XIV PREFACE
Gravure en manière de lavis. — C'est J.-B. Leprince qui le lit connaître en 1768, on désigne aussi ce procédé sous le nom d'aquatinte ; on assure que le véritable inventeur était Saint Non et que Leprince n'en fut que le propagateur.
Lithographie. — Inventée par Aloys Senefelder en 1798, comme il l'atteste lui-même, et non en 1796 comme on le croit généralement, ce procédé ne prit vraiment son essor que vers 1816 ' ; ses dérivés furent la chromolithographie qui débuta aux environs de 1848 chez Lemercier, et se perfectionna chez Engelman ; l'Angleterre nous avait devancés de quelques années.
De tous les procédés, le bois est sans conteste celui qui supporte le mieux les exagérations de tirage ; une planche menée avec soin, peut facilement tirer 4000 à 5000 épreuves, sans que ces épreuves subissent de différence et sans qu'elles accusent les traces de fatigue de la planche ; un bois robuste à tailles épaisses et à gravures larges, peut même aisément fournir 10000 exemplaires et mieux, surtout si l'on tire à sec — c'est-à-dire sans mouiller le papier — moyen du reste abandonné depuis longtemps ; le papier lui aussi joue son rôle et suivant qu'il est doux ou rugueux, mince ou épais, il vient contribuer au plus ou moins d'usure de la planche. La lithographie au point de vue de la robustesse est à peu près dans le même cas que le bois et, délicatement menée, son tirage peut au moins égaler le tirage de ce dernier. Il n'en est pas de même de la gravure en taille-douce — burin et eau-forte — le cuivre, quand il n'est pas aciérê s'entend, s'use vite et l'on en constate facilement le surmenage par la faiblesse des épreuves ; quant à la pointe sèche, c'est un déjeuner de soleil, lorsqu'on a tiré une vingtaine d'épreuves la planche est généralement Unie au point de vue de la belle épreuve, les barbes ou plutôt les ébarbes comme on devrait plus régulièrement dire, étant parties, tout s'est évanoui.