimètres de marge et’provcnait de la collection Revil, 1838.
1 Provenait des collections Denon et Wilson.
8 Provenait du cabinet Aylesford avec 4 centimètres de marge et sur japon.
9 Sur japon avec 4 centimètres et demi de marge de la collection Pôle Carew.
i° Avait passé par les collections Dr. Roy, Josi, sir Thomas Lawrence, Harding et Maberly.
“ Sur japon épais avec cette curieuse note au dos de J. Barnard, que nous traduisons: Cette estampe qui appartenait à M. Paul Painler fut vendue dans la collection de ses estampes pour f 26.15.6 à M. Hudson Pointer le 25 avril 1766, elle était alors considérée comme la plus belle existant en Angleterre ; elle est actuellement à Berlin.
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65 1 — Seymour Haden, 4250 2 — Fisher, 18500 3 — Hulot, 6100 * — Holford, 1er état, 43700; 2e état, 32250 — L. Galichon, 14550 — Angiolini, 381 — Artaria, 8000 s — Bouillon, retouché par Baillie, 102 — Straeter, 11875 6 — Battig, 8875 7 — Hansen, avant la retouche, sur papier à la fleur de lys, 712 — Loyd, 7000, sur japon de chez Esdaile et Calonne.
Nous rappelons que le 1er état indiqué par Bartsch n’est, à proprement parler, que le 2e ; du reste, n’était la question de rareté du 1er état, beaucoup de connaisseurs donnent la préférence au 2e, considérant que dans celui-ci la pièce est bien plus à l’effet; un des exemplaires de ce 2e état, provenant de la collection Malcolm, est d’une insurpassable beauté, il se trouve actuellement au British Muséum. A Nantes, le Musée Dobrée possède un exemplaire de 2e état également superbe, c’est un des plus beaux que nous ayons vus.
Jésus présenté au Peuple (B 76 — Cl 80 — W 80 — B1 51 — D83). — Sur la terrasse élevée d’un prétoire flanquée de deux bâtiments et dominant la foule qui se presse à ses pieds, le Christ debout de face, les mains liées et entouré de soldats, est montré au peuple par Pilate qui est à sa droite appuyé sur un pilastre, un long roseau à la main. Au-dessus de la porte à droite : Rembrandt f. 1655.
Dans l’état où se trouvent la signature et le millésime, les épreuves sont à rejeter, la planche étant complètement usée.
Les belles épreuves de cette grande planche en travers, admirable pointe sèche, sont extrêmement recherchées.
Au Rr état, c’est-à-dire avant que la planche ne fut réduite en hauteur8, lorsqu’on la rencontre sur japon, elle est toujours avec une bande collée dans le haut, le format de cette sorte de papier étant plus petit que le cuivre, a obligé d’en user ainsi pour obvier à cet inconvénient.
Le classement de cette pièce, dont Bovinsky mentionne 9 états, est particulièrement difficile ; elle semble être une réminiscence de celle de Lucas de Leyde (B 71).
Ventes : E. Galichon, tout 1er état avant la balustrade indiquée sur le haut à droite, l’ombre du bâtiment de droite n’est pas encore portée sur
' Cet exemplaire retouché par Baillie, portait au dos en anglais l’inscription suivante de J. Barnard dont voici la traduction : Donné à moi par le capitaine William Baillie le 7 décembre 1775. J. B.
i Sur japon, provenait du cabinet Monroe.
3 Un des plus beaux exemplaires connus, provenait des collections de Fries, Verstolk et Price.
4 Provenait de chez Didot ; pourquoi prés de 2500 francs de baisse ? mystère 1 s Sur japon, un des plus beaux connus.
8 Cet exemplaire qui provient de la collection Griffiths avait figuré à l'exposition du Burlington Bine Arts Club en 1877, il peut être considéré comme un des plus beaux connus.
7 Exemplaire superbe ayant une marge de 39 sur 44 millimètres, sur. japon fort, provenait du cabinet Thiermann.
8 Elle mesurait initialement 38G"" et après la coupure 359"".
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celui qui fait face, où l’on aperçoit deux figures à une croisée, il n’y a pas de contre-tailles sur la cuisse de l’homme placé à l’extrémité gauche de la terrasse et séparé de Pilate par un socle ; la femme qui regarde à la croisée du bâtiment de gauche a le visage clair, 4700 — Liphart, avec le groupe en bas du perron, 1087 — Hume, avec les trois hommes à bonnet sur le seuil de la porte du bâtiment de gauche, 1125 — Didot, 1er état sur japon, 2905; le même, avant la balustrade au-dessus des fenêtres du corps de logis à droite, 625 — Oppermann, avant l’enlèvement des figures au pied de l’estrade, 1032 — Buccleuch, 1er état sur japon, 28750, venait de chez Hawkins ; autre état, de la même provenance, 1875 — Seymour Haden, 1er état sur japon, 25000, des collections Reynolds, Festeticz et Galichon — Hulot, avant l’effaçage des figures au-dessous de la plate-forme ', 580 — Holford, 1er état sur japon, 31250, un des plus beaux exemplaires connus, provenait de chez Aylesford — Angiolini, 625 — Artaria, avec la balustrade au-dessus des fenêtres à droite, l’homme au bonnet noir qui sort de la porte à droite est allongé, ses pieds portent sur la huitième marche, avant les tailles verticales dans l’ombre profonde de la fenêtre au fond à droite, l’épreuve a ses barbes et est sur japon, 1300; autre état, avec le nom et l’année, toutes les figures sous la plate-forme sont effacées, 850 — Slraeter, état de la vente Hume, 812 — Rosenberg, sur japon, 1687.
Le pendant de cette estampe sont : Les trois Croix.
L’Ecce Homo (B 77 — Cl 82 — W 82 — B1 52 — D 84). — A gauche de l’estampe, Pilate le bras droit étendu, harangue le peuple, un homme à genoux tient le roseau qu’il va tout à l’heure présenter au Sauveur, qui est debout, le torse nu et revêtu du manteau rouge, les mains enchaînées, près d’un dais à la porte d’un temple, exposé aux regards de la multitude, et entouré de satellites. Un homme à gauche regarde cette scène d’une fenêtre ouverte. En bas à gauche : Rembrandt f. 1636, Cum privile.
M. Sidney Colvin nous apprend que cette estampe reproduit en contrepartie, avec quelques légères modifications, une grisaille peinte par le Maître, naguère en possession de lady Eastlake et actuellement à. la National Gallery. Cette gravure est en grande partie exécutée au burin, et, n’en déplaise à M. Ch. Blanc qui y voit là une des pièces les plus considérables du Maître, nous dirons hautement et nettement qu’elle n’est pas de Rembrandt, et nous ajouterons même que c’est une mauvaise pièce, sèche et dure, où rien ne vient révéler la superbe indépendance de métier de l’admirable artiste; nous gagerions que si l’on soumettait à vingt collectionneurs d’estampes, un portefeuille de Rembrandt authentiques, auxquels l’œuvre du Maître serait — faisons-en l’invraisemblable hypothèse — complètement inconnu et dans lequel on aurait glissé l’estampe en question,
1 Nous avons employé indistinctement, leur donnant le même sens, les mots : terrasse, perron ou plateforme.
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les vingt collectionneurs arrivés devant cette dernière s’écrieraient tous comme un seul homme : mais ce n’est pas du même artiste, tant leur œil, ébloui par les merveilles antérieurement entrevues, serait choqué d’une différence de métier si apparente et si brutalement accentuée. Cette expérience purement mécanique, oserions-nous dire, ne deviendrait-elle pas concluante, créant un indiscutable critérium qui rejetterait une fois pour toutes et sans appel une estampe qui ne peut avoir droit de cité dans un œuvre aussi magistral que celui qui nous occupe.
Certains connaisseurs l’attribuent à des élèves ou imitateurs du Maître, tels que : Bol, van Vliet, Livens, ou Salomon Koninck. — Cette pièce rare est aussi rubriquée le Christ devant Pilate.
Il en a été fait des copies.
Ventes : Liphart, avant les contre-tailles sur la figure du Juif qui est audessous de celui qui tient le roseau, 1018 — Didot, même état, 600 — Oppermann, avant l’allongement du manteau du Christ, 4312, ce doit être un 2e état; la même, avant l’adresse, 375 — Griffiths, état Liphart, 900 — Artaria, la jambe du Christ est allongée, 240 — Straeter, état Liphart, 469.
Les trois Croix 1 (B 78 — Cl 81 — W 81 — B1 53 — D 85). — Au milieu de l’estampe, le Christ en croix entre les deux larrons ; saint Jean à droite de la croix baise les pieds du Sauveur, la Vierge évanouie est entourée des saintes femmes ; sur le premier plan, deux personnages s’enfuyant vers la droite ; à gauche dans un groupe, un vieillard défaillant se relire soutenu par quelques personnes ; un chien s’enfuie près de ce groupe ; à gauche de la croix du milieu, des hommes d’armes à cheval. Des rayons obliques inondent les crucifiés. Toute une partie à droite et à gauche de la croix du milieu, n’est indiquée qu'au trait, et partant violemment éclairée. En bas à gauche : Rembrandt f. 1653.
Cette pièce rare est une des plus impressionnante qu’ait signée le Maître, il s’en dégage une poésie intense d’une incomparable magie. La signature et la date ne figurent que dans les derniers états, les premiers sont clairs, les derniers, à partir du troisième, sont sombres, c’est celui-ci, croyonsnous, qui est le plus apprécié par sir Francis Seymour Haden qui considère que c’est là le véritable effet que cherchait à atteindre l’artiste, M. Middleton, au contraire, estime que cet effet a été détruit, la planche ayant été gâtée par une main étrangère; pour notre part, nous n’hésitons pas à nous ranger de l’avis de sir Seymour Haden qui a senti que Rembrandt s’était inspiré du passage des Evangiles : « Alors, depuis la sixième jusqu’à la neuvième heure, l'obscurité se répandit sur toute la terre et le voile du temple se déchira du haut en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent » et l’a rendu avec une saisissante émotion.
Ou Le. Christ entre les deux larrons.
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Cette grande estampe en travers, qu’il ne faut pas confondre avec la petite pièce ovale : Jésus-Christ en croix entre les deux larrons (B 79) fait pendant à : Jésus présenté au peuple.
Il existe des copies.
Ventes : Hume, la tête du vieillard défaillant n’est plus au trait mais est ombrée, 551 — Didot, épreuve sur parchemin, 1er état, avant l’ébarbage de la planche, le nom et l’année, 1100; autre état, le 3e, croyons-nous, avant le changement dans la composition, qui consiste en ce que : de lourdes et perpendiculaires ombres viennent obscurcir la scène, principalement des deux côtés, les figures du milieu et du premier plan à gauche sont presque effacées, le groupe à cheval, à gauche de la croix centrale, a été complètement modifié, le centurion est maintenant copié, dit M. Sidney Colvin, d’après une médaille italienne de Vittore Pisano, et derrière ce groupe on voit se cabrer Un cheval tenu en bride ; le nom et la date sont presque invisibles tant la planche est sabrée par des balafres de pointe sèche non ébarbée, ce qui rend cet état (le 4e ?) extrêmement confus, 7050 1 — Schloesser, état sur parchemin, 3750 — Oppermann, avant l’adresse, 275 — Buccleuch, 1er état, la tête du vieillard défaillant est au trait, 7250; autre état, 975 — Seymour Haden, 1er état sur parchemin, 2000 2 ; 3e état, 950 — Hulot, 355 — Holford, 5000 — Artaria, avec le nom, la date et la tête ombrée de l’homme défaillant, 4120 3 — Straeter, 1er état, 769, exemplaire de Didot.
Ch. Blanc signale un état avec l’adresse de Frans Carelse dont il n’existe, paraît-il, qu’un exemplaire connu qui se trouve au British Muséum.'
La grande Descente de Croix * (B 81 — Cl 83 — W 83-84 — B1 56 — D 88). — Inondé de rayons obliques qui éclairent d’une façon terriblement tragique cette scène admirable et sublime, un homme penché sur le bras droit de la croix, soutient le linceul dans lequel les personnages placés au pied de cette croix reçoivent le corps du divin Crucifié, qu’un homme monté sur une échelle soutient de son bras gauche. Sur le côté gauche de l’estampe, debout au premier plan, appuyé sur un bàlon, la tête entourée d’un turban, Joseph d’Arimathie ; au fond de la composition, on aperçoit Jérusalem. En bas et au milieu sous le trait carré : Rembrandt f. cum pryvl° 1633.
Cette estampe fait pendant à L’Ecce Homo (B 77). — Il y a eu deux planches ; la première trop chauffée fit éclater le vernis. Le Maître la grava, fit mordre, et ne s’aperçut qu’au tirage de l'accident ; il n’existe que trois
1 Provenait de la collection Arozarena où elle fut adjugée le 12 mars 1861 à Paris, 1861 irancs ! ! elle sortait des cabinets Aylesford et Hawkins.
2 Une bizarrerie des enchères, cet exemplaire était celui de la vente Schloesser à laquelle il avait était adjugé 3750 francs !
3 Provenait de la célèbre collection Verstolk de Soelen.
* Ce motif, dit M. Sidney Colvin, est à peu de chose près la reproduction en contre-partie du tableau fait par Rembrandt pour le Prince Frédéric Henry, toile qui est actuellement à Munich.
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exemplaires de cette planche; à Paris, de la collection Beringhen; au British Muséum et à Amsterdam. Elle est très confuse, et dans cet état porte comme signature au bas : Rembrant (sic) 1633.
La seconde, un peu plus grande, a subi quelques modifications ; quoiqu’en disent Bartsch, Wilson, Blanc et le docteur Hofstede de Groot d’Amsterdam, ce deuxième cuivre n’est certes point de Rembrandt — il est trop proprement exécuté, dirait Mariette — mais bien plutôt, comme le pense sir Seymour Haden, de Jean Livens.
Ce cuivre, très poussé et très travaillé au burin, sort absolument de la technique habituelle du Maître; quoiqu’il en soit, c’est un beau morceau, de conception magistrale, digne de figurer dans un portefeuille de l’œuvre de l’artiste.
Voici les états de cette seconde planche :
1er état.
2e état.
3e état.
4e état.
5e état.
— Très peu d’ombre sur les jambes des deux hommes qui
reçoivent le corps du Sauveur — unique à Amsterdam.
— Les jambes sont recouvertes d’une nouvelle taille.
— Avec l’adresse : Amstelodami Hendrickus Vtenburgensis
excudebat.
— L’adresse précédente remplacée par celle de : Justus
Dankerts.
— Cette dernière adresse est effacée, mais elle apparaît encore
un peu cependant. *
Ventes : Liphart, 875 — Hume, 815 — Schloesser, 287 — Griffiths, 1250 — Buccleuch, 750 — Artaria, 340 — Bouillon, 435 — Straeter, 975 — Hansen, 3c état, 291.
Tous ces exemplaires sont avant l'adresse, sauf celui d’Hansen. — Ne pas confondre cette pièce avec celle plus petite et de même rubrique (B 57). — Il existe une copie portant la mention : Chez Moncornet.
Le Bon Samaritain 1 (B 90 — Cl 94 — W 95 — B1 41 — D. 75). — Au bas d’un perron auquel conduit un large escalier tournant, un cheval, la tète dirigée à gauche, duquel en descend un homme demi-nu, le chef enveloppé d’un bandeau. Sur ce perron le bon Samaritain s’entretient avec l’hôtelier; à droite en bas, une servante puise de l’eau. Le cheval est tenu par la bride par un jeune garçon, et un chien est accroupi de profil à droite au premier plan. Au haut de l’escalier, une croisée à gauche sur laquelle est accoudé un personnage à toque à aigrette, vu à mi-corps et contemplant la scène. En bas au milieu de la marge : Rembrandt inuentor et fecit 1633.
La conception est du Maître, mais il n'en a pas exécuté la gravure ; sir Seymour Haden y verrait la main de Bol; quelques critiques la croit
1 II existe une copie trompeuse dans laquelle on a omis l’un des oiseaux perché sur une branche d’arbre à droite.
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cependant de Rembrandt dans son ensemble avec quelques additions de ses élèves, tels que le chien, le baril, etc... à notre humble avis, cette estampe est apocryphe, l’ouvrier absorbe ici complètement l’artiste qui disparaît entièrement devant un travail de métier auquel, certes, ne se serait jamais astreint Rembrandt.
Un tableau de même composition, mais en contre-partie et sans le chien, se trouve dans la collection Wallace. Claussin considère cette pièce comme une des plus belles de l’œuvre, Blanc est surpris de sa célébrité, ne la trouvant ni une des meilleures comme conception, ni une des mieux gravées; Blanc a raison, et on la paie toujours trop cher pour ce qu’elle vaut.
A la vente Thorel, en 1853, il passa un exemplaire de 1er état contenant dans la marge de droite des attaques de burin et un essai de paysage ; cette pièce, unique sans doute, fut adjugée 2100 francs à M. Colnaghi de Londres; elle provenait de la collection Debois, où elle avait été vendue 1800 francs.
Au Ri- état, la queue du cheval est blanche et le mur clair; au 2e, la queue est ombrée, mais le mur est resté blanc. La date du Rr état doit être 1632, ainsi que l’indique une note manuscrite de l’artiste sur l’exemplaire de cet état qui est à Amsterdam.
Ventes : Lipliart, 2e état, 312 — Hume, 787 — Didot, 1850 — Schloesser, 437 — Oppermann, 2e état, sur papier à la folie, 125 — Buccleuch, 1500 — Webster, 975 — Hulot, 1020 — Artaria, 2« état, 300 — Bouillon, 910 — Straeter, 1250 — Hansen, 255, de chez Thiermann.
Tous ces exemplaires sont en Rr état, sauf celui d’Artaria.
Il existe plusieurs copies ; la plus commune est celle où le graveur a omis l’oiseau qu’on aperçoit en l’air à droite en haut de l’estampe près d’un autre oiseau perché sur une branche sèche.
Le Retour de l’Enfant prodigue (B 91 — Cl 95 — W96 — B1 43 —
D 76). — Sur le seuil d’une maison à gauche, l’enfant prodigue demi-nu ayant jeté près de lui son bàlon de voyage, tombe à genoux dans les bras de son père qui le reçoit en pleurant ; deux serviteurs sortent par une porte de droite lui apportant des vêtements, tandis que sa mère à gauche, entrouvrant le volet d’une croisée placée au-dessus de la tête du vieillard, contemple cette scène émouvante. Sur la marche : Rembrandt, f. 1636.
Cette petite pièce est charmante, et nous nous étonnons de ce qu’on lui fasse si peu d’honneur dans les ventes; elle est assez commune, mais il faut l’avoir chargée de barbes, les épreuves provenant de la planche usée étant sans valeur. — M. A. Legros affirme qu’elle n’est pas du Maître.
Ventes : Kalle, 171 — E. Galichon, 100 — Lipliart, 312 — Didot, 105 — Oppermann, 116 — Webster, 29 — Hulot, 65 — Angiolini, 70 — Artaria, 45 — Rosenberg, 87.
11 existe des copies en contre-partie.
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La Mort de la Vierge (B 99 — Cl 102 — W 104 — B1 70 — D 102). — Sur un lit à baldaquin placé sur une estrade très basse, entourée de nombreux personnages, la Vierge étendue de gauche à droite est expirante, les deux bras sont hors du lit et la tête est légèrement penchée à droite sur l’oreiller que soulève saint Jean1 2. Un médecin consulte le pouls gauche, pendant que les saintes femmes qui sont autour du lit se lamentent ; à gauche un grand prêtre, la tête coiffée de la mitre, ayant près de lui un enfant de chœur portant une longue crosse. Sur le tout premier plan du même côté, un personnage vu presque de dos est assis à une table recouverte d’un tapis et sur laquelle est un grand livre ouvert. Au-dessus du lit à droite, une gloire d’anges légèrement esquissée. Tout à fait à droite, de lourdes draperies, et au tout premier plan se profile un fauteuil. Au bas à gauche : Rembrandt f. 1639.
Admirable et superbe pièce dont toute la partie principale, la Vierge et le lit ne sont indiqués qu’au trait, donnant ainsi par cette sobriété de moyens une puissance d’un effet extraordinaire qui synthétise encore, en la dièzant, la scène sublime que l’artiste a reproduite. — M. A. Legros considère cette estampe comme douteuse.
Au 1er état, le fauteuil de droite du premier plan est très légèrement ombré ; au 2e il l’est complètement, dans les belles épreuves les essais de pointe dans la marge du bas subsistent encore; au 3e — la planche existe encore — toutes les barbes et les essais de pointe ont disparu.
La différence de prix entre le 1er et le 2e état sont extrêmement considérables, comme on peut s’en convaincre par les chiffres suivants :
Ventes : Guichardot, 1er état, 1020 - Liphart, 2e état, 551 — Didot, 2e état, 495 — Schloesser, 1er état, 4250 — Oppermann, 106 — Webster, 2e état, 115 — Hulot, 2« état, 485 — Ilolford, 3625, merveilleux 1er état, provenant de la collection Aylesford^ — E. Galichon, 2e état, 275 — Cope, 2e état, 300 — Straeter, 2e état, 469.
Il existe des copies en contre-partie.
Saint Jérôme écrivant (B 103 — Cl 106 — W 108 — B1 74 — D 106). — Au premier plan, un immense tronc d’arbre très ombré
1 Et no;i saint Joseph, comme le suppose à tort Blanc ; le mari de la Vierge était mort longtemps avant clic, il l'ctait même avant Jésus-Christ.
2 II y eut une vente Aylesford en 1893, peu importante, ce n’est pas de celle-là dont nous voulons parler ici, mais bien de celle à ;l’amiable que fit le célèbre collectionneur vers 1847 à Woodburn, qui paya la collection en bloc 76000 francs ; ce dernier revendit à Holfordl7 pièces pour 83000 francs, parmi celles-ci figurait le Rembrandt au sabre et à l'aigrette, et le reste à Hawkins et au marchand Smith qui, à son tour, vendit le solde au British Muséum pour 75000, le prix qu’avait coûté le tout I
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derrière lequel émerge à gauche une tête de lion 1 ; au second plan, saint Jérôme assis et écrivant, son chapeau est près de lui, le saint qui a des lunettes est de profil à gauche, devant lui une tète de mort assez mal indiquée. A gauche au bas de l’estampe : Rembrandt f. 1648.
Cette pièce est dite : Saint Jérome au tronc d’arbre. Le 1er état est avant le nom et le millésime; le 2e avec ces indications. L’estampe ne semble pas terminée, il la faut avoir avec ses barbes, elle est fort rare.
Ventes : Hume, 2e état, 412 — Didot, même état chargé de barbes, 530 — Schloesser, même état, 375 — Oppermann, 212 — Buccleuch, 1er état, 1375 — Seymour Haden, 1er état sur japon, 775, provenant de la collection Camesina et Arozarena — Hulot, 2e état, 285 — Holford, 1er état sur japon, 1525, de chez lord Aylesford — Artaria, 2e état, 90 — Rosenberg, 200.
Saint Jérôme, dans le goût d’Albert Dürer2 (B 104 — Cl 107 — W 109 — B1 75 — D 107). — Assis sur un tertre le coude gauche appuyé, le saint coiffé d’un large chapeau est tourné à gauche et lit ; à droite le lion son fidèle compagnon vu de dos sur une roche surplombant un torrent ; à gauche, derrière le saint, un gros arbre fortement branché ; au second plan à droite un pont, et au fond des fabriques et un couvent à tour carrée ; le milieu du tertre vide de travaux. Pas de signature.
C’est une admirable pièce rare et du plus haut intérêt, elle n’est pas terminée ; saint Jérôme est indiqué au trait, la figure seule et le chapeau sont travaillés. On ignore l’année où elle a été gravée ; Middleton suppose que ce fut en 1653, Vosmaër en 1650 ; ce doit être vraisemblablement vers cette époque, car Rembrandt se servait beaucoup de la pointe sèche de 1650 à 1661. Il faut l’avoir avec ses barbes. On n’en connaît que deux états :
1er état. — Le pilier gauche du pont est formé par trois traits. Très rare.
2e état. — Le pilier a été renforcé de deux autres traits.
1 La légende raconte qu’au désert le saint avait retiré une épine de la patte d’un lion qui, reconnaissant, le suivait partout et ne le quittait plus; c’est ce qui explique la présence de l’animal dans toutes les estampes consacrées à saint Jérôme.
~ Dans le goût d'Albert Durer 1 ! Voici certes une désignation singulièrement fantaisiste, et nous nous étonnons vraiment de ce que vient faire ici Albert Dürer, c’est sans doute à sa pointe sèche (B 59) que l’on veut faire allusion. Cependant, le style de l’estampe qui nous occupe est du plus pur style italien comme le reconnaît sir Seymour Haden dans About Etchings, le dessin qui est du Titien fut adjugé en 1865, à la vente du docteur Wellesley d’Oxford, par MM. Christie à M. Locker Sampson, il différait de notre eau-forte en ce que le lion n’existait pas et que le saint était remplacé par une Vénus couchée.
Mais, comme il est de tradition de répéter ce: dans le goût d’Albert Durer, nous sommes parfaitement convaincu que ce que nous venons de dire sera considéré comme nul et non avenu, nous ne nous faisons pas la moindre illusion à cet égard et les catalogueurs futurs continueront à l’enregistrer comme par le passé ; nous avons cru cependant faire notre devoir en signalant aux collectionneurs cette vaste bourde qu’on réédite depuis tantôt 150 ans, car ce furent Gersaint Helle et Glomy qui, les premiers, dans le premier catalogue de l’œuvre du Maître (1751), se servirent de celte comparaison; Bartsch et les autres emboîtèrent le pas sans le moindre souci de la vérité.
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Ventes : Kalle, 900 — E. Galichon, 1er état sur japon, 2605 — Liphart, 501 — Hume, 750 — Didot, 1er état, 2100 — Scliloesser, 2400 — Hebich, 750 — Oppermann, 337 — Griffiths, sur japon, 700 — Buccleuch, 1er état, 3100 1 ; 2e état, 400 — Seymour Haden, 1er état sur japon, 1450 — Hulot, 325 — L. Galichon, 570 — Artaria, 1er état avec de grosses barbes dans la crinière du lion, 1240 ; 2e état, 460 — Bouillon, 195 — Straeter, 1662, sur papier à la folie. — Bosenberg, 2e état, 681, de chez Galichon.
Toutes les ventes où les états ne sont pas mentionnés sont des 2es états.
Ne pas confondre cette pièce et la précédente avec les cinq autres de même rubrique (B 100 — 101 — 102 — 105 — 106).
Saint François à genoux (B 107 — Cl 110 — W 112 — B1 78 — D 109. — L’ermite est à genoux, de profil à gauche, au pied d’un gros arbre ; il prie devant un crucifix à gauche qui s’élève au milieu du bois masqué par le gros arbre, les mains jointes sont posées sur un livre ouvert. La partie droite de l’estampe n’est qu’esquissée, on aperçoit, avec une réelle bonne volonté, un autre religieux de profil à droite, et coiffé d’un capuchon, à genoux, appuyé sur une traverse de bois, priant également avec un livre. Tout en haut à droite, une chapelle bâtie sur les rochers qui occupent toute la partie droite de l’estampe. En bas du même côté dans une petite bande : Rembrandt f. 1657, et plus bas en caractères plus gros et comme écrits avec une plume d’oie, cette même inscription qui vient empiéter sur les premiers caractères très légèrement tracés.
Il y a deux états : dans le 1er, la figure du saint est peu ombrée et l’inscription Rembrandt f. 1657 n’est pas répétée, toute la partie à droite de l’estampe est restée blanche, et tout le haut du corps du saint se détache vigoureusement sur un fond blanc complètement vide de travaux. Le 2e état est celui décrit. — On suppose que dans cette composition l’artiste a dû s’inspirer de quelques Maîtres italiens tels que Le Titien, Giorgione ou Campagnola. L’estampe est superbe et une des plus rares de l’œuvre; à rejeter celles où les barbes n’existent pas.
Ventes : Kalle, sur japon, un des plus beaux connus, 2260 — Liphart, 1025 — Knowles, sur papier à la fleur de lys, 1187 — Didot, sur japon, 2420 — Scliloesser, 375 — Buccleuch, 1er état, 2750 ; 2e état, 2500, les deux exemplaires provenaient de chez Hawkins — Seymour Haden, 1750 — Hulot, 1er état sur japon, 1050, provenait de la vente Arozarena2 — Holford, 2« état (?), 2400 — Artaria, même état, 820 — Bouillon, 85, épreuve sans barbes — Straeter, 1er état, 2312, épreuve du cabinet Kalle.
• Provenait des collections Debois et Hawkins ; à la première elle fut adjugée 905 francs. 8 Où elle fut adjugée 480 francs.
ÉCOLE HOLLANDAISE ET FLAMANDE
Le Tombeau allégorique (B 110 — Cl 112 — W 114 — B1 80 — D 111). — Un tombeau au pied duquel gît un homme renversé sur le sol, les bras étendus; sur le tombeau, un socle portant un écusson au-dessus duquel deux génies ailés et de face sonnent de la trompette, ils tiennent une gerbe sur laquelle est perché entre eux deux, un oiseau aux ailes déployées. Dans les hachures du bas de l’estampe à droite : Rembrandt f. 1658 '.
Cette pièce est fort peu intéressante, nous ne la mentionnons qu’à cause de son insigne rareté. — On la désigne en Hollande sous le nom de Le Phénix, et on y voit une allusion à la statue du duc d’Albe renversée en 1577.
Ventes : Didot, sur japon, 2820 — Buccleuch, 875 — Hebich, 2550 — Artaria, 1340, du cabinet Aylesford.
La Médée (B 112 — Cl 113 — W 116 — B1 82 — D 113). — Dans un temple à colonne, musiciens et nombreux personnages à gauche ; au milieu de l’estampe, sur une estrade, Jason et Créuse agenouillés devant un évêque qui, la crosse dans la main gauche, les bénit de la droite. Sous un baldaquin tout à fait à droite, on distingue la statue de Junon assise ayant près d’elle son paon. Vers l’escalier qui occupe le milieu de l’estampe et dans la pénombre, on voit s’avancer deux personnages. Dans la marge du bas de l’estampe, quatre vers en hollandais et Rembrandt f. 1648.
Cette pièce, qui devait illustrer une tragédie écrite par Jean Six, est fort peu intéressante, mais recherchée cependant. En voici les états :
1er état. — Avant la couronne sur la tête de Junon et le rallongement de la robe de Médée.
2e état. — Avant la couronne, mais la robe est rallongée.
3e état. — Avec la couronne et la robe rallongée.
4e état. — Avec le nom de l’artiste, la date et les vers.
5e état. — La marge où étaient les vers est coupée.
Ventes: Liphart, 4e état, 187 — Didot, 1er état, 710 — Schloesser, 1er état, 762 — Oppermann, 127 — Hebich, 1er état, 650 — Buccleuch, 4e état, 800 — Webster, 1er état, 625 — Seymour Haden, 1er état sur japon, 775 — Holford, 1er état, 800 — Artaria, 3e état, 620 — Bouillon, 4e état, 100 — Straeter, 2e état, 919, du cabinet Aylesford — Bosenberg, 4e état, 130.
Il existe des copies.
i Cette date presque illisible est discutée. Bartsch donne 1650, Claussin 1659, Blanc 1648, Rovinsky 1650, Middleton 1658; muni d'une loupe puissante nous avons examiné cette date avec un soin extrême, le 4 ou le 5 paraîtraient discutables, mais ayant revu scrupuleusement nombre de pièces bien millésimées par l’artiste et comparé ces deux chiffres, nous pouvons affirmer avec certitude, d’accord avec Middleton, que c’est bien 1658 qu’il faut lire.
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La petite Bohémienne Espagnole (B 120 — Cl 122 — W 124 — B1 83 — D 121). — A l’entrée d’un bois, deux femmes se dirigent vers la droite. La vieille duègne ou bohémienne est à gauche, elle est encapuchonnée et munie d’un long bâton qu’elle tient de la main gauche et semble s’appuyer sur le bras droit de la jeune fille. Le premier plan à droite devant les deux femmes, est vide de travaux. Sans signature, gravée probablement vers 1648.
Cette petite estampe devait servir d’en-tête à la tragédie de Préciosa, de Cervantès, dit Blanc, ou à la nouvelle La Gitanilla, dit Dutuit, ce qui nous paraît plus plausible. Quoiqu’il en soit, disons-le carrément, cette estampe ne vaut pas un clou, mais le monde est ainsi fait, et il y a des collectionneurs qui enfourchent des dadas quelques rosses qu’ils puissent être, et c’est le cas pour celui-ci. On se cabre quand on les voit payer les prix qu’on va lire; c’est sans doute cette mention de Bartsch : « Un morceau extrêmement rare et du bon temps de Rembrandt » qui a donné le coup de fouet et fait s’emballer le cavalier; il est fâcheux, vraiment, d’obéir ainsi à la chambrière et de n’avoir pas assez de bras pour arrêter le coursier.
Ventes : Hume, 1750 — Didot, 1960 — Hebich, 2200 ! ! ! — Buccleuch, 1500 — Seymour Haden, 1225 — Hulot, 785 — Holford, 1125 — Artaria, 940 — Straeter, 1887.
Une copie a été faite par Bassan. — Nous n’avons mentionné cette pièce qu’à cause de son extrême rareté.
Le Vendeur de mort aux rats (B 121 — Cl 123 — W 125 — B1 95 — D 122). — A gauche, à la porte d’une maison, un vieillard, le bras droit en écharpe, est en train d’acheter de la mort aux rats à un marchand ambulant qui se présente à lui, un sabre au côté, un haut bonnet sur la tête, un rat sur l’épaule gauche et une longue perche au bout de laquelle sont pendus d’autres rats à un panier rond; un enfant, une boîte à la main, accompagne le vendeur; à gauche de la porte un gros tonneau défoncé ; au dernier plan à droite, une silhouette de chaumière. En bas de ce côté : R 1 1632 ; le 3 et le 2 sont renversés.
Au 1er état, dont il n’cxiste que deux exemplaires connus, au British Muséum et à Dresde, il n’y a point de tailles sur le bouquet de branches qui émerge de la maison au-dessus du panier rond du vendeur ; au 2« état, ces tailles existent.
C’est une fort jolie pièce qui est très recherchée ; planche habile, dit M. Legros, mais qui n’a rien du style et de la vigueur du Maître. — Il existe des copies.
Ventes : Didot, 810 — Knowles, 400 — Scliloesser, 384 — Oppermann, 380 — Hebich, 370 — Buccleuch, 70 — Webster, 50 — Rosenberg, 300 — Dreux, 300.
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Le Cochon (B 157) — Le Chien endormi (B 158) — La Coquille 1 * (B 159).
Nous mentionnons ces pièces à cause de leur insigne rareté, quoiqu’elles n’aient vraiment rien de bien particulier qui les puisse désigner à l’attention publique ; les deux premières sont remarquablement bien gravées, nous n’hésitons pas à le constater ; quant à la dernière qui, trouvée dans la boîte d’un marchand des quais, serait délaissée pour quarante sous si on n’en connaissait l’extrême rareté, on la voit adjugée * modestement dans les ventes publiques 4 à 5000 francs, quand passe un des quatre exemplaires connus du 1er état au fond blanc ; on en demeure baba, et l’on se demande rêveur, s’il n’}7 a pas un traitement spécial pour les gens atteints d’hystérie artistique ; la famille devrait intervenir et les faire soigner, elle y trouverait certes son compte ! !
Trois Mendiants à la porte d’une maison (B 176 — Cl 173 —
W 173 — B1 146 — D 172). — Un vieillard, le bras gauche en écharpe, coiffé d’un haut bonnet, sur le seuil d’une porte à gauche de l’estampe, donne l’aumône à trois mendiants ; un enfant vu de dos, un homme, et une femme qui porte un enfant sur son dos. En bas à droite : Rembrandt f 1648.
Jolie pièce qui doit être recherchée avec ses barbes. — Il existe des copies.
Ventes : Guichardot, 1905 — Didot, 820 — Oppermann, 2e état, 241 — Knowles, 409 — Hebich, 500 — Buccleucli, 725 — Hulot, 220 — L. Galichon, 1er état, avant les contre-tailles sur le mur près du nez du maître de la maison, 600 — Artaria, même état, sur japon, 400 — Bouillon, 135 — Hansen, sur papier à la fleur de lys, 419.
Le Lit à la Française (B 186 — Cl 183 — W 183 — B1 283 — D 183). — Sur un lit à baldaquin et à colonnes courtes, un homme et une femme3 * se rappellent le précepte de l’Evangile : Croissez et multipliez, et le mettent chrétiennement en pratique. Près d’eux, une petite table recouverte d’un tapis, sur laquelle sont déposés un verre et un plateau ; la toque à plumes de l’amoureux est posée sur une des colonnes du lit. En bas de l’estampe à gauche : Rembrandt f 1646.
Pièce de toute rareté *, nombre d’épreuves ayant été anéanties à cause du sujet ; la mal n’est du reste pas grand, la pièce étant fort médiocre. La
1 Dite encore : Tigre ou Damier.
s Ventes : Hume, 1" état, 5000 — Buccleuch, 1" état, 4625 ; 2” état, 1000 francs ! ! !
3 Celle-ci a quatre bras.
♦ Elle est considérée par certains comme n’étant pas du Maître.
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planche a été coupée deux fois, voici les différentes dimensions dans ses trois états :
1er état. — Hauteur 156 mm — Largeur 226 mm
2e état. — Hauteur 126 mm — Largeur 226 ™m
3e état. — Hauteur 126 mm — Largeur 176 mm
Les belles épreuves ont leurs barbes. — 11 existe une copie moderne en
contre-partie.
Ventes : Didot, 3010, de chez Esdaile 1 — Schloesser, 1510, de chez Alferoff — Buccleuch, 1470, de chez Didot, 50 %> de baisse 1 1 1 — Hulot, 925, elle provenait de chez Arozarena — adjugée 401 — qui la tenait de la vente Férol — Artaria, 1000.
Toutes ces épreuves étaient du 2e état.
Le Moine dans le blé (B 187 — Cl 184 — W 184 — B1 152 — D 184). — Dans les blés, une sandale s’étant échappée de son pied, un moine dans une posture qui fait supposer qu’il ignore complètement le commandement de Dieu : L'œuvre de chair ne désirera qu'en mariage seulement; à gauche de l’estampe, une cruche, et au tout dernier plan, la silhouette d’un paysan qui s’éloigne. Sans signature.
Toute petite pièce sans aucune valeur, si ce n’est sa très grande rareté, payée des prix vraiment scandaleux. Le catalogue de Burgy (1755) l’a rubriquée : Le joli manœuvre du Moine dans le bled. — Il faut l’avoir avec ses barbes. — Il en existe une copie, reconnaissable à une ligne qui est parallèle au bas de l’estampe.
Ventes : Didot, 1900 — Hebich, 700 — Buccleuch, 720 — Hulot, 445 — Artaria, 450
L'Espiègle (B 188 — Cl 185 — W 185 — B1 153 — D 185).
A u coin d’un bois à gauche, une bergère est assise gardant son troupeau et tressant une couronne ; à ses pieds, couché à plat ventre, un patour, un hibou sur l’épaule, joue de la flûte, jetant un regard indiscret sous les jupes légèrement retroussées de la femme; le berger a posé sa houlette contre un vieux tronc d’arbre. Au milieu du bas de l’estampe: Rembrandt f 1642.
lcr état. — Avant le nom et l’année et avec l’ombre au-dessus du chapeau de la bergère.
2e état. — Avec le nom et l’année, l’ombre effacée.
3e état. — L’ombre est rétablie.
4° état. — La tète, qui existe aux trois états précédents, et que l’on voyait dans les arbres, à la hauteur de la houleüe, a disparu.
1 Celte épreuve avait primitivement passé par les cabinets J. Barnard et Hibbert. elle fut adjugée à M. Colnnghi de Londres.
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Cette pièce, très rare, est extrêmement poussée. — Il existe des copies en contre-parties.
Ventes: Liphart, 712 — Didot, 720 — Schloesser, 1225, provenant de Liphart — Oppermann, 125 — Hulot, 1300, de chez Didot — Artaria, 4e état, 300 — Hansen, 62 — Prince Waldburg Wolfegg, 1612.
Toutes ces épreuves sont du 2e état, à l’exception de celles d’Artaria.
La Femme devant le poêle (B 197 — Cl 194 — W 194 — B1 161 — D 194). — A gauche de l’estampe, tout le haut du torse nu, une femme de profil à droite, les yeux baissés, le bras droit appuyé sur sa chemise, est assise près d’un poêle, la tête nue. Sur le tuyau on lit : Rembrandt f 1658.
La pièce n’est pas fameuse, le nu étant le seul point faible de Rembrandt; elle est cependant assez recherchée, mais il faut l’avoir avant la clef 1 au poêle et avec le bonnet, ou tout au moins, avec le bonnet et avec la clef.
Ventes : Liphart, sur japon, avant la clef avec le bonnet, 487 — Didot, même état sur japon, 870 — Schloesser, même état, 751 — Oppermann, sur japon, 326 — Buccleuch, même état, 1100; sans le bonnet, 425, toutes deux de chez Hawkins — Webster, sans la clef, 412; sans le bonnet, 425 — Hulot, état Liphart, sur japon, 500 ; avec la clef et sans le bonnet, 410 — Artaria, état Liphart sur japon, 800 — Heredia, sur japon, 200 — Prince Waldburg Wolfegg, 2512.
La Femme à la Flèche (B 202 — Cl 199 — W 199 — B1 166 — D 199). — Complètement nue, vue de dos, assise sur sa chemise, la tête légèrement tournée à gauche, la jambe droite ramenée sous elle, une femme tient dans sa main droite levée une flèche la pointe en haut ; à ce bras est un bracelet ; à gauche de l’estampe une draperie. Dans le coin gauche en bas : Rembrndt (sic) f. 1661, la lettre a manque et le d est renversé.
Rovinsky donne les trois états suivants :
1er état. — Avant les contre-tailles sur la joue gauche.
2e état. — Avant les contre-tailles sur le bas de la chemise.
3e état. — Avec ces contre-tailles.
Cette estampe est rarissime, c’est la meilleure figure nue de Rembrandt ; dans le R1' et le 2e état le nom et la date sont à peine visibles. Cette pièce est la dernière qu’ait gravée le Maître.
Ventes : Didot, 280 — Knowles, fort chargée de barbes; Rr état, le nom de Rembrandt, repris plus tard à la pointe sèche, est à peine lisible, 806, de
1 La clef n’apparaît qu’au b’ élut.
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chez Wolterbeck — Schloesser, même état que Knowles, 476 — Buccleuch, 1er état, 1250 — Webster, 787, de chez le comte de Fries et de Verstolk — Seymour Haden, état vente Knowles, 1050 — Artaria, 1er état, 581 ; 2e état, 375 ; 3e état, 350.
Vue d’Omval (B 209 — Cl 206 — W 206 — B1 312 — D 206). — A gauche de l’estampe, un bouquet d’arbres au pied duquel deux personnages sont assis et difficiles à distinguer dans la pénombre ; à droite au second plan, occupant tout le reste de l’estampe, un fleuve devant lequel un homme est debout tournant le dos et regardant passer un bateau qui se dirige vers la gauche, abritant sous sa tente des personnages. Sur la rive opposée, maisons, moulins et barques. En bas dans le coin droit : Rembrant (sic) f 1645.
Estampe très remarquable, difficile à rencontrer en belle épreuve; le cuivre a mal mordu et certaines parties reprises à la pointe sèche donnent des noirs vraiment par trop accusés qui nuisent à la beauté de la pièce. Au 1 <=r état, tout en haut dans le coin, on remarque des essais de pointe qui ont presque disparu au — de toute rareté.
Rovinsky dit qu’il existe des dernières épreuves où les deux personnages de la pénombre ont été remplacés par un enfant qui fait des bulles de savon et une carte sur laquelle est écrite : Leven-2.
Ventes : Hume, 1100, de chez Barnard — Didot, avec le fond et les bords sales, 950, de chez Marshall — Griffiths, de chez Debois et Brook, 375 — Buccleuch, 1100, toute première épreuve — Webster, 900 — Hulot, avant la planche nettoyée, 500 — Holford, 8000, épreuve admirable — Artaria, état avec les essais de pointe dans le coin du haut, et des barbes sur le nom de Rembrandt, sur papier à la folie, 2000, provenait du cabinet de Festeticsz — Bouillon, 170 — Straeter, 2875, de la collection Hebich — Reiss, 1100.
Le Paysage aux trois Arbres (B 212 — Cl 209 — W 209 — B1 315 — D 209). — Au premier plan à droite d’un paysage plat au clair horizon qui forme le fond de l’estampe, mais au ciel chargé d’orage à gauche, trois gros arbres mêlant leur feuillage se détachent sur un tertre sombre au pied duquel, dans une mare à gauche, un homme et une femme pêchent à la ligne ; à travers les arbres on aperçoit une charrette se dirigeant vers la droite. Dans le haut du coin gauche, des rayons exécutés au tire-ligne simulent une pluie d’orage. Sous la touffe de joncs de la mare, au tout premier plan, on lit très difficilement à gauche : Rembrandt f. 1643.
On distingue, en y prêtant beaucoup d’attention, tout à fait à droite dans la pai lie basse la plus ombrée de l’estampe, deux personnages assis. Quant au prétendu fantôme, censé vu dans la partie claire du ciel presqu’au milieu de
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l’estampe, c’est une pure fantaisie de cerveau malade qui l’a créé, est-ce qu’on a pas toujours fait dire aux nuages et aux cloches tout ce que l’on voulait!! il n’y a donc rien dans cette pièce que ce que Rembrandt y a voulu mettre, car, à son époque, on n’avait point encore inventé le petit jeu de : Où est le chat ? et : Cherchez la bergère. !
Cette estampe admirable est le plus merveilleux paysage qu’ait gravé le Maître, et il est à juste titre célèbre entre tous. Il n’existe qu’un seul état, mais les exemplaires sont souvent très differents de beauté, le tirage jouant, on le sait, un grand rôle dans la qualité de l’épreuve, les premiers présentent des barbes dans le ciel.
Quoique cher, elle n’est pas payée à sa valeur, quand on la compare à certaines autres pièces très inférieures et qui, malgré cela, atteignent des prix très sensiblement supérieurs. L’épreuve du Département des Estampes acquise en 1816 fut payée 150 francs! Rovinsky affirme que le fond et les ombres sont teintées à la fleur de soufre, l’éminent directeur du Cabinet des Estampes d’Amsterdam, M. van der Kellen, opinerait plutôt pour la pierre ponce douce ; quant à nous, ayant examiné à la loupe différentes épreuves, nous n’hésitons pas à croire que ces teintes, extrêmement légères, ont été obtenues à l’aide d’un grain de résine ou de fleur de soufre, elles n’existent du reste que dans les toutes premières épreuves, et encore d’une façon fort peu marquée.
Ventes : Howard', 1675 — Lipharl, 3812 — Hume, 3000 — Didot, 2000 — Knowles, 2625, de chez Marochetti — Schloesser, 2137, un des plus beaux connus — Griffiths, 3125, de chez Maberley — Buccleuch, 4125, de chez Hawkins — Webster, 2225 — Seymour Haden, 3700 — Hulot, 1000 — Holford, 4250 — Angiolini, 981 — Artaria, 1400 — Straeter, 6000, admirable exemplaire de chez Hebich — Miller Whitehead, 2000 — Battig, 3075 8, de chez Buccleuch, sur papier à la folie — Defer Dumesnil, 2100, épreuve doublée — Rosenberg, 2262, sur papier aux fleurs de lys — Reiss, de la collection Johnson, 5875.
Il existe de nombreuses copies par Novelli, L. Maroy, Baillie, R. Byron, etc.
L’Homme au lait (B 213 — Cl 210 — W 210 — B1 316 — D 210). — A droite de l'estampe, sur une route, un homme portant à l’aide d’une traverse qui est sur ses épaules deux bidons de lait, un chien court près de lui, il est vu de dos et s’éloigne; à sa droite la mer sans borne avec des navires ; en contre-bas à gauche de l’estampe, bouquet d’arbres, chaumière et mare avec un canot ; de ce même côté gauche à l’horizon, une légère silhouette de collines. Sans signature.
Pièce rare et recherchée avec ses barbes. — Il n’existe que deux états :
hr état. — Avant les collines indiquées à l’horizon — rarissime.
2e état. — Avec les collines.
1 Un fait curieux à signaler, c’est que dans cette collection très remarquable, il n’existait que ■ce seul échantillon du Maître.
2 Acheté par le docteur Elischer de Budapest.
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Ventes : Hume, 2e état, 682 — Liphart, 2° état, 625 — Didot, même état, 1720, superbe exemplaire de chez Bôhn — Knowles, 1050 — Schloesser, 1625 — Buccleuch, 1er état, 5125, de chez lord Aylesford et Hawkins; 2e état, 1000 — Webster, 1025 — Hulot, 925, sur japon, de chez Esdaile — Holford, 1er état sur japon *, 3625, de chez lord Aylesford; 2e état (?) — Angiolini, avec barbes sur japon, 812 — Artaria, 1er état, 310! I! 2e état, sur papier à la folie, 882.
Il existe des copies.
Le Paysage aux trois Chaumières (B 217 — Cl 214 — W 214 — B1 318 — D 214). — Sur le bord d’une route qui occupe la gauche de l’estampe, trois chaumières presque sur la même ligne perpendiculaire ; à droite sur le tout premier plan du même côté, un grand arbre très feuillé et très branchu. Dans le bas du coin gauche : Rembrandt f. 1650. Le cuivre est cintré par le haut.
Voici les états :
1er état. — Le devant de la première chaumière n’a qu’une seule taille perpendiculaire et la pièce n’est pas terminée; il y a des parties blanches sur la route — rarissime.
2e état. — La pièce est terminée, il y a une contre-taille sur le toit de la troisième chaumière.
3c état. — Contre-taille sur le devant de la première chaumière.
Encore un des meilleurs paysages, rare et très recherché qu’il faut avoir, inutile de le répéter, comme toutes les pointes sèches avec ses barbes. M. A. Legros dit que cette pièce peut être du Maître, mais néanmoins il laisse planer un doute sur son authenticité. — Il existe des copies; une ancienne, est surtout particulièrement trompeuse.
Ventes : Guichardot, 1280 — E. Galichon, 1200 — Liphart, 912 — Hume, 825 — Didot, 3c état très chargé de barbes, 1000 — Schloesser, 1000 — Hebich, 3e état, 1260 — Buccleuch, lei' état, 6875, de chez Hawkins — Webster, 3e état, 1250 — Holford, 1er état, 6875; 2e état, 2500, toutes deux de chez lord Aylesford — Artaria, 2e état, 870 — Straeter, 1er état sur japon, 5500, de chez Weber.
Le Paysage à la Tour carrée (B 218 — Cl 215 — W 215 — B1 319 — D 215). — Au milieu d’un petit hameau — Raarep, sans doute — qui s’étend sur la gauche, on aperçoit une cour carrée ; une barrière de bois montant sur le premier plan à droite, occupe plus des deux tiers de l’estampe. Dans le bas du coin droit : Rembrandt f. 1650.
C’est une pièce rare et très recherchée, nous la notons à ce titre, éprouvant pour elle fort peu d’emballement ; du reste, nous croyons qu’on en revient
Pourquoi celte baisse de 1500 francs pour le même exemplaire 1 Cruelle énigme ! !
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un peu et, à moins de qualité exceptionnelle, les prix auraient plutôt tendance à fléchir.
Le 1er état, dans lequel le mur de l’arche du pont qui est à droite de la tour présente une partie claire et une partie ombrée, n’existe qu’à trois exemplaires ; ils se trouvent au British Muséum, au Musée d’Amsterdam et, croyons-nous, chez le baron Edmond de Rothschild.
Ventes : E. Galiehon, avant le trait échappé qui coupe le nom de Rembrandt aux lettres br, 850 — Liphart, 512 — Hume, 446 — Didot, 610, très chargé de barbes — Knowles, 375 — Schloesser, 462 — Buccleuch, 1er état sur japon, provenant de chez Hawkins, 7375 — Hulot, 300 — Holford, 1er état, 3250, de chez lord Aylesford — Artaria, 670, dernier état — Bouillon, 420, avec la planche sale — Straeter, tout le mur est ombré, 2e état, 544, de chez Camberlyn, où elle fut adjugée 251 — Hansen, de chez lord Aylesford et Chambers Hall, 862.
Ne pas confondre cette estampe cintrée par le haut avec Le Paysage ci la Tour (B 223) dont nous nous occuperons tout à l’heure.
Le Canal (B 221 — Cl 218 — W 218 — B1 322 — D 218). — Quelques chaumières entourées d’arbres sur le milieu de l’estampe, et une à gauche, derrière laquelle on distingue un bateau à la voile ; sur le devant, un petit canal qui fait le coude à gauche; dans le fond à l’horizon, un village avec son église. Sans signature.
Pièce très rare, très cher, mais d’un médiocre intérêt ; Middleton et von Seidlitz la croient gravée vers 1652. Le 1er état est au fond sale et à la planche non ébarbée ; le 2e est ébarbé. — Il existe des copies.
Ventes : E. Galiehon, épreuve hors ligne chargée de barbes, 2000 — Didot, 980 — Oppermann, 100 — Hebich, 1000 — Buccleuch, 3000, de chez Hawkins — Wesbster, sur japon, une des plus belles connues, 3125, du cabinet Verstolk de Soelen — Hulot, 405 — Artaria, 1680 — Straeter, 1887, de chez Weber — Reiss, 1500.
Le Paysage à la Tour (B 223 — Cl 220 — W 220 — B1 324 — D 220). — A droite d’un bouquet d’arbres peu élevés, une chaumière, et au dernier plan une tour surmontée d’un dôme ; au pied de celte tour à gauche, est accolée une construction plus basse. Le tout premier plan à droite de l’estampe, vide de travaux. Sans signature.
Très rare, très cher, très apprécié. — On croit que c’est le petit village où naquit la seconde femme de Rembrand ; c’est cette raison sans doute qui fait rechercher la pièce, plus encore que sa véritable valeur artistique. Nous n’ignorons pas que tous les paysages de Rembrandt sont très chers ; mais il n’est vraiment pas rationnel de voir payer cette petite pièce des prix atteints difficilement par l’admirable Paysage aux trois Arbres; on devrait cependant comprendre qu’il n’y a pas de comparaison possible entre ces deux estampes, et que la dernière que nous avons mentionnée
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est de cent coudées supérieure à La Tour ; mais tous les raisonnements tombent devant l’entêtement du collectionneur qui est un peu — honni soit qui mal y pense, car nous sommes de la confrérie — très fortement mouton de Panurge en consultant beaucoup plus le goût du jour que le sien propre; on arrive ainsi, par une obstination que rien ne saurait justifier, à maintenir des cotes tout à fait hors de proportion avec la valeur de l’objet.
Etant donné les gros prix pratiqués, nous croyons devoir donner les différents états de cette estampe pour payer au moins avec connaissance de cause :
1er état. — La tour est surmontée d’une petite coupole terminée en pointe, dans le ciel à gauche de longues hachures zèbrent la planche et une tache d’acide ronde apparaît dans le coin droit.
2e état. — La coupole existe encore, mais les taches noires et longues produites par les hachures ont été effacées; elles sont encore un peu visibles cependant.
3e état. — Coupole et taches ont disparu.
Ventes : Kalle, 3e état, 1287 — Hume, 2° état, 5750 — Didot, 2e état, 730 — Hebich, 2e état, 510 — Schloesser, 3e état, 500 — Griffiths, 1er état, hors ligne, 7500, achetée par M. Dutuit — Buccleuch, 1er état, 6500; 3e état, 1175 — Webster, 3e état, 825 — Seymour Haden, 1er état sur fin japon, 4550 ; 3e état, 1275, de chez Kalle — Hulot (?), 700 — Arîaria, 3e état sur papier à la folie, du cabinet Verstolk, 1400 — Straeter, 3e état, 606, de la vente Debois où elle fut adjugée 166.
Il existe des copies.
La Chaumière et la Grange à foin (B 225 — Cl 222 — W 222 — B1 327 — D 222). — Au milieu de l’estampe, une chaumière, à gauche de laquelle se trouve une grange à foin vide, sous laquelle est remisée une charrette ; «à droite de la chaumière, un petit pont, que traversent une paysanne et son chien. Un enfant assis pêche dans le ruisseau sur lequel le pont est établi, près de lui un autre enfant tient un panier. Au fond, très légèrement silhouettés, un château et des arbres ; à gauche, une ville avec moulin et clochers. En bas dans le coin droit : Rembrandt f. 16it.
Ventes : Kalle, 800 — E. Galichon, 1510 — Hume, 2021 — Liphart, 514 — Didot, 1420 — Hebich, 1450 — Schloesser, sur papier à la fleur de lys, un des plus beaux connus , 1875, provenant de chez Debois, adjugé 272, qui le tenait du cabinet Poggi — Oppermann, 762 — Buccleuch, 1750, de chez Hawkins — Webster, 2400, superbe — Seymour Haden, 950 — Fisher, 1275 — Holford, 1875 — L. Galichon, 1205 — Artaria, épreuve de 13 m,« plus haute que les épreuves courantes, pleine de barbes, 1170 — Bouillon, 280 — Straeter, une des plus belles connues, 5500, de chez Hume — Defer Dumcsnil, 950 — Rosenberg, 2000, de chez Verstolk, Barnard et Buccleuch — Hansen, 687 — Dreux, 1550.
Très belle pièce dont il existe des copies.
Le Verger et la Grange (B 230 — Cl 227 — W 227 — B1 330 — D 227). — Tout à fait à gauche, une maison couverte en chaume, puis un verger à droite de cette maison ; également à droite, dans une allée indiquée par des piquets, un homme un bâton sur l’épaule s’éloignant. Tout au fond et dans le bexxeau formé par les arbres, un personnage à cheval, très difficile à distinguer. Sans signature.
Estampe rarissime , ne figurant même pas à l’exposition qui fut faite de l’œuvre du Maître en 1899, au British Muséum. — La planche au 1er état mesurait en largeur 204mm, et au 2e 162rara; quant à la hauteur, elle n’a pas variée et est restée de 90mra dans les deux états.
Ventes : Didot, 2e état, 1980 — Schloesser, 2500, de chez Didot — Holford, 4250, de chez lord Aylesford.
Le Moulin de Rembrandt (B 233 — Cl 230 — W 230 — B1 333 — D 230). — A gauche de l’estampe, un moulin à vent sur le premier plan; au second plan, presque accolée, une chaumière carrée couverte en tuiles ; à droite, la campagne nue. Dans le bas du coin droit : Rembrandt f. 1641.
Nommé à tort Le Moulin de Rembrandt, ce n’est point là que naquit le Maître, mais bien à Leyde. Dans toutes les épreuves on remarque des craquelures dans le ciel, cela tient au vernis qui a crevé pendant la morsure, ces craquelures s’atténuent au fur et à mesure du tirage, dans les toutes premières épreuves elles sont plus accentuées.
Il existe plusieurs copies; l’une, entre autres, gravée en 1844 par une femme amateur atteint une telle perfection qu’elle donne, dit Maberley, l’illusion de l’original.
Ventes: E. Galichon, 600 — Didot, 410 — Schloesser, 263 — Oppermann, 126 — Hebich, 400 — Griffiths, 305 — Buccleuch, 650 — Webster, 300 — Seymour Haden, 1725 — Holford, 525 — L. Galichon, 195 — Artaria, 900, les craquelures sont très apparentes et il y a des barbes sur la date et le nom de Rembrandt — Bouillon, 175 — Straeter, 1150 — Rosenberg, 250 — Hansen, 1462, de chez Verstolk et Buccleuch.
La Campagne du Peseur d’or (B 234 — Cl 231 — W 231 —
B1 334 — D 231). — Grand paysage plat en largeur, sans caractère, à gauche à l’horizon, un village avec une église qui le domine ; très à gauche du rideau d’arbres qui occupe le milieu de l’estampe, une tour ronde surmontée d’une girouette. Dans le bas du coin gauche : Rembrandt 1651.
C’est la campagne de Uytenbogaert, l’ami de Rembrandt ; c’est une grande esquisse fort recherchée et extrêmement rare, traitée d’une façon très sommaire à la pointe sèche. Il y a des tirages sur japon jaune chargés de
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barbes qui sont très beaux; nous trouvons la pièce un peu surfaite, surtout quant au prix.
Ventes : E. Galichon, 700 — Liphart, 1312 — Didot, 1100 — Knowles, 825 — Hcbich, 650 — Scliloesser, 1000, une des plus belles connues — Oppermann, chargée de barbes, 1062 — Buccleuch, sur japon, 5250, de la collection Hawkins — Webster, 2800, sur japon, chargée de barbes — Holford, même condition, 1800 — Artaria, 660 — Straeter, 975, de chez Coppenrath — Rosenberg, 1181, sur papier aux fleurs de lys, de chez Camesina, Coppenrath et Straeter — Reiss, 1725.
Citons encore pour mémoire les paysages suivants qui, malgré leur moindre importance, sont d’une extrême rareté : Le Paysage à la Vache (B 206). — Les deux Maisons avec pignons pointus (B 214) que l’on ne rencontre guère que lavé à l’encre de chine, ce qui avait fait croire un instant que cette pièce, ainsi que quelques autres, étaient des dessins originaux ; il en résulta même qu’au début de leur apparition ils furent vendus comme tels. On alla jusqu’à dire que c’était une supercherie de Rembrandt exécutée dans le but bien déterminé de tromper les amateurs ; ceci n’a jamais été prouvé et reste à l’état de pure hypothèse. — La Terrasse (B 216). — Le Canal à la petite Barque (B 240). — Le grand Arbre (B 241). — Le Pêcheur dans une Barque (B 243). — Le Paysage au Canal (B 244). — La Maison basse sur le bord du Canal 1 (B 245). — Le Pont de Bois (B 246). — Le Paysage aux Palissades (B 247). — Le Paysage non fini (B 255). — Le Paysage aux deux Pêcheurs, signalé dans le catalogue Denon et inconnu à Bartsch et à Blanc ; disons encore en un mot que presque tous les paysages de l’artiste sont très rares et très chers.
Faustus (B 70 — Cl 267 — W 272 — B1 84 — D 259). — Debout dans son laboratoire, tourné vers la droite, coiffé d’un bonnet, vivement éclairé et vêtu d’une longue robe, le docteur légèrement penché en avant, les deux mains appuyées sur sa table, interroge anxieux les signes cabalistiques qui lui apparaissent sur la fenêtre placée au milieu du fond de l’estampe. Derrière lui, une tête de mort, et devant lui sur le premier plan, un globe terrestre, des papiers et un gros livre à fermoir. Sans signature 2.
Superbe pièce dont le cuivre existe encore. — Le 1er état est avant la troisième taille sur le livre à fermoir et le travail de pointe sèche sur l’épaule droite.
Ventes : E. Galichon, 1er état sur chine, 850 — Kalle, 637 — Liphart, 812 — Didot, 550 — Scliloesser, 251 — Oppermann, 2« état, 350 — Buccleuch, sur hipon, 1375, de chez Hawkins — Webster, 600 — Fisher, 210 — Gutekunst,
t II n’en existe, paraît-il, que trois exemplaires, l’un au Britisli Muséum, l’autre à Amsterdam, et un troisième adjugé à la vente Webster 9000 francs, il provenait de chez lord Aylesford.
5 La plupart du temps on assigne des dates aux pièces qui n’en ont pas. mais les avis sont si partagés et les écarts quelquefois si grands entre les différents catalogueurs, que nous croyons souvent préférable de nous abstenir de les relater ici, tellement cela nous semble hypothétique.
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2e état, 310 — L. Galichon, 380 — Artaria, très chargée de barbes, 820 — Straeter, 1262, provenait du cabinet de Fries — Rosenberg, 2e état, 375.
Toutes les épreuves ci-dessus sont de 1er état, sauf indication contraire.
Il existe une copie.
Le vieux Haaring (B 274 — Cl 271 — W 276 — B1 178 — D 261). — Assis de face dans un fauteuil, la main droite ramenant son manteau à la hauteur de la ceinture, et l’autre pendant négligemment, le vieil homme aux chevaux bouffants et grisonnants recouverts d’une calotte regarde de face. Il est vêtu d’un justaucorps avec un large col blanc serré par une cordelière d’où pendent deux glands. Derrière lui, est une large croisée grillée avec un rideau à gauche. Ni signature, ni date
Il y a trois états :
1er état. — Epreuve d’essai unique qui se trouve à 1 ’Albertine de Vienne, provenant de la collection Barnard. Ce n’est guère qu’une esquisse; le rideau, à gauche, tombe droit sans empiéter par un pli sur la croisée, l’expression du visage n’est pas la même que dans les états suivants.
2e état. — Avant le châssis qui se trouve au milieu de la grille de la croisée et avant l’empiètement du rideau.
3e état. Avec le châssis et avec le rideau émergeant sur la croisée.
C’est sans conteste le plus beau des portraits, c’est le chef-d’œuvre des chefs-d’œuvre du genre, laissant loin derrière lui celui de l’avocat Tholing que nous allons mentionner tout à l’heure. 11 est extrêmement rare en 2e état.
M. Alphonse Legros, réminent peintre-graveur, consulté par nous sur ce portrait, n’hésite pas à le déclarer carrément faux; nous nous contentons d’enregistrer son opinion, désolé de notre désaccord.
Ventes : Hume, 6375 — Didot, 2900, une autre épreuve sur parchemin, du même état, peut-être unique dit le catalogue, 300 ! — Hebich, 2e état, 5500 — Buccleuch, 1750, de chez Hawkins — Holford, 4750 — Angiolini, 2e état (?), 8515 — Artaria, 2740 — Straeter, 2e état, 6625, de la collection Danby Seymour, l’épreuve était exceptionnelle.
Les épreuves ci-dessus dont l’état n’est pas indiqué étaient, croyons-nous, du dernier état. — Il existe une copie.
Jean Lutma (B 276 — Cl 273 — W 278 — B1 182 — D 265). — Tournant le dos à une croisée, assis presque de face dans un fauteuil sur le bras duquel il s’appuie, la tête coiffée d’une calotte de velours, le célèbre orfèvre tient dans sa main droite une statuette; sur la table
1 Date présumée, 1656,
à droite, on aperçoit un marteau et un plat d’argent ; la tête souriante et line se détache suprêmement distinguée. A droite dans le haut de la croisée : Rembrandt f. 1656, et au-dessus de la table du même côté : Joannes Lutma. . . écrit par une main étrangère.
Le 1er état, très rare, est avant la croisée, les noms de Rembrandt, de Lutma et la date ; le 2e état est avec la croisée et les inscriptions ci-dessus mentionnées. C’est un pur chef-d’œuvre et un des plus beaux, et surtout un des plus séduisants portraits gravés par le Maître ; malheureusement cette admirable planche a été abimée, et on en a fait ce qu’on appelle le 2e état qui n’est pas, affirme M. A. Legros, de la main de Rembrandt. Il y a encore un 3e état très mauvais, mais excessivement rave, dont il existe une épreuve au Musée d’Amsterdam, elle provient de la planche réduite à 185 mm, elle faisait initialement en hauteur 198 mm.
Ventes : E. Galichon, h*’ état sur japon, 3600 — Hume, même état, 3875, de chez Hibbert — Didot, même état sur japon, 3900, venait de chez Camberlyn, où elle fut adjugée 2605— Knowles, 1« état, 4400, de chez Hawkins; 2e état, 750 — Webster, sur vélin fin, 1er état, 800, de chez Hawkins — Seymour Haden, 1er état, 4250 — Fisher, 3e état, 105 — Hulot, 1er état sur japon, 3700. provenait de chez Didot — Holford, 1er état non terminé, l’eau-forte ayant mal mordu, dit le catalogue, 425, de la collection Earnard ; le même état, 4500 — Angiolini, 1er état, exemplaire superbe, 6250 — Artaria, 1er état, 2000; 2e état, 120 — Bouillon, 1er état, chargé de barbes, 2620 — Straeter, 1er état, 1375, des collections Six et Festeticsz — Defer Dumesnil, 2e état, 590, épreuve signée au verso P. Mariette, 1668 — Rosenberg, 2e état, 225 — Hansen, 2e état, 345.
Ephraïm Bonus (B 278 — Cl 275 — W 280 — B1 172 — D 256). — Coiffé d’un chapeau à larges bords, le manteau sur l’épaule laissant voir un ample col blanc, portant moustache et barbiche, Ephraïm Bonus descend se dirigeant vers la droite un escalier, sur la rampe duquel il appuie la main droite dont l’index est orné d’une bague. En bas du coin droit : Rembrandt f, 1647.
Cette estampe est dite aussi Le Juif à la rampe, elle est célèbre et rare, mais c’est une réputation usurpée et, suivant nous, c’est un des moins bon portrait gravé par l’artiste. M. A. Legros trouve la planche très habite, mais ne la croit pas de Rembrandt.' Du 1er état, dont la caractéristique la plus marquante est la baque noire, il n’existe que trois exemplaires connus, ils sont actuellement : l’un au British Muséum, acquis en 1847, à la vente Verstolk de Soelen, pour 1650 llorins, soit environ 3960 francs, après avoir passé par les cabinets Denon, Wilson; l’autre au Musée d’Amsterdam, quand au troisième, il passa à la vente Holford en 1893.
Ch. Blanc reste plein d’admiration devant la réflexion que ce portrait a suggérée à Wilson dans le catalogue qu’il a fait de l’œuvre du Maître où il dit : a II semble réfléchir sur la maladie d'un de ses clients », et il ajoute, dièzant encore la note: « On dirait, en effet, qu'il délibère s’il ne remontera
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pas l’escalier ! » Nous ne partageons pas l’emballement de l’éminent écrivain d’art sur ce morceau que nous trouvons raide et sans accent.
Les prix suivants donneront cependant raison sur nous à l’ancien directeur des'Beaux-Arts.
Ventes : Kalle, 1700 — Liphart, 1437 — Hume, 2300 — Didot, 1550 — Schloesser, 850 — Hebich, 1375 — Griffiths, 1900, de chez Maberley — Prince Lobanoff, 2940 — Buccleuch, 3000 — Webster, 2500, superbe épreuve provenant de Verstolk — Seymour Haden, 2170, de chez Gevers — Holford, 1er état, 48750, de chez lord Aylesford — Gutekunst, 450 — Angiolini, 1875 — Artaria, 1490 — Straeter, 2062, provenant de chez Alferoff, c’est un des plus beaux exemplaires connus ; il avait passé successivement par les collections Camesina, Wolterbeck, de la Motte-Fouquet, van den Zande, Godefroy de Caen, Molasse, et enfin Alferoff, d’où elle provenait en dernier lieu.
Cette estampe n’a jamais été tirée sur japon.
Jean Utenbogardus (B 279 — Cl 277 — W 281 — B1 190 — D 272). — Dans un ovale sur un cuivre octogonal, assis dans un fauteuil, presque de face, coiffé d’une calotte, le cou entouré d’une fraise, le célèbre prêcheur tient de la main gauche le livre ouvert qui est sur une table. A droite on distingue plusieurs volumes posés les uns sur les autres sans symétrie. En dehors de l’ovale à gauche en haut: Rembrandt f., et à droite: 1635; en bas quatre vers latins : Qnem praemirari plebes. . .
Voici les différents états signalés par M. Sidney Colvin :
1er état. — La planche est rectangulaire mesurant 249 mm sur 186 mi“; le col est presque blanc, l’expression de la bouche et des yeux est grave et triste, la face modelée par des ombres légères.
2« état. — Unique, de nombreux travaux ajoutés dans la face viennent altérer l’expression de la bouche et des yeux, le col est terminé.
3e état. — L’épreuve est terminée et le cuivre rogné en octogone ; les travaux additionnels, qui ne sont pas de la main du Maître, consistent principalement dans les ombres portées sur le rideau et dans la partie à gauche et la plus basse de la planche. La signature et la date apparaissent dans les deux angles du haut, ainsi que les quatre vers de Hugo Grotius dans la marge du bas.
On ne connaît du 1er état que trois exemplaires : à Amsterdam, au Britisli Muséum et le troisième qui passa à la vente Buccleuch; cet état n’a pas été tiré sur japon.
Ventes : Didot, dernier état, 710 — Buccleuch, 1er état, 32000 — Schloesser, 1712 — Oppermann, 350, sur japon — Artaria, 600 — Straeter, 362 — Rosenberg, 450, de chez Seymour Haden, Aylesford et Straeter.
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Utenbogaert (B 281 — Cl 278 — W 283 — RI 189 — D 271). — De trois quarts à gauche, la tête tournée à droite coiffée d’une large toque et portant un vêtement garni de fourrures , Utenbogaert est assis devant une table, au-dessus de laquelle une balance est suspendue ; sur cette table des sacs d’écus et un livre ouvert sur lequel il écrit. Il remet de la main gauche un sac à un jeune garçon, qui un genou en terre près de lui va remplir le baril qui est à sa droite. Au fond, on aperçoit deux personnages à mi-corps. Sur le premier plan, une malle et des barils. Dans le bas de l’estampe à gauche et en dehors de la partie gravée : Rembrandt f. 1639.
Cette pièce est aussi dénommée Le Peseur d'or ou Le Banquier. Nous ne nous associons point à l’enthousiasme que professe pour elle Bartsch qui la qualifie « d’un des plus beaux et des plus rares portraits qu’ait fait Rembrandt, très fini dans toutes ses parties et dont l’effet est admirable. » D’abord il n’y a de gravé par l’artiste que la tête et les épaules, le reste est, tout porte à le croire, l’œuvre de Bol, nous ne nous expliquons guère que l’œil de Bartsch, si exercé, n’ait pas senti l’énorme différence qui existait entre la technique du Maître et celle de l’élève.
Dans le 1er état, dit au visage blanc, la tête du receveur n’est exprimée qu’au trait. Cet état est extrêmement rare ; au 2e état la tête est ombrée ', une copie en a été faite par le capitaine Baillie, on lit dans la marge du bas : Scilicet unprobæ... et son monogramme W. B. entrelacés à droite. Le 3e état ne porte ni la date ni le nom, ils ont été effacés ; il y a eu, dit Blanc, des épreuves tirées sur un faux japon très cassant.
Rovinsky affirme qu’il y a eu des 2es états falsifiés. — Le cuivre existe encore. — Un anglais, Jacques Hazard, a fait une copie différente de l’original, en ce que le livre sur lequel écrit le peseur d’or ne présente aucune écriture.
Ventes : Liphart, 331 — Hume, 2e état sur japon, 572 — Didot, 1er état, G500, de chez Marshall, la même, retouchée par Baillie, 305 — Schloesser, 2° état, très veloutée, sur vieux japon, 1750 — Griffiths, 825 de Maberley — Buccleucli, 1er état, 4000, de chez Hawkins — Webster, sans nom ni date, provenant de chez Hippisley, 650, probablement unique dit le catalogue2 — L. Galichon, avant les tailles perpendiculaires entre les jambes du jeune garçon agenouillé, 590 — Artaria, même état, 260 — Bouillon, même état, 610 — Straeter, 2e état, 1062, de chez Alferoff.
Le Grand Coppenol (B 283 — Cl 280 — W 285 — B1 175 — D 258). — Assis et vu à mi-corps, de trois quarts à droite, coiffé d’une calotte, large col blanc souple, il regarde presque de face; ses deux
' Les lionnes épreuves sont chargées de barbes.
2 C’est, croyons-nous, l’exemplaire qui a figuré au Burlington Fine Arts Club en 1877.
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mains tiennent une feuille de papier blanc, une plume d’oie est passée entre l’index et le majeur de la main droite, son manteau entr’ouvert laisse voir son justaucorps. Derrière lui se profile une colonne à gauche. Sans signature, ni date ; on suppose en 1661.
1er état. — La planche mesure 335 en hauteur sur 281 mm en largeur;
elle n’est pas terminée et est au fond blanc et avant l’achèvement de la manche droite et des deux mains.
2e état. — Terminée; un rideau forme le fond à gauche, remplaçant la colonne, la manche est ombrée, mais demeure plus claire que le reste du corps.
3e état. — Le bras et la manche ont reçu de nouvelles tailles qui les ont assombris.
4e état. — A droite, dans le haut du rideau, les plis ont été retravaillés.
5e état. — La planche est coupée et les vers hollandais calligraphiés en l’honneur du Maître et du modèle ont disparu.
Clausin a dit qu’au 1er état la colonne qui est à gauche n’est légèrement ombrée que jusqu’au milieu de sa hauteur — ce qui laisse clairement entendre que le reste est demeuré blanc — or, semblable particularité n’a encore jamais été confirmée, c’est une erreur qu’a rééditée Ch. Blanc et qu’il importe de détruire complètement. Cette pièce n’est intéressante que dans le le‘- état — dont Basan a fait une copie moins haute d’un centimètre environ que l’estampe originale — et dans le 2e état.
Il n’existe du 1er état que deux exemplaires connus, l’un au Département des Estampes, provenant de la collection Beringhen, l’autre à Amsterdam, sortant de chez Verstolk de Soelen à la vente duquel il fut adjugé 2687 francs.
Ventes : Liphart, 3e état, 369; un autre état sur japon, 887 — Hume, 5e état, 1275 — Didot, 4e état, 650 ; 5e état, 30 — Schloesser, 3« état, marge de 5 ““ aux trois côtés et 14 mm en bas, les bords sales, 987, de chez Ackermann, Festeticsz, Arozarena et Kalle — Buccleuch, 2e état, sur japon au fond blanc, 29750, des collections Esdaile, Verstolk et Hawkins; 3e état, 3250; 4e état, 2125 — Webster, 4e état, de chez Barnard, Hibbert et Willcox — Fisher, 4e état, 625, de Howard et Danby Seymour — Holford, 2e état, de Wilson, 33975, mais réellement le l«r, dit le catalogue, provenait de la collection Aylesford — Artaria, 225, de chez Faccioli, avant la planche coupée — Reiss, sur japon, 4e état, 875, de chez Esdaile — Loyd, 3e état, 1950.
L’avocat Tholinx* (B 284 — Cl 281 — W 286 — B1 188 — D 270). — Assis de face dans un fauteuil, il regarde d’un air songeur ; la tète, recouverte d’un chapeau à larges bords légèrement relevés, est un peu enfoncée dans les épaules ; le large col est blanc et la barbe du menton taillée en carré. Il a devant lui une table chargée de
• Ou encore le Docteur Petrus van Toi, ce qui semble plus vraisemblable.
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livres, dont l’un est ouvert ; il tient un lorgnon de sa main droite qu’il ramène vers lui, les deux avant-bras sont appuyés sur les montants du fauteuil. A droite derrière lui, on aperçoit trois bouteilles ; sur le justaucorps du personnage un vêtement fourré. Le fond de l’estampe est blanc. Sans signature, ni date.
1er état. — La barbe est irrégulière et divisée en deux parties, le coude droit n’est pas arrondi.
2e état. — La barbe a été régularisée et taillée en carré.
3e état. — La partie claire qui se voit sur la poitrine est ombrée de deux tailles.
De tous les portraits — une des plus belles planches de Rembrandt, nous écrit M. A. Legros — c’est incontestablement et de beaucoup le plus rare ', on peut même dire qu’à l’heure actuelle il est absolument introuvable, toutes ou à peu près toutes les épreuves sont encore chargées de barbes, la planche, perdue croit-on, ayant été fort peu tirée. Cependant — et voilà qui va sembler infirmer cette assertion — il passa à la vente Didot une fort mauvaise épreuve, elle avait été payée 20 francs par lui et avait appartenu au comte de Noë.
Du 1er état on ne connaît que quatre exemplaires: au British Muséum, don du Rev. C. M. Cracherode en 1799; au Musée d’ Amsterdam ; au Département des Estampes, provenant de la collection Peters, et enfin celui adjugé à la vente du Rev. John Griffiths, qui avait successivement passé par les cabinets Rechberger, de Fries et Six.
A la vente Verstolk de Soelen une épreuve du 1er état fut adjugée 330 florins, et un autre exemplaire de 2e état, aux bords raboteux et chargé de barbes, 1800 florins, il provenait de chez Barnard et Pôle Carew -, à la vente de ce dernier elle avait été adjugée 5500 francs.
On suppose que cette estampe fut gravée entre 1654 et 1656, on n’en connaît qu’une seule épreuve sur japon. — Il existe plusieurs copies, une entre autre extrêmement remarquable par le capitaine Baillie.
Ventes : Hume, 12750 — Didot, 1120, épreuve faible, celle achetée 20 fr. — Griffiths, pr état, 38000 — Buccleuch, 2e état, 20000, de chez Hawkins — Hulol, 780, provenant de chez Didot — Holford, 13250, de chez lord Aylesford.
Le bourgmestre Six (B 285 — Cl 282 — W 287 — B1 184 — D 267). — Il est debout, presque de face, en culotte courte, et adossé à une croisée entourée de rideaux d’ou vient la lumière ; il tient dans ses deux mains sa tragédie La Médée, qu’il lit avec attention , ses cheveux gris et bouffants s’épandent sur ses épaules, les cordons à glands de son col sont dénoués. A sa droite dans l’ombre, on aperçoit
1 Notre Mimée Dobrie en possède une superbe épreuve.
" Il l’nvnil achetée en 1809, à la vente Hibbert, 1400 francs.
ÉCOIÆ HOLLANDAISE ET FLAMANDE
son épée et son baudrier; en face de lui sur une chaise à coussin à glands, quelques livres sont posés. Sous le trait carré à droite en bas de l’estampe : Rembrandt f. 164-7, et à gauche : Jean Six Æ 29.
état. — Il existe à la croisée une sorte d’appui venant à la moitié de la hauteur de l’épaule du modèle, et il n’y a ni nom, ni date.
2e état. — L’appui a disparu, et dans la date 1647 les chiffres 6 et 4 sont renversés, on lit à droite, le nom de Rembrandt sous le trait carré près de ces chiffres.
3e état. — Les chiffres sont redressés et dans la marge à gauche, on a ajouté : Jean Six, Æ 29.
Le 1er état n’existe qu’à deux exemplaires, à Paris, acheté 864 francs à la vente du comte de Chabannes en 1755, et à Amsterdam. Ce portrait est célèbre, le personnage étant un ami de Rembrandt.
Nous ne partageons pas l’enthousiasme du public relativement à cette estampe, parce que nous estimons que dans la circonstance le Maître n’est pas resté lui même, il a momentanément abdiqué son indépendance, et pour plaire au modèle il a, n’en doutez pas, obéi à des instructions qui ont paralysé sa liberté en le faisant descendre au simple rôle d’ouvrier exécutant, l’outil domine dans ce portrait, et la tête seule — partie certes la plus intéressante du morceau — tout admirablement modelée qu’elle soit, est loin de nous donner, comme l’a judicieusement fait observer M. Dutuit, la physionomie d’un homme de 29 ans, c’est bien plutôt un vieillard que nous présente l’artiste, ce seul fait est une lare qui vient corroborer nos critiques.
On rencontre de fort belles épreuves, même en 3e état, celle par exemple du Département des Estampes, est superbe.
Le cuivre existe encore dans la famille, et se trouve actuellement chez le professeur Jhr. Dr. J. Six, Heerengracht à Amsterdam, il figura même à une exposition qui y fut faite en 1876, croyons-nous.
En février et mars 1892, au Cincinnati Muséum Association, un des plus beaux exemplaires connus fut exposé.
Il y a quatre ou cinq copies, entre autres une de Basan et l’autre de François Novelli ; cette dernière que nous n’avons pas vue est, paraît-il, supérieure. — Marcelin Desboutin l’a aussi, croyons-nous, gravé.
Ventes : Liphart, 3e état, 650 — Hume, 3e état, 6750, superbe épreuve provenant de chez Josi — Didot, 2« état, 170001, elle provenait de la vente Arozarena où elle fut adjugée 5251 francs, elle portait au verso la signature de dom Artaria, et sortait du cabinet de Férol où elle fut vendue 5150 francs, c’était un exemplaire de qualité exceptionnelle — Schloesser, 3e état, 1876 — Griffiths, 2e état, 12625, de chez Harding et Maberley — Buccleuch, 2e état, 12500, de la collection Hawkins — Seymour Haden, 3e état, 9750, de chez Hume — Holford, 2e état, 9500, de chez Lord Aylesford ; 3e état, 6375 — L. Galichon, 2e état, 12050, la plus belle connue dit M. Dutuit dans son manuel, provenait de chez Arozarena et Didot — Artaria, 3e état, 900 — Reiss, 3e état sur japon, 13500, des collections Barnard, Astley, Hibbert et Aylesford
1 En 1860, Didot l'avait payée 6250 francs ; voilà ce qu’on peut appeler un placement de père de famille.
ÉCOLE HOLLANDAISE ET FLAMANDE
La grande Mariée Juive (B 340 — Cl 330 — W 337 — B1 199 — D 329). — Assise presque de face, quoique légèrement tournée vers la gauche, tête nue, ses longs cheveux épandus sur les épaules et retenus sur le front par une bandelette, la femme de l’artiste — car on suppose que c’est elle — tient dans sa main gauche un rouleau de papier, tandis que l’autre s’appuie sur le bras du fauteuil où elle est assise ; à gauche, une table chargée de livres. Tout à fait sur le côté gauche de l’estampe et parallèlement au trait carré qui est perpendiculaire, on lit avec une extrême difficulté en écriture renversée : R 163'+ ou 1635, il est absolument impossible de savoir si c’est un 4 ou un 5 ; on opine généralement cependant pour 1634.
Très beau morceau, très rare et très poussé, tout porte à croire que des élèves de Rembrandt ont travaillé à ce cuivre. — M. A. Legros affirme que ce portrait n’est pas du Maître, quelques-uns veulent y reconnaître Saslcia van Ulenburg, la seconde femme de l’artiste, la jolie frisonne qu’il avait épousée en 1634.
Dans le l<“r état, tout le vêtement et le bas de la planche sont restés blancs ; ni les mains, ni les jambes du personnage n’existent encore, il n’est vu que jusqu’à la ceinture, et le bas de la planche est complètement vide de travaux, le buste et le haut du fond sont seuls terminés, toute la poitrine est restée blanche et l’ombre projetée par le personnage est très accusée; cet état est superbe, mais d’une insigne rareté, une épreuve a figuré au Cincinnati Muséum Association, en février-mars 1892. — Il y a une trentaine d’années, croyons-nous, sir Seymour Haden en paya un exemplaire 4000 francs à Clément.
Ventes : E. Galichon, 3e (?) état avec le point noir très apparent sur la joue gauche, 640, de chez Arozarena — Liphart, 575 — Hume, 850 — Didot, 1er état, 4005, provenait de chez Barnard ; 3« état, 1500, de chez Esdaile — Knowles, 443, sur papier à la fleur de lys, de chez Brentano — Schloesser, sur papier à l’aigle impérial, 651 — Buccleuch, 1er état, 3750 ; 2e état, les mains et la robe sont blanches, extrêmement rare, 6500, les deux exemplaires venaient de la collection Hawkins — Webster, 3e état, 825, de chez Didot, près de 50 % de baisse ! ! — Seymour Haden, 1er état, 4500, de chez Hippisley — Holford, 1er état, 4375 — L. Galichon, 3e état, 260 — Artaria, les assises ou ciment des pierres sont marquées sur le pilier droit, c’est un 4e état, 260 — Rosenberg, 475.
Nous eussions pu allonger considérablement la liste que nous venons de produire, mais nous estimons que les 56 pièces décrites suffiront amplement à donner la physionomie exacte de l’œuvre admirable dont elles sont l’expression exquise et délicate. Si, cependant, il nous était loisible de choisir parmi les joyaux qui constituent cet écrin, voici les trois diamants de toute première grandeur que nous n’hésiterions pas à en détacher: La Pièce aux cent florins — Le Pagsagc aux trois arbres — Le Vieux Haaring, qui synthétisent merveilleusement les trois genres : scène biblique, paysage et portrait auxquels s’adonna l’artiste avec une égale maestria.
ECOLE HOLLANDAISE ET FLAMANDE
RUBENS (Pierre-Paul)
Né en 1577, mort en 1640. Des graveurs de premier ordre travaillèrent sous sa direction, les plus célèbres furent Bolswert, Pontius, Worstcrmann Suyderhoff, Soutmann, Witdouck, etc... Cette école, dite de Rubens, produisit plus de 500 planches. C’étaient surtout les dessins plutôt que les tableaux qui étaient interprétés par ces Maîtres. Un œuvre très remarquable et absolument irréconstituable aujourd’hui fut mis sur table à 30000 francs à la vente de l’ancien marchand d’estampes Henri Lacroix, en février 1901, n’ayant pas trouvé acquéreur il fut retiré ; il est actuellement au Musée de Berlin. 11 y avait là également des œuvres des Maîtres de son école, Van Dyck, Jordaens, etc., au nombre de 1480 pièces renfermées dans 23 portefeuilles.
Notons pour mémoire, à cause de sa rareté, car elle est à nos yeux sans valeur, la seule eau-forte qu’ait, dit-on, gravée le maître lui-même :
Sainte Catherine (Dutuit 15). — Debout sur les nues et vue de face, la sainte appuie la main gauche sur le glaive qui est posé sur la roue de son martyre, la droite tient une palme.
Ventes : E. Galichon, 130 — Didot, 80 — Angiolini, 91 — Rosenberg, 45.
Le catalogue des estampes gravées d’après Rubens a été fait par R. Hecquet en 1751, et par C. Cr. Woorhelm Schneevoogt en 1873.
RUYSDAËL (Jacques)1
Né en 1630, mort en 1681 à Harlem. On ne sait rien de sa vie. L’artiste a signé une douzaine d’eaux-fortes pittoresques fort recherchées.
Voir ses catalogueurs : Bartsch, Weigel, et Emile Michel qui publia sur le Maître et son école une brochure en 1890 à la Librairie de l’Art.
Voici les quatre pièces les plus remarquables de son œuvre.
Le Petit Pont (Bartsch 1). — A gauche adossée à des arbres, une chaumière au toit à demi défoncé, devant celle-ci est une mare dans laquelle est tombé un tronc d’arbre à droite ; du même côté au second plan, un petit pont, que traverse un homme suivi de son chien se dirigeant vers la droite. A la porte de la chaumière, on distingue une
1 Consulter: Eaux-fortes de Jacques Ruysdaèl reproduites et publiées par Amand Durand, texte par Duplessis, à Paris, chez Rapilly.
ÉCOLE HOLLANDAISE ET FLAMANDE
femme à mi-corps et de profil à gauche ; dans le ciel à droite, un vol de six oiseaux. Sous le Irait carré et à la hauteur du tronc d’arbre tombé : J. Riujsdaël f.
Cette estampe, qui est loin d’avoir la célébrité des Voyageurs dont nous allons parler tout à l’heure, est certainement une des plus intéressantes de l’œuvre, et supérieure suivant nous et de beaucoup, à celle que nous venons de nommer.
Ventes : Lipliart, 45, du cabinet Esdaile — Knowles, sur papier à la folie, 250, de chez Kat — Oppermann, eau-forte pure avant le ciel et avec la planche sale, 376; autre état, avant que les travaux à la pointe sèche aient disparu, 125.
Les Voyageurs (4). — Venant de gauche deux hommes et une femme précédés d’un chien — on les distingue à peine — se dirigent vers la droite, côtoyant un terrain inondé et boisé. A gauche de l’estampe, un gros chêne aux fortes ramures, et à droite près des voyageurs, un arbre à moitié déraciné, incliné à gauche et dont les branches baignent dans l’eau. Dans le coin inférieur de l’estampe : Ruysdaël.
Pièce célèbre plus encore, suivant nous, par sa rareté que par sa valeur d’art. Il est très curieux de noter combien il est difficile de faire revenir le public amateur sur le jugement porté sur une estampe, si une pièce de second plan est cotée de premier , c’est pour toujours. La contre-partie existe également, et l’on peut suivre dans les ventes des morceaux de premier ordre délaissés et obtenus à vil prix : anomalies que rien ne saurait expliquer !
Il y a deux états bien caractéristiques 1 : dans le 1er, le ciel à droite n’est indiqué que par de légers travaux, et le nuage ovale ombré de hachures n’existe pas, tandis qu 'il apparait au 2e. — Il y a une copie.
Ventes : Liphart, sur papier à la folie, 675 — Knowles, 2e état, 1000, de chez Dupper — Straeter, avant le nuage, 2562, c’est le plus bel exemplaire connu, il provenait de la collection Detmold.
Le Champ de Blé (5). — A gauche un champ de blé, à droite des arbres, dont l’un très grand et très touffu se détache très vigoureusement presque au premier plan. Tout en haut dans le coin droit : Ruysdaël fc, et en bas du même côté: F. V. W. excud,, c’est-à-dire Franciscus van Wyngaerde excudit.
Estampe très recherchée et fort rare surtout en premières épreuves, c’est-à-dire sans nom, ni adresse.
i Notre Musée Dobrée n Nantes possède un exemplaire de chaque état; le premier, avant le nuage, fut acquis en 18f>G à la vente His île la Salle et payé 380 francs, il est superbe.
ÉCOLE HOLLANDAISE ET FLAMANDE
Ventes : Liphart, avant nom et adresse, 700 ; avec ces mots, 625 — Knowles, état intermédiaire entre le 1er et le 2° état avec la bordure fine mais avant le nom et l’adresse, 751 — Schloesser, eau-forte pure, 1er état avant la bordure, le nom du Maître et l’adresse, 425 — Oppermann, même état et condition, 750 — Straeter, même état, 1937 — Bàttig, 500 — Defer Dumesnil, 120, mauvaise épreuve.
Les Trois Chênes (6). — A gauche d’un tertre couronné par un bouquet de trois chênes, une mare sur laquelle nagent deux canards ; au pied de ce monticule, du bois abattu. Au milieu de la marge du bas : J. Ruysdaël in. f. 1649. Le 4 est à l'envers.
Très rare. — Il existe une copie trompeuse dans laquelle la letttre n de in est un u.
Ventes : Liphart, 539 — Didot, 101 — Oppermann, avant le ciel nettoyé, 330 — Fisher, 52, épreuve un peu coupée — H. G. Gutekunst, en 1894 adjugé 215 — Straeter, superbe exemplaire, 2000, de la collection Kalle.
SACHTLEVEN (Hermann)
Né à Amsterdam en 1609, mort à Utrecht en 1685, élève de van Goyen, s’est particulièrement distingué comme paysagiste et peintre de mœurs rustiques.
Son nom est orthographié aussi quelquefois des manières suivantes : Saft-Leven, Zachtleven ou Zaftleeven.
Le Grand Arbre (Bartsch 28). — A droite de l’estampe, un grand arbre très touffu qui penche vers la gauche ; sur un tertre occupant le milieu de la pièce, un homme est assis parlant à un autre personnage qui traverse le chemin devant lui, l’homme assis étend la main droite, il a près de lui un compagnon qui s’appuie sur un bâton.
Cette rare estampe est la pièce capitale de l’œuvre.
Ventes: Knowles, 375 — Oppermann, 257 — Angiolini, 162.
La Porte des Femmes blanches à Utrecht (29). — Une petite rivière à une entrée de ville; à droite, des arbres et des maisons; à gauche au deuxième plan, séparé des maisons ci désignées, un château. Au tout premier plan, un homme faisant baigner deux chevaux, il est monté sur l’un d’eux. Dans le coin gauche inférieur sous le trait carré , le monogramme ; au milieu la rubrique de l’estampe : De Wittervrouwen - poort, et à droite : A° 1616.
A la vente Knowles, un fort bel exemplaire de ce rare morceau fut adjugé 225 francs, il était en 1er état, c’est-à-dire avant le ciel chargé de nuages.
ECOLE HOLLANDAISE ET FLAMANDE
SEGHERS (Hercule)
Né à Utrecht vers 1590, mort en 1640 1 croit-on ? Elève de Gillis de Conincxloo d’Amsterdam, absolument méconnu de son temps et fort peu répandu du nôtre, est un artiste paysagiste qui trouva la manière d’imprimer ses œuvres en couleurs. Decamps dans sa vie des peintres hollandais raconte qu’un jour il porta à un marchand une planche où il avait mis tous ses soins à graver un admirable paysage, et que ce dernier n’eut pas honte de lui en offrir le prix du cuivre, lui conseillant de faire de sa planche des boîtes à mettre du tabac à fumer. Découragé, il s’adonna à l’ivrognerie et se tua un jour en tombant dans son escalier.
Il n’usait, nous apprend M. Sidney Colvin, le distingué conservateur du British Muséum, que d'une seule planche et d’une seule couleur bleue, verte, brune ou blanche et produisait de très riches effets de ton en tintant ses papiers, soit avant, soit après l’impression, il se servait de papiers coloriés jaune, brun ou gris bleu et couvrait aussi son papier blanc ou chamois d’un fond lavé d’aquarelle ; ses méthodes de coloration variaient avec chaque impression. Rembrandt l’admira et l’étudia beaucoup.
A la vente de W.-P. Knowles qui eut lieu à Francfort-sur-le-Mein en 1879, l’estampe suivante de cet artiste, d’après Elsheimer :
« Tobie traînant un poisson de la main gauche est accompagné par un ange. Ils » dirigent leurs pas vers la gauche et descendent une petite colline, au second plan » un paysage laisse entrevoir un horizon coupé par une rivière et renfermé entre » deux montagnes garnies de bouquets d’arbres ».
fut adjugée 5000 francs à Clément pour un amateur dont nous respecterons ici l’anonymat.
Cette estampe n’existe qu’à deux exemplaires, l’autre est à Amsterdam. — A la mort de Seghers le cuivre fut acquis par Rembrandt qui s’en servit pour sa Fuite en Egypte (B 56) ; il enleva les figures de Tobie et de l’ange et les remplaça par celle de la Vierge montée sur un âne à côté duquel marche saint Joseph, en ajoutant au deuxième plan une grande touffe d'arbres.
Au 1er état, on aperçoit très bien encore des repentirs qui ne sont autres que les ailes de l’ange. La montagne et la partie occupant le devant à gauche n’ont pour ainsi dire pas été modifiées.
Le Musée de Dresde possède 20 pièces de l’artiste, et le British Muséum, 11; ces dernières furent acquises en 1835 de la collection Sheepshanks.
SIEGEN DE SECHTEN (Louis)
Hollandais de naissance, mais allemand d’origine, naquit en 1609 et mourut vers 1680, il est l’inventeur incontesté maintenant, du procédé dit manière noire 1 qu’il découvrit vers 1640 et qui fut exploité par le Prince Rupert.
1 Dates absolument incertaines, car d’autres biographes le font naître en 1625 et mourir en 1875. 3 Manière noire se dit en anglais Mczzotinto et en allemand Schabkunst. — Lire: Histoire de la gravure en manière noire, par Léon de Laborde, Paris, 1839, ainsi que la préface et les notes de John Chaloner Smith ; British Mczzotinto portraits, etc., 5 vol., Londres, 1878-1883.
ÉCOLE HOLLANDAISE E7 FLAMANDE
Nous ne pouvons nous étendre longuement ici sur le procédé en luimême, nous sortirions de notre programme, disons simplement que la planche est grainée au moyen du balancement d’un instrument qu’on appelle berceau, et que les lumières s’obtiennent à l’aide d’un outil dit racloir qui opère sur le cuivre comme le ferait un crayon blanc sur une feuille de papier noir. L’ancien graveur procédait par ombres, de Siegen au contraire procède par clairs ; l’un, a-t-on dit judicieusement et pour établir nettement par une comparaison la différence de la technique, se servait du crayon blanc, l’autre du crayon noir.
Ce procédé, tout nouveau qu’il fut, prit difficilement son essor et ce n’est guère, chose curieuse à enregistrer, que près de cent ans plus tard qu’il commença à être remis en honneur, surtout et très particulièrement en Angleterre — ce qui fit même qu’on l’appelle souvent manière anglaise — tant il s’y était vigoureusement implanté en établissant une suprématie définitive sur tous les autres pays. C’est surtout de 1750 à 1810 qu’il 5' battit son plein, du reste nous y reviendrons lorsque plus tard nous nous occuperons de l'Ecole anglaise et que nous signalerons ses artistes.
Contentons-nous de dire qu’en dehors de ce pays il n’y eut que l’Allemagne et les Pays-Bas à utiliser le nouveau procédé.
La France ne compte guère que : Sébastien Barras, André Bouys, Louis Bernard, Henri Gascar, Sarrabat et L. Lombart, tandis que l’école néerlandaise possède, en suivant à peu près l’ordre chronologique, des artistes de premier ordre, tels que : Wallerant Vaillant, Abraham Blooteling, Gérard Valck, Jan van Somer, Peter Schenek, Dirck Maas, Carel de Moor, Nicolas Verkolje, Jacob Gole, Cornelis Dusart, A. van Halen, Pieter Louw... et l’Allemagne : prince Rupert, Gaspar de Furstenberg, Jean van der Bruggen, David Loggan, Jean-Jacob Kremer, Jodocus Bickart, Hermann- Hendrick Quiter, Paul Multz, Benjamin Block, André Wolfgang, Henri Popp, Christoph Lederwasch, Christoph Veigel, Christoph Heiss, Bernard Vogel, George Kilian, les Haid, etc..., pour 11e citer que les plus marquants de ces deux nations.
On peut compter dans toutes les écoles environ 350 artistes qui usèrent du procédé, parmi ceux-ci une soixantaine employèrent des monogrammes, lesquels bien entendu, se détachent toujours en blanc dans la gravure.
L'œuvre de Siegen se compose, croyons-nous, de 9 pièces, loules extrêmement rares ; voici celles qui nous ont semblé les plus dignes d’attirer l’attention :
Amélie-Elisabeth Landgravine de Hesse (Smith 1). — En buste, le corps tourné de trois quarts à gauche et regardant de face, les cheveux bouclés sont épandus sur les épaules que recouvre une large collerette unie et empesée, le derrière de la tête est couvert par un voile de crêpe retombant sur le dos. Au-dessous du portrait, un texte de cinq lignes commençant par ces mots: Amelia Elisabetha. . puis en bas à droite de cetle légende : Ao Dnj clo lo c.xlil. Le cuivre est cintré par le haut.
ÉCOLE HOLLANDAISE ET FLAMANDE
C’est le premier portrait gravé par ce procédé. Siegen le data de 1642 et en tira un nombre d’épreuves extrêmement limité qu’il offrit à ses amis et à quelques hauts personnages : c’est le 1 ^ état, qui est de toute rareté. L’année suivante, la planche fut livrée à l’éditeur qui, pour la rajeunir, si nous pouvons nous exprimer ainsi, au moment de sa publication, ajouta un I, ce qui la millésima 1643 : c’est le 2e état, qui est encore assez rare ; un exemplaire de cet état passa à la vente Griffiths et fut adjugé 325 francs ; précédemment, à la vente Didot, une épreuve de 1« état avait été payée 205 francs.
Eléonore de Gonzague (2). — En buste, le corps de trois quarts à gauche et regardant de face, décolletée, une broche damier avec un pendentif est fixée sur une berthe de fine guipure, à la naissance des seins, au cou un collier de grosses perles à un simple rang. Cheveux frisés avec boucles retombant sur le cou. Sur la tête, une couronne posée très en arrière avec un bijou en forme de poire revenant sur le front, à la naissance des cheveux et de la raie.
Cette estampe, gravée en 1643, est rarissime mais. peu séduisante. — Un exemplaire fut adjugé en avril 1894, à Stuttgart, par M. H. -G. Gutekunst, 1750 francs ; c’était un 1er état, avant l’inscription et les boucles de cheveux sur le front.
Guillaume, prince d’Orange, comte de Nassau (3). — Très jeune, à mi-corps, de trois quarts à droite, il regarde de face, on aperçoit le haut de l’armure du bras droit, les cheveux très épais couvrent presque le front et viennent par derrière s’épandre sur un large col blanc garni d’une fine guipure. Au bas de l'estampe, sur une seule ligne occupant toute la largeur, on lit : Guilhelmus D. G. princeps... MDCXLIIII.
Superbe portrait, très rare, adjugé 3125 francs par H. -G. Gutekunst, en avril 1894.
Augusta-Maria, fille de Charles Ier d’Angleterre (4). — A mi-corps, décolletée, presque de face et regardant légèrement à droite, les cheveux sont bouclés et retombent de chaque côté sur les épaules, le chignon comme le cou est orné d’un rang de perles. Un bijou avec pendentif en forme de poire est fixé sur le devant de la berthe, à la hauteur de la poitrine. Au bas de l’estampe, sur une seule ligne occupant la largeur du cuivre : Augusta-Maria-Caroli . . .
Rare. — Un exemplaire fut adjugé en avril 1894, par H. -G. Gutekunst, 3375 francs ; le modèle n’est pas séduisant.
Citons encore les autres pièces gravées par Siegen : L’Empereur Ferdinand III qu’il faut avoir en 1er état, c’est-à-dire avant le monogramme et la répétition du millésime 1654 ; saint Bruno ; La Sainte Famille ; saint Jérôme et saint Ignace de Loyola.
Les gravures en manière noire ont un peu le même aspect que celles obtenues par V aquatinte ; la technique est, on le sait, essentiellement différente, et un œil tant soit peu exercé ne pourra se tromper sur le procédé.
Parmi les pièces de divers autres artistes, de la dernière rareté, mentionnons : Sir Thomas Isham, d’après Lély, par David Loggan, 3 exemplaires connus. — Barbara, duchesse de Cleveland et sa fille, par Henri Gascar, 5 exemplaires. — Princesse Anne-Sophie de Hanovre, par Bernard Lens, 2 exemplaires.
SUYDERHOEF (Jonas)
On ignore la date de sa naissance et de sa mort, on croit cependant ne pas trop s’éloigner de la vérité en leur assignant les années 1600-1670. On ne sait également rien de sa vie ; c’est à Leyde probablement qu’il naquit. Il était élève de Soutmann.
Graveur habile, son catalogue fut dressé par J. Wussin en 1862, et traduit en français en 1863, par M. H. Hymans, le très distingué conservateur de la Bibliothèque Royale de Bruxelles, auquel nous sommes heureux d’adresser ici nos respectueux remerciements pour l’amabilité et le savoir avec lesquels il a bien voulu répondre aux renseignements que nous lui avons demandés dans maintes circonstances.
Wussin relève 130 pièces ; 101 portraits et 29 sujets divers. — Ch. Le Blanc en mentionne 136.
René Descartes (Wussin 23).
Nous mentionnons ce portrait parce que à la vente Didot il en passa un état non décrit, avant l’adresse de P. Goos, il fut adjugé 235 francs ; très rare.
Jean Koets (48).
Un 1er état non décrit, avant le nom R. Koets Pins, en bas à gauche de l’ovale, adjugé à la même vente 150 francs ; très rare.
Les Syndics (102). — Les quatre syndics coiffés de chapeaux à larges bords sont assis dans une salle ornée de niches avec statues, lorsqu’entrant à gauche, le chapeau dans la main droite, l’avocat Corneille van Davelaer vient anoncer l’arrivée de la reine de France.
Cette belle estampe servait à illustrer un volume publié à Amsterdam en 1639, intitulé : Blyde Inkomst. . . van Maria de Médicis, etc., elle fut gravée d’après Keyser. — Au Cabinet des Estampes, il existe une épreuve de Frétât
ÉCOLE HOLLANDAISE ET FLAMANDE
avant les noms des artistes, quatre exemplaires seulement sont connus, le nôtre fut acquis en 1812 à Amsterdam, moyennant 600 francs.
Ventes : Liphart, 82 — Oppermann, 100 — Griffiths, 78 — Bouillon, 18.
La Paix de Munster (103). — Debout, autour d’une table recouverte d’un lourd tapis, les très nombreux plénipotentiaires et ambassadeurs se trouvent réunis, attentifs à la communication d’un texte qui va leur être donné, car les deux personnages qui tiennent ce texte ont encore la bouche fermée. Les personnages qui sont à gauche ont levé la main droite. Sur la table, différents objets dont un coffret ; sur le mur tout à fait à gauche, une planche rectangulaire est accrochée et on y lit : Pax optirna rerum. En bas, en dedans du trait carré à gauche : Geraert ter Burch pinxit. A droite : Jonas Suyderhoef sculpsit. En dehors du trait carré, dans toute la longueur de l’estampe sur trois lignes : Icon exactissima, qua ad vivum. . .
Grande et belle pièce célèbre, malheureusement tirée un peu sec et presque toujours trop encrée. 11 faut tâcher de l’avoir en 1er état avant toutes lettres, ou en 2« état avec la lettre, mais avant le nom des artistes.
Ventes : Behague, 1000, le plus bel exemplaire connu — Bouillon, 76, de chez Esdaile — Defer-Dumesnil, 165.
Les Joueurs de trictrac (123).
A la vente Guichardot, un exemplaire de le>' état avant toute adresse fut adjugé 230 franes ; la pièce est gravée d’après van Ostade.
VAN DE VELDE (Adrien)
Né à Amsterdam en 1637 où il mourut en 1692 ; habile graveur animalier et paysagiste. — Son œuvre compte une vingtaine de pièces.
La Porte du bourg (Bartsch 18). — La place d’une bourgade avec sa porte occupe le milieu de l’estampe ; à gauche quatre paysans sont assis à la porte d’un cabaret, près d’une grande table, ils semblent saluer un homme, une femme et un garçon qui arrivent accompagnés de deux ânes et de deux moutons, la femme est montée sur l’âne, l’homme et le jeune gars sont à pied. En haut à gauche : A. V. Velde f. 1653 ; le 3 est renversé.
Une épreuve fort belle fut adjugée en 1894 par H. -G. Gutekunst, 500 francs; c’est de toute rareté.
ÉCOLE HOLLANDAISE ET FLAMANDE
Le Paysan à cheval (21). — Un paysan à cheval, enveloppé de son manteau et coiffé d’un large chapeau rond, se dirige vers la gauche, il est suivi d’un autre paysan qui a son bâton sur l'épaule et derrière lequel marchent bœuf, mulet et trois personnages ; au fond, une chaumière entourée d’arbres devant laquelle passe un berger avec son troupeau. En haut à droite : A. V. Velde 1653.
Très rare.