‹ A travers cinq siécles de gravures, 1350-1903; les estampes célèbres rares ou curieuses (volume 3)Chapitre 9 sur 84 · PREFACE XIII · texte numérisé non relu

PREFACE XIII

ayant quelques disciples, Le Parmesan, Andréa Schiavone en Italie, Wenceslas d'Olmutz et Durer en Allemagne et un vieux maître hollandais à monogramme ' dont le nom est resté inconnu et qui pourrait bien en être le véritable inventeur.

On ne sait donc rien d'absolument positif, et on n'en saura probablement jamais davantage sur les origines de ces découvertes, aussi Renouvier l'a-t-il fort judicieusement fait remarquer en écrivant : « Plus on parvient à connaître d'estampes incunables, plus on est persuadé que l'origine de la gravure est un fait complexe qui ne saurait être précisé, quant au procédé, à l'inventeur, au pays, à la date ; tous les documents n'aboutissent qu'à des généralités, des hypothèses. »

Ce ne sont donc pas plutôt les Italiens que les Allemands qui en sont les inventeurs. Nous le répétons, on n'en sait rien, et certains écrivains d'aujourd'hui vont jusqu'à dire que les vrais primitifs en toute chose ont été les Hollandais. Firmin Didot avait formé naguère le curieux projet de réunir à Paris, en un immense congrès typographique, toutes les personnalités françaises et étrangères s'occupant de l'estampe ; chacun y serait venu apportant ses documents et on y eut discuté l'origine de la gravure, chaque nation ayant été mise à même d'y faire valoir ses revendications. Il ne fut malheureusement pas donné suite à ce dessein.

Manière noire. — Procédé dit aussi mezzotinte ou manière anglaise inventé en 1642, par Louis Siegen et exploité par le Prince Rupert.

Gravure en couleurs. — Inventée en 1739 par Jacques-Christophe Le Rlond de Franckfort, le Roi lui accorda un Privilège en 1740. L'impression se faisait à l'aide de plusieurs planches à repérage ; Debucourt, Janinet, Descourtis et quelques autres s'en sont particulièrement servis en le perfectionnant.

Gravure en manière de crayon. — C'est de 1750 à 1755 que les français Ronnet et Demarteau — on dit même que c'est ce dernier qui en est exclusivement l'inventeur — le mirent en pratique ; la roulette y joue le principal rôle et les dessins reproduits à l'aide de ce procédé le sont avec une telle perfection, que sous verre les gravures qui en résultent pourraient être prises pour les véritables originaux. Cent ans plus tôt, vers 1656, Jean Lutma en avait usé, mais n'ayant pas de roulette, il se servait d'un marteau ou maillet d'où le nom de opus mallei.

< En 1895, M. Lehrs, le très érudit conservateur du Musée de Dresde, a publié chez Hiersemann. à Leipzig, un important travail sur cet artiste, en voici le titre: Der Meister VY/ V\ f'" Kupferstecher der zeit Caris des Kiihncnn. ce qui veut dire :

Un maître graveur du temps de Charles Le Téméraire.

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